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06/02/2016

PUTEAUX-"DEMAIN"

« DEMAIN » est un film-documentaire réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent. Six jeunes parcourent le monde et proposent des solutions pertinentes et donc encourageantes pour construire une autre histoire de l’avenir. Des exposés de réalisations dans l’agriculture, l’énergie, l’habitat, l’économie, l’éducation, la démocratie reconstituent le puzzle d’une nouvelle économie, signe que l’ère du capitalisme financier dans laquelle nous vivons arrive à sa fin.

http://www.demain-lefilm.com/

Jeremy Rifkin, l’un des penseurs de la société les plus réfléchis et novateurs de notre temps, expose certains de ses principes économiques dans le film : auteur d’une vingtaine de bestsellers dont La troisième révolution industrielle déjà présenté sur ce blog et La nouvelle société du coût marginal zéro- L’internet des objets, l’émergence des communaux collaboratifs et l’éclipse du capitalisme, dont la publication suivra. (510 pages- Les liens qui libèrent- Septembre 2014.),

« Les règles du grand jeu de l’économie mondiale sont en train de changer. Le capitalisme se meurt et un nouveau paradigme qui va tout bousculer s’installe : les communaux collaboratifs. C’est une nouvelle économie qui se développe, où la valeur d’usage prime sur la propriété, où la durabilité supplante le consumérisme et où la coopération chasse la concurrence. Ces communaux collaboratifs sont en plein essor : l’auto-partage, le crowfunding, le couchsurfing, les producteurs contributifs d’énergie verte ou même d’objets avec les imprimantes 3D. Ils offrent un espace fait de millions d’organisations autogérées qui créent le capital social de la société. Ce nouveau paradigme est favorisé par l’émergence des réseaux sociaux et de l’Internet des objets, qui sera bientôt omniprésent dans notre quotidien. Il se matérialisera par ces milliers de capteurs disposés sur les ressources naturelles, les chaînes de production, implantés dans les maisons, les bureaux et même les êtres humains, alimentant en Big Data un réseau mondial intégré, sorte de système nerveux planétaire... »

Les responsables de la ville de Puteaux, par exemple, sont-ils attentifs à ces évolutions et en particulier au développement de l’économie collaborative ?

Dans le magazine de la ville Puteaux Infos, de février 2016, quelques 250 photos présentent près de 500 visages souriants, dont ceux, aussi, des membres de l’opposition en page 76. Le « sérieux » des jeunes cuisiniers concentrés sur leur gâteau, page 38, reste une exception normale. Tout irait donc si bien ?

Le magazine permet, en particulier, de déceler des initiatives pour Puteaux-« DEMAIN ».

Page 14 : un jury citoyen de 12 personnes volontaires a été élu pour donner un avis consultatif sur les dossiers complets et anonymes devant être présentés à la Commission d‘ attribution des logements sociaux. C’est un progrès théorique remarquable qui ne deviendra progrès réel que si une synthèse transparente des écarts de choix entre les deux commissions et de leurs raisons est régulièrement publiée. Attendons pour juger.

Page 25 : la mairie informe de la possession d’imprimantes 3D par le collège Les Bouvets et le collège Maréchal Leclerc.

Page 31 : le Lions club de Puteaux lance Lions SOS : un dispositif gratuit permettant de centraliser dans une petite boîte des informations d’urgence relatives à notre santé, afin d’informer au mieux les services de secours.

Page 44 : quatre espaces verts sont labellisés pour application des objectifs du label Eve. Ces objectifs sont conformes à la nouvelle économie en gestation et aux principes de la protection de la Terre.

Page 45 : la commune propose cinq stations Autolib’ et 14 bornes de recharge électrique.

Page 46 : la réduction des déchets par le compostage est expliquée.

Page 48 : Le soutien aux circuits courts avec la Ruche qui dit oui. C’est un commerce récent, ouvert depuis décembre, 3 place du Ratrait à Suresnes, mais présenté dans Puteaux Infos. Cette entreprise sociale et solidaire propose un modèle juste et équitable destiné à soutenir l’agriculture locale : elle fait ses achats directement auprès des producteurs. C’est aussi une communauté de voisins qui permet de se rencontrer, d’échanger et de s’entraider. Les commandes se font sur Internet, après inscription, chaque lundi et les livraisons ont lieu le mardi.

Page 52 : Thirom Veal a créé FreeSOS, une application gratuite pour Smartphone qui permet de se faire aider bénévolement en cas d’urgence. A la tête d’un bureau d’études, cet ingénieur qui a habité Puteaux pendant plus de dix ans, veut recréer du lien social entre les citoyens.

