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01/01/2015

François.

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Le pape François, le 25 novembre 2014, a prononcé deux discours de politique catholique, au Parlement européen et au Conseil de l’Europe. 

« Chers Eurodéputés, l’heure est venue de construire ensemble l’Europe qui tourne, non pas autour de l’économie, mais autour de la sacralité de la personne humaine, des valeurs inaliénables… L’Europe qui contemple le ciel et poursuit ses idéaux ; l’Europe qui regarde, défend et protège l’homme ; l’Europe qui chemine sur la terre sûre et solide, précieux point de référence pour toute l’humanité… » 

Son message d’espérance et d’encouragement, ses beaux vœux, pieux, ont souvent dépassé  ses principes religieux pour atteindre l’universalité.pape Fraçois,europe, dignité humaine, paix, espérance, droits humains

Extraits du 1er discours. 

« …A côté d’une Union européenne plus grande, il y a aussi un monde plus complexe, et en fort mouvement. Un monde toujours plus interconnecté et globalisé, et donc de moins en moins « euro-centrique ». A une Union plus étendue, plus influente, semble cependant s’adjoindre l’image d’une Europe un peu vieillie et comprimée, qui tend à se sentir moins protagoniste dans un contexte qui la regarde souvent avec distance, méfiance, et parfois avec suspicion … 

Aujourd’hui la promotion des droits humains joue un rôle central dans l’engagement de l’Union européenne en vue de favoriser la dignité de la personne en son sein comme dans ses rapports avec les autres pays. Il s’agit d’un engagement important et admirable, puisque trop de situations subsistent encore dans lesquelles les êtres humains sont traités comme des objets dont on peut programmer la conception, la configuration et l’utilité, et qui ensuite peuvent être jetés quand ils ne servent plus, parce qu’ils deviennent faibles, malades ou vieux… 

Par conséquent, je considère qu’il est plus que jamais vital d’approfondir aujourd’hui une culture des droits humains qui puisse sagement relier la dimension individuelle, ou mieux, personnelle, à celle de bien commun, de ce «nous-tous » formé d’individus, de familles et de groupes intermédiaires qui s’unissent en communauté sociale. En effet, si le droit de chacun n’est pas harmonieusement ordonné au bien plus grand, il finit par se concevoir comme sans limites et, par conséquent, devenir source de conflits et de violences… 

Donner espérance à l’Europe ne signifie pas seulement reconnaître la centralité de la personne humaine, mais implique aussi d’en favoriser les capacités…Les jeunes d’aujourd’hui demandent à pouvoir bénéficier d’une formation adéquate et complète pour regarder l’avenir avec espérance plutôt qu’avec désillusion… 

On ne peut tolérer que des millions de personnes dans le monde meurent de faim, tandis que des tonnes de denrées alimentaires sont jetées chaque jour de nos tables. En outre respecter la nature, nous rappelle que l’homme lui-même en est une partie fondamentale. A côté d’une écologie environnementale, il faut donc une écologie humaine, faite du respect de la personne… 

Il est temps de favoriser les politiques de l’emploi, mais il est surtout … nécessaire de  redonner la dignité au travail, en garantissant aussi d’adéquates conditions pour sa réalisation. Cela implique, d’une part, de repérer de nouvelles manières de conjuguer la flexibilité du marché avec les nécessités de stabilité et de certitude de perspectives d’emploi, indispensables pour le développement humain des travailleurs.. 

De même, il est nécessaire d’affronter ensemble la question migratoire. On ne peut tolérer que la mer Méditerranée devienne un grand cimetière. Dans les barques qui arrivent quotidiennement sur les côtes européennes, il y a des hommes et des femmes qui ont besoin de soutien et d’aide…L’Europe sera en mesure de faire face aux problématiques liées à l’immigration si elle sait proposer avec clarté sa propre identité culturelle et mettre en acte des législations adéquates qui sachent en même temps protéger les droits des citoyens européens et garantir l’accueil des migrants. Si elle sait adopter des politiques justes, courageuses et concrètes qui aident leurs pays d’origine dans le développement sociopolitique et dans la résolution des conflits internes-cause principale de ce phénomène- au lieu des politiques d’intérêt qui accroissent et alimentent ces conflits. Il est nécessaire d’agir sur les causes et pas seulement sur les effets… 

A vous législateurs, revient le devoir de protéger et de faire grandir l’identité européenne, afin que les citoyens retrouvent confiance  dans les institutions de l’Union et dans le projet de paix et d’amitié qui en est le fondement… » 

Images : bfmtv.com et rue 89 strasbourg.com 

Annie Keszey.

