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18/02/2020

LETTRE OUVERTE: MONSIEUR LE MINISTRE DU LOGEMENT.

17/02/2020. Annie Keszey, LaREM, 44 ans de carrière dans l’Éducation nationale, …………….., 92800 Puteaux, à

Monsieur Julien Denormandie, ministre du Logement, Ministère de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, 72, rue de Varenne, 75007 Paris.

Copie à Monsieur le préfet, Préfecture des Hauts-de-Seine, 167- 177 avenue Joliot-Curie, 92013, Nanterre Cedex.

Objet. Rétablissement de l’État de droit dans les Hauts-de-Seine (92).

               Monsieur le Ministre,

Vous êtes compétent. Rétablissez l’État de droit dans le 92 et interrompez les violences illégitimes contre les prioritaires «DALO » devant recevoir un logement social « en urgence », mais dupés!

La loi « DALO » a été approuvée alors qu’il était évident que le nombre insuffisant de logements sociaux ne permettrait pas son application sur l’ensemble du territoire national, en Île de France, en particulier. Sans attendre seulement les logements neufs, (jusqu’en « 2050 », peut-être !), prenez les mesures adaptées au nécessaire redressement de la situation.

« Aidante » de familles de Puteaux en souffrance, il m’est difficile de définir ces mesures parce que, d’abord, la transparence démocratique ne s’applique pas au fonctionnement des commissions d’attribution et l’on ne peut ainsi exercer sa capacité d’analyse des dysfonctionnements.

Mais enfin, ne faudrait-il pas introduire, par exemple, les modifications provisoires suivantes :

- Imposer, donc, la transparence et rendre obligatoires les réponses de l’administration aux nombreuses lettres et courriels de rappels envoyés par les prioritaires « DALO »

- Instaurer, comme à Rennes, un système de points attribués aux candidats selon des critères économiques et sociaux, afin de fixer et de classer objectivement les priorités.

- Augmenter les contingents communaux de logements sociaux attribués au Préfet, ce qui est conforme à la notion de priorité.

- Supprimer le supplément de loyer de solidarité afin que les logements sociaux soient libérés dès que le plafond des ressources selon la région et la composition des familles est dépassé.

- Supprimer le droit au logement social en cas d’acquisition de résidence secondaire.

- Instaurer l’égalité des pratiques des préfectures quant aux suppressions des priorités « DALO » avant tout relogement.

- Contrôler, effectivement, chaque période de dix ans, par exemple, le nombre de pièces en liaison avec le nombre d’occupants.

- Mieux informer « les démunis, prioritaires DALO » sur l’indemnité étatique compensatoire de l’attente d’un logement dépassant les six mois légaux et accorder une indemnité complémentaire en cas de paiement préfectoral dépassant la durée légale d’un mois.

- Opérer, si nécessaire, un transfert géographique des commissions d’attribution afin que les membres soient étrangers aux lieux concernés par les attributions...Etc...

 

Les maires ne sont pas responsables de la procédure DALO, il n’est pas inutile de le rappeler : l’interlocuteur est le préfet. Monsieur le Ministre, vous n’êtes pas responsable des souffrances spécifiques de ces familles en attente dite « urgente » de ces logements sociaux mais vous seul avez les compétences, le POUVOIR de rétablir la Justice et de leur tendre une main fraternelle.

Merci Monsieur le Ministre et bon courage.

Annie Keszey.

24/01/2020

La passerelle François Coty, à Puteaux.

 

TEXTE 2 : François Coty fut-il antisémite? A. Synthèse. B. Analyse.

Ce texte a été adressé antérieurement à 12 interlocuteurs, le 21/01/2020 : il a été légèrement modifié depuis.

