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10/10/2013

QU'EST-CE QUE LA VIOLENCE?

LA VIOLENCE DES RICHES. Chronique d’une immense casse sociale. Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot. Zones. 17 €.


Les auteurs sont sociologues, anciens directeurs de recherche au CNRS.


Avant-propos.

violence 1.jpg« Qu’est-ce que la violence ? Pas seulement celle des coups de poings ou des coups de couteau des agressions physiques directes, mais aussi celle qui se traduit par la pauvreté des uns et la richesse des autres. Qui permet la distribution des dividendes en même temps que le licenciement de ceux qui les ont produits. Qui autorise des rémunérations pharaoniques en millions d’euros et des revalorisations du Smic qui se comptent en centimes.
    Mobilisés à tous les instants sur tous les fronts, les plus riches agissent en tenue de camouflage, costume-cravate et bonnes manières sur le devant de la scène, exploitation sans vergogne des plus modestes comme règle d’or dans les coulisses. Cette violence sociale, relayée par une violence dans les esprits, tient les plus humbles en respect : le respect de la puissance, du savoir, de l’élégance, de la culture, des relations entre gens du «  beau » et du « grand monde ».
    L’accaparement d’une grande partie des richesses produites par le travail, dans l’économie réelle, est organisé dans les circuits de la finance gangrénée. Les riches sont les commanditaires et les bénéficiaires de cette violence aux apparences savantes et impénétrables, qui confisque les fruits du travail. A travers les chroniques de la guerre sociale en cours, nous allons observer les visages des vrais casseurs en nous appuyant sur du concret, des descriptions de lieux et de faits et l’analyse des mécanismes de cette violence insidieuse venue d’en haut. La crise est celle des vies brisées, amputées de tout projet d’avenir, dans cette immense casse sociale à laquelle les dirigeants politiques de droite et de la gauche libérale se sont associés… »
A suivre.
Image: npa29.unblog.fr
Annie Keszey.
www.notreputeaux.com
www.atelier-idees.org

26/06/2013

MARC CREPON. LE CONSENTEMENT MEURTRIER.

Cerf 2012. Passages. 284 pages. 34 €.


Nous consentons tous au meurtre. Un tel consentement n’est pas une fatalité.

Marc Crépon est agrégé et docteur en philosophie. Il est directeur de recherches au CNRS, professeur à l’Ecole normale supérieure, codirecteur du master de philosophie contemporaine ENS/EHESS.

Les brefs extraits discontinus suivants ne sauraient se substituer à la thèse, profonde, de l’auteur.

