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18/09/2012

LETTRE AU PRESIDENT DE LA COUR DES COMPTES

Contre le gaspillage.

COUR DES COMPTES.jpg

Monsieur Didier Migaud, socialiste, Premier Président de la Cour des Comptes.

Vous proposez de mettre à contribution, financièrement, les 16 millions de retraités afin de pouvoir affecter 5 milliards d’euros à la Sécurité sociale, en déficit. C’est simpliste.
Pourquoi ne combattez-vous pas maintenant, avec vigueur, les gaspillages connus, afin de récupérer au-delà de 50 milliards?
Votre fonction est de révéler les dysfonctionnements coûteux d’Organismes, d’Institutions et de Collectivités divers… Les professeurs Philippe Even et Bernard Debré, le député René Dozière, l’Inspection Générale des Finances, des journalistes des hebdomadaires Le Point, le Nouvel Observateur, Marianne…en ce seul mois de septembre 2012, permettent aux citoyens ordinaires et aux responsables politiques de mesurer la sidérante gabegie française. 
Depuis des années vous révélez dans les rapports de la Cour les gaspillages de l’argent public. Vos  recommandations expertes ne sont pas contraignantes et vous ne sanctionnez pas les dérives même quand elles se perpétuent sur des temps longs. Sur le site de la Cour Régionale des Comptes d’ Ile-de-France, par exemple, un rapport du 18/07/2012, sur les exercices 2006 et suivants d’une seule ville de l’Essonne  dévoile, une fois de plus, en termes diplomatiques, le manque d’évaluation sincère des dépenses et des recettes. La commune s’est écartée des principes applicables à l’adoption de son budget pour masquer aux Autorités et aux Citoyens la gravité de sa situation budgétaire. Le recours à de nombreux emprunts coûteux et dangereux fait de cette ville le  prototype d’une gestion inappropriée, à proscrire. Ainsi ne dénoncez- vous pas l’impunité des  acteurs-gestionnaires tricheurs, incompétents, laxistes ou adeptes de la folie des grandeurs…Une remise en ordre, par des mesures obligatoires  de la Cour, devenue un Contre-Pouvoir, rapporterait bien au-delà de 5 milliards…
Deux grands professeurs-médecins, Bernard Debré et Philippe Even, dans « Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux », édition « Le Cherche-Midi » dressent un bilan impitoyable de la pharmacologie : 50% des médicaments sont inutiles, 20% mal tolérés et 5% potentiellement dangereux. La Sécurité Sociale ne peut continuer désormais à les rembourser. L’économie réalisée, entre 10 et 15 milliards d’euros par an, comblera le déficit. La maîtrise des dépenses de santé implique aussi les médecins frappés par une culture de la prescription. Selon Nicole Pénicaut du « Nouvel-Observateur », le nombre  d’ordonnances, la quantité de médicaments prescrits et leur coût dépassent les pratiques des autres états européens. Les 1000 délégués de l’assurance maladie ne peuvent contre-balancer l’information capitaliste dispensée par 18 000 visiteurs médicaux, serviteurs des  intérêts financiers des laboratoires. Claude Leicher, Président du syndicat des médecins généralistes, invite ses adhérents à ne plus recevoir les visiteurs médicaux et à dénoncer les conflits d’intérêts. Pourquoi, Monsieur Le Président, ne proposez-vous  pas de cibler  ce puissant lobbying?
René Dosière, député divers gauche de l’Aisne et excellent analyste financier, développe le scandale des collectivités locales dans son livre « L’Etat au régime », à paraître au Seuil. Dans l’hebdomadaire « Le Point » du 13/12/2012, qui en présente des extraits, on apprend que si le bloc des communes et des communautés de communes surveillait ses finances, 15 milliards d’euros seraient économisés. René Dosière évalue le budget de communication des collectivités pour expliquer ce qu’elles font ou pas entre 6 et 10 milliards d’euros. 600 000 élus locaux, record mondial, s’accrochent à leurs postes…Chacun voulant laisser  une trace, les investissements injustifiés, déraisonnables, s’accumulent : somptueux hôtels de région ou médiathèques  surdimensionnées…Agnès Verdier Molinié, dans un rapport accablant sur l’Ile-de-France , critique l’augmentation permanente des effectifs, l’absence de maîtrise des  subventions à de nombreuses associations ( Le site internet du club des Africaines-entrepreneurs d’Europe ne contient qu’une note…). les montants des déplacements à l’étranger de l’équipe de Jean-Paul Huchon (380 905.70 €, en 2011)… Le total des sommes  gâchées énumérées dans l’ouvrage est une folie nationale.

