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05/02/2015

PUTEAUX. 31 janvier 2015. Communiqué aux paroissiens.

 

 Ces derniers jours ont été marqués par une activité médiatique au sujet des travaux effectués par la mairie à l’église Notre-Dame de Pitié (mise en peinture des murs du chœur et de l’entrée ainsi que des statues). De nombreux paroissiens ont réagi en posant des questions sur l’origine des travaux. A notre demande, nous avons rencontré Madame le Maire le samedi 28 janvier. 

 

Au cours de ce rendez-vous, Madame le Maire a reconnu n’avoir ni consulté ni informé la Paroisse contrairement aux procédures normales en ces circonstances. Nous regrettons que cet entretien n’ait pas permis de revenir à des relations plus conformes à la loi, la coutume et tout simplement la cordialité entre acteurs et responsables du vivre-ensemble dans notre ville.

 

Nous rappelons que l’église Notre-Dame de Pitié est affectée au culte catholique même si la commune en est propriétaire. Cette situation est celle des églises communales construites avant 1905. Or, comme l’a résumé le journal La Croix du 28 janvier 2015, « selon ce régime d’affectation, le bâti et le mobilier ayant fonction cultuelle ne peuvent être aménagés, restaurés, transformés sans une collaboration étroite entre le propriétaire- la ville de Puteaux- et l’affectataire –le curé de la paroisse ». 

 

A notre connaissance, la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) est intervenue à propos des travaux réalisés à Notre-Dame de Pitié.

 

Les membres du clergé et les laïcs de l’EAP, au nom de la paroisse, souhaitent pouvoir user des relations cordiales et vivre un jeu institutionnel fluide avec la Mairie. C’était  la raison de notre démarche. Nous tenons à réaffirmer notre volonté d’être au service de tous et de la communion.

 

Le père A.Lotodé, le père M.Autané et le diacre Y. Doubliez. 

 

Oh ! Qu’en termes « chrétiens » ces choses-là sont dites ! La maire a de la chance de n’être pas « clouée au pilori »  par ces interlocuteurs déraisonnablement méprisés.

 

L’église Notre-Dame de Pitié, nommée ainsi en 1523, a été restaurée en 1975, classée « Monument historique » et rouverte ensuite au culte...

 

Le communiqué sous-tend  la méconnaissance des incidences historiques de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905, par la maire, son adjoint à la culture -son fils Vincent Franchi- et les nombreux conseillers de la majorité.  Fortement combattue par les Eglises au moment de sa rédaction, la loi est devenue, dès « l’Union sacrée » de 1914, une loi de cohésion nationale.

C’est une loi au service de la paix, une recherche d’harmonie entre tous. C’est la nécessité de réunir les hommes pour assurer leur coexistence.

Le premier magistrat de Puteaux, à partir du communiqué des Hommes d’église, ne le sait pas.

L’ignorance n’est pas une culpabilité quand, reconnue ou dénoncée, elle se traite. Organiser une conférence en mairie sur les rapports actuels entre l’église catholique et l’Etat (dont les collectivités locales) s’avère nécessaire. Jean Baubérot, par exemple, pourrait être sollicité. C’est un spécialiste subtil.

Le code du patrimoine signifie qu’un immeuble classé ne peut «être l’objet d’un travail de restauration, de réparation ou de modification quelconque, si l’autorité compétente n’y a pas donné son consentement ». L’autorité compétente est le préfet de région ou le ministre chargé de la Culture. L’accord du prêtre est souhaitable, contourné ici, mais n’est pas suffisant.

Lors d’une restauration l’œuvre risque de perdre ce qui lui donne sa valeur, à savoir son intégrité historique et esthétique. Pour le respect de ces valeurs, des principes de restauration ont été formulés dans des théories, des lois, des conventions, des chartes internationales.

La restauration entreprise sans l’autorisation requise de la DRAC, par la mairie, est un outrage à l’église.

Une partie de l’intérieur a été repeinte en mauve et en rouge. Trois statues en bois et en pierre ont été recouvertes de peinture beige.

Le site « La tribune de l’Art » commente cette erreur et publie les photos suivantes, explicites. 

 

Ne pas toucher aux trésors architecturaux de l’histoire sans autorisation est l’indispensable protection contre les faussaires  qui se promeuvent artistes.

 

 

 

 

 

 

 

 

Une seconde conférence, par la Direction régionale des Affaires culturelles, préciserait au moins, aux responsables, les règles  élémentaires de protection des bâtiments historiques français, dont Notre-Dame de Pitié. A partir de ces lieux de mémoire il s’agit de transmettre des références culturelles authentiques aux générations futures.

 

 

 

La DRAC a constaté sur place la matérialité des faits.  Il n’y aura pas de poursuites judiciaires, l’intention de la mairie n’étant pas reprochable.

Un plus grand professionnalisme des autorités de Puteaux évitera sûrement désormais ces palpitations gestionnaires.

Annie Keszey.

 

 

 

 

 

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