« Il n’est pas de critique de la violence, pas de dénonciation de la cruauté qui, dès lors qu’elles restent partielles et partiales, ne portent comme leur ombre, le risque d’un consentement, actif ou passif, implicite ou explicite, à cette même violence et à cette même cruauté, pour peu qu’elles adviennent ailleurs et autrement.
On appellera consentement meurtrier tout accommodement avec la mort violente, toute accoutumance au meurtre, toute transaction en réalité intenable, avec les principes qui devraient en exclure la moindre acceptation, qu’elles qu’en soient les victimes…
Le consentement est toujours susceptible de se produire à l’insu de celui qui prétend le refuser. Et la liste des noms qui devraient nous hanter comme les formes toujours récurrentes de cette manifestation n’est pas close : la résignation, la passivité, l’absence de révolte devant toutes les injustices meurtrières, dont le monde offre le spectacle, l’acceptation du meurtre des autres, mais aussi le goût des assassinats, la tentation de la terreur, la fascination de la guerre et toutes les manifestations de cruauté qui l’accompagnent…
Nous savons que le problème d’un tel consentement trace une ligne de partage entre ceux qu’il n’aura jamais effleurés, perturbés ou inquiétés, qui l’auront toujours jugé déraisonnable, excessif, « idéaliste » et se seront trouvés de bonnes raisons (politiques, économiques et même philosophiques) pour qu’il ne vienne pas déranger leur vie confortable, et ceux qui l’auront toujours éprouvé comme une injustice acceptée, sinon encouragée au cœur de leur existence. Qu’il s’agisse des populations exposées à la famine (alors même que les pays les plus riches ne savent que faire de la surproduction de leurs produits alimentaires), de la privation d’accès aux soins d’une partie croissante de l’humanité (alors que les industries pharmaceutiques engrangent des profits considérables), des guerres oubliées (qui nourrissent les marchands de canons des pays fiers de leurs plaidoyers pour la paix), des massacres de populations civiles, des camps de réfugiés où l’on meurt en masse dans une indifférence quasi générale, ceux-là savent qu’en ne disant rien, en ne faisant rien, ils consentent au meurtre…
La révolte, quand elle débouche sur la destruction, est illogique. Réclamant l’unité de la condition humaine, elle est force de vie et non de mort. Sa logique profonde n’est pas celle de la destruction ; elle est celle de la création…
Pour le dire d’un mot, le renoncement à la satisfaction des pulsions, de quelque tradition qu’il soit hérité, ne protège que de façon très partielle, très variable, très lacunaire et très temporaire de la prolifération de consentements meurtriers à laquelle l’histoire semble vouer l’humanité sur tous les continents…
L’hypothèse la plus rationnelle dit Sigmund Freud est de supposer que l’attitude de l’homme face à la mort a toujours été contradictoire. Elle s’est toujours divisée entre la fuite et la dénégation que lui inspirait l’idée de sa propre mort et le peu de scrupules, sinon la jouissance qu’il avait à éliminer physiquement celui qui se présentait à lui comme un rival ou qui lui semblait constituer une menace pour sa vie ou celle de ses proches …
Il n’y a pas d’obstacle plus grand à la possibilité d’un être-au-monde cosmopolite que notre rapport différencié à la vulnérabilité et à la mortalité d’autrui. Être citoyen du monde, cela veut dire, en effet, que les vivants et les morts ne se divisent pas en un ici et un ailleurs, une proximité et un éloignement- en d’autres termes que le soin, le secours et la médication que les premiers exigent, le deuil et les pleurs que les seconds demandent ne connaissent pas de frontières. Or rien n’est moins évident qu’une telle transcendance des appartenances…
Il est, dans le monde, de nombreuses formes de vulnérabilité qui affectent les populations, à commencer par les guerres et les épidémies (le sida, le paludisme et la tuberculose), mais aucune n’est plus récurrente, extensive et inquiétante que la famine. On estime aujourd’hui à plus d’un milliard le nombre de personnes qui souffrent de la faim et à cinq millions celui des enfants qui meurent chaque année. Les causes en sont multiples : climatiques (comme c’est aujourd’hui le cas en Somalie, en Erythrée, en Ethiopie et au Kenya, avec la sécheresse et la perte du bétail), économiques (avec le privilège accordé aux agricultures d’exportation au détriment des agricultures vivrières et familiales, la spéculation sur les matières premières, le développement des biocarburants, et, pour finir, l’exode rural encore aggravé par la crise) mais aussi médiatiques (avec l’indifférence générale et l’absence de mobilisation) et aussi politiques (avec, entre autres, le soutien accordé à l’acquisition de terres par les multinationales, la diminution de l’aide internationale et le refus de prendre en compte l’urgence  que constitue l’explosion de la mortalité- le refus, en d’autres termes, de se donner, sans compter, les moyens de sauver les populations menacées).
Alors même qu’en Europe des quotas sont imposés, chaque année, pour soutenir les prix, on meurt de faim massivement de l’autre côté des mers et des océans. Tandis qu’une catastrophe « nationale », par exemple un accident spectaculaire ou l’annonce programmée d’une épidémie, fait la une des journaux pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, la mort anonyme quotidienne de millions d’hommes, de femmes et d’enfants ne retient qu’exceptionnellement l’attention. Tel est le constat auquel se heurtent immanquablement toute pensée, toute déclaration, toute profession de foi cosmopolite. Dans notre rapport au monde, la famine inscrit une ligne de fracture irréductible. Elle met en évidence l’axiome selon lequel le monde ne saurait faire sens, s’il est fait exception au secours qu’appellent de partout, la vulnérabilité et la mortalité d’autrui. Pour le dire encore autrement, parce qu’il n’y a pas de forme plus extrême de l’abandon d’autrui à une mort programmée, la famine prive la mondialisation du monde de tout sens possible sinon celui d’un meurtre de masse consenti…
La violence a pour origine, ce qui en chacun de nous commence à pervertir le lien nécessaire entre l’éthique et les intérêts qui commandent toute action personnelle ou plus généralement politique. Ainsi sommes-nous conduits à transiger en permanence avec le type de responsabilité qu’appellent pourtant, de partout, le secours, le soin et l’attention exigés par la vulnérabilité et la mortalité d’autrui…
Marc Crépon, propose des voies pour se dégager de cette fatalité: la révolte, la bonté, la critique et la honte, contrepoids à la tradition « nihiliste », du découragement, du renoncement ou de la résignation… Il appuie ces propositions sur des analyses fines d’œuvres littéraires d’Albert Camus, de Jacques Derrida, d’ Emmanuel Levinas, de Stefan Zweig, de Gunther Anders, de Vassili Grossman, de Karl Kraus, de Kenzaburô Ôé…pour décrire un vivre-avec qui tenterait de rassembler et rapprocher les hommes autrement, en dépit de leurs divisions…»

