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07/10/2012

PUTEAUX: LA VILLE DE TOUS LES DANGERS.

Dans une presse, certes mesurée, Puteaux fut autrefois « Chicago-sur-Seine » et, récemment, « Dallas, ton univers impitoyable », puis « Pyongyang ». Aujourd’hui, le Maire, Madame Ceccaldi-Raynaud, reçoit, de Gérard Brazon [Riposte- Laïque], une alerte épistolaire sur l’islamisation de la ville. Le Maire serait dans le collimateur des islamistes et les rues de  Puteaux ont déjà les stigmates de cette islamisation rampante…
Dans le Monde du 2/10/2012, Plantu, caricaturiste talentueux, donne son point de vue sur les caricatures de Mahomet publiées par Charlie -Hebdo : « Un artiste est libre comme l’air et il a tous les droits. Cela dit, on est aussi citoyens du monde, et on peut se lever le matin sans avoir envie d’humilier une religion ou de « se faire » Mahomet. Il n’y a pas d’urgence à creuser la fracture qui existe entre des laïcards forcenés et des intégristes forcenés. L’écrivain Salman Rushdie, frappé par une fatwa qui l’oblige à vivre caché depuis une décennie, pense que demander à vivre dans un monde où rien ne nous offense est une absurdité. Victime d’une « culture de l’offensé », il s’est dit, en conscience : ne tombe pas dans le piège de la peur, ne tombe pas dans celui de la vengeance !
Latifa Ibn Ziaten, maman d’Imad, le soldat de l’armée française, tué par Mohamed Merrah et Aurélie Noubissi, mère de Kivin, étudiant, tué par les barbares d’Echirolles, prouvent, dans la douleur, la force digne de l’intégration. (Dignité et indignité, texte de Maurice Szafran, n° 807 de Marianne).
Riposte- Laïque défend la laïcité, c’est une cause juste et nécessaire, mais ses méthodes embrouillées et furieuses sont inadaptées au maintien résolu, mais profondément réfléchi, de l’unité républicaine, de la paix civile et de la liberté de conscience incluant la liberté religieuse. Sur le blog s’étale  un flux de mots agressifs, angoissants qui ne distingue pas des appellations diverses: les dangereux islamistes, les citoyens de confession  islamique, les Arabes, les musulmans…L’instabilité lexicale de Riposte-Laïque participe à  des amalgames et à une dramatisation contraire à la clairvoyance.
Riposte-Laïque a pour premier devoir d’effacer  les stigmates de sa «  laïcardisation » forcenée rampante. La laïcité n’est pas un athéisme militant rudimentaire, mais une SYNTHESE SOCIETALE COMPLEXE.
Un mot de Marine Le Pen, symbolique parce qu’il renvoie automatiquement à l’époque nazie, est repris : Les musulmans, (sous le mandat de l’ancien maire) venaient de partout, des villes voisines mais aussi d’ailleurs ! Ils obéissaient à cette technique d’occupation du terrain que nous connaissons bien à Riposte-Laïque pour obliger les maires à bouger et aller dans le sens de l’islamisation progressive… d’une ville, d’un département, d’une région et ainsi de suite…
Gérard Brazon réprouve le laxisme, envers la communauté musulmane, de l’ancien maire et s’interroge sur les intentions du maire actuel, fille du précédent maire : va-t-elle se coucher devant le diktat religieux ? Les conseillers municipaux sont des pions, grapillant  quelques miettes que le Roi ou la Reine du moment laissent tomber volontairement à leurs pieds…
Gérard Brazon est auto-convaincu de détenir LA vérité et le savait depuis longtemps. Si vous n’adhérez pas aux thèses affolées de Riposte-Laïque, vous êtes passéiste, ignorant ou inconscient. Son combat évacue le débat! Or, l’histoire de la construction de la valeur fondamentale « laïcité » se fonde sur une démarche d’égards mutuels.
Trois faits, imprécis pour les habitants de Puteaux qui n’ont malheureusement pas accès à une information officielle de première source, semblent à l’origine de cette  panique et de ces sombres présages (péril non confirmé, par exemple,  lors de la grande braderie populaire, vivante et colorée, du dimanche 30/09/2012, dans la ville basse, ou la frayeur ne semblait pas dominer).
Avec des fonds publics, le Maire participerait aux frais de la mosquée provisoire de la Défense, frais de chauffage en hiver, par exemple, en attendant la fin des travaux de la mosquée rue Saulnier.
Une manifestation de parents d’élèves s’est tenue devant la mairie de Puteaux le 29/09/2012.  Ils venaient demander à la municipalité de prêter une salle à l’association Solidarité Islamique pour les 200 enfants ( de Puteaux ou de villes voisines) qui suivaient des cours et qui n’avaient plus de salle depuis la rentrée. La mairie avait préempté en mai le local privé utilisé.  Ces cours, selon les diverses sources (certes objectives !) étaient des soutiens, des cours de langue arabe, une initiation à la culture arabo-islamique  ou  des cours de langue arabe à partir du Coran et de la vie du prophète…Le maire a proposé d’autres locaux.
Les mairies n’ont pas le droit de  participer financièrement aux cultes religieux mais  peuvent aider des associations culturelles et ont l’obligation de veiller à l’égalité entre toutes les religions et les non-religieux. La difficulté est qu’en 1905, l’islam n’existait pas en France et la loi ne cite pas cette religion restée sans statut, et donc avec un risque permanent d’être traitée à inégalité. Il en est de même pour l’orthodoxie et le bouddhisme. [La Grande mosquée de Paris, inaugurée plus tard, en 1926, commémore l’héroïsme et les sacrifices des 70 000 morts au champ d’honneur, de confession musulmane !] Les difficultés nationales rencontrées depuis un siècle viennent de cette origine et s’amplifient avec l’accroissement du nombre de concernés. De très nombreux rapports sur la question, dont celui de la commission Stasi, de 2003, n’ont été que peu appliqués : pourtant, ce rapport reste un exemple de travail  historique, social et politique équilibré.
Les relations actuelles entre l’Occident et la société islamique sont complexes à partir d’une première et profonde divergence culturelle : l’Occident est un monde dans lequel les faits de voir, d’être vu, de faire-voir et de se faire-voir sont centraux alors que dans les sociétés traditionalistes religieuses, les choses que l’on ne peut faire voir ni voir sont nombreuses. Violer la restriction, dans certains pays, peut entraîner la mort. (Thèse de Raffaele Simone).
La cathédrale… d’Alger !

