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28/07/2014

LE SPECTACLE DE L'UMP.

Joseph Macé-Scaron. Marianne 897.Extraits. 

Nous ne saurions mieux dire ! 

« Il n’y a pas d’intermittents du spectacle à l’UMP, les acteurs jouent sans discontinuité et à guichets fermés. La comédie Bygmalion, la tragédie Karachi et l’impromptu libyen vont continuer, cet été, leurs représentations…Voilà assurément un mouvement convivial où chacun tente de se sauver en passant « le compagnon » par-dessus le bastingage du navire…Peut-être faudrait-il karchériser les locaux pour nettoyer toute trace de sarkozysme, s’interrogent ceux qui s’effrayent d’un retour hypothétique de l’ancien président de la République, non pas pour sauver son parti mais pour se sauver lui-même… 

Pendant dix ans l’UMP a été au pouvoir, ses élus, les ministres issus de ses rangs, ont contrôlé les comptes de la nation. Pendant dix ans, les Raffarin, les Sarkozy, Les Fillon, les Juppé et autres Copé ont discouru sur ce qu’était la bonne et la mauvaise gouvernance. Pendant dix ans, ils se sont amusés de tous ceux qui proposaient une autre politique sous prétexte que ces derniers étaient de piètres gestionnaires et qu’ils conduiraient dans le mur les finances du pays. Ils nous ont fait la morale économique  sur un ton de maître d’école. Et, aujourd’hui, on découvre que leur propre formation politique est au bord de la faillite, que, gavés de fonds publics comme une dinde électorale, ils ont dépensé sans compter, qu’ils ont choisi comme fournisseurs les plus étourdissants margoulins de la place de Paris. Ainsi incapables de gérer leur petite boutique des erreurs, ils seraient aptes à assurer le redressement de la France et le retour de la croissance ? Sans rire ? Que fument-ils ? Qui est leur fournisseur ? Et comment interpréter cette phrase qui revient en permanence dans les propos d’un grand nombre de responsables de l’UMP «  La droite doit revenir aux affaires. » Mais elle y est, aux affaires ! Elle est même plongée dedans jusqu’au cou… »

 

www.notreputeaux.com

 

15/07/2014

Réinventons le politique

Alain Touraine, sociologue, dans « Le Monde » du 9 juin 2014. Extraits. 

… «La montée puissante du FN ne veut pas dire que cette montée soit irrésistible. Le problème central est celui-ci : la gauche, plutôt que la droite qui me semble manquer d’une orientation générale, est-elle capable de sortir du monde imaginaire où elle s’égare, et peut-elle réussir le grand saut qui lui redonnera vie en la plaçant dans la réalité du monde du XXIème siècle ? 

…Le renouvellement de la gauche suppose en premier lieu que celle-ci transforme sa vision des acteurs économiques…Il est indispensable de défendre en bloc les intérêts du travail contre toutes les formes de profit qui ne sont pas liées à la création économique…Nous savons tous que n’importe quel gouvernement dans les années qui viennent sera jugé sur sa capacité de parvenir à retrouver la croissance et de faire reculer le chômage. 

… Nous avons imposé les droits de la majorité : nous devons maintenant faire respecter les droits des minorités. 

Qui ne souffre de voir la froideur ou, au mieux, la tiédeur avec lesquelles on parle des problèmes de la jeunesse, à l’école, dans l’université, sur le marché du travail ? Nous voyons monter partout dans le monde l’obsession de l’identité, la peur de l’autre, l’assassinat des minorités. Contre ce triomphe glacial de la mort et de l’interdit, seule la passion de la diversité, mais fondée sur la croyance en l’universalisme des droits fondamentaux, peut nous faire choisir l’ouverture au lieu de la fermeture, l’innovation au lieu du refus… 

Chacun l’a bien senti au cours des récentes élections : c’est le même mouvement, c’est la même faiblesse du système politique, le même vide de la pensée et de l’action qui conduisent les uns vers l’abstention et les autres directement vers le FN. Et ce n’est pas en traitant une partie importante de l’électorat comme une masse inférieure qu’on redonnera vie à l’exigence de liberté et de dignité sans laquelle la démocratie n’est plus qu’un chapitre dans un manuel de droit. 

Nous avons besoin de décisions, de réformes, d’innovations, mais beaucoup plus encore, et de manière urgente, de volonté et de capacité d’agir pour empêcher les ruptures et la violence et apprendre à nouveau à vivre ensemble.» 

www.atelier-idees.org

 

08/06/2014

LE NATIONAL-POPULISME, voilà l'ennemi.

 Jacques Julliard. Marianne  n°893. Extraits. 

…Si l’on fait la somme des europhobes, des eurosceptiques et des abstentionnistes, c’est plus des ¾ des Français qui se désintéressent de la politique…Les diverses extrêmes droites qui vont se retrouver au Parlement européen constituent la plus étrange des internationales : celle du chacun pour soi…Et si tout cela devait se solder par le remplacement du Portugais Barroso par le Luxembourgeois Juncker à la tête de la Commission, alors il faudrait être encore plus inquiet sur l’avenir que nous ne le sommes après notre dimanche noir. A force d’envoyer des médiocres et des cruches dans les institutions européennes, nous avons eu une Europe de médiocres et de cruches… 

Si les 14% des socialistes- qui ont au moins l’excuse du fardeau du pouvoir- sont dramatiques, les 6% du Front de gauche, dans l’opposition ouverte depuis deux ans, sont proprement tragiques. Il y a bien sûr une responsabilité particulière de Jean-Luc Mélenchon qui n’a cessé d’hystériser et d’histrioniser son aversion maniaque pour François Hollande… Mais au-delà de ce cas, ce qui s’est passé dimanche 25 mai est la preuve qu’il n’y a pas présentement  de majorité de rechange à gauche… 

François Hollande manque de leadership démocratique, c’est-à-dire l’art de parler au peuple, de lui proposer une orientation et de l’entraîner avec lui. Au vrai, il n’est pas impopulaire, il est apopulaire et comme extérieur à sa fonction… 

Marine Le Pen est « Mme 25% » et comme un précipité de tous les maux et de toutes les tares de la France actuelle. Il faut donc la combattre pour ce qu’elle représente réellement. Elle est plus que jamais la championne du national-populisme, c’est-à-dire l’exploitation des souffrances et des frustrations populaires au profit d’une idéologie rance du repli sur soi, de l’autarcie économique et de la haine de l’étranger, sous toutes ses formes. Le contraire de la République que nous défendons. Le national-populisme, voilà l’ennemi ! 

Il n’y a pas que de mauvaises nouvelles, les meilleures sont venues d’Italie, où un jeune président du Conseil qui n’a pas froid aux yeux, a pulvérisé, à la surprise générale (avec 40.8 % des suffrages) les divers partis populistes qui pullulent : ceux du bouffon Beppe Grillo, du bouffon de Forza italia, de Silvio Berlusconi, de la feue Ligue du Nord. Dans un pays qui, il y a encore trois mois, était la risée du monde, un européen convaincu et convaincant a renversé la donne. Viva Italia ! 

Rien n’est donc perdu pour la France, fors l’honneur. 

Si nous le voulons, Marine Le Pen ne reverra plus jamais ses 25 %.