A. Synthèse.

Dans cette période entre les deux guerres, la forte immigration fut certes très problématique du fait, d’abord, de l’impuissance de l’Etat et de sa gestion incompétente de l’insertion des étrangers dans la vie et dans l’économie françaises. Les nombreux lecteurs de L’Ami du Peuple, dans ce contexte, ont accepté l’idéologie du journal qui a publié aussi des articles de lecteurs convaincus. Pourtant ce journalisme partisan, admis par le propriétaire et donc RESPONSABLE François Coty, auteur d’articles, qui a dû répondre aussi des excès de ses rédacteurs, mal choisis, jusqu’en 1934, fut essentiellement xénophobe* (hostile aux étrangers*) et « son journal a donné une image considérablement déformée du problème national (Ralph Schor). » L’argument de François Coty d’être au service du « salut national » ne peut résister à une masse d’articles  faussaires, irrationnels et déraisonnables. François Coty manifesta publiquement, à plusieurs reprises, « un antisémitisme à usage extérieur dirigé contre les financiers qui sèment le monde, une réaction irrationnelle à la crise économique mondiale qui frappe la France (Laurent Joly) ». (Si ce type d’antisémitisme est parfaitement « historique », il est cependant difficile de partager la conclusion de Laurent Joly, abrupte, sur la vie de François Coty, après consultation attentive de plusieurs sources.)

« François Coty s’est excusé de ses écarts lors du Congrès juif de 1933... Il avait d’ailleurs, dans ses entreprises, de nombreux collaborateurs juifs depuis 1910 (Véronique Coty) ». François Coty a donc reconnu ses erreurs ce qui le réhabilite auprès de sa famille et de ses proches. L’impact de la propagande négative de L’Ami du Peuple sur des milliers de lecteurs n’a cependant pas été effacé.

Ainsi, pour l’Histoire, la personnalité de François Coty reste ambivalente : positive pour le grand industriel et le mécène, controversée pour le journaliste et le politique parce que François Coty, par xénophobie et antisémitisme particulier, n’a pas appliqué, sans faillir, la valeur républicaine, universelle, de « Fraternité ».

Or, les noms de rue et de lieux publics doivent être consensuels afin d’éviter tout contentieux. Les noms Charles de Gaulle, Louis Pasteur, Victor Hugo, Jean Jaurès, Jean Moulin...n’éveillent ni bruit, ni fureur.

B. Analyse.

Extraits 1 et 2 de « François Coty. Un industriel corse sous la IIIème République. » Ghislaine Sicard-Picchiottino. Extraits 3 de Laurent Joly, 4 de Ralph Schor. 5 : Véronique Coty.

Extrait 1. Le contexte. « … Après la Première Guerre mondiale, démographiquement, le poids des étrangers au sein de la société ne cesse de s’accroître au cours de la période de l’entre-deux-guerres : les besoins liés à la construction, la faible vitalité démographique des Français, les pertes dues à la guerre et à ses conséquences …autant de facteurs qui favorisent l’immigration en France. Si les étrangers ne représentent que 2,8 % de la population totale en 1911, ce pourcentage grimpe aux environs de 4 % dix ans plus tard et approche les 7 % en 1931. Cette évolution ne peut laisser indifférente la majorité des Français dont les sentiments xénophobes s’exacerbent aux premiers signes de difficultés économiques. Urbain Gohier, dès 1919, se fait ainsi le chantre des milieux nationalistes qui stigmatisent les étrangers « ces pouilleux… qui défrancisent, germanisent, internationalisent la France de demain ». L’image de ces étrangers varie cependant en fonction de leur pays d’origine...Il faut également évoquer le cas de ces « étrangers » qui se définissent non pas par leur pays d’origine mais par leur culture, leurs traditions, leur religion...ce qu’on appelait alors « la race ». Parmi eux, les Juifs : si la virulence de l’antisémitisme décroit nettement durant l’immédiat après-guerre, notamment en raison de la participation active de la communauté juive à la défense de la patrie, il n’en demeure pas moins bien présent. Léon Daudet dans L’Action française, Urbain Gohier dans La Vieille France continuent de proclamer leur haine du juif et la littérature véhicule toujours des stéréotypes connus depuis l’Affaire Dreyfus. Ainsi, contrairement aux apparences, le terrain est très certainement favorable à une résurgence d’un antisémitisme virulent qui s’épanouira largement à la faveur des scandales financiers et de la crise des années trente… »

