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30/04/2015

LA CLAN FAMILIAL ET LE POUVOIR.

Chantal Delsol, philosophe. Extraits.

Un parti dirigé par une famille se donne des atouts pour durer et en même temps avance les poches bourrées d’explosifs...

Le vieux chef est à la fois père et roi. Son autorité s’immisce partout. Quand la raison renâcle, il pose l’argument de l’affection sur la table.

Il s’agit d’une politique tout à fait antidémocratique dans ses formes...Le pouvoir démocratique est « rationnel-légal ». Il s’établit sur des convictions et met en jeu des individus dont chacun possède par ailleurs une vie privée, indépendante...Dans le pouvoir clanique tout est lié. Les réunions de famille sont des réunions politiques. Les affections conditionnent les convictions et inversement...

Trop mêlé à l’affection, ce pouvoir approche toujours la violence. A tous les échelons le pouvoir humain se grandit en se hissant au-dessus de celui du cyclope, ce patriarche des premiers temps dont parlaient les Anciens, chef arrogant à l’autorité discrétionnaire. On peut difficilement nier que la séparation de l’ordre familial et de l’ordre politique fut une conquête de civilisation...

Comme on le sait pour les pays non occidentaux, adopter la démocratie ne signifie pas seulement se mettre à croire en certains principes – car la démocratie est une culture plus qu’une institution - et la culture ne s’invente pas en un jour...

Le FN, s’il veut être pris au sérieux, devra perdre la culture clanique et se comporter en structure « rationnelle légale »...

 

19/04/2015

LA GAUCHE PONCE PILATE.

 

10/04/2015. Editorial de Jacques Julliard. Extraits.

On se demande souvent comment les Allemands faisaient pour vivre normalement, alors que, pour la plupart, ils savaient ce qui se passait pour les juifs dans les camps d’extermination des nazis. Ce n’est pas si difficile. Il suffit de voir comment nous faisons pour les chrétiens d’Orient et une partie croissante du monde musulman. Nous tournons la tête quand on enlève, quand on viole, quand on crucifie les chrétiens assyriens. Nous tournons la tête quand on égorge en Lybie les coptes égyptiens. Nous tournons la tête quand on massacre 148 étudiants chrétiens kényans à l’issue d’une sélection dans un style qui rappelle irrésistiblement Auschwitz. Vous voyez bien : on vit quand même. Chérie passe-moi le beurre...

 

De la gauche et de ses partis...il ne faut rien attendre : elle est bien trop occupée à préparer ses congrès, ses scissions, ses ministères. La gauche du PS  se présentera unie à Poitiers pour arrêter les hollandais. On respire. Quant aux Verts, ils débattent de la seule question qui vaille à leurs yeux : la représentation proportionnelle, autrement dit : tout le pouvoir au parti ! Ainsi les Verts pourront rester magouilleurs à mort et Cécile Duflot pourra devenir députée à vie. Ah, au fait, les chrétiens ? Pas de précipitation. Les juifs ont bien attendu avant d’être secourus. Les chrétiens attendront. Pour eux, pas d’émotion.

Place aux motions.

 

10/04/2015

DEMOCRATIE. DES MAJORITES MINORITAIRES.

 Second tour des élections départementales.

 Des citoyens français disposant théoriquement du droit de vote ne s’inscrivent pas sur les listes électorales bien qu’il s’agisse d’une obligation : 22.50 % du corps électoral n’est donc pas compris dans les inscrits, selon l’Insee. Ils sont «empêchés de voter » du fait de leur désertion civique. 

L’abstention au second tour (50.02 %  des inscrits) les bulletins blancs (2.86 % des inscrits) et nuls (1.30 % des inscrits), au niveau national, soit un total de  54.18 %, dépassent les suffrages exprimés : 45.82 %.  

Le Front National, par exemple, obtient 22.23% des suffrages exprimés, 10.18 % des suffrages des inscrits et  un résultat virtuel de 7 % rapporté au corps électoral français. 

Le danger d’une «  France frontiste » n’est peut-être qu’une hypothèse superficielle des medias qui ignorent « le plafond de verre »! 

La question essentielle pour vaincre le déclin démocratique est de redonner à 85 % des électeurs (évaluation du Cevipof) la confiance perdue dans les partis politiques. Les solutions proposées sont faibles : rendre le vote obligatoire, permettre aux électeurs de s’inscrire jusqu’au 30 septembre sur les listes électorales, simplifier les procurations et le vote par correspondance, étendre les plages horaires des votes, faire des campagnes civiques... «.Le vote blanc reconnu par la loi du 1/04/2014, est « compté » mais toujours pas « comptabilisé » dans les suffrages exprimés. Souvent aussi il devient « nul » tant sa fabrication suit des règles strictes (il doit avoir exactement la dimension d’un bulletin pour être valide). L’enveloppe vide, devenue bulletin blanc, est peu utilisée  à cause de sa légèreté matérielle peut-être décelable par les assesseurs... » (Jérémie Moualek, chercheur en sociologie politique. Votes blancs et nuls. A qui profite la confusion ?) 

La progression nationale des votes blancs et nuls est un autre phénomène politique, peu médiatique. 1 677 620 électeurs ont fait ces choix de ne pas renoncer à voter tout en refusant l’offre politique proposée. Leur nombre dépasse les scores de plusieurs formations : Europe-Ecologie-Les Verts, le Parti communiste, Debout la France, le parti radical de gauche, le Front de gauche, le Modem... 

Les majorités d’électeurs qui ont élu les binômes gagnants sont minoritaires dans le corps électoral. 

Par exemple, le binôme vainqueur du canton de Courbevoie-2, Monsieur Vincent Franchi et Madame Aurélie Taquillan, élu par 63.70 % des suffrages exprimés, (score très honorable)  ne l’est qu’avec un pourcentage de  25. 53 % des inscrits soit un quart des électeurs environ. Le nombre de non-inscrits sur les listes électorales n’est pas connu au niveau du canton. 

Ces élections sont bien sûr légales mais elles insistent sur la nécessité de dépasser les clans idéologiques réduits pour servir l’intérêt général.  Une déclaration récente de Vincent Franchi, dans le journal communal, rassure : « La fraternité et la solidarité sont aussi des règles de sagesse et les premiers de nos devoirs. Nous devons défendre nos valeurs, la liberté d’expression et la liberté de penser, fondements de la démocratie, défendre inlassablement les trois belles idées déclinées dans notre devise républicaine et rester rassemblés ».  

La nouvelle parité n’a pas vaincu l’obstacle de la désignation  d’hommes aux présidences des départements. Les femmes élues ont voté massivement pour des hommes : 91 sur 101.  

Les futures élections régionales vont- elles retomber dans cet abîme d’incompréhension qui sépare les élus des Français ? 

Mais non ! 

Nos chers élus, conscients, travaillent à la reconquête de leur légitimité. 

Annie Keszey. 

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