Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09/05/2016

PUTEAUX. UNE MANIPULATION JOURNALISTIQUE.

Ingrid Riocreux, agrégée de lettres modernes, docteur de l’université Paris-Sorbonne, chercheur à l’université Paris IV est une spécialiste remarquable et rare du décryptage des discours des journalistes. Elle nous apprend à ne pas être « orientés par un discours orientant ». Un modeste exercice d’application de la méthode pourrait être utile.

A Puteaux, l’opposant politique du MoDem tient un blog spécialisé dans la critique endémique, traditionnelle et répétitive, du maire Madame Ceccaldi-Raynaud. Son thème récent est la pauvreté dans la ville, particulièrement de l’habitat délabré, en contradiction avec la richesse de la ville : la pauvreté est certes un thème majeur même s’il est évoqué étrangement tardivement.

Le titre de l’article est : «Puteaux est-elle une ville amie des enfants ? Pas pour les enfants pauvres et mal logés. Dans son propos, également sur le conseil municipal du 8/04/2016, Bouchra Sirsalane, conseillère municipale d’opposition en harmonie avec l’opposant du MoDem, assure suivre plusieurs familles depuis des années qui ont demandé un logement HLM, mais la mairie refuse d’agir. (On peut en déduire déjà que le suivi de familles par l’opposition n’est pas efficace).

L’article sur «  la ville amie des enfants » est illustré par une photo sur une réalité tragique : c’est la façade arrière, dévastée, de l’immeuble du 17 rue Collin, immeuble privé, au centre de Puteaux. Ce cliché, choc d’une photo, insinue subrepticement une responsabilité du maire dans cette horreur.

Lier le texte de l’article à cette photo est une « manipulation journalistique » qui pourrait duper les électeurs.

L’immeuble du 17 rue Collin appartient à la vaste copropriété des 111/113/115 rue Jean-Jaurès et 19 rue Collin, incluant Monoprix. Les différences d’états de conservation entre les bâtiments, visibles depuis la rue, révèlent une « lutte interne », parfois inconsciente, très ancienne, entre les copropriétaires « puissants » majoritaires en tantièmes de copropriété, Monoprix et la partie A, et les « misérables » de la partie D, celle du 17 rue Collin.

La responsabilité de l’état délabré de ce bâtiment D dans lequel les résidents sont exposés à trois dangers, le danger de mort, le danger d’insalubrité et le danger d’insécurité, n’est nullement imputable au maire de Puteaux. C’est une propriété privée. Les responsables de cette ruine collective du D  sont la plupart des conseils syndicaux de la copropriété, souvent issus des parties « nobles » A et B qui ont manqué, objectivement, de fraternité et de solidarité et n’ont pas su ou pas voulu se faire obéir des syndics alors qu’ils étaient chargés de défendre les intérêts de tous les copropriétaires. Aucun des syndics successifs qui doivent leur élection à quelques copropriétaires puissants seulement, Messieurs Poupon, Forabosco et Godel d’OLT GI actuellement,  n’ont eu les compétences nécessaires ou la volonté de gérer la totalité d’une copropriété vaste, en difficulté depuis longtemps. (Peut-être ont-ils été « assujettis » à des intérêts secrets, mais on ne le saurait que plus tard).  Ils ont sacrifié le D. Ces syndics ont été incapables d’éliminer de lourds impayés de charges, de maintenir le bon état des immeubles  et de pratiquer une rigueur gestionnaire. En particulier, ils n’ont proposé que partiellement et lentement, pour le D, en assemblée générale, les travaux demandés. La culpabilité des syndics et des conseils syndicaux est particulièrement honteuse dans le fait que le ménage du D, payé par les résidents, n’est pas fait : ceci depuis des décennies ! Monsieur Godel, qui s’est déclaré « impuissant » à une journaliste du Parisien 92, pour se dédouaner à bon compte, vient d’être pourtant réélu lors d’une assemblée générale illégale, avec l’appui de Monoprix et du président du conseil syndical. Ce sont ces « gens-là », internes à la copropriété privée, qui sont  indifférents au D, aux enfants du D.

Les copropriétaires du D, minoritaires, n’ont pas pu ou n’ont pas su défendre leurs intérêts.

[Le syndic actuel  n’apprécie pas les observations sur le D de personnes extérieures à la copropriété. Méconnaîtrait-il le droit ? N’importe quel citoyen est habilité, de plein droit, à porter assistance aux personnes en danger de mort (un panneau ERDF porte cette information dans le couloir du D), dangers d’insalubrité et d’insécurité.]