Extrait 2 … « Dans son premier livre Contre le communisme paru en 1928 chez Grasset, (largement diffusé), François Coty part en croisade contre ce qu’il considère comme le plus grand danger des temps modernes. Il enjoint d’ailleurs aux pays européens qui en sont victimes de s’unir dans ce qu’il appelle précisément « la Croisade des patries », un grand parti international, dont il précise lui-même les grandes lignes en septembre 1927 : « Je suis le point central d’un vaste mouvement que je prépare dans le silence. Je suis dénué d’ambitions politiques et n’ai que le souci de défendre la civilisation et particulièrement la société française contre la finance internationale, les juifs et la franc-maçonnerie… Dans mon action je prétends m’appuyer sur les éléments modérés du pays. Il fustige la carence des différents gouvernements français qui n’ont que trop laissé faire, responsables d’ « une paix scélérate ». Mais surtout il s’attache à montrer que derrière « cette ruée communiste » dont le but consiste à détruire la civilisation occidentale et, au final, à faire triompher l’Allemagne, se cache l’ombre de la finance internationale… »

Avant la consultation électorale du 8 mai 1932 (élections législatives), un journal de François Coty «L’Ami du Peuple »se livre à une violente campagne antisémite (alors que Robert Cohen, juif cotyste, est candidat aux législatives dans le 5ème arrondissement de Paris)… Mohamed Said (est candidat) à Pontoise, sous l’étiquette antiparlementariste, ce qui ne manque pas d’étonner lorsqu’on connaît la position de « L’Ami du Peuple » en matière de xénophobie… La population s’est indignée à plusieurs reprises : lors du scandale Marthe Hanau en 1928 qui compromet le gouvernement Poincaré ; deux ans plus tard éclate l’affaire de l’aéropostale qui touche alors les milieux politiques modérés ; en 1931 c’est la faillite de la banque Oustric qui éclabousse le Garde des Sceaux Raoul Perret...ces scandales à répétition renforcent un antiparlementarisme orchestré de main de maître par la presse, notamment par les journaux d’extrême droite tels que  L’Action Française , mais également par la presse satirique avec Le Canard enchaîné…

« … Le cotysme : de quoi s’agit-il ? L’industriel corse, reconverti pour l’occasion en homme politique, part de constatations : tout d’abord la France est menacée par divers ennemis, les communistes, les étrangers, la finance internationale, les juifs, les Francs-maçons… »  

Extrait 3. Laurent Joly, Archives Juives 2006/2 (Vol 39).

«... Dans les années 1930, la pensée de l’extrême- droite française fut dominée par quelques thèmes majeurs : nationalisme, antiparlementarisme, exaltation de l’ordre et de l’autorité, xénophobie. Ces idées se trouvèrent dans L’Ami du Peuple, quotidien qui parut de 1928 à 1937. Le premier numéro fut publié le 2 mai 1928. Le fondateur du nouveau journal était le riche parfumeur François Coty, qui nourrissait de vastes ambitions politiques et se voulait l’un des maîtres à penser de l’extrême droite. François Coty qui contrôlait divers journaux, dont Le Figaro, s’était décidé à créer un grand organe populaire où il put librement exposer ses idées...L’Ami du Peuple fut d’emblée considérable...1 million d’exemplaires vendus en 1930 …, davantage ensuite… »

 «... En réalité, dès le début de l’année 1932, la première campagne antisémite depuis bien longtemps voit le jour dans les colonnes de L’Ami du Peuple, journal tirant alors à un million d’exemplaires. Elle n’a pas encore la tonalité caractéristique des “guerres franco-françaises” des années 1930. Il s’agit là d’un antisémitisme à usage extérieur, dirigé contre les « financiers qui mènent le monde », une réaction irrationnelle à la crise économique mondiale qui frappe la France depuis quelques mois. L’antisémitisme diffusé ne s’appuie pas en effet sur une situation réelle – même fantasmée – ou un fait d’actualité ; c’est l’occasion d’observer le développement de mythes antisémites à l’état pur… . Le journal s’en prend surtout aux immigrés, aux « métèques », la « pire racaille des ghettos russes », les « Juifs de tous les ghettos d’Europe » qui envahissent le marché du temple… » 

Extrait 4. Ralph Schor. Xénophobie et extrême droite : l’exemple de L’Ami du Peuple (1928- 1937).

