Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

21/06/2015

LETTRE A MONSIEUR PUJADAS. SECONDE CHAÎNE DE TV.

 Annie Keszey, hors parti politique, exceptionnellement abstentionniste à l’élection du 14/06/2015, pour des raisons matérielles, 27/29 rue Roque de Fillol, 92800 Puteaux, keszey.annie@neuf.fr 

à Monsieur David Pujadas, journaliste de la seconde chaîne de télévision et copies à Monsieur le Médiateur de France 2, Monsieur Nicolas Jacobs et à Madame Anne-Charlotte Hinet, journaliste.

Lettre RAR, ouverte. 

Objet : votre séquence de journaliste responsable, inexpérimenté (!) sur « le clientélisme » à Puteaux, lors des informations de 20 h, le 18/06/2015.   

                   Monsieur Pujadas, 

 

         Depuis des années je regarde les informations sur la seconde chaîne. J’avais apprécié une innovation « L’œil du 20 heures » courte enquête critique incluse  dans chaque séquence. Le 18/06 cependant, parce que je connaissais le sujet présenté, celui que vous appelez «  le clientélisme » à Puteaux, j’ai réalisé la manipulation que votre chaîne impose à ses téléspectateurs confiants. Je vis à Puteaux depuis 2002 et j’ai pu suivre la politique locale depuis treize ans. Vous ne la connaissez pas et reproduisez sans douter les articles pré et post-électoraux d’autres medias tels que le Monde, le Canard Enchaîné, Le Parisien ou Marianne, après vous être informé, sans doute, aux mêmes sources non pluralistes de copinage journalistique. 

         Veuillez trouver ci-joint l’article du journal Le Monde du 14 juin et la réponse contestataire que j’ai adressée à Monsieur Louis Dreyfus, Président du Directoire, ainsi qu’aux deux journalistes partisans de ce journal. Ces éléments de réponse pourraient commencer à faciliter, peut-être, votre obligation de vérité. 

         Le « clientélisme » de Madame Ceccaldi-Raynaud serait prouvé, à l’antenne, par deux opposants frustrés et un autre gâté : Monsieur Gabard, avocat, peu apte donc à plaider localement sa cause personnelle, semble-t-il,  Madame Aït-Kaci et une troisième personne. Madame Hinet a-t-elle vérifié leurs témoignages auprès de responsables de structures communales ? Non. La femme "gâtée" se plaint de subir des pressions de la mairie pour influencer son vote mais elle ne bat pas sa coulpe pour avoir accepté un cadeau stupide et déraisonnable, sur fonds publics: un aspirateur.

Un homme, de dos, montre, dit-on, des preuves de discriminations- sanctions, fautives, de la part de la maire. Sur qui compte-t-il pour porter plainte en justice et retrouver ses droits ? 

Madame Ceccaldi-Raynaud a été élue avec 8 870 suffrages exprimés sur 14 595,  alors où sont les représentants de ces nombreux citoyens du peuple souverain, dans votre séquence ? Vos quatre témoins représentent 0,000129 % des inscrits sur les listes électorales de la commune! 

Monsieur Gabard et Madame Aït- Kaci, prolixes en dénonciation d’autrui, autrui à l’exception de leur favori politique, ont approuvé la négociation ratée,  « inhumaine », du PS avec l’ex - MoDem Christophe Grébert, à laquelle ils ont participé et ont accepté de paraître sur la liste du Rassemblement commun. Ils ont, eux aussi, « tué le père » parricide symbolique et tué les valeurs traditionnelles du PS. Veuillez trouver ci-joint le rapport sur cette négociation, validé par le pilier local du PS, exclu par ses amis, rapport que j’ai adressé aux autorités du PS. La liste du Rassemblement a perdu (3404 suffrages). Donc, Christophe Grébert s’agite, provoque, dénonce, fait du bruit, geint comme d’habitude sur son blog et perpétue ses discours virtuels sublimes. Le PS est un nouvel acteur du cirque, ingurgité. 

         Pour vous informer aussi sur la double-face de leaders de l’opposition à Puteaux, je vous adresse un troisième et dernier article : Puteaux, élection municipale. Pour critiquer autrui ne faudrait-il pas être soi- même exemplaire, surtout si l’on prétend vouloir représenter le peuple ?  

Ces trois textes sont publiés sur : http://www.notreputeaux.com

 

         Monsieur Fromantin, maire de Neuilly-sur-Seine, député, a soutenu la liste d’opposition de sa suppléante, Sylvie Cancelloni. Il voulait être exemplaire mais elle ne l’était pas, il le savait pourtant.         Ce 14 juin 2015 cette liste a perdu deux conseillers d’opposition sur trois par rapport à 2014.  

