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05/11/2015

RACE: L'ignorance conduit à la détestation.

D’après Dominique Stoppa-Lyonnet, professeur de génétique à l’université Paris Descartes, chef du service de génétique à l’Institut Curie, suppléante de François Fillon à l’Assemblée nationale. Extraits de l’article publié dans le journal Le Monde du 7/10/2015.

Leçon de science adressée à une élue française au parlement européen qui a interrompu ses études au système de Ptolémée qui plaçait la terre au centre du monde, le soleil tournant autour.

Oui, Justine, Lucie, Jules, Antoine, Johann, Anne Charlotte...et tous vos amis - élèves, sérieux et réfléchis d’aujourd’hui, vous avez raison, il FAUT SAVOIR, à partir de sources sûres.

Les races humaines, selon la biologie, n’existent pas.

« L’Homo sapiens constitue notre humanité. Il a progressivement migré depuis l’Afrique de l’Est où il est né, il y a 200 000 ans. Il est plus que probable qu’il ait reçu quelques contributions génétiques d’Homo neanderthalensis, entre 50 000 et 100 000 ans au Proche-Orient, avant qu’il ne se répande à travers l’Europe, l’Asie puis l’Océanie et l’Amérique. Au cours de notre longue préhistoire puis histoire, des groupes humains ou populations se sont ensuite constitués sur notre planète au hasard des migrations guidées par la géographie des lieux, les événements climatiques et plus tard les grands événements politiques et religieux.

Le séquençage du génome (6 milliards de paires de bases réparties sur nos 23 paires de chromosomes) de nombreux individus appartenant à différentes populations a permis de montrer définitivement que les 7 milliards d’humains que nous sommes aujourd’hui partagent essentiellement le même patrimoine génétique. Il existe pourtant de légères variations entre individus, variations dont seulement un petit nombre contribuent à nos différences. Ainsi deux personnes, prises au hasard dans la population humaine, diffèrent entre elles, en moyenne, par 3.2 millions de paires de bases, soit par seulement 0.05% de leur génome : si peu et pourtant beaucoup ! Il existe tout autant de ces différences à l’intérieur d’une même population qu’entre deux populations différentes de taille comparable.

Néanmoins certains variants sont plus fréquents dans certaines populations, s’étant accumulés parce qu’ils les protègent d’une maladie infectieuse ou parce qu’ils leur ont permis de résister à un environnement délétère (froid, sécheresse, disette...) Agents infectieux, régimes alimentaires ou climats hostiles ont constitué, et constituent toujours, des facteurs de pression de sélection qui sont favorables aux individus porteurs de ces variants protecteurs, ou plutôt, défavorables à ceux qui ne les portent pas.

L’auteur donne deux premiers exemples de ces variants et poursuit...

Mais un autre exemple est bien plus sensible car il constitue l’élément majeur sur lequel se fonde la notion biologiquement inepte de race humaine : la couleur de la peau.

La faible pigmentation de la peau des populations du nord de l’Afrique, d’Europe et d’Asie résulte d’un trait génétique complexe et est en partie liée à la présence de variants du gène SIC24AS, l’un des gènes

régulant la synthèse de mélanine (pigment foncé des téguments). L’absence d’avantage sélectif d’une peau noire dans les pays de latitude élevée, moins exposés au soleil, et, à l’inverse, l’avantage d’une peau claire facilitant la synthèse de vitamine D et prévenant le rachitisme ont conduit à la tendance écrasante de la présence de populations à peau blanche en Europe et en Asie. En revanche une peau noire est commune à toutes sortes de groupes de populations vivant dans des zones tropicales ensoleillées, où qu’elles soient dans le monde, des populations aussi différentes que celles d’Afrique, d’Inde ou d’Océanie.

Penser que, parce que certains traits physiques sont quasi constants dans une population - en particulier la couleur de la peau – les génomes des individus qui la composent sont identiques, et que cette identité les réunit en un groupe fermé, génétiquement distinct, est une extrapolation fallacieuse. C’est pourtant sur ce raisonnement erroné que repose le concept de race développé au XIXème siècle.

Ce concept catégorise, classifie, mais surtout, au fond, hiérarchise les populations. Cette conceptualisation a trouvé son apogée avec la publication par Arthur de Gobineau de l’Essai sur l’inégalité des races humaines (1853) et sur le mouvement eugéniste développé par Francis Galton, en Angleterre. La hiérarchisation de la population humaine en différentes races a justifié les comportements discriminatoires et haineux du XXème siècle. Les races humaines n’existent pas, ou plutôt elles n’existent que selon des définitions culturelles et non biologiques, dans nos lois d’homme et non dans celles de la nature, dans l’invective et non dans la raison. L’ensemble de notre humanité n’appartient qu’à une seule et même espèce : Homo sapiens.

L’auteur démonte et nie scientifiquement ensuite l’idée de « race animale »...

La connaissance de l’origine de notre humanité et la compréhension de ce qui fait nos différences, qu’il serait puéril de nier, mais surtout nos ressemblances sont la seule façon de dénuer de sens le mot race chez l’homme.

L’exposition « Tous parents, tous différents » d’André Langanay, au Musée de l’homme en 1992, doit être reprise et présentée sur tout notre territoire. Et la voix de Claude Nougaro doit continuer de nous chanter :

« Armstrong, un jour, tôt ou tard,

On n’est que des os...

Est-ce que les tiens seront noirs ?

Ce s’rait rigolo !

Allez Louis, alléluia !

Au-delà de nos oripeaux,

Noir et Blanc

Sont ressemblants

Comme deux gouttes d’eau. »

Annie Keszey.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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