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10/09/2013

La Défense. La Rose de Cherbourg.

Concertation d’étape sur le projet Rose de Cherbourg de Puteaux, à l’EPADESA. Lundi 10 juillet 2013, 19 H- 21H.

Etaient présents les responsables du projet, de l’EPADESA, le paysagiste choisi, un représentant de Defacto et une trentaine de participants.

Cette concertation suit trois ateliers de discussion et des réunions publiques de novembre et de décembre 2012. D’autres réunions sont prévues.
Le site www.ladefense.fr présente le plan, la plaquette de synthèse du projet intégrant des propositions et le définit :

« - Améliorer le lien entre la dalle de La Défense et la ville de Puteaux mais aussi depuis le quartier Boieldieu jusqu’à l’esplanade et le parvis en retissant des cheminements continus et lisibles;
- Redonner un caractère plus urbain au boulevard Circulaire et réaménager des espaces publics plus agréables et conviviaux ;
- Créer une nouvelle centralité de proximité par la réalisation de bureaux, de services, de commerces et de logements ;
- Créer les conditions de rénovation des immeubles existants le moment venu. »

Le projet Rose de Cherbourg est triple : circulation routière, espaces verts, immeubles… Il porte sur une nouvelle configuration de la circulation routière, plus simple et plus fonctionnelle, circulaire, autour d’une place centrale qui comporterait des transports en commun. Une mission d’étude des zones et des intensités sonores  vient d’être confiée à un spécialiste. Des volontaires putéoliens concernés par le bruit de la circulation routière dans la zone large de ce futur projet peuvent se porter volontaires pour accepter la pose d’un micro-enregistreur sur leur fenêtre. Les zones routières ne seront pas recouvertes, d’autres mesures d’atténuation seraient choisies, dont les murs anti-bruit. 

Un but est de créer des « espaces partagés » par une succession de parcs de 2500 m2, d’immeubles… La conception des espaces verts, dont ceux des espaces suspendus, est confiée à l’entreprise d’architectes de Barcelone Arriola et Fiol à la suite d’un concours entre trois entreprises, les deux autres étant allemande et française. Cette entreprise considère les obstacles comme des opportunités. Le choix d’une entreprise étrangère est critiqué par un participant. Le représentant de cette entreprise présente certaines de leurs réalisations, à Barcelone. 
Le bon travail de cette entreprise est classique: celle d’espaces verts urbanisés, géométriques, disciplinés, sobres mais figés. Les formes « naturelles » sont gommées par les pelouses très rases, les découpes parallélépipédiques des arbustes, les massifs carrés ou triangulaires…Peut-être pourrait-on intégrer quelques parcs « naturels », avec des espaces d’herbes hautes et folles, des arbres libérés de leurs formes coniques et …des moutons ! Cet ensemble de la Défense n’est-il pas trop maîtrisé et contraint par l’homme, qui veut bien faire ?

Une longue «  promenade » verte est prévue entre Boieldieu et la Défense. Un espace non constructible séparera le quartier Boieldieu de l’avenue du Général de Gaulle
Le PLU est en cours d’évolution. Il y a une volonté de ne pas construire des tours de 360 m de hauteur, telles que celles existantes ou nouvelles présentées sur www.defense-92.fr , mais d’un maximum de 200 m, avec cependant le principe d’une coiffe additive (+ 15% maximum de la hauteur) comme celle de la tour First, par exemple. Ceci afin de rompre avec les tours aux toits plats et aux formes régulières. Les tours prévues  Rose A, B, F (pourquoi F ? Pas de réponse) sont de hauteurs différentes avec l’intégration du concept de mixité des populations. Ce principe de fractionnement utilisé répond à des impératifs de sécurité. La part entre les commerces et les logements n’est pas connue, pas davantage le nombre de personnes  appelées à vivre sur ce vaste espace neuf.
Mais pourquoi construire encore des tours ? Pour des raisons humaines ou strictement financières ?
Un habitant de la tour Défense 2000, semble-t-il, regrette la restriction du champ visuel que ces nouvelles tours vont provoquer. La même observation pourrait concerner la résidence Boieldieu. Des questions restreintes portant sur la possibilité de piqueniquer dans les futurs jardins ou d’y promener son chien, des propositions de construire des écoles et des terrains de sport mais non fondées sur des études de nécessités, restent sans réponses.

Il n’y a encore ni  financement connu, ni bureau d’études techniques désigné, la réussite du projet ne peut donc être affirmée. Son achèvement prévu hypothétiquement pour 2018  coïnciderait avec l’ouverture de la ligne du RER Eole et le risque de peser davantage encore sur les transports en commun serait évité.

La maquette concrète et complète de la Défense est présentée aussi sur écran. L’on peut comprendre alors pourquoi les présents sont, actuellement, dans l’impossibilité de juger de la pertinence du projet « Rose de Cherbourg », qui tente une cohérence interne,  quant à son intégration dans l’ensemble confus de la Défense. Aucune ligne de force architecturale n’est perceptible, à part la voie centrale d’origine. Les harmonies sont introuvables. La Défense n’a pas les qualités du plan de Brasilia, aux satellites d’extension prévus, ville inaugurée pourtant en 1960 ! A la Défense, le hasard des formes, des hauteurs, des couleurs et des matériaux semble prévaloir. Le «  conférencier » de l’EPADESA, admet parfaitement cette situation et prévoit de faire travailler un groupe d’experts sur la recherche d’une esthétique architecturale globale. Un peu tard ? 