En « frappant » sur Internet, Xénophobie et extrême- droite : l’exemple de « L’Ami du Peuple » (1928- 1937), de Ralph Schor, on accède aux pages de 116 à 144 dont la lecture interpelle par les excès très fréquents d’une xénophobie « obsessionnelle ». Les immigrés étrangers sont la source unique de tous les maux, chômage, manque de logements, insécurité, délinquance, meurtres, proxénétisme ... «  Ces troupes étrangères étaient dirigées par un état-major dans lequel L’Ami du Peuple entassait, côte à côte, le communisme international, la franc-maçonnerie, la finance judéo-germano-américaine... » François Coty signe des articles, pas toujours écrits par lui, mais il a choisi ses rédacteurs  extrémistes  qui dériveront davantage encore après sa mort, le 28/07/ 1934.

Il reste, jusqu’en 1934, le responsable majeur de ces articles humainement défaillants, répréhensibles.

Dans ces pages de Ralph Schor, on trouve des reproductions de textes de François Coty. Un exemple : « Tous les déchets de l’univers ont été conviés à la besogne. Après la victoire si chèrement acquise, qui aurait pu sonner la libération du sol, on a provoqué l’invasion, sournoisement ou sous de faux prétextes. On a laissé entrer, par centaines de mille, les métèques de toutes provenances ; et cette horde innombrable doit accéder automatiquement à toutes les prérogatives qui appartiennent aux Français… »

« … L’Ami du Peuple, bien qu’il se soit défendu fréquemment de tout antisémitisme, a toujours souligné les tares d’Israël. Les Juifs étaient dévorés d’ambitions et rêvaient de dominer les peuples...Les financiers juifs, selon un slogan qui revenait souvent dans les colonnes du journal, menaçaient le monde...Ils étaient responsables de la révolution russe de 1917... François Coty écrivit : chaque fois que la France sent la nécessité de se ressaisir et de se défendre, ces gens, quelles que soient les circonstances, adoptent aussitôt le rôle de victimes… »

5. Véronique Coty. « ... Il est pour le moins désolant de lire que mon aïeul (François Coty) ait pu être nazi ou fasciste...Il est vrai qu’il a eu des mots malheureux au travers de son journal L’Ami du peuple mais il s’en est excusé au Congrès juif mondial le 8 septembre 1933 à Genève...Enfin, dès 1910 et jusqu’à sa mort, mon aïeul s’était entouré de nombreux collaborateurs de confession juive tels que Benjamin Levy à qui il confie la direction de COTY Inc. à New York, fleuron de son empire industriel, ainsi que Raymond Greilsamer qu’il fera revenir d’Allemagne où la condition des Juifs est menacée pour finalement l’envoyer en tant que directeur des ventes à NY. A l’annonce de la mort de mon aïeul le 25 juillet 1934, Monsieur Greisalmer prend un avion pour Paris afin d’assister aux obsèques et il fait partie des 4 personnes qui portent son cercueil... » 

Annie Keszey.

 

 

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17/01/2020

La passerelle François Coty, à Puteaux

TEXTE 1. François Coty fut-il fasciste ?

 Une passerelle neuve permet l’accès à l’île de Puteaux. Elle a reçu le nom de François Coty dont la personnalité et les faits de vie divisent la municipalité entre la majorité conduite par le Maire, Madame Ceccaldi-Raynaud, qui défend son choix et les opposants qui le combattent pour des raisons opposées : un nouveau conflit verbal empoisonné auquel les Putéoliens, malheureusement, sont habitués, avec regret.