 

02/06/2014

UN RAVISSANT MARIAGE EUROPEEN.

29/05/2014. UN RAVISSANT MARIAGE EUROPEEN.

Ce témoignage réfute le souhait archaïque « Bleu Marine » d’un repli identitaire.

En Allemagne, la Bavière est une superbe région. La nature est faite de montagnes aux sommets enneigés, de collines couvertes de sapins et d’espaces agricoles travaillés, soignés, traversés par de nombreuses rivières…Les maisons vastes, gracieuses et colorées,  décorées par des balcons en bois sculpté, aux toits souvent couverts de panneaux solaires  se groupent, dans chaque village, autour d’une église catholique au clocher à bulbe. Le catholicisme reste la religion majoritaire.

Le samedi 24 mai 2014, à Roggenburg, Gabor a épousé Zeynep. Tous deux sont avocats, spécialisés en « brevets ». Gabor est le fils aîné d’un père ingénieur et d’une mère dentiste, Hongrois nés à Cluj, en Roumanie : Ils ont quitté la dictature de Ceausescu pour choisir de vivre en Allemagne dont ils parlent parfaitement la langue. Le jeune fiancé, laïc, ainsi que son frère médecin, ont la nationalité allemande. Zeynep, la très belle mariée, est turque, musulmane, sa famille a également choisi de vivre en Bavière.  Le nouveau  couple s’installera à Munich. Avant la cérémonie, Gabor a suivi en souriant une coutume turque : il est allé chercher sa future épouse chez ses parents. Il a dû frapper à la porte de la chambre et  convaincre Zeynep de le suivre en lui offrant un cadeau selon la coutume : deux petits chameaux, en peluche ! Les deux promis sont sortis sous les pétales de fleurs et ont rejoint l’ancienne et rutilante voiture DS Citroën, louée pour l’occasion, afin de rejoindre la mairie.  Zeynep portait une robe longue en tulle blanc, sobre et élégante.  Dans les mairies de Bavière, le Christ crucifié est accroché sur le mur principal de la salle des mariages. Se marier face à ce Christ pouvait  troubler Zeynep…C’est pourtant ce qui fut. Le maire, ouvert et sobre, fit un long discours retraçant la jeunesse de chacun des futurs époux  et prodigua des conseils civiques. L’oubli des alliances, dans une voiture, au moment de les échanger, détendit cette atmosphère recueillie.

L’acceptation de la tradition des chameaux, le refus du retrait de la croix sont un exemple de compromis culturel hiérarchisé, intelligent, entre  des conceptions différentes, qui protège contre la « haine et le rejet » de l’autre, leitmotiv du FN français.

Il n’y a pas eu  de cérémonie religieuse.

Les cent invités à la réception étaient européens de cœur et de raison. Majoritairement Hongrois nés en Roumanie, ils ont quitté, à divers âges, ce pays natal,  pour  immigrer,  en Allemagne, Hongrie, Autriche, France, Canada ou Etats-Unis. Tous ont fait des études longues et possèdent des diplômes de hautes qualifications qui ont évidemment facilité la réussite de leurs professions et de leurs vies, en Europe. A part de rares exceptions, ils parlent couramment au moins 4 langues : leurs 2 langues natales, le hongrois et le  roumain, l’anglais et la langue de leur pays d’adoption.  Une jeune femme y ajoute le portugais et le français après un an au Brésil et un autre à Rennes, en Bretagne. Une autre parle un espagnol littéraire après 2 ans en Equateur.

Dans le cadre parfait du cloître-hôtel de Roggenburg, la réussite scolaire et professionnelle de ces invités, leur volonté de comprendre fraternellement le monde, leurs relations chaleureuses et leur rejet absolu des dictatures qu’ils ont fuies  symbolisent fortement une harmonie et un bonheur européens.