La mairie de Puteaux achète les appartements du D mis en vente, depuis trois ans, sans avoir toutefois imposé cette mise en vente. C’était et c’est une solution adaptée à la dégradation continue des locaux. En 2015, Madame Ceccaldi-Raynaud a averti le préfet des Hauts-de-Seine de la situation grave du D. La mairie a initié une enquête sociale, très sérieuse, auprès des résidents, afin de connaître avec précision les situations diverses et souvent très compliquées : copropriétaires introuvables, locataires sans contrats, squatteurs anciens ou nouveaux...Le préfet a demandé à l’Agence régionale sanitaire d’effectuer une enquête approfondie sur les risques du D. Cette enquête, en cours depuis janvier  2016, permettra au préfet de prendre une décision. Depuis, une délégation importante conduite par la direction de l’urbanisme de la mairie, a visité le D et divers intervenants agissent sur place depuis cette visite, des architectes en particulier, pour effectuer un diagnostic global et des chiffrages de travaux. Le rapport sur ces interventions, support de la décision ou des décisions à venir des autorités publiques, sera prêt, sauf imprévu, fin juin 2016.

La mairie agit.

La critique, nécessaire, appartient à la démocratie. Il est cependant préférable de la pratiquer en s’appuyant sur la connaissance des principes de la rhétorique.

Annie Keszey, amie du D.

http://www.notreputeaux.com

.

 

28/03/2016

Jeunesses à l'abandon.

La construction universelle d’une exclusion sociale. Editions Mimésis, 14 €, 140 pages, Michel Fize.

jeunesses à l'abandon.pngMichel Fize est sociologue, écrivain, spécialiste des questions de la jeunesse et de la famille.

La situation de la jeunesse aujourd’hui est dramatique : chômage, précarité et échecs scolaires... Toutes les jeunesses du monde sont pareillement touchées par ces fléaux...Les raisons de l’exclusion des jeunes sont plus profondes que les raisons avancées et ne doivent rien au hasard. L’exclusion est construite par des représentations négatives de l’âge de la jeunesse qui justifient leur écart des « bons »emplois, des « hautes » responsabilités...

Extraits discontinus.

En France, nous sommes bien, en 2016, plus que jamais face à une « génération précaire », « misérable ». 22.5% des jeunes français sont aujourd’hui en situation de précarité. .. Près d’un quart des jeunes français vit sous le seuil de pauvreté, dont ceux qui ne vivent plus chez leurs parents... La moitié des étudiants français doit travailler pour payer ses études... La moitié des étudiants français vit aujourd’hui avec moins de 400 €/mois...Un jeune sur deux seulement travaille dans un domaine pour lequel il a été formé... Le secours catholique évoque les jeunes en extrême précarité (17%), souvent des hommes d’Europe de l’Est et d’Afrique subsaharienne sans titre de séjour et les jeunes Français en rupture familiale, à la rue...Les discriminations à l’embauche pèsent sur les jeunes en général et ceux d’origine maghrébine et de couleur noire en particulier...Les principaux critères de discrimination sont le genre, l’origine ethnique et l’apparence physique. Ainsi une apparence physique « non conventionnelle » est-elle considérée par les sondés comme le principal inconvénient à l’embauche d’un jeune (à 71 % dans le public et à 73 % dans le privé)...

[Christel Brigaudeau, journaliste, à partir d’un rapport du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, souligne, dans « Le Parisien » du 19 mars 2016, l’échec massif des étudiants en première année d’université : seuls 39 % des entrants passent en 2de année. Les échecs sont irréguliers selon le type de baccalauréat acquis et la discipline dominante choisie. Les étudiants titulaires du bac S, scientifique, échouent le moins. Les taux d’échecs augmentent selon l’ordre des baccalauréats : économique, littéraire, technologique et, enfin, professionnel. Les étudiants issus des baccalauréats professionnels n’ont pratiquement aucune chance d’obtenir une licence... Ni les présidents d’université, ni la ministre de l’Education nationale, ni les professeurs ne se remettent en cause alors que l’inefficacité des universités est maximaliste et dramatique.

Benoît Floc’h, dans « Le Monde » du 16 mars 2016, souligne les énormes dégâts en licence de l’université : seuls 28 % des étudiants obtiennent leur licence en 3 ans. Si l’on compte ceux qui ont besoin de 4 ou 5 ans, la part monte à 44.5 %. La FAGE organisation d’étudiants, à partir du constat des privilèges accordés aux grandes écoles critique l’Etat qui fait le choix d’entretenir une caste plutôt que de répondre à l’intérêt général...]

30 % des diplômés doivent attendre un an, en moyenne, avant de décrocher un emploi...

La planète en 2016, forme de plus en plus d’étudiants qui a l’issue de leurs études, viennent simplement grossir le nombre des chômeurs...En France, par exemple, en une quinzaine d’années, le nombre de diplômés chômeurs a été multiplié par 3 passant de 3 % à 9 %, en moyenne...En Espagne, 40 % des jeunes occupent aujourd’hui un poste inférieur à leur niveau d’études...

