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26/11/2012

BLANCHIR L'UMP.

Le théâtre misérable de l’ UMP valide la thèse du sociologue Luc Boltanski, auteur de « De la critique. Précis de sociologie de l’émancipation » aux éditions Gallimard.

tricheur.jpgSous le rapport de leur assujettissement aux règles, dominants et dominés sont dans une position symétrique et inverse : les premiers, les dominants, ,les font, mais sont assez libres de s’y soustraire; les seconds les reçoivent comme imposées de l’extérieur, mais ils doivent s’y conformer…Tandis que les responsables peuvent utiliser les règles comme s’il s’agissait de règles techniques, c’est-à-dire de façon instrumentale, les mêmes règles sont imposées aux subordonnés sur le mode de la règle morale, c’est-à dire comme si elles valaient pour elles-mêmes. La sanction accompagne alors la violation de la règle, interprétée comme une transgression quels qu’aient été ses effets, et non les échecs auxquels a pu conduire le fait de ne pas l’avoir suivie…
Est-ce à dire que les responsables n’auraient pas de morale ? Certes non, mais ils ont une morale  « supérieure ». Prétendant incarner la totalité, ces « grands « considèrent ne pouvoir être évalués qu’à l’aune de la réussite ou de l’échec final de leurs entreprises…La maîtrise de la durée est ainsi pour les responsables un enjeu de grande importance…
L’objectif principal d’un responsable est donc de se placer dans la perspective d’un horizon temporel défini de façon que la réalité lui donne finalement raison, même si, mesurées aux épreuves actuelles, ses actions semblent plutôt vouées à l’échec .C’est ce qui s’appelle survivre ou encore, dans le langage des élites, rebondir. En ce sens, le responsable dominant est comparé au survivant ; Il veut avant tout être encore là alors que les autres, ses fidèles aussi bien que ses concurrents et ses ennemis seront tombés, ce qui l’assure qu’il est bien le plus grand : « celui qui réussit à survivre est un héros ». Il est plus fort. Il possède davantage de vie. Les puissances supérieures lui sont propices. Le responsable qui dure, qui survit, ne le sait qu’en voyant les morts s’accumuler autour de lui. La survie est pour lui, l’indice, le seul indice de sa victoire…
C’est donc d’abord d’avoir affronté le risque au moment de la décision et en contournant les règles que le responsable, dominant, tire un orgueil  personnel sur lequel il prend appui pour mépriser les dominés…
Ceux qui appartiennent aux catégories intermédiaires, vivant dans la proximité de Hauts Placés ont touché du doigt la relation, à leurs yeux scandaleuse, que les dominants entretiennent avec l’ordre de la règle, mais ils n’en continuent pas moins de penser qu’il doit bien exister quelque part des responsables intègres, c’est-à-dire conformes aux idéaux auxquels ils voudraient eux-mêmes pouvoir adhérer, malgré tout. Ils continuent à croire à la possibilité d’une société dans laquelle règles, qualifications et formats, appliqués de façon littérale -à la lettre- feraient corps avec une réalité tout d’une pièce…
La théorie sociologique se confronte avec un certain succès à la réalité, même s’il n’est plus certain aujourd’hui de rencontrer un seul citoyen, même dans les classes moyennes, convaincu de la moralité des politiques.
Les congrès de Metz, de Rennes, de Reims et l’élection récente à l’UMP conduisent à une rupture du lien entre les représentants politiques et leurs électeurs.
Il faut révolutionner cette structure politique dévoyée.
En 2005, un responsable politique, mesuré et maîtrisé comme chacun sait, voulait « nettoyer au karcher les cités » afin d’en extirper les jeunes délinquants et les trafics.
Il n’est pas question de meurtre aujourd’hui, mais pourtant bien de délinquance d’adultes responsables : délinquance occultée, sans hypothèse de sanctions, contre les nombreux tricheurs, menteurs, falsificateurs  de listes, de bulletins, de procurations de l’UMP.
« L’Excité et le Taiseux » (titre synthétique d’un journal étranger), englués dans leur haine déferlante, après s’être livrés à des échanges hypocrites courtois durant cinq ans, devront rendre des comptes à la République.
Image:malaika.overblog.com
www.atelier-idees.org   
Annie Keszey  

24/11/2012

PUTEAUX BLEU-MARINE.

PUTEAUX BLEU-MARINE, sortez de votre machine à remonter le temps !
Ce blog récent est tenu par un collectif rédactionnel qui pourrait être passionné, du fait de son nom, par le bleu sombre de la mer telle qu’elle paraît vers le grand large de  l’île d’Ouessant.
Mais non. L’idéologie confinée du blog,  devrait engager ses rédacteurs à user d’un télescope pour voir haut et loin.
A partir d’un petit privilège sans doute, un message particulier de cette rédaction est accessible hors- champ ! « …Nous avons une ligne rédactionnelle qui privilégie en priorité les intérêts des proches par rapport aux plus éloignés. La famille avant les amis, la ville avant le département, la France avant les pays éloignés et ainsi de suite …rien de transcendant puisque de très naturel !… »
Ce message, tant il est « préhistorique », doit être une traduction du celte ancien ou de témoignages d’envahisseurs barbares…

Au cœur de la mondialisation, aujourd’hui et souvent, ce qui devient  naturel c’est l’éloignement des proches.

