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15/09/2014

PUTEAUX. LES 80 ANS DE L'HÔTEL DE VILLE.

 

16/09/2014.

 

Samedi 14/09/2014, à 20h30, la maire, Mme Ceccaldi-Raynaud, avait invité tous les citadins de la ville à un spectacle gratuit, place de la mairie, pour commémorer les 80 ans de l’hôtel de ville, construit en 1934, par le cabinet d’architecture « Les Frères Niermans».

 

Une foule  dense, de Putéoliens  assis ou debout, a occupé l’esplanade. Pendant les 2 heures 30 de la cérémonie, tous ces nombreux spectateurs furent majoritairement des modèles de civisme : silencieux, attentifs, peu instables malgré le relatif inconfort de certains.

 

Un concert des Stentors a ouvert la soirée avec des chansons connues, sauf des plus jeunes toutefois, choisies pour leurs créations successives entre 1934 et 2014.  Le spectacle historique « son et lumière », le feu d’artifice et les gâteaux d’anniversaire ont suivi.

 

L’organisation fut professionnelle, parfaite, en particulier quant à la qualité du son et de l’image. Deux écrans latéraux dupliquaient l’écran central. La police, courtoise, était  visible ainsi que les secours médicaux.

 

L’histoire de l’hôtel de ville, projetée sur sa façade, écran immense, n’était pas celle d’un historien académique, en supposant qu’il en existe, mais celle, par choix, d’un idéologue politique. Elle reprenait les documents issus des archives et exposés sur la place. Des évènements culturels et les modifications architecturales dominaient. Les personnes honorées, citées, pour la majorité des cas, étaient des célébrités. Les humbles, les pauvres, restaient invisibles, hypothétiquement présents peut-être, comme dans les 300 lits, sous la mairie, lors de la seconde guerre mondiale…

 

Ce document  historique « son et lumière » était d’une technicité rigoureuse,  créative et talentueuse. L’immense façade architecturale de la mairie servait de fond permanent, aux couleurs variables, sur lequel se positionnaient des photographies, des sigles, des textes brefs, des dates, des animations…marquant la marche du temps.  Des jets de lumière, lancés vers le ciel à partir du toit, accompagnaient certains faits.

 

Le feu d’artifice, original, pensé dans sa diversité,  au-dessus des spectateurs, fut « beau ».

 

Puis, un défilé de jeunes avec des ballons, un autre avec des bougies se sont approchés de l’immense gâteau en forme de mairie, auprès duquel se trouvait Madame Ceccaldi-Raynaud. Après le lâcher de ballons, la distribution du gâteau a  commencé, pour les proches. .. Tous les spectateurs pouvaient ensuite recevoir une part d’un gâteau semblable à partir des tentes distributrices, sur la place.

 

Des amis, d’origine marocaine, copropriétaires ou locataires, depuis des décennies, dans un taudis proche, qui ne peuvent s’offrir aucun loisir, avaient consenti exceptionnellement à assister à cette commémoration gratuite. Souriants, ils ont jugé que « c’était bien », surtout le feu d’artifice qui ne leur posait aucun problème linguistique. Ahmed, qui vit avec 454 €/mois, a précisé « il y avait beaucoup d’argent dans le ciel ! ». Au sens propre ou au sens figuré, Ahmed?

 

L’intérêt premier de cette manifestation, porteuse d’un sentiment collectif d’appartenance,  est de tenter de servir « le mieux vivre-ensemble », nouvelle vision conceptuelle pour  contrer l’individualisme.

 

 

 

Comme d’autres, cette manifestation à Puteaux pose pourtant, en retrait et sans issue concrète perceptible, une même interrogation, sous-tendue par Ahmed.

 

Christophe Guilluy, géographe lumineux, démontre que la France des métropoles a concentré les gagnants de la mondialisation, rejetant à la périphérie les damnés du progrès. Du côté de la France qui s’en tire, 10% des communes, (dont Puteaux), concentrant 39% de la population, du côté de la France larguée, 90% des communes regroupant 61% de la population.*

 

Une question nationale de ce 14/09 portait sur l’hypothèse d’un renoncement de l’Etat à l’augmentation  prévue, le 1/10, des petites retraites  inférieures à 1200 € : 6.5 millions de personnes sont concernées. Il s’agissait d’une augmentation de 5 € par mois et par retraite. 

 

Les Putéoliens ne sont ni particulièrement cupides, ni indifférents à la misère. Ils sont normalement sensibles aux loisirs de qualité. Du fait de la situation financièrement très privilégiée de leur ville, ils vivent des tensions et des émotions contradictoires dont ils ne sont pas responsables.

 

Quand la France aura-t-elle enfin  un gouvernement central compétent, visionnaire, efficace, apte à  l’instauration d’un modèle démocratique plus égalitaire et à une décentralisation plus solidaire ? 

 

Les nouveaux exclus votent pour le Front National !* 

 

*Extrait de « La France périphérique. Comment on sacrifie les classes populaires »  de Christophe Guilluy, publié dans le n°908 de Marianne

 

Annie Keszey.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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