cathédrale d'Alger.jpgPuteaux a quelques spécificités. Monsieur Ceccaldi-Raynaud a vécu sa jeunesse au Maroc et en Algérie française : il y a étudié, travaillé, milité pendant 25 ans, séjour qui n’a pas été préjudiciable à sa réussite. La loi de 1905, à partir d’un régime dérogatoire de l’Etat colonial français  ne s’est pas appliquée en Algérie où il n’y a pas eu séparation entre l’islam et l’Etat. Revenu en France, à Puteaux, Monsieur Ceccaldi-Raynaud semble avoir accueilli normalement les immigrés du Maghreb, juste « retour d’ascenseur ». Ahmed, se souvient avec émotion de sa rencontre avec ce maire, lors d’une « fête du     mouton », sur l’île.

Une mosquée d'Alger.

mosquée d'Alger.jpg
Ce maire a fait aussi construire une synagogue, Rue Roque de Fillol, aux frais du contribuable, sur fonds publics. Pour aseptiser sans doute le contournement législatif, la synagogue portait une plaque « Associations », disparue aujourd’hui. Madame Ceccaldi-Raynaud vient d’inaugurer le nouveau campanile,  légal,  près de la vieille église.  Le conseil municipal a donné son accord pour faciliter la construction d’un collège privé dans lequel les filles sont séparées des garçons!  Plus qu’ailleurs, le respect de l’égalité entre cultes est ainsi problématique.