Au début du repas de  noce le père du marié a fait un discours.  Les Turcs, dans l’histoire, ont combattu et écrasé les Hongrois : à Mohacs, sur le Danube en 1526, puis à Bude. Soliman le Magnifique, sultan de Constantinople, contrôla alors les 2/3 de la Hongrie et Ferdinand, frère de Charles Quint, dut payer un tribut annuel au sultan parce qu’il possédait le  1/3 restant.  La mère, le beau-père, le père, la belle-mère, les sœurs, les demi-frères (une famille recomposée) et Zenep, tous turcs, paraissaient inquiets… Puis le rappel historique a continué par la libération guerrière de la Hongrie sortie de la domination turque, en 1696, pour une autre domination ! Enfin, en 2014, ici, un Hongrois- Allemand, Gabor, est vaincu pacifiquement, de son plein gré, par le charme de Zeynep, femme turque musulmane, jeune, fine, rayonnante. 

Guerres puis paix.

Le lendemain du mariage, les Allemands élisaient aussi leurs députés européens. Le soir, en petit groupe, des invités changeaient de chaînes de télévision pour connaître, rapidement, les résultats des élections dans divers pays. L’arrivée de l’extrême droite, au second rang derrière les abstentionnistes, a perturbé l’idée positive qu’ils avaient de la France. Il ne s’agissait pas de leur méconnaissance du risque annoncé par sondage, ni d’absence de critiques sur les dysfonctionnements de l’Europe, mais d’incrédulité tant ce choix leur semblait paradoxal. En quelques minutes, les thèmes interrogatifs, développés ensuite, tard dans la soirée, étaient énoncés :

  • Est-ce bien la France du grand siècle des Lumières ?

  • Pourquoi  le FN s’oppose-t-il à l’immigration, « moyenne » en France et mondialement irréversible ?

  • Le FN qui a une peur pathologique de « l’autre », aurait-il  oublié les invasions barbares colonisatrices françaises?

  • Le retour vers la Gaule antique, par l’autarcie, n’est-il pas un projet économique rustique et suicidaire, frein imparable au processus d’adaptation de  « destruction-créatrice » nécessaire à la nouvelle croissance économique, écologique et humaniste ?..

  • Pourquoi les medias donnent- ils si peu la parole aux immigrés, afin qu’ils soient connus?

     

    Marine Le Pen, avocate, Louis Aliot, avocat, Florian Philippot, « énarque », Philippe Martel, énarque, Bernard Monot, économiste et d’autres responsables du FN, solidement diplômés, cadres dans la société française, élite traditionnelle insérée dans un népotisme familial, pensent-ils sérieusement représenter les ouvriers qui ont voté pour eux ? Il est étrange qu’ils n’aient jamais (ou rarement) proposé des mesures volontaires pour établir enfin l’égalité des chances et rétablir l’ascenseur social au sein de l’Education Nationale.  Promouvoir les démunis afin qu’ils réussissent leur vie personnelle et professionnelle serait plus durable que de les « embrigader idéologiquement » par des promesses vides, pour capturer leurs suffrages. Les connaissances aident à penser et à renoncer à certaines convictions erronées, même s’ils sont, eux, responsables du FN, des contre-exemples. En effet, ils feutrent, ripolinent des idées détestables, celles des fondamentaux idéologiques inchangés du parti extrémiste, cachent des notions mortifères sous des noms héroïques, par exemple, ils appellent patriotisme leur retour au nationalisme, cassent l’Europe mais leurs députés élus acceptent d’être rémunérés confortablement par des fonds publics pour tuer l’Union européenne, rémunération certes légale d’une démocratie  parfois paroxystique.

    Aucun parti politique n’a su empêcher, pour l’instant, ce résultat électoral rétrograde et scabreux mais l’avenir de l’Histoire n’est jamais prévisible. Un combat pacifique collectif, obligatoirement  pertinent, contre des sourires politiques prédateurs, élèvera certainement  la France, en Europe.   

     

    www.atelier-idees.org                       www.notreputeaux.com     Annie Keszey.

      

     

13/05/2014

ABSENTEISME ET CUPIDITE D'EURODEPUTES DE FRANCE.