Pourriez-vous dans un prochain « Œil du 20 heures », de préférence objectif, hiérarchiser, avec justice et justesse, les imperfections et les qualités des politiques de la majorité et de l’opposition de Puteaux afin que les électeurs puissent choisir une « personnalité digne » et non pas l’étiquette d’un parti ? Le  «clientélisme» de la majorité, s’il était prouvé, serait-il pire qu’une double trahison, que les mensonges, les tricheries, les  censures et les impostures de certains leaders actifs de l’opposition? Est-il pire que la totale méconnaissance par ceux qui veulent prendre la place de la maire d’un principe dû à tout citoyen : celui de la présomption d’innocence ? Vous, journaliste, avec d’autres confrères trompés, de quel droit appliquez - vous à Madame Ceccaldi-Raynaud, ce jour d’hui, la présomption de culpabilité ? 

Ne vous substituez pas à la Justice. Le talentueux juge Marc Trévidic réprouve cette inversion d’un concept majeur respectueux de chacun. 

Etudiez la situation locale Monsieur Pujadas, avant d’en parler. Conseillez vos collaborateurs. Soyez rigoureux lors de votre prochaine intervention sur Puteaux ! 

Merci. Bon courage. 

Trois pièces jointes. 

Annie Keszey.

 

17/06/2015

LETTRE AU PRESIDENT DU DIRECTOIRE DU JOURNAL LE MONDE.

 

Monsieur le Président du Directoire du journal « Le Monde », Monsieur Louis Dreyfus. 

Lettre RAR, avec copies à deux journalistes. 

Objet: L’article indigne de la réputation de votre journal, de Béatrice Jérôme, avec Vincent Kranen : A Puteaux, le clientélisme de la mairie ruine l’opposition. Le Monde du dimanche 14 et lundi 15 juin 2015.

 

                   Monsieur le Président,  

 

         Pour mon 18ème anniversaire, mon père m’a offert le journal Le Monde. Je dois appartenir à vos très anciens et fidèles lecteurs. 

         A Puteaux depuis 2002, j’ai suivi les événements politiques de la ville, en particulier. Les deux journalistes rédacteurs du texte, précédemment cités, sont professionnellement partisans et ne maîtrisent pas la nécessaire pluralité des sources. A la veille d’une élection municipale, la parole n’est pas donnée à Madame Ceccaldi-Raynaud, principal sujet, critiqué, de l’article, mais essentiellement à ses opposants. C’est un article idéologique, sans respect de l’éthique journalistique. L’ignorance des deux journalistes de la réalité profonde de la ville est sidérante : ils ont répété ce qu’ils entendent, sans analyse. Les opposants Christophe Grébert, Sylvie Cancelloni, Jean-Christophe Fromantin se « victimisent » et les journalistes ne doutent pas de la véracité simpliste exposée de leur situation. Ils sont soutenus par votre journal.  

         Oui, la famille Ceccaldi-Raynaud occupe depuis trop longtemps la municipalité. Les professeurs  d’Histoire, en particulier, n’apprécient pas les monarchies électives. Cependant, cette occupation est légale et partagée avec une majorité d’électeurs putéoliens. Pourquoi, une loi nouvelle ne met-elle pas un terme à ces pratiques, si elles sont répréhensibles, au lieu de laisser « blablater contre » depuis 1789 ? Le code électoral interdit la présence de trois membres d’une même famille dans un même conseil municipal, c’est ainsi que Monsieur Charles Ceccaldi-Raynaud, ancien maire, n’a pu siéger en 2008, en même temps que sa fille, élue, Madame Joëlle Ceccaldi-Raynaud et que son petit- fils Vincent Franchi. Une nouvelle loi est donc possible, certes en théorie !

         La ville de Puteaux est très riche. C’est une chance. Elle est trop riche, cela ne relève pas davantage de la responsabilité du maire. Le reversement solidaire aux communes en difficulté, mais que l’on espère gérées avec rigueur, décidé par l’Etat, manque d’envergure et de précision. Le radotage de l’opposition ne modifie en rien la situation. L’Etat doit travailler un rééquilibrage solidaire.