Le  journal « Le Parisien » du 17/09/2012 titre : Un rapport choc sur les gaspillages de l’Etat. Cette fois c’est l’Inspection Générale des Finances  qui s’insurge contre une gestion financière ubuesque, des milliards engagés sans contrôle, la loi du toujours plus dans le domaine des effectifs et du budget, des rémunérations choquantes et donc un débouché de rêve pour les hauts fonctionnaires.

Monsieur Migaud, veillez à conserver l’estime que l’on vous porte. Respectez la capacité des citoyens, Actifs et Inactifs, à penser globalement la situation du surendettement de la France et ne leur proposez plus des mesures actuellement injustes…
Image : lecri.fr
www.atelier-idees.org
Annie Keszey.


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02/09/2012

LIBERTE D'EXPRESSION, ABUS DE DROIT ET ABUS DE POUVOIR.

Mairie de Puteaux, blogueur du MoDem, liberté d'expression, attribution des HLM, procès, censure

La liberté d’expression, valeur fondamentale des démocraties occidentales, est née d’abord aux Etats-Unis, puis, en France, lors de la Révolution de 1789. Les débats préparatoires à l’article 11 de la Déclaration des  Droits de l’Homme et du Citoyen opposèrent deux idéologies toujours présentes aujourd’hui : l’abbé Emmanuel-Joseph Sieyès souhaitait des limites à la liberté d’expression tandis que Maximilien de Robespierre et Jean-Paul Marat la souhaitaient indéfinie et illimitée puisque « la liberté de tout dire n’a d’ennemis que ceux qui veulent se réserver la liberté de tout faire »…
Depuis ce temps, la liberté d’expression n’est pas absolue, c’est une liberté restreinte par des contraintes progressives, et des sanctions prévues par la loi, protectrices des Droits des personnes, des groupes, des valeurs et de l’Etat. La justice française sanctionne l’insulte publique, la diffamation, la calomnie, l’incitation à la haine raciale, nationale ou religieuse, l’incitation au meurtre, les propos discriminatoires, le négationnisme, les atteintes à la vie privée et au Droit à l’image, par exemple. Les jeunes sont protégés par les interdictions de la pornographie et de l’usage des stupéfiants…Une récente demande citoyenne opportuniste souhaiterait le cadrage des sites « islamiques » sur « la toile », mais avec l’incapacité d’en définir les critères objectifs de reconnaissance.
La liberté d’expression, illicite, par des  auteurs de propos  litigieux est combattue par les « victimes » s’estimant atteintes  par un abus de Droit. La gestion judiciaire, quand il y a eu incapacité d’autogestion et d’autorégulation, recherche alors un équilibre entre liberté et pouvoir de nuisance. Elle fruste parfois ainsi les militants qui voulaient combattre le mensonge par la vérité et non par des interdictions mais qui ont fait un usage erroné de la belle parole. Transgresser l’actuelle liberté d’expression demande du talent, de la subtilité, une très forte exigence de rigueur envers soi-même, un travail approfondi et la connaissance du Droit. 
Le militantisme pour la liberté d’expression est mondial, contrarié aussi par des organisations nationales et internationales qui ne partagent pas les mêmes attentes : des groupes divers (religieux, sectaires, dictatoriaux) s’opposent à une plus grande ouverture. D’autres organisations et individus transgressent les lois et défient des autorités étatiques, au-delà des frontières, sur internet. En France, la législation existante (expression, opinion, information…) s’applique aux auteurs d’internet.
Les Etats du monde, ceux d’abord qui pratiquent la censure, souhaiteraient réguler « ‘Internet sans frontière »: une charte de coopération internationale est à l’étude. La complexité du but en éloigne sa faisabilité et, de plus, l’initiative est âprement combattue par des Organisations Non Gouvernementales, en particulier.