 

L’actuel Parlement européen compte 754 députés dont 74 pour la France, nombre lié au nombre d’habitants. Ce parlement sera renouvelé en mai 2014, au suffrage universel par 400 millions d’électeurs des 28 états membres : il comptera 751 députés dont le président. 44 millions d’électeurs français vont  élire 74 députés.
Le travail d’un député prévoit l’assistance aux séances plénières mensuelles de  Strasbourg  et la participation aux nombreux travaux parlementaires, à Bruxelles.
Sauf en fiscalité et affaires étrangères le Parlement est « co -décisionnaire » mais doit s’adapter aux compromis entre la Commission et le Conseil des ministres des Etats. Il possède un droit de veto sur le budget 2014-2020, mais ne l’a pas utilisé. Ses propositions sont parfois fortes telles la mutualisation des dettes publiques au moment des difficultés grecques  et  la quarantaine de directives pour réformer et contrôler les banques.
L’indemnité de base est la même pour l’ensemble des députés : 6200 € net/mois. Un retrait financier est pratiqué sur l’indemnité en cas de présence inférieure à 50 % des séances plénières. Pour chaque jour de présence à Bruxelles et Strasbourg, chaque député reçoit 304 € complémentaires, à la condition d’avoir signé le registre de présence. La 3ème indemnité forfaitaire de 4299 €/mois couvre les frais divers et s’y ajoutent divers avantages dont la carte de réduction de 2/3 du coût des voyages en Thalys, par exemple. Le paiement de collaborateurs fixé à 22 000 € est assuré également par les fonds européens
Oui, mais !
Cupidité ou tromperie?
 Les ténors nationaux, députés européens, Philippe de Villiers, Rachida Dati, Jean-Marie Le Pen, Marine Le Pen,  Jean-Luc Mélenchon… manifestent un absentéisme « calculé » à Strasbourg (afin de ne pas perdre leur indemnité sans doute) et ne travaillent pas à Bruxelles.
Ils utilisent l’argent et les structures du parlement, sans rien faire. Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon n’y défendent nullement leurs idées (source : Alain Lamassoure).
Le député néerlandais Der Jan Eppink fait remarquer que « s’ils avaient été  dans le privé, ils seraient virés depuis longtemps. »
Philippe de Villiers pourrait avoir des problèmes de santé. Jean-Luc Mélenchon conteste les rapports sur son absentéisme en invoquant son engagement à défendre de multiples causes, en France : les rédacteurs de rapports publient ses contestations mais ne changent pas leurs statistiques !
A l’opposé, des députés européens français, peu médiatisés, sont des exemples de présence, de participation et d’influence : Jean-Paul Gauzès, Pervenche Bérès, Sylvie Goulard, Catherine Trautmann, Alain Lamassoure…Leur réélection serait positive.
Les eurodéputés français intermédiaires ont un taux de présence acceptable  et votent mais restent absents des dossiers tels Brice Hortefeux et Harlem Désir…Paradoxalement Harlem Désir vient d’être nommé, en France, aux affaires européennes ; son intérêt personnel a été mieux servi par le Pouvoir que l’intérêt de tous.
40.5 % de ces députés français sont des « cumulards » de fonctions électives contre 4 %  des députés du Royaume-Uni. Les vedettes politiques nationales qui se cherchent un abri après un incident de parcours politique sont peu motivées, en général, par l’Europe : le cas le plus inacceptable semble être est celui de Rachida Dati. Sa candidature de 2014 est une nouvelle tromperie.
Pour l’élection de mai, d’autres chercheurs d’abris, inexistants dans le domaine des idées, pourraient être les têtes de liste  Nadine Morano, qui fut députée de l’Assemblée nationale pendant 18 mois et présente moins de 2 semaines sur 4, Brice Hortefeux, Eva Joly, Michèle Alliot-Marie…
Marine Le Pen et Jean-Marie Le Pen se représentent.  Par civisme et pour éviter un nouveau gaspillage financier les électeurs devraient les évincer.
Pour voter, il faut SAVOIR. Les sites militant pour la transparence du Parlement européen restent rares mais progressent : VoteWatch Europe, en anglais, par exemple.
Sources : www.observatoiredessubventions.com, www.lepoint.fr, www.lintern@ute.com
Annie Keszey. www.atelier-idees.org  www.notreputeaux.com