Dans Le Figaro du dimanche 11 mars 2012, Marc Crépon expliquait comment le « consentement au meurtre » est l’essence du régime de Bachar el- Assad. « …C’est pourquoi l’essence du pouvoir, auquel les tyrans se cramponnent est un consentement meurtrier permanent. Si l’on désigne sous ce nom, l’éclipse totale d’un souci partagé de la vulnérabilité et de la mortalité d’autrui, tout dans la politique de terreur des dictatures contribue à son entretien : les arrestations arbitraires, la torture, les disparitions, les exécutions sommaires. Il n’y a qu’une seule « sécurité » qui compte du premier au dernier jour d’un tel régime : celle du tyran lui-même et le cas échéant de sa famille…Mais les tyrans aiment se raconter des histoires, comme ils en racontent au peuple : il leur faut toujours trouver des justifications au meurtre de masse qu’ils n’hésitent pas à commettre au vu et au su de tous. Aussi ne se retournent-ils jamais contre ceux qui leur opposent une résistance, sans construire de ces opposants une image négative. Il n’y a pas de consentement meurtrier qui ne suppose quelque travestissement de la vérité : l’orchestration d’un mensonge d’Etat…S’il est vrai plus généralement, que le consentement au meurtre est l’essence du régime de Bachar el- Assad, la cruauté extrême dont il fait preuve aujourd’hui exemplifie a contrario les quatre alternatives à ce consentement qui sont insupportables à tout dictateur : la révolte qui le menace, la bonté qui lui est étrangère, la critique qu’il redoute et la honte qu’il est incapable d’éprouver. »

Dans Le Monde du 21 juin 2013, Christophe Châtelot reprend la question posée par Vincent Bolloré, le 5 juin, à Puteaux, lors de l’assemblée générale de son groupe : mais qu’est-ce que j’ai bien pu faire de mal ? La réponse à la question se résume à un anglicisme : « landgrabbing », autrement dit l’accaparement de grandes surfaces de terres, africaines, un sport en pleine extension pratiqué essentiellement par des multinationales. La lettre remise à l’homme d’affaires, par des villageois venus spécialement du Cameroun, de Sierra Leone, du Liberia et de la Côte d’Ivoire dénonce les conditions de vie et de travail, au sein et à proximité des immenses plantations dans lesquelles il détient d’importantes participations. « L’impact du groupe que vous contrôlez sur nos vies est immense », s’insurgent les collectifs paysans. Les paysans africains s’en prennent également «  à la faiblesse des compensations accordées aux riverains, à la réduction forte des services et des contributions au développement social des villages et enfin au mauvais traitement des populations par des escouades de gendarmes commandités ou employés de sociétés de gardiennage privées. »
L’association ReAct qui coordonnait cette action parle d’un germinal sous les tropiques…
www.atelier-idees.org
Annie Keszey.

20/01/2013

LE CASSE DU SIECLE CONTRE LA LAICITE.