Un temple protestant dans l’Algérois.

temple boufarik.jpgLa résistance aux atteintes à la loi de 1905 est affaire de tous. Puisque cette loi est incomplète du fait des évolutions d’un siècle, ce sont des intelligences consensuelles, de droite et de gauche et non pas des éclats de voix provocateurs qui sauront séparer les faits réversibles  pour les réglementer, des faits irréversibles, qui imposent à l’Etat de légiférer. Les prières de rue, en l’absence de mosquée, sont réversibles, l’excision, par exemple, est irréversible.
Une fatwa, le délit de blasphème sont incompatibles avec la liberté de conscience. La laïcité ne saurait admettre toute conception religieuse ou athée qui souhaiterait régenter le système social ou politique français.

Une synagogue à Alger.

synagogue d'Alger.jpgJean Baubérot, titulaire de la seule chaire d’enseignement de la laïcité, recommande un comportement déterminé, de sang-froid : « La laïcité- roseau est plus solide qu’il n’y paraît, plus apte à affronter les tempêtes qu’une  pseudo laïcité- chêne qui séduira par son aspect massif, alors que cet aspect constitue précisément sa faiblesse ».   
Images :hubertzakine.blogspot.com/algérie.rmc.fr/alger-roi.fr/reforme.net
www.atelier-idees.org/ www.notreputeaux.com/
Annie Keszey                   

30/09/2012

LA LAICITE FALSIFIEE.

la laicite falsifiée.jpg

La laïcité  UMPénisée  ne supporte pas la diversité religieuse et discrimine les minorités. Elle effectue le mouvement inverse de celle de 1905: bloquée au niveau de l’Etat, elle restreint la liberté de conscience de certains citoyens. Nouvelle valeur de la droite, elle s’éloigne des droits de l’homme, valeur de la gauche. La laïcité historique était politique et démocratique alors que la « nouvelle laïcité » devient culturelle et identitaire.
Jean Baubérot, professeur émérite de la chaire histoire et sociologie de la laïcité à l’Ecole pratique des hautes études, dans « La laïcité falsifiée », Edition « La Découverte », démonte  avec rigueur les mécanismes de la « nouvelle laïcité », invite à lutter contre « les chauffards de la laïcité » qui voudraient poursuivre en toute impunité leur conduite dangereuse. Il propose un programme républicain pour refonder la laïcité.
jeanbauberotlaicite@blogspirit.com