Presque partout dans le monde le taux de chômage des jeunes est deux fois plus élevé que celui des adultes...

Aujourd’hui, il n’y a plus d’idéologies porteuses pour la jeunesse, plus de sens !

En France, le nombre de tentatives de suicides des moins de 24 ans reste encore à un niveau élevé : 50 000 au moins par an...

Les jeunes, qu’ils soient diplômés ou non, dans de très nombreux pays rêvent d’exode...Le nombre de jeunes Français qui s’installent à l’étranger augmente de 4% par an depuis les années 2000 et les expatriés restent de plus en plus longtemps hors de France...

En mai 2015, le ministre de l’Intérieur a révélé que 457 jeunes Français combattaient sous la bannière djihadiste, soit une augmentation de 203 % en un an...L’augmentation évaluée en mai 2016 sera encore plus attristante.

Quels sont les responsables de la débâcle juvénile ?

Le discours adulte sur les jeunes, qui s’appuie sur des clichés et des étiquettes est éminemment globalement négatif. Cet âge est toujours défini par l’adulte-parleur comme un condensé de difficultés, une charge épouvantable. La jeunesse est toujours appréhendée comme un « problème »...L’on a définitivement compris que pour les adultes actuels, « les jeunes d’aujourd’hui » sont toujours moins bien que « les jeunes d’hier » c’est-à-dire eux-mêmes...

Les observateurs, depuis les années 1960, désignent généralement comme première responsable du mauvais sort de la jeunesse l’Education nationale française à qui sont imputées notamment des erreurs d’orientation. Ils dénoncent l’inadéquation de l’école aux besoins du marché du travail, ainsi que l’inadaptation de l’offre et de la demande. Ils dénoncent l’insuffisance ou l’absence de formation...L’échec scolaire des plus pauvres n’est pas un accident, il est inhérent à un système qui a globalement conservé la structure et l’organisation adaptées à la mission qui lui a été assignée à l’origine : trier et sélectionner...Les patrons parlent aussi du manque de sociabilité des jeunes, ou une allergie à certains types d’activités (restauration, bâtiment et travaux publics...), leur refus de s’adapter aux règles de l’entreprise...sans oublier le fameux « manque d’expérience » - un manque dont on ne voit toujours pas comment on pourrait l’éliminer pour les demandeurs de « premier emploi » ! L’inexpérience est définitivement un critère attribué à l’âge de la jeunesse, qui n’est bien sûr qu’un simple préjugé. Voilà comment l’on construit un mécanisme d’exclusion...

Les observateurs mentionnent aussi des explications économiques. Le pouvoir politique, accusé, se défend en indiquant selon la célèbre formule mitterrandienne, qu’il a « tout essayé ». Mais qu’a-t-il essayé au juste ? Les recettes classiques comme l’abaissement des charges des entreprises, en contrepartie d’embauche de moins de 25 ans ? Sans grands résultats, on le sait, si ce n’est pour les patrons un effet d’aubaine. On se rappelle que les entreprises de ce pays ont souvent empoché les aides sans créer d’emplois...

Enfin, pour se donner bonne conscience d’agir, les Etats, au moins d’Europe, ont pris l’habitude de se réunir pour quelques « grands-messes ». Hollande y a participé en juillet et novembre 2013 et en 2014 ! [La jeunesse, en France, est déclarée prioritaire depuis 2012. En quatre ans le nombre de chômeurs a augmenté d’un million, trois ans après leur sortie du système éducatif, un jeune sur cinq se retrouve au chômage et plus d’un tiers en emploi précaire. Les « emplois d’avenir », les «contrats starter », la « garantie jeunes », la « réforme des bourses étudiantes », le « coup de pouce au logement étudiant », le « contrat de génération », décisions de François Hollande, sont bien allés vers les publics les plus fragiles mais la pertinence des mesures qui s’instaurent dans une étonnante discrétion doit être évaluée... Françoise Fressoz.]

Pour sortir la jeunesse de cette infortune, il faut reconstruire autrement l’édifice social...Partout dans le monde la jeunesse a besoin, au-delà d’emplois et de réussite scolaire, de reconnaissance, d’implication dans la vie de la cité et de se sentir partout utile...