Le livre de Ghislaine Sicard- Picchiottino, agrégée d’histoire-géographie, «François Coty. Un industriel corse sous la IIIème République », ALBIANA, est une étude « savante », profonde, dense, de la vie complète de François Coty, inscrite dans les contextes variables de l’époque. C’est un livre de 315 pages, au coût de 19 €. En fin de livre, 166 titres, sur sept pages, nous informent de la bibliographie concernant François Coty. Cette « masse » ne peut qu’alerter sur l’obligation de prudence avant de formuler des jugements péremptoires sur l’homme, qu’il s’agit, obligatoirement, de resituer dans son époque. Ces sources sont diverses, objectives ou partisanes. Les sources de l’auteur sont aussi extrêmement nombreuses, une centaine de sources, au moins : publications officielles, annuaires, atlas, dictionnaires, revues professionnelles, ouvrages à caractère de sources, témoignages...archives nationales, départementales et municipales, autres fonds publics et fonds privés…

Extrait 1 : le lien entre Puteaux et François Coty. Page 93. «... La société anonyme au capital de 500 000 F « Le jouet de France » est [ainsi] créée le 4 janvier 1917 ; elle a pour objet « la fabrication et la vente de jouets, jeux et articles de jeux, avec le concours des Mutilés de la guerre ». Outre la possibilité d’offrir à ces grands soldats un travail adapté à leurs moyens, l’entreprise tient à les intéresser financièrement au succès escompté : ainsi les bénéfices sont-ils répartis entre les actionnaires et le personnel. Cette nouvelle structure permet d’envisager une   installation beaucoup plus importante, une véritable usine équipée de machines-outils perfectionnées pouvant accueillir deux-cents mutilés. A cet effet, la société obtient un bail emphytéotique pour la location de l’île de Puteaux ; à charge pour les administrateurs d’effectuer des travaux d’exhaussement, travaux confiés aux éboueurs de Paris qui y déverseront quotidiennement les ordures de la capitale durant deux mois. Dans le courant de l’année, les bâtiments sont solennellement inaugurés en grande pompe par le président de la République, Raymond Poincaré, des ministres, le préfet, le gouverneur de Paris...Par ce geste, les civils de l’arrière manifestent leur solidarité, leur union, avec les soldats du front… 

Plus tard, les immenses bâtiments de l’île de Puteaux deviendront un lieu de fabrication des parfums. » 

Un parfait consensus reconnaît, en François Coty, un capitaine d’industrie remarquable, national, puis international, novateur dans la fabrication de parfums, à l’origine de la parfumerie moderne, avec une réussite hors du commun. Sa fortune, progressive, est devenue énorme ce qui l’engage à investir dans l’immobilier et les objets d’art : il utilise ses acquisitions immobilières, dont plusieurs sont grandioses, à des fins industrielles et privées. François Coty fut un mécène d’exception, reconnu, et un protecteur des humbles. Il développe une politique sociale qualifiée, à l’époque, de paternaliste (versements de pensions, assurances sociales, carnets de prévoyance, horaires aménagés pour les jeunes mères, confort quotidien pour les travailleurs dans les locaux de son entreprise, collaborateurs associés aux bénéfices dès 1910) …

Ce sont les réussites de sa vie.

Sa vie privée, commence par une enfance difficile, auprès de sa grand-mère, puisqu’il était sans mère ni père, avec leur départ contraint de la Corse. François Coty se mariera deux fois, avec des enfants de chaque mariage mais il ne reconnaîtra pas ceux de son second mariage qu’il entretiendra cependant, et divorcera deux fois. Le premier divorce a sérieusement amputé sa fortune et initié sa chute. Il finira sa vie dans la solitude.

Souvent, ses collaborateurs, au travail, ont regretté ses excès d’exigences et son autoritarisme. Mais «… François Coty a toujours eu la passion de créer du beau, du sublime, du rêve...avec l’exigence de perfection, voire de l’obsession qui l’habite »...

Le site https://fr.wikipedia.org/wiki/François_Coty présente la vie de François Coty de manière particulièrement travaillée, à partir de très nombreuses sources dont Véronique Coty et Ghislaine Sicard-Picchiottino. Des modifications du texte sont en cours. On peut s’informer cependant de façon fiable, sur ce site, en consultant les chapitres : l’industriel de la parfumerie, le milliardaire, le collectionneur de prestige.