Il faut inscrire, maintenant,  dans la Constitution, le principe de la séparation des Eglises et de l’Etat de la loi de 1905 et supprimer le concordat d’Alsace-Moselle puisque la République est « une et indivisible ».
KESSEL.jpgPatrick Kessel, journaliste, ancien Grand Maître du Grand Orient de France, président du Comité Laïcité République, publie chez l’éditeur Jean-Claude Gawsewitch: « Ils ont volé la laïcité ! ».
Patrick Kessel est franc-maçon. Il est difficile de partager cette appartenance à une organisation secrète, sélective, théâtrale, dont les femmes furent exclues jusqu’à une période récente. Cependant l’exposé de Patrick Kessel sur la situation inquiétante de la laïcité, peut être totalement partagé. Ces deux pages suivantes d’extraits  invitent à la lecture des 218 pages du livre.
Extraits.
« Ce livre est né d’une sidération d’avoir vu ce hold-up ahurissant: le spectaculaire détournement de la laïcité par l’extrême droite, à la longue histoire antirépublicaine et anti- laïque. Un casse abracadabrantesque rendu possible par l’accumulation des abandons, des détournements, des manipulations et autres trahisons de l’idéal républicain. Par des politiciens de droite comme  de gauche, à courte vue…
L’extrême droite ! Celle qui aux avant-postes contre la loi de séparation de 1905, qui a de tout temps combattu l’universalisme, la Liberté,  la Fraternité ; celle qui, de Joseph de Maistre à Romain Marie, en passant par Déroulède, fut- et reste- aux avant-postes de la contre-Réforme, de la contre-Révolution, de la contre- République ; celle qui inspire et infiltre les courants catholiques intégristes, se retrouvant en héraut de la laïcité… ! La laïcité selon Marine Le Pen n’est qu’une duperie. C’est un ersatz. Un mot-valise qui, dans sa novlangue, veut dire anti Arabe/ super chrétien.
…Car la laïcité de Mademoiselle Le Pen n’est pas la laïcité: elle en est un détournement. Elle en a les apparences, à travers ces exhortations contre les prières des rues ; mais on voit vite qu’elle sert de paravent à un combat contre le musulman, l’étranger, l’autre. Un paravent ou un faux nez si grossier qu’on aurait pu croire que la supercherie serait vite dénoncée. Pas le moins du monde. Les medias, pour la plupart, ont relayé sans ciller, la « croisade laïque » (sic) de Mademoiselle Le Pen.
Une laïcité instrumentalisée. Dans la logique du choc des civilisations chère à Samuel Huntington.
Une laïcité amputée de son autre jambe : la fraternité…
La laïcité serait antimusulmane, c’est ce que laissent entendre Marine Le Pen et Riposte Laïque, avec son caractère obsessif, et son flot de non-dits et d’allusions qui, pourtant, ne devraient pas tromper le républicain sincère. Car ce qui fait problème en France, ce n’est pas une religion ; c’est le communautarisme religieux, ou ethnique, qui s’érige en ghetto, en Etat dans l’Etat. La laïcité n’a pas vocation à stigmatiser les musulmans comme voudrait  nous le faire croire l’extrême droite ; le racisme n’est pas un point de vue mais un délit qui doit être réprimé. La laïcité n’a rien à voir avec cette parodie laïque qui se fait entendre exclusivement contre les musulmans. La dérive de Riposte laïque en est le symptôme. Cette association, où d’authentiques laïques dévoyés convergent en une douteuse alliance avec les extrémistes de droite du « bloc identitaire » est désormais plus antimusulmane que véritablement laïque.
…Riposte laïque qui prétend révéler le danger de l’islamisme, ne nourrit plus que le sentiment antimusulman. Et joue de la provocation. En juin 2010, l’association organise, avec «  le bloc identitaire », un « apéro-saucisson-pinard »…La dérive s’affirme, s’affiche, s’assume. Inéluctablement le lien de complicité se tisse avec le nouveau discours du Front national qui présente les musulmans comme les nouveaux envahisseurs. Certains  de ses animateurs s’engagent ouvertement aux côtés de Marine Le Pen et se présentent aux élections sous l’étiquette « Bleu Marine »…
Le débat sur l’Islam et la laïcité, ce débat nécessaire continue d’être faussé, d’être caricaturé, prisonnier entre des positionnements extrêmes : L’UOIF, l’Union des Organisations Islamiques de France, d’un côté, Riposte laïque de l’autre ».
Il faut agir. La parenthèse des Lumières ne saurait se refermer. L’Universalisme républicain doit prévaloir.
« Les fronts qui menacent  la  « laïcité à la française » sont aujourd’hui planétaires et multiples. C’est le nouveau monde qui tente de se mettre en place. Une sorte de coproduction entre un ultralibéralisme économique où prévalent l’argent-roi, le multiculturalisme anglo-saxon et des institutions internationales neutres (aussi neutre que la Croix- Rouge dans les camps de déportés !), et une offensive géopolitique des états du Golfe, comme le Qatar avec sa stratégie de conquêtes médiatique, (immobilière, financière) et footballistique »…Par exemple, la puissante FIFA (Fédération Internationale de football Association) a pris une décision spectaculaire, à l’unanimité ! Elle autorise le port du voile pour les joueuses de football. Presque seule dans la presse, Caroline Fourest s’est levée contre cette victoire des pays du Golfe sur l’universalité ».