Créer du lien social, développer l’entraide et les missions à buts non lucratifs, favoriser l’implication de tous, sont des objectifs prioritaires de la nouvelle société.

Page 83 : Puteaux ville connectée.

Ces observations analytiques, en ordre dispersé, demandent à être poursuivies jusqu’à la synthèse  de Jeremy Rifkin: « l’entrée locale dans un monde partiellement au-delà des marchés, où nous apprenons à vive ensemble, toujours plus interdépendants, sur un communal collaboratif mondial. »

Bon courage à nous tous!

Image : rendezvousdufutur.com

Annie Keszey.

 

06/10/2015

La France périphérique. Comment on a sacrifié les classes populaires.

 

 « En réalité, le vrai débat n’est pas de savoir si le modèle républicain est pertinent économiquement. Il est de savoir s’il fait ou non société. S’il permet de tirer vers le haut les autres territoires et d’intégrer économiquement les catégories modestes qui vivent à l’écart des métropoles ou si le rôle des métropoles se limite à redistribuer un minimum de ressources vers des territoires condamnés et des populations inutiles... Christophe GUILLUY. Champs Actuel 6€. 2014. 186 pages

 

Les fondements logiques du vote FN.

 

Christophe Guilluy est géographe. Il est l’auteur avec Christophe Noyé, de l’Atlas des nouvelles fractures en France (Autrement 2004) et d’un essai remarqué, Fractures françaises (Champs-Flammarion, 2015).

 

Extraits discontinus.

 

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03/07/2015

LA DETTE ODIEUSE, ILLEGITIME, DE LA GRECE.

 

D’après « Les dettes illégitimes. Quand les banques font main basse sur les politiques publiques », de François Chesnais. Raisons d’agir. 155 pages.

 

François Chesnais est économiste, spécialiste de la globalisation financière et de ses effets.

 

« L’annulation des dettes en Europe est une mesure de sagesse politique. Le compteur doit être remis à zéro. Il n’y aura pas de sortie de crise sans les deux mesures concomitantes d’annulation de la dette publique et de hausse des salaires (complétée par le plein rétablissement des allocations chômage et du RMI). La première mesure d’accompagnement de l’annulation de la dette est effectivement l’appropriation sociale des banques, leur nationalisation- socialisation et leur reconfiguration, de façon à restaurer leur fonction essentielle et à les mettre au seul service de l’économie réelle. Le contrôle démocratique de l’usage de l’impôt doit être effectif. L’annulation des dettes par un mouvement social européen uni modifierait profondément les rapports de force entre le capital et le travail.

 

Saisir les banques ! Oui, en incluant la BCE dans leur nombre. »

 

Renaud Girard, dans son article du Figaro du 30/06/2015, « Crise grecque : des torts très partagés » en appelle aussi à l’annulation de la dette grecque qui ne sera d’ailleurs de toute façon jamais remboursée, tout en exigeant désormais un excédent budgétaire systématique du gouvernement grec

 

« L’endettement des gouvernements est aujourd’hui une arme pour imposer les réformes propres au capitalisme libéralisé, financiarisé et mondialisé. Un document du FMI de novembre 2010 l’énonce sans détour « les pressions des marchés pourraient réussir là où les autres approches ont échoué. » Avec la crise financière, le piège de la dette publique se resserre : l’impôt qui pèse principalement sur les revenus du travail assure le service de la dette et réalise, au-delà de toutes les espérances du capital, un transfert gigantesque vers les banques et les fonds de placement financiers aux dépens des salariés.

 

En 2011, les agences de notation, l’agence Moody’s en tête se sont acharnées contre la Grèce. Depuis, le PIB grec chute, le ratio de la dette publique au PIB augmente fortement, les risques d’insolvabilité croissent. Les obligations grecques à trois ans ont atteint 20% ! Pour les Hedges Funds, indépendants ou filiales de banques, c’est du tout bénef ! »

 

La Grèce, démocratie directe en d’autres temps, rappelle, à tous les européens, à la fois l’imperfection des démocraties représentatives et l’absence de politique démocratique de l’Europe. Les Grecs lors des élections diverses, antérieures à 2014, de leurs représentants, n’ont nullement voulu un tel gouffre de la dette : ils ont été trompés par leurs gouvernants, ceux qui ont trahi, impunément, la souveraineté du peuple.