Extraits discontinus.
Ce qui me fait peur, c’est qu’on puisse jouer avec nos peurs.
La laïcité doit pénétrer les esprits et débusquer les dogmatismes jusqu’au cœur de chaque individu par une discipline permanente. La laïcité est à la fois une organisation collective, (c’est-à-dire une organisation de l’Etat) et une ascèse individuelle, une conquête de soi sur soi-même. Il faut lutter, au plus intime de sa conscience, contre tout ce qui incite au renoncement à avoir une opinion à soi pour se fier à une vérité toute faite…Cultivons  notre laïcité intérieure ! Résistons !
La loi de 1905 s’avère une loi d’équilibre, articulant les diverses libertés et les divers droits des citoyens d’une société démocratique
Cette loi est plus célèbre que connue. Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé, François Baroin, Claude Guéant, Marine Le Pen, Riposte laïque …, artisans d’une laïcité UMPénisée, falsifiée,  sont invités à la lire. Ils prônent, en effet, par méconnaissance, xénophobie ou esprit de division, une « nouvelle laïcité », antagoniste de la laïcité historique.
TITRE  PREMIER. Principes.
ARTICLE PREMIER. - La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public… www.assemblée-nationale.fr/
La loi (qui ne contient pas le vocable laïcité) établit des principes dont aucun ne peut être atrophié : la neutralité, la séparation entre les Eglises et l’Etat, la liberté de conscience  incluant la liberté religieuse et l’égalité des droits.
 L’UMP commet deux fautes importantes : réduire la liberté de conscience à la seule liberté religieuse, exfiltrer cette liberté de conscience de la laïcité. Ces  falsifications fonctionnent dans les débats actuels sur la laïcité et les polluent.
Il existe aujourd’hui deux profils différents de partisans déclarés de la laïcité. Le premier se situe dans l’actualisation, plus ou moins réfléchie, d’une culture laïque historique. Pour le second, l’attachement proclamé à la laïcité est en réalité proportionnel à une hostilité à l’égard de l’islam et des immigrés. C’est cette dernière représentation de la laïcité, à la fois réduite et hypertrophiée, qui, véhiculée par l’actuelle culture de masse, masse conditionnée par la liberté d’expression « cathodique », semble s’être imposée de manière dominante.
L’auteur démonte les procédés pernicieux utilisés par ces politiques, relayés par des medias producteurs « du réel-fiction fabriqué » sur une montée  menaçante des intégrismes, pour transformer et assujettir les mentalités collectives. Par exemple, Marine Le Pen, leader frontiste, lors de la campagne présidentielle, a dénoncé   les prières de rue de culte musulman : elle a parlé de dix ou quinze endroits. Il s’agit en réalité de moins d’une dizaine. En restant mesurée, elle est restée crédible. Le leader frontiste n’a pas voulu qu’une exagération outrancière vienne rendre litigieuse la teneur même de son propos.   Mais, le bruit médiatique a amplifié artificiellement le message. L’Institut Harris – Interactive a effectué ensuite un sondage et à la question ouverte : « Selon vous, combien y a-t-il en France de rues dans lesquelles les musulmans prient le vendredi ? » Le nombre moyen donné par les sondés est cent quatre-vingt- cinq ! Dans cet échantillon de sondés, la réponse des jeunes de 18-24 ans est de trois cent vingt, celle des cadres et professions libérales… de deux cents. Ce sont les anciens qui temporisent à partir d’une redoutable amplification cependant.
En hypertrophiant « un problème », on façonne la lepénisation de la société.
Jean Baubérot expose d’autres exemples  de cette fabrication d’un « système de masse » qui vire à droite, [« Le monstre doux » de Raffaele Simone], gravement erroné et dangereux quand il stigmatise les musulmans, en particulier. Après Marine Le Pen, Jean- François Copé, piètre imitateur, a présidé son…débat-débâcle, destructeur : sa laïcité est douce pour le catholicisme, dure pour l’islam. Quant à Nicolas Sarkozy, à partir de son « idyllique passé franchouillard », sa  nouvelle laïcité privilégie  les racines  alors que la laïcité historique se réclamait, elle, du progrès. De plus, le pluralisme (déséquilibré) des racines ainsi évoqué  est trompeur. Dans « le magnifique héritage de civilisation » légué à la France, essentiellement par la chrétienté, conflits, persécutions, discriminations liés à la société de chrétienté et au gallicanisme, sont totalement absents. Dans ce récit tronqué, il est question des racines juives, mais nul pogrom contre les juifs du Moyen-Age, nulle expulsion des juifs au XIVème siècle ne sont  jamais évoqués. Les rapports avec l’islam se réduisent à quelques inscriptions, rien n’est dit sur les croisades et l’empire colonial, sur le fait qu’être musulman constituait alors une catégorie juridique qui faisait de vous un sujet français et non un citoyen, à partir du code de l’indigénat de 1881.Nicolas Sarkozy s’oppose  aux appels à la prière…mais il n’y en a pas en France ! L’historique de la laïcité publié par le Haut Conseil à l’Intégration (HCI), successeur de La Haute Autorité de lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité, globalement positif pour la France, est faux. Il nie les conflits et l’exploitation de la peur de l’autre par l’Etat. En 1920, par exemple, période réputée tranquille, le travailleur immigré, les démobilisés, les chômeurs, le capitaliste allogène, le métèque, le délinquant, tout étranger, quelle que fut sa nationalité était jugé dangereux, comme avant et après !

chapeau de deuil.jpgPour la laïcité UMPnisée, l’habit fait le moine. Le port d’un voile interpelle plus que les inégalités de salaires hommes-femmes, que les  cent cinquante mille viols annuels de femmes, que les pensions alimentaires non payées aux femmes, que les femmes battues. Penser que la religion doit être réduite à une réalité confinée à la sphère intime et qu’elle ne peut s’exprimer dans l’espace public est contraire au sens défini dans la loi de 1905. Cette loi de 1905 a admis des accommodations intelligentes identiques pour toutes les familles de pensée. En fin de livre, dans son audition devant la mission parlementaire sur le voile, Jean Baubérot défend la différence essentielle entre les éléments réversibles pour lesquels il est utile de réglementer quand certaines nécessités de la vie publique l’exigent et les éléments irréversibles requérant de légiférer.
Le court-circuit opéré entre égalité des sexes et laïcité réduit la laïcité au seul islam, alors qu’elle devrait être le combat pour de nouvelles libertés laïques et permet de masquer le sexisme quotidien, structurel de la société toute entière…
…Ce qui est d’abord en jeu, c’est l’écœurant conformisme de ceux qui passent leur temps à fustiger les minoritaires et les exclus, mais ils ne sont que bassesse et obséquiosité à l’égard des dominants

