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17/06/2015

LETTRE AU PRESIDENT DU DIRECTOIRE DU JOURNAL LE MONDE.

 

Monsieur le Président du Directoire du journal « Le Monde », Monsieur Louis Dreyfus. 

Lettre RAR, avec copies à deux journalistes. 

Objet: L’article indigne de la réputation de votre journal, de Béatrice Jérôme, avec Vincent Kranen : A Puteaux, le clientélisme de la mairie ruine l’opposition. Le Monde du dimanche 14 et lundi 15 juin 2015.

 

                   Monsieur le Président,  

 

         Pour mon 18ème anniversaire, mon père m’a offert le journal Le Monde. Je dois appartenir à vos très anciens et fidèles lecteurs. 

         A Puteaux depuis 2002, j’ai suivi les événements politiques de la ville, en particulier. Les deux journalistes rédacteurs du texte, précédemment cités, sont professionnellement partisans et ne maîtrisent pas la nécessaire pluralité des sources. A la veille d’une élection municipale, la parole n’est pas donnée à Madame Ceccaldi-Raynaud, principal sujet, critiqué, de l’article, mais essentiellement à ses opposants. C’est un article idéologique, sans respect de l’éthique journalistique. L’ignorance des deux journalistes de la réalité profonde de la ville est sidérante : ils ont répété ce qu’ils entendent, sans analyse. Les opposants Christophe Grébert, Sylvie Cancelloni, Jean-Christophe Fromantin se « victimisent » et les journalistes ne doutent pas de la véracité simpliste exposée de leur situation. Ils sont soutenus par votre journal.  

         Oui, la famille Ceccaldi-Raynaud occupe depuis trop longtemps la municipalité. Les professeurs  d’Histoire, en particulier, n’apprécient pas les monarchies électives. Cependant, cette occupation est légale et partagée avec une majorité d’électeurs putéoliens. Pourquoi, une loi nouvelle ne met-elle pas un terme à ces pratiques, si elles sont répréhensibles, au lieu de laisser « blablater contre » depuis 1789 ? Le code électoral interdit la présence de trois membres d’une même famille dans un même conseil municipal, c’est ainsi que Monsieur Charles Ceccaldi-Raynaud, ancien maire, n’a pu siéger en 2008, en même temps que sa fille, élue, Madame Joëlle Ceccaldi-Raynaud et que son petit- fils Vincent Franchi. Une nouvelle loi est donc possible, certes en théorie !

         La ville de Puteaux est très riche. C’est une chance. Elle est trop riche, cela ne relève pas davantage de la responsabilité du maire. Le reversement solidaire aux communes en difficulté, mais que l’on espère gérées avec rigueur, décidé par l’Etat, manque d’envergure et de précision. Le radotage de l’opposition ne modifie en rien la situation. L’Etat doit travailler un rééquilibrage solidaire.

         La « famille » n’a pas omis de construire des HLM avant que cela ne soit une obligation. Elle dépasse amplement le pourcentage obligatoire et Monsieur Fromantin, maire de Neuilly-sur-Seine, devrait s’en inspirer.  La commune de Neuilly-sur-Seine est dépourvue de logements sociaux, moins de 4%, attribués frauduleusement par les maires antérieurs comme le précise une enquête des sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot. Des résidents se plaignent du manque de restauration de leurs immeubles.

Il est vrai cependant que les attributions de logements, à Puteaux (et ailleurs) gagneraient à être transparentes. Madame Ceccaldi-Raynaud, en l’acceptant, éviterait les rumeurs et se démarquerait d’une pratique très discutable et répandue. La gestion des HLM par la ville de Rennes, par exemple, est meilleure. La ministre du Logement, Sylvia Pinel, souhaiterait retirer aux maires la responsabilité d’attribuer les HLM, mais sans doute n’aura-t-elle pas un courage suffisant pour affronter ces lobbies.

         J’ai déjà formulé publiquement ces critiques sans être concernée par une sanction de la maire. Sylvie Cancelloni, d’après votre article, n’aurait pu renouveler son adhésion au club de golf ( !) de la ville ! Quel scandale vraiment quand on connaît l’état du monde ! Et si Sylvie Cancelloni occupait son temps libre à aider le lumpen prolétariat de Puteaux ? Elle aurait le soutien constant de la maire, je puis en témoigner.

Si cette discrimination subtile était confirmée, elle serait cependant condamnable.

         Oui, il y a des cadeaux, de multiples cadeaux, mais ne parler que de ce sujet est inique. La ville est propre, fleurie, entretenue. Elle se modernise depuis trente ans. Il y a une épicerie sociale, une maison du droit, des structures de santé, de loisirs, d’éducation, de sports (piscines et patinoire) un transport gratuit. Les HLM sont de qualité, entourés de jardins et de parcs à jeux pour enfants. Les résidences communales d’été sont agréables et les prix sont équilibrés. La maire recherche des solutions « démocratiques » pour aider les taudis privés de Puteaux etc... 

         Il est ignoble, injuste, de ne parler que du négatif pour la maire en place, celle qui fait, et de se taire sur le négatif de ses opposants, ceux qui discourent, même si c’est la tradition épuisée du bipartisme.

          Vos journalistes négligent le devoir d’information qui leur incombe : pour voter les électeurs doivent savoir. Les manipulations du peuple sont à proscrire. 

         Pour les municipales de 2008, je fus colistière de la liste « Puteaux Ensemble » de Christophe Grébert et de Sylvie Cancelloni, opposante au maire donc. Ces deux opposants, en concurrence aujourd’hui, ne veulent l’un et l’autre que prendre la place de Madame Ceccaldi-Raynaud : ils ne savent pas, concrètement, ce qu’est l’intérêt général. Leur virtualité de blogueurs est pure, éthique, démocratique, leur réalité, quand on a eu la malchance de la découvrir, est défaillante : ils mentent, dupent, trichent et virevoltent : « droite, centre, gauche, néant et inversement ». Ces actes ne sont pas des antidotes à leur ruine d’opposants. 

         Les adhérents des partis politiques et vos journalistes, même si c’est dépassé, fondent leurs choix électoraux sur les clivages droite, centre, gauche : sur des étiquettes. 

         Les citadins s’attachent davantage à comparer des personnalités : leurs aptitudes à gérer, à parler vrai, leurs bilans, leurs visions d’avenir... 

         C’est compliqué. Ainsi un article journalistique de fond, rigoureux, impartial, aurait été opportun.  

         Madame Ceccaldi-Raynaud a été réélue maire de Puteaux avec 60.77% des suffrages exprimés par le peuple local...souverain ! (55.9% en 2014.) 

         La liste de Sylvie Cancelloni ne garde qu’un conseiller sur trois avec 7.41% des suffrages exprimés. (13.8% en 2014.) 

         La liste du Rassemblement de Christophe Grébert, ex MoDem, EELV et PS annexé, avec 23.32% des voix remporte moins de suffrages que sans rassemblement avec le PS : 15.6%+8.7% = 24.3% des voix en 2014. 

         Les listes FN de Gérard Brazon et Putéoliens de Marie-_Sophie Mozziconacci n’ont aucun conseiller. 

         Donc, les « battus » auraient perdu à cause de la « gagnante » ? C’est une lapalissade étrangère, ici, à toute aptitude d’autocritique.

 

         Annie Keszey.

 

 

 

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