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07/07/2012

LA SECURITE DANS LES COURS DE RECREATION.

Kylian, élève de 13 ans d’un collège de Rennes, a été tué, par un autre élève de 16 ans, le vendredi 22 juin 2012, à la récréation de 10 H. Vincent Peillon, Ministre de l’Education Nationale s’est rendu sur place pour exprimer la profonde tristesse de la Nation et préciser les mesures prises d’accompagnement et de soutien dont l’intervention de psychologues…Eric Debarbieux , universitaire, spécialiste de l’étude des violences à l’école, a rappelé que les collèges et les écoles avaient une responsabilité particulière pour lutter contre les violences et leur banalisation .. Un fait aussi dramatique qu’un meurtre, fortement médiatisé, n’est pas fréquent en milieu scolaire, mais les ministres successifs confrontés à de tels drames n’ont jamais construit une politique suivie et efficace pour protéger les élèves. Ils semblent considérer que ce travail de précaution, prioritaire, est une tâche mineure incluse dans le domaine qu’ils réfutent de « la pédagogie ». L’actuel ministre, parce qu’il est agrégé de l’Université, pourrait ne pas être plus volontariste que ses prédécesseurs : sauf que le changement…
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Le Ministère relève, chaque année, par enquête informatique, les actes de violence internes aux établissements scolaires, sans doute devrait-il aussi « faire remonter » les mesures adoptées par ces mêmes établissements pour y remédier et  diffuser ensuite une synthèse de mesures applicables par tous.

La priorité, pour le chef d’établissement d’un collège ou le directeur d’école est d’instaurer un climat éducatif harmonieux et d’une grande cohérence entre tous les adultes partenaires y compris les parents d’élèves, avec une Autorité centrale nettement située. Ceci suppose l’aptitude à des échanges fréquents et donc au travail en équipe régulier, formalisé, aidé, des professeurs et de tous les personnels. Ce travail, à moyens constants, peut-être d’1 H par semaine pour les professeurs (3 fois sur 4 par discipline- 1 fois sur 4 en interdisciplinarité) et d’1 H, par demi-trimestre, pour une réunion générale. 
Les exemples suivants de mesures prises dans un collège (déjà partiellement publiés en 2010)  se fondent sur une rationalisation des moyens existants:
-Un slogan simple, partagé.
Lors des réunions de prérentrée, rassemblant tous les acteurs de la communauté éducative, une discussion collective porte sur l’instauration de règles comportementales communes. Un slogan simple, partagé, par exemple, « On ne se bat pas à l’école, même pour jouer », remplacera efficacement toutes les convictions discutables : « Les batailles entre garçons sont normales », «  Untel t’a battu, mais c’est vilain de rapporter »…Le slogan est appliqué strictement. Les élèves qui ne le respectent pas jouent, assis, provisoirement, avec des jeux prêtés.
-Le décalage horaire des déjeuners de certains personnels.
Les directeurs d’Ecole (déchargés de classe),  les principaux de Collège, responsables de la sécurité interne des établissements partent déjeuner après l’interclasse de midi, moment où tous les élèves demi-pensionnaires sont présents dans les lieux, afin qu’ils puissent « faire des rondes de sécurité » dans l’établissement, aux moments hautement fréquentés. En général, le calme parfait régnant entre 13H30 et 14H30, tous les cours ayant repris, ils peuvent alors s’absenter. Ce décalage concerne aussi les principaux-adjoints, les gestionnaires, les documentalistes, certains membres du personnel de service (volontaires pour des tâches éducatives à l’intérieur de leurs horaires de travail et compétents en éducation). Pendant ces périodes les responsables dialoguent avec les élèves difficiles ou en difficultés afin d’établir des liens privilégiés pour des régulations comportementales paisibles.
- Une zone précise de surveillance pour chaque acteur.
Les surveillants, en collège par exemple, savent, à chaque moment de la journée, de quelle zone précise ils sont responsables.  Ce qui suppose un partage en zones du plan de la surface à surveiller. Ils sont, en effet, plusieurs à chaque moment et cela évite qu’ils ne se retrouvent tous groupés .La surveillance des WC, en collège, est constante.
-Des prêts de jeux.
Les élèves empruntent des jeux pendant les interclasses. En hiver surtout, ces jeux sont convoités : jeux de cartes, de dames, scrabble, autres jeux de société,  puzzles, livres, jeux électroniques sur les ordinateurs du CDI ou de la bibliothèque …Ce qui suppose que les lieux d’accueil soient adaptés, ce n’est pas encore le cas partout.
Une liste des jeux au sol, possibles et sûrs, est affichée dans l’espace collectif, enrichie par les propositions, contrôlées,  des élèves. De  grands élèves de 3ème acceptent toujours de former et d’informer les plus jeunes. Cette liste des emprunts possibles précède la liste des jeux interdits, dangereux.
-Un référent, situé, pour gérer les conflits.
Quand ils sont en difficulté, lors des récréations, les élèves s’adressent aux surveillants, il doit être toujours possible de les orienter vers un petit groupe de permanents à la composition variable (délégués des élèves, grands élèves, personnels ATOS, professeur volontaire, conseillère d’éducation), afin que l’apaisement naisse de la discussion.
-Une éducation formatrice, donnée gratuitement, par des parents d’élèves et des responsables d’associations : médecins, juristes, avocats… La présentation, par un avocat, en 6ème, des bornes à la liberté d’expression (injure, insulte, diffamation…) et des sanctions, intéressent particulièrement les élèves et changent les comportements. Ces rencontres ont lieu pendant les heures de permanence.
Est-ce tout ? Non.
Il faut parfois sanctionner, sans exclure cependant de la scolarité obligatoire. Une sanction « parfaite », parce que nouvelle, est la retenue du mercredi après-midi, au CDI, sous la responsabilité du Principal, pendant 2 heures (le personnel de service est présent dans l’établissement vide). Les élèves « punis » mais « soutenus » réalisent un très bon travail qui les réhabilite. Le résultat est paradoxal, à la fois positif et dissuasif : les élèves concernés ne reviennent pas 2 fois ! Un petit problème reste à régler, les parents, en général, souhaitent la reconduction de cette « étude ».
Des auxiliaires de vie ont déjà été nommés dans certains établissements et il pourrait y en avoir davantage : ils nécessitent cependant des moyens supplémentaires, ne sont pas assez formés et ne s’inscrivent pas dans un souhait de prise en charge collective et globale des élèves.
Ces mesures s’inscrivent dans une politique générale de l’établissement. Elles supposent une importante évolution des mentalités des  fonctionnaires  de l’Education Nationale, délicate mais possible. La synthèse des mesures de tous les établissements de l’Education Nationale serait un « trésor » pour protéger les élèves.

Image: XXI.ac-reims.fr
www.atelier-idees.org
Annie Keszey.

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