 

« En 2008-2009, en Grèce comme partout ailleurs, la récession mondiale a provoqué la chute des rentrées budgétaires. Elle a interdit de cacher plus longtemps l’état des finances publiques que le gouvernement de Costas Karamanlis avait dissimulé avec l’aide de Goldman Sachs en 2001. Les mécanismes de base dont la dette publique est issue sont les mêmes que dans d’autres pays. Les mesures de baisse des impôts (sur  le revenu, le patrimoine et les sociétés) réduisent les recettes budgétaires et créent un déficit public qui est financé par l’endettement. Les cadeaux aux riches y sont même peut-être plus importants qu’ailleurs, ainsi la Constitution de 1975 comporte dans son texte même, l’exemption fiscale des armateurs grecs, de leurs familles et de leurs sociétaires. Un tel privilège peut être considéré comme étant déjà un élément constitutif des traits de dette odieuse...Elle désigne une dette contractée par un régime despotique (nous dirions aujourd’hui dictature ou régime autoritaire), pour des objectifs étrangers aux intérêts de la Nation, aux intérêts des citoyens. Les dettes odieuses sont celles qui ont été contractées contre les intérêts des populations d’un état, sans leur consentement et en toute connaissance de cause du côté des créanciers.La dette de la Grèce a d’abord  été contractée par la dictature militaire  dite des colonels, quadruplant entre 1967 et 1974. Elle a continué à augmenter sous les gouvernements civils suivants, les sommes empruntées aidant à organiser la corruption à très grande échelle. Les Jeux olympiques en 2004 et les achats d’armes ont grevé les finances publiques grecques sans que l’on connaisse les montants des commissions occultes.

 

La Grèce a été un des cinq plus gros importateurs d’armes en Europe entre 2005 et 2009. Les grands producteurs, vendeurs d’armes, la France, l’Allemagne, les Etats-Unis, la Russie et la Grande Bretagne vendent à la Grèce et la poussent donc à accroître sa dette. Ces achats de la Grèce relèvent de la problématique de la dette odieuse : la combinaison entre l’endettement  externe contracté à l’égard des banques  et des fonds de placement originaires des mêmes pays que les entreprises qui vendent des armes relève d’une forme de subordination économique et politique caractéristique de l’impérialisme.

 

La Grèce, par exemple, a été le 3ème client de l’industrie de défense française au cours de la dernière décennie : 25 Mirage 2000 pour 1. 6 milliards d’euros, 70 véhicules blindés VBL, des hélicoptères NH90, des missiles MICA, Exocet, Scalp et des drones Sperwer. La Grèce était en discussion avancée pour acheter des Rafale à 50 millions d’euros pièce ! L’Allemagne a vendu à la Grèce pour plusieurs milliards d’équipements entre 2005 et 2009 !

 

Pendant cette période, les grandes banques européennes ont utilisé les liquidités que leurs fournissaient leurs banques centrales pour augmenter leurs prêts. Elles ont chargé la barque jusqu’au moment où l’ampleur du déficit a été connu et qu’a commencé la phase de crise ouverte et d’attaques spéculatives sur les taux de refinancement exigés de la Grèce. »

 

La dette, illégitime, de la France, se fonde aussi sur la profonde complicité des gouvernements avec la finance. François Hollande, pourtant socialiste, dès son élection, a piétiné la souveraineté du peuple. L’endettement de la France s’accélère, la dette publique atteint 2 100 milliards d’euros, 97.5% du PIB.

 

Aléxis Tsípras et Yánis Varoufákis sont des responsables politiques qui ont changé totalement de logique par rapport à l’Europe. Ils veulent servir leur engagement  fait devant le peuple. Ils s’opposent à l’oligarchie, à la kleptocratie et  aux créanciers européens. L’échec de la politique imposée par l’Europe à la Grèce est total. L’excédent comptable promis et réalisé depuis deux ans, en Grèce, est capturé par les créanciers et ne sert aucune relance de l’économie. C’est intenable à court et long termes. Le référendum prévu est une arme contre les diktats financiers de Bruxelles.

 

Les conservateurs dénigrent le gouvernement grec. Ils désinforment. Peu soucieux des peuples, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel en 2011 avaient dissuadé Papandréou d’utiliser le référendum dont ils craignaient les effets imprévus sur l’euro.

 

L’Europe doit changer son idéologie économique. Les peuples doivent œuvrer pour la démocratie continue, celle théorisée par Dominique Rousseau, par exemple.

 

Annie Keszey.