Mairie de Puteaux, blogueur du MoDem, liberté d'expression, attribution des HLM, procès, censure

Puteaux, dans les Hauts-de-Seine, est un mini-modèle permanent de lutte entre la liberté d’expression, l’abus de Droit et l’abus de pouvoir. Un conseiller d’opposition du MoDem, blogueur, s’est spécialisé dans le fait «  de l’ouvrir ». Il critique la municipalité UMP et, toujours, le Maire. [Le combat est affaibli parce que le but est moins l’instauration de valeurs démocratiques qu’une lutte banale pour le pouvoir communal]. Les mises en examen du blogueur paraissaient injustes tant qu’il gagnait les procès et s’en réjouissait légitimement. La mise en scène de sa victimisation, servait sans doute, par compassion citoyenne, sa notoriété virtuelle. Mais il vient de perdre deux procès, cette année, pour diffamation et violation de la vie privée. Six autres procès vont suivre contre lui, initiés par le Maire ou ses proches. Sa perte de procès devient incompatible avec sa méthode critique déjà exacerbée.
C’est excessif et déraisonnable, des deux côtés et ce jeu d’impuissance civique déçoit.
L’analyse des raisons qui poussent l’opposant sur la frontière des transgressions, par l’ensemble du Conseil Municipal, conduirait vers une pacification intelligente et, enfin, conviviale. Les amis du blogueur pourraient l’influencer afin que son combat ne se retourne pas négativement contre lui mais positivement au bénéfice des putéoliens, enfin !
Un exemple. De l’extérieur, on peut estimer que le procès à l’initiative des conseillers municipaux de la majorité, accusés, par le blogueur, d’habiter en HLM, sans en avoir le droit,  pouvait être évité, (il reste parfaitement légitime actuellement à partir d’une hypothèse d’amalgame entre les ayants-droit dont certains ont habité en HLM avant d’être conseillers municipaux et les autres, s’ils existent). La partialité de cette dénonciation dénature cette stratégie d’alerte du blogueur dans la mesure où il n'a pas dénoncé l’illégalité d’une occupation amie, personne seule de son bord politique, qui a occupé un 100 m2 en HLM!
Une politique TRANSPARENTE des procédures d’attribution  des logements sociaux par l’office des HLM, aurait empêché des hypothèses peut-être scabreuses. Des délégations de pouvoir, par le maire, à des personnalités légitimes et compétentes faciliteraient l’accès des citoyens à divers dossiers. L’opacité de l’action « publique » locale, en ce domaine, nourrit un climat délétère de rumeurs, rumeurs banales mais nocives qui circulent dans tous les lieux où les demandes de logements sociaux dépassent l'offre, même si cette offre est conforme à la loi. Le président de "l'Office HLM" logerait ses amis,  logerait des «  riches », ceux qui ont une carte du parti, ceux qui s’engagent à voter dans le bon sens, ceux qui sont bien Français,  et certains demandeurs utiliseraient un circuit d’argent noir…Rappelons qu'un travail de sociologues, Monique et Michel Pinçon-Charlot, a validé l'exactitude de certaines rumeurs sur Neuilly, il y a 2 ans et que l'usage de l'argent noir a cours dans une ville proche du Val d'Oise.
Ce conservatisme étroit, proche du « Tea-Parti » américain, ce mutisme sur cette question essentielle du logement social sont anachroniques: ils expliquent (sans les justifier) les coups de « trébuchet » du blogueur, qui veut SAVOIR, de plein Droit. Les logements sociaux sont construits avec l'épargne des contribuables.

Un porte- parole neutre, expert et assidu qui divulguerait les résultats de chaque commission d’attribution de  HLM assainirait l’atmosphère.
La Commune devrait user désormais de sa liberté d’expression croissante, exemplaire, dans tous les domaines de sa gestion. Les captures conflictuelles d’informations deviendraient inutiles.
Puteaux : cité radieuse.

Images : tweeterfreedom1. Ipg et sylvie-tribut-astrologue.com. Avec la balance on aborde l’équinoxe d’automne…

www.atelier-idees.org            Annie Keszey.

15/08/2012

LA VIE QUOTIDIENNE A HOMS.

L’écrivain Jonathan Littell a passé deux semaines et demie à Homs, au cœur des quartiers opposés au régime syrien. Son livre « Carnets de Homs » - édition Gallimard, témoigne de la vie quotidienne du peuple révolté, de la résistance des déserteurs de l’armée syrienne libre, l’ASL, et des atrocités commises par les forces gouvernementales.

HOMS, BACHAR AL-ASSAD, rebelles, massacres, tortures, ASL, Russie, Iran. Chine
Extraits.
Jeudi  26/01/2012
… A l’entrée de Bab-Drib, un check-point ASL. Pas loin il y a une école, où est posté le sniper (de l’armée de Bachar Al-Assad) qui a tué le petit.