Un exemple prouvable: Elle. Son grand-père,  officier de  la Marine (nationale), breton « de souche ! », a appelé sa première fille, Carmen, malgré l’opposition de Victorine, la maman; Carmen, marque indélébile d’une rencontre séduisante. Elle, fille de Carmen, a épousé un Hongrois de Roumanie, de l’ancienne noblesse, venu à pied vivre en France après la confiscation de ses biens familiaux par l’Etat communiste. Ce long périple d’une précarité, en temps et en distance à travers l’Europe, a favorisé l’acquisition, par Istvan, d’un capital culturel précieux de cinq langues parlées : le hongrois, le roumain, l’allemand, le français littéraire et l’espagnol.
Elle, a ainsi pour premier beau-frère (frère d’Istvan), Albert, un naturalisé américain marié à une italienne, ils vivent tous deux Sunset- Boulevard à Los Angeles ; leur fils, Philippe, à double nationalité américaine et française est l’époux d’une cubaine.
Son second beau- frère de nationalité canadienne, Georges, et sa femme anglaise, reposent dans le cimetière de Montréal; leur fille Valérie, canadienne également, hôtesse sur Air Canada, parcourt le monde, naturellement.
Un neveu d’Istvan, de Targu Mures, tzigane, s’est spécialisé dans l’étude de sa culture à la fois  nomade et sédentaire. Quatre autres cousins ont choisi de devenir allemands.

Emirates.jpgIstvan et Elle  ont un gendre belge, époux de leur seconde fille qui fut hôtesse de l’air pour Emirates Airline. Les hôtesses de cette compagnie portent un voile léger, accroché au chapeau, qui entoure le cou. Le recrutement est international ! L’ancienne hôtesse est maintenant directrice d’une entreprise suisse, à Paris.
Image :French.chine.org.cn
Elle, apprécie ses amitiés très proches en pensée, indéfectibles malgré les distances: Espagne, Portugal, Allemagne, Maroc…Bretagne, Charentes, Puy-de-Dôme, Bourgogne, Pyrénées… et puis, Puteaux…
Annie Keszey

17/11/2012

DECRYPTAGE D'UN TEXTE FAUX SUR LES MUSULMANS.

Il s’agit d’un court extrait construit pour propager la crainte des musulmans, pris au hasard, dans un argumentaire populiste sur la Belgique. Il permet de clarifier un procédé d’écriture, trompeur, au service d’une idéologie périlleuse.

désinformation.jpg« …Sur l'immigration, faut-il rappeler que Bruxelles sera à majorité musulmane en 2030. Que des quartiers entiers sont musulmans en Belgique, que des partis islamiques existent et que deux élus aux dernières élections municipales belges ont annoncé que la Belgique sera un état islamique dans les années qui viennent déclenchant de fait une réaction vivace des partis belges. Si l'immigration était anodine, pourquoi donc des quartiers entiers islamisés où déjà  la femme ne peut plus circuler librement? Faut-il rappeler qu'un Parti Musulman de France existe à Roubaix dont presque plus de la moitié des habitants sont musulmans!... »

Refus de "distorsions": proposition d’une écriture informative, à partir de sources reposées.  