         La « famille » n’a pas omis de construire des HLM avant que cela ne soit une obligation. Elle dépasse amplement le pourcentage obligatoire et Monsieur Fromantin, maire de Neuilly-sur-Seine, devrait s’en inspirer.  La commune de Neuilly-sur-Seine est dépourvue de logements sociaux, moins de 4%, attribués frauduleusement par les maires antérieurs comme le précise une enquête des sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot. Des résidents se plaignent du manque de restauration de leurs immeubles.

Il est vrai cependant que les attributions de logements, à Puteaux (et ailleurs) gagneraient à être transparentes. Madame Ceccaldi-Raynaud, en l’acceptant, éviterait les rumeurs et se démarquerait d’une pratique très discutable et répandue. La gestion des HLM par la ville de Rennes, par exemple, est meilleure. La ministre du Logement, Sylvia Pinel, souhaiterait retirer aux maires la responsabilité d’attribuer les HLM, mais sans doute n’aura-t-elle pas un courage suffisant pour affronter ces lobbies.

         J’ai déjà formulé publiquement ces critiques sans être concernée par une sanction de la maire. Sylvie Cancelloni, d’après votre article, n’aurait pu renouveler son adhésion au club de golf ( !) de la ville ! Quel scandale vraiment quand on connaît l’état du monde ! Et si Sylvie Cancelloni occupait son temps libre à aider le lumpen prolétariat de Puteaux ? Elle aurait le soutien constant de la maire, je puis en témoigner.

Si cette discrimination subtile était confirmée, elle serait cependant condamnable.

         Oui, il y a des cadeaux, de multiples cadeaux, mais ne parler que de ce sujet est inique. La ville est propre, fleurie, entretenue. Elle se modernise depuis trente ans. Il y a une épicerie sociale, une maison du droit, des structures de santé, de loisirs, d’éducation, de sports (piscines et patinoire) un transport gratuit. Les HLM sont de qualité, entourés de jardins et de parcs à jeux pour enfants. Les résidences communales d’été sont agréables et les prix sont équilibrés. La maire recherche des solutions « démocratiques » pour aider les taudis privés de Puteaux etc... 

         Il est ignoble, injuste, de ne parler que du négatif pour la maire en place, celle qui fait, et de se taire sur le négatif de ses opposants, ceux qui discourent, même si c’est la tradition épuisée du bipartisme.

          Vos journalistes négligent le devoir d’information qui leur incombe : pour voter les électeurs doivent savoir. Les manipulations du peuple sont à proscrire. 

         Pour les municipales de 2008, je fus colistière de la liste « Puteaux Ensemble » de Christophe Grébert et de Sylvie Cancelloni, opposante au maire donc. Ces deux opposants, en concurrence aujourd’hui, ne veulent l’un et l’autre que prendre la place de Madame Ceccaldi-Raynaud : ils ne savent pas, concrètement, ce qu’est l’intérêt général. Leur virtualité de blogueurs est pure, éthique, démocratique, leur réalité, quand on a eu la malchance de la découvrir, est défaillante : ils mentent, dupent, trichent et virevoltent : « droite, centre, gauche, néant et inversement ». Ces actes ne sont pas des antidotes à leur ruine d’opposants. 

         Les adhérents des partis politiques et vos journalistes, même si c’est dépassé, fondent leurs choix électoraux sur les clivages droite, centre, gauche : sur des étiquettes. 

         Les citadins s’attachent davantage à comparer des personnalités : leurs aptitudes à gérer, à parler vrai, leurs bilans, leurs visions d’avenir... 

         C’est compliqué. Ainsi un article journalistique de fond, rigoureux, impartial, aurait été opportun.  

         Madame Ceccaldi-Raynaud a été réélue maire de Puteaux avec 60.77% des suffrages exprimés par le peuple local...souverain ! (55.9% en 2014.) 

         La liste de Sylvie Cancelloni ne garde qu’un conseiller sur trois avec 7.41% des suffrages exprimés. (13.8% en 2014.) 

         La liste du Rassemblement de Christophe Grébert, ex MoDem, EELV et PS annexé, avec 23.32% des voix remporte moins de suffrages que sans rassemblement avec le PS : 15.6%+8.7% = 24.3% des voix en 2014. 

         Les listes FN de Gérard Brazon et Putéoliens de Marie-_Sophie Mozziconacci n’ont aucun conseiller. 

         Donc, les « battus » auraient perdu à cause de la « gagnante » ? C’est une lapalissade étrangère, ici, à toute aptitude d’autocritique.

 

         Annie Keszey.

 

 

 

12/06/2015

LA DEMOCRATIE EST-ELLE SOLUBLE DANS L'ISLAM?

Bernard Lewis, historien, spécialiste de l’islam, professeur à Princeton. 