Demandez le « programme jeune ». Michel Fize appelle l’Etat inefficace,  en urgence, à définir une POLITIQUE GLOBALE, qui vise à la fois une meilleure insertion dans les domaines de l’éducation, de l’économie, de la santé, du logement, de l’engagement public, ce qui passe assurément par l’institution d’un grand « Ministère de la Jeunesse et de la Solidarité entre générations », une décision qui serait une marque de respect envers la jeunesse...Tout citoyen de 16 à 25 ans, afin d’être protégé de la précarité, devrait toucher une allocation d’autonomie, financée à terme par des cotisations patronales. Par ailleurs, le revenu de solidarité pourrait être étendu à tous les moins de 25 ans, sans autres conditions que celles des ressources familiales disponibles...L’auteur propose de nombreuses autres initiatives dont l’abandon des stages non rémunérés, un pourcentage d’emplois libres réservés pour la jeunesse, des contrats plus longs et plus stables, une école de l’excellence pour tous aux pratiques de collaboration entre élèves valorisées...

Dans le monde, le chômage est lié à l’immigration et au développement économique. Dans dix ans, par exemple, quelques onze millions de jeunes africains entreront sur le marché du travail. Ces emplois auront-ils été créés ?...

Image : babelio.com                                                    Annie Keszey.

22/03/2016

PUTEAUX. Voisins vigilants en orthographe.

La municipalité publie chaque mois « Puteaux Infos » pour l’information des citadins. La correction formelle des textes fait l’objet d’une vigilance normale, parfois même subtile.

L’opposant à la majorité, du MoDem, en alerte permanente maximale pour déceler les imperfections de la maire, souligne, sur son blog, une incorrection orthographique dans cette publication de mars 2016. Au lieu du titre « Amours éternels », il aurait fallu écrire « Amours éternelles ».

L’Académie française nous informe :

Amour (au sens de « sentiment passionné ; passion charnelle ») est souvent féminin au pluriel. On le rencontre, soit dans un usage populaire qui se reflète dans divers textes (chansons...), soit dans une langue littéraire assez recherchée, au féminin singulier (« L’amour, la vraie, la grande... » chez Anouilh ; « la grande amour » chez Queneau ; « cette amour curieuse » chez Valéry ; Une amour violente, enregistré par l’Académie), tandis que le masculin pluriel appartient à tous les niveaux de langue. En dehors de ces sens, amour est presque toujours masculin, au singulier comme au pluriel ; il l’est toujours quand il désigne des représentations du dieu Amour.

Puteaux Infos n’est pas rédigé en registre soutenu, pas davantage en registre familier, mais en registre courant de langue adapté à son auditoire. Il n’y a donc pas d’incorrection orthographique.

En retour, et en bonne voisine vigilante, elle aussi, Mme Ceccaldi-Raynaud fait remarquer au conseiller municipal du MoDem qu’il écrit, sur son blog, « piétonnisation » au lieu de « piétonisation ».

« Piétonisation-piétonnisation » est un néologisme. Son orthographe n’est pas fixée par les usagers. Le dictionnaire " Larousse " qui écrit le mot avec 2 n est contredit par d’autres sources, en sachant que les dictionnaires ne sont pas les responsables fondateurs des évolutions linguistiques. La plupart des sites des villes présentant leurs travaux publics d’urbanisation utilisent piétonisation. Les deux orthographes seraient utilisées à égalité, celle avec 2 n étant la plus récente. Hélène Carrère d’Encausse, académicienne, spécialiste de la Russie, ne s’oppose pas au dictionnaire franco-russe dans lequel on ne trouve que la définition de piétonisation, avec un seul n !

M Patrick Vannier de l’Académie française contacté par courriel répond, le 21mars 2016, que piétonisation ne s’écrit qu’avec un seul n : c’est la source sûre.

Les deux voisins vigilants se retrouvent donc à inégalité fraternelle dans ce combat portant sur des questions orthographiques certes fines mais utiles cependant pour que, nous, citadins, progressions toujours vers un Puteaux -« Demain » de grande qualité linguistique. L’opposant du MoDem ne manquera pas de modifier son texte sur son blog : il est également journaliste et ne saurait persister dans son inexactitude.

De plus !

Peut-on s’intéresser à des cas linguistiques aussi fins sans respecter soi-même la langue courante, bien stabilisée ?

Cet opposant du MoDem, ce 20/03/2016, envoie une alerte (!) sur son blog :

Insolite : une tentative de correction orthographique au conseil municipal de Puteaux. [Et donc, une tentative pertinente.]

Piétonnisation. [Non, incorrection orthographique, donc, de l’opposant.]

Transformation de la circulation dans une rue, réserver majoritairement aux piétons.

Réserver avec er pour terminaison ? Non !

Il fallait écrire : transformation de la circulation dans une rue, réservée majoritairement aux piétons ou copier consciencieusement le dictionnaire qui écrit transformation de la circulation dans une rue pour la réserver majoritairement aux piétons...

Mais, rien de grave, Anticor n’a pas encore prévu de casserole quand on confond les participes passés et les infinitifs. Cette incorrection devrait peut-être conduire cet opposant à des alertes (?) plus modestes et plus « académiques ».                                             Annie Keszey.