Le projet Chantecoq va être soumis à un architecte. Les constructions prévues auront deux hauteurs différentes : R+8 sur le boulevard circulaire et R+4 sur l’autre face.
Le seul projet  confirmé est celui  de la possibilité de tourner sur une voie de gauche, depuis l’avenue Jean Moulin, pour accéder plus directement au boulevard circulaire. La réalisation est prévue pour septembre 2013.

Le JDD du 8 septembre 2013.
L'hebdomadaire publie une interview de l’architecte Jean Nouvel. Il rappelle ses déceptions, les projets de la Tour sans fins et de la tour Signal n’ont pu aboutir. Il sera chargé du projet « la Rose de Cherbourg ». La tour de bureaux qu’il prévoit, de 200 m, arborera des variations sur ses différentes faces  et une esthétique qui évoquera le cristal grâce à ses protections solaires extérieures. Elle changera de profil au fur et à mesure qu’on en fera le tour. Son sommet accueillera des arbres. Ce projet, au sud de la Défense par rapport à l’axe, va rééquilibrer, changer le skyline de la Défense.

Annie Keszey.




07/09/2013

SECONDE LETTRE OUVERTE A GUY KONOPNICKI.

SECONDE LETTRE OUVERTE A GUY KONOPNICKI, JOURNALISTE DU « NOUVEAU MARIANNE ».
Lettre RAR au destinataire.
Cette seconde lettre suit la précédente du 9/07/2013.

Monsieur,
Rappel : dans le numéro 839 de Marianne, du 18 au 24 mai 2013, vous avez écrit que la bibliothèque municipale de Puteaux renonçait à présenter Marianne et le Nouvel Observateur, pour des raisons budgétaires. Vous avez induit que c’était une censure de la maire, même si vous n’avez pas écrit ce mot, après la publication dans Marianne d’une enquête sur « les parrains du 92…

Ce samedi, vers 15 H, jour de publication du « Nouveau Marianne », j’ai pu accéder, librement, à votre hebdomadaire complet, par consultation numérique, sur un ordinateur de la médiathèque de Puteaux.
Un cahier d’inscription des usagers est prévu mais seulement au cas où plusieurs lecteurs se présenteraient en même temps. Depuis début juillet, ce cahier est vide et, ce jour, j’étais la seule utilisatrice de ces équipements informatiques modernes.
La médiathèque est également abonnée, en particulier, au Nouvel Observateur.

Lectrice fidèle des journalistes de Marianne depuis longtemps, vous m’avez habituée à la recherche de la VERITE. Je suis sûre que vous publierez cette actualité, de mise au point, dans un prochain numéro.

Si vous ne le faisiez pas, je vous écrirais une troisième lettre ouverte dont le titre agréable serait  «ça m’énerve, le ridicule absolu ». En m’excusant toutefois de vous plagier partiellement puisque vous reconnaîtriez-là le titre de votre article sur l’hypothèse d’un engagement militaire en Syrie, page 21, dans votre hebdomadaire paru ce jour.

Merci M Konopnicki.
Annie Keszey

15/08/2013

Rien n'est sacré, tout peut se dire.

Réflexions sur la liberté d’expression.

L’écrivain Raoul Vaneigem, dans son livre publié en 2003, aux éditions Sur le vif, la Découverte, plaide pour une totale liberté d’expression.
Il parcourt toutes les censures et interdits pour en réfuter la pertinence : le secret d’Etat, le délit d’opinion, le secret militaire, le blasphème, la calomnie, la diffamation, l’insulte…Ainsi souhaite-t-il libérer l’homme et avancer vers une société plus humaine.
Il lève d’abord toute ambiguïté : « accorder toutes les libertés à l’humain et aucune aux pratiques inhumaines. L’absolue tolérance de toutes les opinions doit avoir pour fondement l’intolérance absolue de toutes les barbaries… Tout dire n’est pas tout accepter… »

L’auteur veille à distinguer la liberté d’expression de l’acte passible d’une intervention judiciaire. Le chapitre six établit les nouveaux liens entre la liberté d’expression et la protection de l’enfance.