HOMS, BACHAR AL-ASSAD, rebelles, massacres, tortures, ASL, Russie, Iran. Chine

On trouve la rue, mais l'enfant est déjà à la mosquée.. On y va à pied. Il y a des soldats ASL partout. Le corps est dans la salle des prières, au sous-sol, dans un catafalque en bois, enveloppé dans un linceul, avec des fleurs de plastique autour de la tête, entouré d’enfants et de gens plus âgés. Trois enfants pleurent discrètement contre un pilier. On découvre le corps pour nous montrer la blessure au niveau du ventre. La peau est déjà jaune, les yeux légèrement entrouverts, on lui a bourré les narines d’ouate. Il a un début de moustache, un léger duvet. Filmé par Abu Bilal, Omar prononce un bref discours rageur devant le corps. L’enfant s’appelait Mohamed N et avait treize ans. C’est le père qui nous parle. Il cassait le bois pour la sobia devant la maison, hier soir à 23 H. Il avait une petite lumière et le sniper l’a abattu. Je demande si on peut publier le nom : « on a perdu ce que l’on avait de plus cher, peu nous importe. » L’enfant n’est pas mort sur le coup, ils ont essayé de l’amener à la clinique, il est mort d’hémorragie.
Le père entouré d’amis, digne, garde tout pour lui. Juste les yeux humides et gonflés.
Leur maison se fait tirer dessus tout le temps. Criblée de trous. Le sniper a aussi tué un handicapé mental, un autre enfant de quinze ans, il y a dix jours.
Sur le téléphone d’une des personnes qui nous entourent, video du lavage du cadavre d’un homme mûr tué d’une balle à la tête par un autre sniper. C’est le frère de celui qui me montre le film. Son fils de onze ans, sur un vélo, a pris une balle à l’épaule, il s’est rué  pour le sauver et le sniper l’a abattu. Sans doute un shabihha,
( un supplétif civil recruté pour renforcer l’armée régulière) le tir venait du quartier alaouite de Nezha, depuis un barrage.
Attroupement autour de nous. Les histoires fusent. Un jeune gars nous montre une grosse cicatrice sur le dos. Il avait crié Allah  akbar en traversant la rue et s’est pris   une balle…
Dimanche 29 /01/2012.
Un médecin témoigne : j’ai soigné un patient un jour aux urgences. Le lendemain on me l’a amené en radiologie avec un traumatisme crânien qu’il n’avait pas la veille. C’est comme ça que j’ai découvert qu’on lui avait fait quelque chose la nuit. J’ai demandé à un ami, un médecin en radiologie, le détail du cas, et il m’a dit : « Il a une fracture du crâne, et un traumatisme, il est maintenant aux soins intensifs.» Deux jours plus tard ce patient est mort de ce traumatisme crânien. Il ne serait pas mort des blessures que j’avais soignées le premier jour. Il est mort de la torture…
…Après Abu Hamzeh, nous montre les vidéos qu’il a filmées en secret grâce à un stylo-caméra mis dans la poche extérieure de sa veste. On voit très clairement les blessés, cinq en tout, enchaînés par les pieds, au lit, nus sous les draps, les yeux bandés. La caméra filme les instruments de torture, posés sur un meuble : deux bandes de caoutchouc découpées dans des pneus et renforcées avec de la bande adhésive, pour frapper, et un câble électrique avec à un bout une prise à brancher directement au mur, et à l’autre, un clip pour fixer sur le doigt, le pied ou le pénis. Plusieurs blessés portent des marques fraîches de torture à la poitrine ; l’un a le torse marbré de coups, rouge vif, comme de la viande crue. Je prends copie des videos. On y entend Abu Hamzed s’indigner tandis qu’il tente de les soigner avec l’infirmière…
Cette vie quotidienne tragique de blocus, de raids de blindés, de bombardements, d’incendies, de rafles, de pillages et de tortures s‘est encore aggravée depuis le départ de Jonathan Littell. Six mois plus tard, Homs reste une ville martyre, victime aussi de l’impuissance des Nations Unies.
Malgré tout, Thomas Pierret, maître de conférences en islam contemporain à l’Université d’Edimbourg a évoqué, pour la première fois, dans le Monde du 3/07/2012, un possible succès des rebelles maintenant mieux armés. L’armée de Bachar Al- Assad n’a pas assez d’effectifs face à la multiplication des fronts ouverts, elle est dépourvue de véhicules de patrouille résistant aux mines et ses blindés sont vulnérables…
L’ASL doit encore gagner du terrain afin de convaincre la Russie, l’Iran et la Chine de cesser de soutenir Bachar Al-Assad, assassin de son peuple.

Images: l'Express et Libération

Annie Keszey