Dans la conjoncture actuelle, un « Front républicain » peut s’opposer à ceux qui falsifient la laïcité et s’en servent comme un masque stigmatisant. Trois conditions sont requises :
- Il faut articuler deux éléments complémentaires : d’une part un débat interne à la gauche et plus largement aux républicains, et, d’autre part, le combat contre l’exclusion et la xénophobie, même quand elles se parent des plumes de la laïcité.
- En Europe, la droite dure et l’extrême droite progressent, une droite nouvelle devient globale et planétaire, la gauche recule, « s’édulcore avant de fondre » parce qu’elle n’a pas pris la mesure de la mutation des dominations. Elle ne livre pas les combats majeurs qui devraient être les siens: combat contre les dominations traditionnelles et contre la domination totalitaire du « mimétisme social ». Et si, précisément, le premier mimétisme s’effectuait entre l’ultra-capitalisme de la société mondialisée et les intégrismes qui constituent les contestations, en apparence, les plus radicales de la société ?
- Un effort de pédagogie doit conduire à une distinction claire entre sécularisation et laïcité. La nouvelle droite et le Front National se spécialisent dans les courts- circuits nullement innocents entre ces deux notions.
La première série de mesures consistera à remettre au cœur de la laïcité de nouvelles libertés laïques, liées à la séparation de la loi civile avec des normes religieuses et morales particulières. Une autre initiative consistera à transférer le bureau des cultes du ministère de l’intérieur vers le ministère de la justice, afin de sortir d’une vision sécuritaire de la religion. Des mesures pour l’égalité de toutes les convictions religieuses et non religieuses apaiseront la France. De même le HCI doit être dépossédé de ses prérogatives : il n’est pas compétent et trop idéologue…
La lecture du livre de Jean Baubérot oriente vers un sujet dont on est rarement spécialiste, afin de ne pas se tromper de « militance ». La mise en cause des structures dominantes de la société elle-même s’avère nécessaire. Le rôle d’Aristide Briand, il y a plus d’un siècle,  initiateur d’une laïcité historique « de sang- froid », dépasse en efficacité politique la nouvelle laïcité « intégrale », productrice irresponsable de ressenti victimaire.
Image: listesetbidules.blogspot.com
www.atelier-idees.com
Annie Keszey.




18/09/2012

LETTRE AU PRESIDENT DE LA COUR DES COMPTES

Contre le gaspillage.

COUR DES COMPTES.jpg

Monsieur Didier Migaud, socialiste, Premier Président de la Cour des Comptes.