 
Il n’existe en Belgique aucune étude démographique, au sens mathématique et scientifique, sur les appartenances  religieuses ou philosophiques de la population: ce qui explique les données statistiques mouvantes, floues et contradictoires du présent. Les projections sur 20 ans ne sont alors que des gageures.
La première phrase de l’extrait, affirmative ici, mais interrogative à son origine, amputée d’une partie, ce qui en dénature le sens, est celle d’une invitation à un colloque de la droite laïque radicale publiée, en particulier, dans le quotidien belge « Le Soir », en  2010. Une majorité musulmane à Bruxelles en 2030: comment nous préparer à vivre ensemble ? Felice Dassetto, sociologue qui étudie l’islam depuis 40 ans, expert  légitimé, était interrogé sur ce colloque, par le même quotidien, le 13/11/2010 : Une majorité musulmane à Bruxelles en 2030 : info ou intox ?
« Crier au loup est une erreur.  Cette façon de présenter les choses témoigne à la fois d’une méconnaissance des réalités du terrain et d’une crainte de principe. Cela relève un peu du fantasme, d’une attitude typique du 19e siècle qui consiste à faire front face aux dynamiques religieuses. (...) C’est une approche purement quantitative qui soulève un épouvantail démographique. Et de manière erronée, elle assimile toutes les personnes d’origine musulmane à des « religieux ». Parmi les citoyens d’origine musulmane, il y a beaucoup d’indifférents, d’agnostiques ou d’athées. Et, parmi les religieux, tous n’ont pas la même conception de l’islam et leurs conceptions évoluent dans le temps. L’islam est multiple, beaucoup plus complexe qu’on ne l’imagine. »
Felice Dassetto était interrogé dans «  le Soir » à l’occasion d’une conférence qu’il faisait à l’Académie royale des sciences intitulée simplement : Bruxelles, ville musulmane ? Il s’agissait pour lui de répondre à la question : comment penser la présence musulmane à Bruxelles, du point de vue du territoire ? « D’autres ont ce questionnement, mais essentiellement sur base démographique, en postulant –par erreur – que toute personne d’origine musulmane est nécessairement musulmane. Avec, en toile de fond, une vision de l’ombre de l’Islam menaçant qui plane sur Bruxelles. Mon approche est plus scientifique : c’est celle du sociologue et de l’anthropologue. (...) Beaucoup de recherches ont porté sur la ville, sur les relations interculturelles, mais on y aborde très peu l’Islam. Il fait partie du non-dit implicite. En revanche, l’Islam est devenu le cheval de bataille de polémistes et d’imprécateurs, voire de certains politiciens qui clament la peur de l’Islam (...)
Dans le livre qu’il a  publié en 2011, L’Iris et le Croissant, le sociologue dépeint une communauté arabo-musulmane multiple, en mutation. Au terme de 150 entretiens de terrain, il a dressé une typologie de la population islamisée de Bruxelles. Sept façons très différentes, voire antagoniques, de vivre son islamité. Une évolution plurielle qui démontre, selon lui, à quel point il serait abusif d’imaginer Bruxelles sous la coupe d’une « majorité musulmane » homogène, d’ici 20 ans. Il craint qu’à force d’agiter la prétendue menace islamique, on accroisse les antagonismes plutôt qu’œuvrer à la coexistence pacifique. «  Bien entendu, il faut rester attentif aux courants qui traversent l’islam. La société, les musulmans et non-musulmans, doivent être lucides au sujet de l’islam et de son devenir. Il faut connaître et être conscients des formes radicales et fondamentalistes : c’est une question à débattre, à gérer, mais pas par des peurs irrationnelles et inutiles. La stratégie qui consiste à crier au loup, à se scandaliser « entre nous », me semble politiquement erronée. »
Les autres propos de l’extrait idéologique ne résistent pas davantage aux analyses des experts. Non, il n’y a pas de quartiers entièrement musulmans à Bruxelles, mais 5 quartiers sur 17 à fortes concentrations. Corinne Torrekens,  politologue et chercheuse-doctorante au Groupe d’études sur l’Ethnicité, le Racisme, les Migrations et l’Exclusion (GERME) de l’Université Libre de Bruxelles justifie cette répartition géographique par de nombreux critères: lieux des emplois occupés par une population étrangère massivement appelée par l’Etat dans les années 1960, bas coût des logements en centre - ville, lieux d’entraide…Son étude complète est accessible sur le site www.flw.ugent.be
En Belgique, les étrangers, sous conditions précises, ont le droit de vote et le droit de se présenter aux élections.  Qu’il y ait X élus de confession musulmane est une conséquence prévisible. La chercheuse Fatima Zibouh précise que le débat ne sera pas de savoir combien de députés musulmans siègent au Parlement bruxellois mais bien "d’examiner comment ils vont s’inscrire dans le registre de la défense de l’intérêt des Bruxellois, tout en faisant de leur différence une plus-value au service des quartiers ou des citoyens les plus fortement touchés par les discriminations et la précarité". Quant au fait que ces élus menaceraient la Belgique d’y promouvoir un Etat islamique, ils ne seraient pas les seuls à prendre leurs rêves pour des réalités! Cet argument idéologique sert d’ailleurs l’épouvantail classique en France et en Europe agité par Pierre Cassin, Oskar Freysinger, Renaud Camus, Yvan Rioufol, Christopher Caldwell, Michèle Tribalat, Eric Zemmour, Alain Finkielkraut, Jean Sevillia du Figaro-Magazine !... 
Pour finir, provisoirement,  abordons la « perle de l’extrait idéologique » : Faut-il rappeler qu'un Parti Musulman de France existe à Roubaix dont presque plus de la moitié des habitants sont musulmans!... »  Damien Roustel a déjà, en 1997, réfuté cette ânerie, par une longue enquête publiée dans le Monde Diplomatique : Anatomie d’une DESINFORMATION, comment Roubaix est devenue « une ville à majorité musulmane ». Le Maire de Roubaix conteste le chiffrage et y décrit la situation de sa ville avec finesse et justesse. La mise au point de Damien Roustel qui dénonce les malhonnêtetés imbriquées, dont celles d’une certaine presse nationale, nécessaires à  ce mensonge  stratégique  est toujours consultable sur:

www.monde-diplomatique.fr/1997/06/ROUSTEL/8738
Une idéologie serait-elle obligatoirement incompatible avec LE VRAI ? Diable !

Image:unionlibre.net
www.atelier-idees.org            www.notreputeaux.com
Annie Keszey.