« Pourquoi nous voulons abolir le délit d’opinion…On ne combat pas et on ne décourage pas la bêtise et l’ignominie en leur interdisant de s’exprimer : la meilleure critique d’un état de fait déplorable consiste à créer la situation qui y remédie…Rien ne conforte mieux la sottise que de lui rendre raison par l’exécration ou la polémique. Si tant de mauvaises réputations ne sont dues qu’au mépris et à la haine, c’est qu’il existe, entre réprobateur et réprouvé, une secrète et mutuelle fascination… »

« Interdire un propos sous le prétexte qu’il peut être nocif ou choquant, c’est mépriser ceux qui le reçoivent et les supposer inaptes à le rejeter comme aberrant ou ignoble. C’est en fait, selon la méthode du clientélisme politique et consumériste, les persuader implicitement qu’ils ont besoin d’un guide, d’un gourou, d’un maître… »

«  La transparence doit avoir raison du pouvoir affairiste qui veut régner partout. Il appartient à la liberté d’expression de mettre en lumière les comptes secrets, de dénoncer les caisses noires, d’enquêter sur les avoirs bancaires, de publier les relevés d’impôts et les revenus des patrons, des hommes politiques et de quiconque exerce un pouvoir ou prétend gérer le bien public. Nous ne voulons  d’autre secret que le secret du cœur et de l’amour, celui-là même que ne cesse de violer le pouvoir occulte de la prédation sous toutes ses formes… »

« La calomnie peut perdre un homme d’affaires en butte à la concurrence, un politique soucieux de sa clientèle électorale, un individu jaloux de son autorité, une créature réduite à mener la part la plus importante de son existence par procuration et sur le mode de la représentation. Comment aurait-elle prise sur celui qui, plaçant son amour de la vie au-dessus de son rôle et de sa fonction, se soustrait au pénible joug de la réputation à soutenir ? Celui-là se moque pareillement du blâme et de la louange parce qu’il n’estime rien de plus précieux au monde que de s’accorder avec lui-même, de cultiver le goût de l’authenticité, d’aller son chemin selon ses désirs, assumant ses erreurs sans culpabilité et les corrigeant de son mieux. Heureux celui qui, se conduisant, envers soi et en raison de l’affection qu’il se porte, comme le plus inflexible des critiques, n’a rien, sinon à attendre, du moins à redouter de l’opinion des autres… »

« Dans la médisance transparait le vrai visage du calomniateur. Le mépris auquel il se voue, en vouant l’autre au mépris participe d’une incongruité dont s’accommodera de plus en plus  malaisément une société qui préfère l’authenticité au paraître, l’ouverture à l’exclusion, la sollicitude au jugement. Ainsi la diffamation est-elle révélatrice d’une conduite et d’une façon de penser périmées propres à susciter l’indifférence de quiconque se veut sensible à la réforme des mœurs et aux progrès de la conscience… »

La thèse de l’auteur, il y a dix ans, était en décalage par rapport à la législation française et plus proche des lois libérales et idéalistes des Etats-Unis d’Amérique, celles accordant à la presse, par exemple, la possibilité de tout dire, sans la moindre censure, en théorie du moins. Son opposition au secret d’Etat, justifiée, restait isolée et appelait à la prudence: « Aucun secret ne peut borner la liberté d’expression en matière d’intérêt public. Il n’y a pas de violation d’un secret d’Etat, seul le secret d’Etat viole le droit imprescriptible du citoyen à ne rien ignorer de ce qui le concerne et l’engage. La gestion des affaires publiques n’a pas de secret à opposer aux administrés puisqu’ils en doivent être les seuls bénéficiaires… »
Si, les critiques de l’auteur étaient avant-gardistes, actuellement, concrètement, la nécessité du  secret d’Etat est sérieusement  mise en cause par deux lanceurs d’alerte militants qui ne s’y soumettent pas: Julian Assange, fondateur de WikiLeaks et Edward Snowden, jeune américain qui a révélé le dispositif de surveillance mondial Prism, système espionnant des dizaines de millions de citoyens du monde. Julian Assange subit un blocus financier et ne peut quitter sans risque l’ambassade d’Equateur à Londres…, Edward Snowden  cherche  une terre d’asile.
Ils sont tous deux placés, aux Etats-Unis d’Amérique, entre la loi  antiterroriste, aux dérives sécuritaires, adoptée après le 11 septembre, le patriot Act et la loi de protection des lanceurs d’alerte, le Whistle blower Protection Act. Ces deux lois ont des poids inégaux !
«  Pourquoi admettrions-nous plus longtemps qu’une opacité, délibérément entretenue, continue de protéger des opérations destinées à gruger des citoyens ?.. .Promouvoir une gestion plus honnête des affaires publiques ou res  publica est un acte citoyen qui ne saurait tolérer plus longtemps les caisses noires, les dessous de table, les manœuvres des puissances financières internationales et leurs délégations régionales, la banalisation des malversations et des escroqueries auxquelles les gouvernements successifs s’adonnent avec une belle unanimité au nom de la politique nationale ou européenne… »
La France, terre énonciatrice des Droits de l’homme, va-t-elle les appliquer en accordant l’asile politique aux très courageux révélateurs de secrets des Etats- Unis d’Amérique ?

La progression de la liberté d’expression, qui appartient à tous et non à quelques-uns qui l’outragent, reste une lutte contre le cercle mondial du profit, l’enfer du totalitarisme marchand, l’archaïsme des institutions, le poids du passé et la persistance des anciens modes de pensée.
L’auteur appelle, selon les Inrockuptibles , à l’initiative investigatrice et à la responsabilité collective.
www.atelier-idees.org

www.notreputeaux.com
Annie Keszey.