Pendant sa vie, François Coty fut, à la fois, vilipendé et adulé. Ses engagements dans la presse et en politique constituent sa « zone grise », ouverte aux confusions éthiques dans la société complexe entre les deux guerres. Il a créé un impressionnant empire de la presse, républicain, bonapartiste et plébiscitaire. Selon une majorité de sources, il n’a pas réussi son engagement dans la presse, ni en politique, malgré ses initiatives permanentes et son fort désir de réussite. En politique, il fut « mouvant » : de gauche, de droite, de l’extrême droite, mais toujours attaché à la République, et, aussi, parfois, au-dessus des partis (en Corse, par exemple). François Coty fut résolument anti- communiste, avec une raison personnelle puisque ses biens de Moscou furent nationalisés : une perte considérable et inacceptable pour lui, évaluée à 4 millions de francs.

Extrait 2. «... Il fut aussi patriote convaincu, nationaliste, adepte de l’antiparlementariste : « sa vision d’un Etat fort, véritable garant de l’intérêt national, sa conception d’une économie structurée autour du corporatisme… » «... Quant au domaine de la politique internationale, les deux hommes (François Coty et Georges Gressent) se retrouvent dans leur haine et leur crainte mutuelle des « barbares » allemands et des slaves, ainsi que dans leur admiration sans borne pour l’Italie fasciste… »

Extrait 3. «... Pour François Coty, l’éducation du peuple est en effet essentielle et préalable à toute autre action ; car, pour lui, et en cela sa pensée se démarque de celle du dictateur italien, c’est par le peuple que le salut doit venir et non l’inverse ; il revient à une élite éclairée, à laquelle il appartient, de lui donner les moyens d’agir, et d’abord et avant tout de l’éduquer… »

Extrait 4. «... Le modèle italien, le régime mis en place par Mussolini [socialiste de gauche forte] durant les années vingt, suscite dans toute l’Europe, et en France en particulier, un certain intérêt : le parti national fasciste, crée en 1921, a su, comme le préconisait son programme, restaurer l’autorité de l’Etat, et surtout lutter contre les menées communistes en défendant la propriété privée, en interdisant les grèves et en combattant la lutte des classes. Certes, les méthodes employées et l’installation progressive de la dictature, effective à partir de 1926, diminuent notablement son capital de sympathie à l’étranger. Il n’en est pas moins vrai que la solution fasciste constitue tout au long de la décennie, une alternative à prendre en compte en matière de gestion de l’après-guerre et de mise en place d’une société nouvelle… »

Extrait 5. «... A l’étranger, l’Italie retient l’attention de François Coty et c’est tout d’abord vers Gabriele d’Annunzio  que se porte toute sa sympathie. Il admire également Mussolini, cet autre méditerranéen qui a su restaurer l’ordre dans un pays très éprouvé par la Grande Guerre, tenir en échec les menées communistes et développer une politique qui vise à redonner à l’Italie sa gloire passée. Mais il ne fait pas que l’admirer ; il lui écrit, lui rend visite à plusieurs reprises et verse aux œuvres sociales du régime une subvention annuelle de 20 millions jusqu’en 1926. A ce moment- là, l’infléchissement du régime vers une dictature le pousse à desserrer les liens qui l’unissent au Duce… »

Donc : François Coty fut-il « fasciste » ?

1926, c’est, en effet, le début de la dictature de Mussolini par l’approbation des lois fascistissimes et en avril 1926, Mussolini oppose, pour la première fois, fascisme et démocratie… François Coty ne semble pas avoir approuvé cette seconde période du fascisme italien, d’ailleurs réprouvée par l’Histoire.

«... Dans sa thèse consacrée à «  la Solidarité Française », Gilles Lahousse s’est attaché à démontrer que lors de la « période Coty », si l’image du mouvement correspond bien à « un badigeon à la romaine *», [René Raymond*] son contenu idéologique, par contre, s’inscrit clairement dans la tradition bonapartiste, chère à son fondateur, tout en s’ancrant dans la modernité ce qui le différencie des Jeunesses Patriotes. Il se refuse à voir dans la ligue du parfumeur corse une réplique du parti de Mussolini… » Gilles Lahousse se différencie de Laurent Joly.

« L’Ami du peuple », journal de François Coty, publie le 24/03/1933, la Réforme de l’Etat, plan de sauvetage de la France, marqué par la tradition plébiscitaire et non fasciste.

TEXTE 2. François Coty fut-il antisémite ? A suivre.

Annie Keszey.