La séparation de l’église et de l’Etat, si importante chez les chrétiens, n’existe tout simplement pas chez les musulmans. Eglise et Etat ne font qu’un. Dès le début du christianisme, on distingue très bien Dieu de César. Cette séparation n’existe pas dans l’islam, comme il n’existe pas d’institution autonome qui se concentrerait uniquement sur le religieux...La mosquée est un simple bâtiment et rien de plus. Aujourd’hui cela a plutôt tendance à pénaliser les musulmans car l’institution religieuse résiste au progrès et au changement...

Les musulmans attachent une grande importance à l’histoire mais uniquement s’il s’agit de l’histoire musulmane. A leurs yeux tout ce qui s’est produit avant l’avènement de l’islam ou parallèlement à lui n’est qu’un tissu de digressions produit par des païens : il n’a ni sens ni valeur historiques...

L’occidentalisation du monde arabe, (l’invasion de l’Egypte par les Français par exemple), a eu des effets pervers. Pas tant en raison des idées, mais plutôt des techniques et des technologies : avant l’irruption des Occidentaux, le pouvoir des gouvernements était limité. Il n’y avait pas de démocratie au sens occidental du terme, mais il existait des formes de gouvernement responsable dont l’autorité n’était pas illimitée : le mot magique que l’on invoquait sans cesse à l’époque était « consultation ». En Turquie par exemple le sultan ainsi que les autres détenteurs du pouvoir devaient composer avec divers groupes au sein de la société ottomane. L’autorité émanait  du sein de cette société, elle ne s’imposait pas à elle de manière verticale : il fallait s’entendre avec les grands propriétaires terriens, les scribes, les guildes des marchands du bazar...Le processus de modernisation, imposé par l’occident au monde arabe a favorisé l’émergence de ces régimes dictatoriaux que nous voyons aujourd’hui...

La modernisation a considérablement accru le pouvoir de contrôle, d’encadrement et de coercition, grâce à la technologie, notamment en matière de communication et d’armement...

Avant la modernisation les régimes du Moyen-Orient étaient autoritaires mais n’étaient pas des dictatures : l’autoritarisme était lui-même toléré, mais à condition d’être lui-même soumis à des règles très précises.

Dans l’Empire ottoman, chaque minorité religieuse, juive, chrétienne ou musulmane avait son propre système juridique. Ainsi, par exemple, les juifs et les chrétiens avaient le droit de boire de l’alcool mais pas les musulmans.

Aujourd’hui, la plupart des régimes du Moyen-Orient sont très impopulaires. S’ils sont pro-occidentaux, ils développent dans la population des  sentiments antioccidentaux, et inversement. Il suffit qu’une dictature choisisse un camp pour que le peuple choisisse l’autre...

Comme tous les peuples de la terre, nous autres, Occidentaux, sommes convaincus que nous avons raison contre les autres. Quand nous parlons de démocratie, nous entendons notre type de démocratie reposant sur des élections et une représentation du peuple...Nous faisons fausse route...Procéder à des élections de type occidental dans des pays arabes ou musulmans peut se révéler dangereux si cela aboutit à une confiscation du pouvoir par des extrémistes religieux. Des groupes comme les frères musulmans possèdent des atouts considérables : un réseau de communication implanté dans les mosquées et soutenu par des prêches, avec lequel aucun parti ne peut rivaliser. Ils s’adressent aux gens dans un langage qui leur est familier et qui parle à leurs valeurs et à leurs idées. Les libéraux, les démocrates et les modernisateurs s’expriment en arabe mais ils utilisent des expressions qui n’ont été traduites que récemment et qui ne sont pas toujours comprises. Et même quand elles le sont, elles ne touchent pas vraiment l’homme de la rue.

C’est pour cela que des élections à l’occidentale risquent surtout d’amener au pouvoir les Frères musulmans ou d’autres qui leur ressemblent. Il vaut mieux procéder de manière inverse et laisser les Arabes construire graduellement leur propre démocratie au niveau local, notamment par le biais de leur culture ancestrale de la consultation. 

Avec le printemps arabe, le paysage politique du monde arabe va être changé d’une manière irréversible mais Bernard Lewis ne sait pas sur quoi vont déboucher les changements actuels.

Tout peut basculer d’un côté comme de l’autre. 

Extraits des propos recueillis par  Gilles Anquetil et François Armanet, publiés dans Les essentiels du Nouvel Observateur, « Les grands penseurs d’aujourd’hui ». 

Annie Keszey.