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19/12/2019

François Coty. Témoignage de Véronique Coty.

Chère Madame,

Je vous remercie de m’avoir contactée car je viens également de prendre connaissance de cet article qui brille par son manque de sources historiques.

Il est pour le moins désolant de lire que mon aïeul ait pu être nazi ou fasciste. Il est important de souligner qu’il était, avant toute autre chose nationaliste, anti-communiste et résolument germanophobe comme bon nombre de grands industriels de l’époque.

Il est vrai qu’il a eu des mots malheureux au travers de son journal l’Ami du Peuple mais il s’en est excusé au congrès juif mondial le 8 septembre 1933 à Genève.

D’autre part, au lendemain de la nomination d’Hitler, par le président Hindenburg, il créé en opposition et pour protéger la France, La Solidarité Française, dont les couleurs sont nationalistes.

Il meurt en juillet 1934 d’une congestion cérébrale, absolument pas ruiné mais il a dû, en 1930 après son divorce, reverser à mon arrière-grand-mère la moitié de sa fortune. Étant à l’époque l’homme le plus riche du monde, il était loin d’être ruiné...

En revanche, le jeune corse qu’il a été, contraint de quitter son île à l’âge de 11 ans sans le sou avec sa grand-mère et devenu un puissant industriel, un self made man, a attisé les jalousies et la haine de certains acteurs politiques qu’il a cessé de financer lorsque ceux-ci se radicalisent en 1930.

En 1936, deux après sa mort, la Solidarité Française est gérée par des membres politiques d’extrême-droite.

En 1917, il perd comme beaucoup d’autres tous ses investissements en Russie : usines, boutiques, stocks, le fruit d’un travail colossal ! Dans un même temps il finance intégralement le Jouet de France à Puteaux en association avec son ami François Carnot afin de permettre aux soldats mutilés de la première guerre d’envisager un avenir décent d’où l’hommage qui lui a été rendu le 8 septembre dernier.

Les politiques ou journalistes qui se servent de faits non avérés à des fins électorales n’ont pas d’intégrité de langage pour citer un homme peu connu aujourd’hui, et pourtant hors du commun, un parfumeur de génie, né à une époque où peu d’industriels pouvaient échapper à un climat politique troublé s’ils souhaitaient se développer à l’échelle mondiale.

Enfin, dès 1910 et jusqu’à sa mort, François Coty s’était entouré de nombreux collaborateurs de confession juive tels que Benjamin Lévy à qui il confie la direction de COTY Inc. à New York, fleuron de son empire industriel.

Ainsi que Raymond Greilsamer qu’il fera revenir d’Allemagne où la condition des juifs est menacée pour finalement l’envoyer en tant que directeur des ventes à NY.

A l’annonce de la mort de mon aïeul le 25 juillet 1934, Monsieur Greisalmer prend un avion pour Paris afin d’assister aux obsèques et il fait partie des 4 personnes qui portent son cercueil.

Et je souhaiterais également vous dire que mon grand-père Henri Coty, petit-fils de François Coty, fondateur de l’association François Coty que je préside aujourd’hui a été résistant et déporté à Buchenwald puis à Dora-Bergen-Belsen. Il adorait son grand-père qu’il s’est appliqué à défendre contre les écrits abusifs manipulés sans jamais céder à la tentation du déni.

Si vous souhaitez en savoir plus, l’ouvrage complet, sourcé, référencé, fruit de 4 ans de travail, une thèse rédigée par Ghislaine Picchiottino agrégée d’histoire et géographie à La Sorbonne, vous apportera toute autre information que vous souhaiteriez approfondir.

« François Coty un industriel corse sous la IIIème République », Ed. Albiana

Un peu difficile à trouver il est disponible via l’association François COTY qui pourra vous l’envoyer.

Bien à vous,

Véronique Coty.