Vous proposez de mettre à contribution, financièrement, les 16 millions de retraités afin de pouvoir affecter 5 milliards d’euros à la Sécurité sociale, en déficit. C’est simpliste.
Pourquoi ne combattez-vous pas maintenant, avec vigueur, les gaspillages connus, afin de récupérer au-delà de 50 milliards?
Votre fonction est de révéler les dysfonctionnements coûteux d’Organismes, d’Institutions et de Collectivités divers… Les professeurs Philippe Even et Bernard Debré, le député René Dozière, l’Inspection Générale des Finances, des journalistes des hebdomadaires Le Point, le Nouvel Observateur, Marianne…en ce seul mois de septembre 2012, permettent aux citoyens ordinaires et aux responsables politiques de mesurer la sidérante gabegie française. 
Depuis des années vous révélez dans les rapports de la Cour les gaspillages de l’argent public. Vos  recommandations expertes ne sont pas contraignantes et vous ne sanctionnez pas les dérives même quand elles se perpétuent sur des temps longs. Sur le site de la Cour Régionale des Comptes d’ Ile-de-France, par exemple, un rapport du 18/07/2012, sur les exercices 2006 et suivants d’une seule ville de l’Essonne  dévoile, une fois de plus, en termes diplomatiques, le manque d’évaluation sincère des dépenses et des recettes. La commune s’est écartée des principes applicables à l’adoption de son budget pour masquer aux Autorités et aux Citoyens la gravité de sa situation budgétaire. Le recours à de nombreux emprunts coûteux et dangereux fait de cette ville le  prototype d’une gestion inappropriée, à proscrire. Ainsi ne dénoncez- vous pas l’impunité des  acteurs-gestionnaires tricheurs, incompétents, laxistes ou adeptes de la folie des grandeurs…Une remise en ordre, par des mesures obligatoires  de la Cour, devenue un Contre-Pouvoir, rapporterait bien au-delà de 5 milliards…
Deux grands professeurs-médecins, Bernard Debré et Philippe Even, dans « Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux », édition « Le Cherche-Midi » dressent un bilan impitoyable de la pharmacologie : 50% des médicaments sont inutiles, 20% mal tolérés et 5% potentiellement dangereux. La Sécurité Sociale ne peut continuer désormais à les rembourser. L’économie réalisée, entre 10 et 15 milliards d’euros par an, comblera le déficit. La maîtrise des dépenses de santé implique aussi les médecins frappés par une culture de la prescription. Selon Nicole Pénicaut du « Nouvel-Observateur », le nombre  d’ordonnances, la quantité de médicaments prescrits et leur coût dépassent les pratiques des autres états européens. Les 1000 délégués de l’assurance maladie ne peuvent contre-balancer l’information capitaliste dispensée par 18 000 visiteurs médicaux, serviteurs des  intérêts financiers des laboratoires. Claude Leicher, Président du syndicat des médecins généralistes, invite ses adhérents à ne plus recevoir les visiteurs médicaux et à dénoncer les conflits d’intérêts. Pourquoi, Monsieur Le Président, ne proposez-vous  pas de cibler  ce puissant lobbying?
René Dosière, député divers gauche de l’Aisne et excellent analyste financier, développe le scandale des collectivités locales dans son livre « L’Etat au régime », à paraître au Seuil. Dans l’hebdomadaire « Le Point » du 13/12/2012, qui en présente des extraits, on apprend que si le bloc des communes et des communautés de communes surveillait ses finances, 15 milliards d’euros seraient économisés. René Dosière évalue le budget de communication des collectivités pour expliquer ce qu’elles font ou pas entre 6 et 10 milliards d’euros. 600 000 élus locaux, record mondial, s’accrochent à leurs postes…Chacun voulant laisser  une trace, les investissements injustifiés, déraisonnables, s’accumulent : somptueux hôtels de région ou médiathèques  surdimensionnées…Agnès Verdier Molinié, dans un rapport accablant sur l’Ile-de-France , critique l’augmentation permanente des effectifs, l’absence de maîtrise des  subventions à de nombreuses associations ( Le site internet du club des Africaines-entrepreneurs d’Europe ne contient qu’une note…). les montants des déplacements à l’étranger de l’équipe de Jean-Paul Huchon (380 905.70 €, en 2011)… Le total des sommes  gâchées énumérées dans l’ouvrage est une folie nationale.

Le  journal « Le Parisien » du 17/09/2012 titre : Un rapport choc sur les gaspillages de l’Etat. Cette fois c’est l’Inspection Générale des Finances  qui s’insurge contre une gestion financière ubuesque, des milliards engagés sans contrôle, la loi du toujours plus dans le domaine des effectifs et du budget, des rémunérations choquantes et donc un débouché de rêve pour les hauts fonctionnaires.

Monsieur Migaud, veillez à conserver l’estime que l’on vous porte. Respectez la capacité des citoyens, Actifs et Inactifs, à penser globalement la situation du surendettement de la France et ne leur proposez plus des mesures actuellement injustes…
Image : lecri.fr
www.atelier-idees.org
Annie Keszey.


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