Patrick Kessel développe les lourdes menaces contre la laïcité :
-L’ONU œuvre contre les droits de l’homme. Par exemple, la conférence de Durban 2, contre le racisme, porte atteinte à l’universalité des droits.
-Le «  printemps arabe », en un an, après avoir renversé des régimes corrompus, menace de sombrer dans l’hiver des dictatures religieuses et de la charia.
-L’offensive évangélique des réseaux missionnaires témoigne d’une volonté hégémonique spatiale, mondiale, dans tous les domaines de la vie, en particulier dans l’éducation. La version biblique de la Création s’installe comme vérité face aux acquis scientifiques et à la théorie de l’évolution.
- Mitt Romney, Mormon pratiquant, candidat du parti républicain à l’élection présidentielle de 2012 pense que Dieu a créé les Etats-Unis pour dominer le monde.
-Le patriarche orthodoxe Kirill parle de Vladimir Poutine comme «d’un miracle divin » et adhère à son parti, le Front populaire.
-Le Vatican continue son activisme pour modifier, à petits pas, très sûrs, la loi de 1905, afin d’obtenir des «  assouplissements »: financements d’écoles privées ou de bâtiments baptisés « culturels », propositions « politiques » de modifications de textes de lois ou oppositions victorieuses. En 2008, à l’ONU, le Saint-Siège s’est opposé à une proposition française de dépénalisation universelle de l’homosexualité. Son conservatisme extrême ne se fonde pas sur la Raison mais sur une idéologie bloquée. L’Eglise catholique tente de s’imposer comme racine culturelle dominante de l’Europe contre les apports de la Grèce, de la religion juive, des Cathares, des Albigeois, de la Renaissance, de la Réforme,  des Musulmans et des Lumières…Mais, les racines du catholicisme sont aussi les bûchers de l’Inquisition ! Elle prétend imposer sa morale tout en fermant les yeux sur les turpitudes de ses milliers de prêtres pédophiles…
images SARKO.jpg- Nicolas Sarkozy,  fut le président le plus anti- laïque de la cinquième République. En voyage au Vatican, il fait publiquement le signe de croix devant ses ouailles, déclare que c’est au prêtre et non à l’instituteur d’enseigner la distinction entre le bien et le mal. Sa trouvaille de « laïcité positive » tente de cacher son œuvre de démantèlement de la laïcité. Ses décisions vont toutes dans le sens d’un affaiblissement de la loi de 1905 : le plan banlieue Sarkozy/ Amara a créé cinquante écoles privées, toutes catholiques …
François Fillon est, lui aussi, étonnement à l’écoute de l’Eglise : il fait voter, par exemple, le loi Carle, qui contraint les communes à financer les établissements scolaires confessionnels au détriment de l’école laïque, sur le seul critère du choix des parents…

Et la gauche ?
C’est Aristide Briand, socialiste modéré, soutenu par Jean Jaurès, après  vingt- cinq années de débats et treize rapports qui  fait voter le loi de séparation des Eglises et de l’Etat en 1905. Le bilan politique, quant à  la laïcité,  des gouvernements socialistes du 20ème siècle est défaillant. Les responsables de gauche sont divisés : Pierre Joxe, Alain Poperen, louis Mermaz, André Laignel, Alain Savary Louis Mexandeau, Laurent Fabius, Jean Glavany  et Jean-Luc Mélenchon, « preux chevalier de la laïcité »… résistent aux pressions de l’Eglise, tandis que Pierre Mauroy, Michel Rocard, Jack Lang… faiblissent. François Mitterrand et Lionel Jospin, Présidents de la République tergiversent et dénaturent la laïcité.
Quant à François Hollande, en 2003, lors de son audition devant la commission Stasi, il a déclaré : « le pacte laïque est indissociable de la République jusqu'à devenir un patrimoine commun. La laïcité est indissociable de l’égalité…c’est l’intégration, l’égalité entre hommes et femmes, le non-financement public des cultes… » 
En 2012, François Hollande, contrairement à Nicolas Sarkozy, se présente en rassembleur, calme, serein. Il marque nettement son attachement à la défense de la loi de 1905 et souligne sa volonté de sanctuariser la laïcité.
La défense de l’humanisme laïc impose de ne pas laisser sans réaction le hold-up de l’extrême droite. Le sursaut s’impose.

Seconde image:bigou93700.canalblog.com
Annie Keszey
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