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12/01/2017

Les taudis privés de Puteaux.

Les fortes inégalités sociales s’accroissent régulièrement en France, aux Etats-Unis et dans le monde. L’auteur américain du livre « Le triomphe de la cupidité », Joseph E. Stiglitz, prix Nobel d’économie, rejoint l’économiste français Thomas Piketty auteur du livre « Le capital au 21ème siècle» pour décrypter les causes et les mécanismes  de la montée des inégalités.

Au niveau local les inégalités sociales sont parfois apparentes à partir d’images symboliques directement accessibles. La copropriété des 115/113/111 rue Jean Jaurès abritant un Monoprix  et des 17/19 rue Collin présente, sur ses façades, une étrange fracture sociale dont la compréhension naît de l’historique, écrit à partir des archives.

La partie D est en "insalubrité irrémédiable". Les parties A et B sont correctes, entretenues.

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Au niveau international, des images volontairement choisies, précisent ce grand écart ! 

Toilettes collectives et chemin pour aller aux toilettes du D. 

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Toilettes collectives et chemin pour aller aux toilettes de l'Hôtel Beverly Hills à Los Angeles.                  

 

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L’association « Citoyens en action », de Puteaux, recense les taudis de la ville. Pourquoi pas ? Mais pour quoi faire ? Sans doute le saurons- nous plus tard.

Dans la tribune de « Puteaux Infos » de décembre 2016, les conseillers municipaux de l’opposition politique du « Rassemblement » s’intéressent (enfin) aux « mal logés » de la commune.  Ils écrivent : « Or, la mairie ne fait rien et laisse les familles vivre dans des logements dangereux ». Ce jugement sans nuance est faux. C’est, en effet, comme l’écrit le maire, un mensonge. Ce n’est pas le plus grave, les Français sont habitués, mais lassés aussi, des politiques menteurs, (François Hollande a menti lors de son discours du Bourget en 2012, Manuel Valls ment quand il dit vouloir supprimer, par exemple, le 49.3, François Fillon dit qu’il ne changera pas la radicalité de son programme : l’avis positif de Bachar-Al-Assad, en particulier, dérangeant, le contraindra aux rétropédalages...). Mais ce qui est une faute, par méconnaissance du sujet, c’est d’instrumentaliser la misère et la souffrance pour tenter d’avancer pas à pas vers l’alternance que ces opposants souhaitent à leur profit.

« Ils choisissent l’impuissance du verbe, se grisent de leurs écrits, alors qu’il faut AGIR.»

Les responsables de l’insalubrité irrémédiable du bâtiment «D » sont les trois syndics successifs de la copropriété : M Poupon de Paris, M Forabosco de Suresnes, M Godel d’OLT GI de Puteaux. Ils souhaitaient conserver, légitimement, les honoraires substantiels de cette vaste copropriété mais sans avoir les compétences gestionnaires nécessaires pour le bâtiment en difficulté. Les voix des copropriétaires de la partie « noble » (A, B, Monoprix)  suffisaient à leur élection. Incapables de gérer les impayés de charges [ou acteurs contraints d’une stratégie pernicieuse, leur échec est tellement accablant !], gestion dont ils sont seuls responsables, ils ont conduit le « D » vers la ruine. La plupart des conseils syndicaux ont eu peu d’efficacité ou peu de motivation quant à la défense des intérêts collectifs du « D ». Les derniers présidents ont bien servi leurs intérêts privés consistant à acheter des combles à très bas prix pour  agrandir leur appartement, des travaux donc, pour eux. Les travaux indispensables pour sauver le « D » n’ont pas été planifiés, aucune recherche d’aide financière d’organismes adaptés n’a été initiée.  Certains copropriétaires du «D », non civiques, portent aussi une responsabilité partielle de cette tragédie. Les copropriétaires civiques n’ont pas pu, pas su, défendre leurs intérêts matériels.

Le syndic et le conseil syndical, dès 2013, pour rester crédibles, devaient reconnaître leurs limites et utiliser soit la procédure d’alerte avec demande d’un mandataire ad hoc, la demande d’un administrateur provisoire ou même déclarer un état de carence.

En 2009, à la suite d’un rapport d’architecte, la restauration du bâtiment D avait été estimée possible. Le principe des premiers travaux, chiffrés, avait été approuvé en assemblée générale de copropriété. Les appels de fonds du syndic devaient suivre. Ce vote, impératif, n’a pas été appliqué malgré de nombreux rappels.

 Les copropriétaires civiques n’ont donc aucune responsabilité dans l’arrêté d’insalubrité irrémédiable d’aujourd’hui.

AGIR  DANS LES TAUDIS? Oui, mais comment ? Les exemples de certaines actions désintéressées, nécessaires, conduites à l’intérieur du D depuis 2009, pourraient soutenir, peut-être, d’autres résidents de taudis. Ces actions sont de complexités variées mais parfois « délicates » ! Lesquelles donc ?

Repeindre soi-même un horrible WC collectif quand c’est encore possible parce qu’un retraité pleure de répulsion, payer 200 € la réfection d’un autre WC collectif duquel sort en glissant un jeune garçon de onze ans, balayer quatre étages en mesurant le temps de travail afin de convaincre le syndic d’imposer ce nettoyage à l’employé payé  pour le faire et qui s’en dispense. Le ménage dans le « D », 17 rue Collin, n’a jamais été fait normalement. Le précédent employé, payé par les copropriétaires, était au Maroc où il est mort « étrangement », au lieu d’être à Puteaux ! Le syndic, inerte, le savait. L’échec du syndic actuel et du conseil syndical  pour résoudre ce problème simpliste du nettoyage et de l’hygiène reste inexplicable, de plus impardonnable.

Assister aux assemblées générales de la copropriété après en avoir vérifié les comptes. En 2009, les comptes n’avaient pas été vérifiés pendant plusieurs années et les copropriétaires payaient des frais indus, par exemple pour le  gaz qu’ils n’avaient pas ! Informer individuellement tous les résidents des décisions prises les concernant parce que les affiches apposées dans l’entrée de l’immeuble disparaissent rapidement.  Dénoncer par lettre recommandée avec accusé de réception une grave pratique illégale du syndic parfaitement acceptée par le conseil syndical et le bailleur de Monoprix. Conserver toutes les communications écrites pour constituer un dossier dans la perspective d’une action future en justice si les copropriétaires civiques étaient lésés. Publier régulièrement des états des lieux sur les dangers de mort, d’insalubrité, d’insécurité auxquels sont confrontés les résidents et proposer des mesures. S’opposer au désir du syndic de ne plus voir ni entendre « cet élément extérieur perturbateur » qui s’occupe de ce qui ne le regarde pas en rappelant la loi autorisant tout citoyen à porter assistance à personnes en danger.

Donner des cours de soutien à l’élève récemment arrivé du Maroc, en échec scolaire, jusqu’à son intégration réussie. Constituer des dossiers de demandes d’HLM, de dossiers pour le DALO. Faire modifier, positivement, un contrat de travail fort étrange d’une copropriétaire, par son patron : elle craignait de le faire. Négocier avec la FNAC l’interruption d’un crédit revolving spoliateur et obtenir des dommages et intérêts. Accompagner un retraité à l’épicerie sociale dont aucun résident ne connaissait l’existence comme si tous ces résidents étaient en extraterritorialité, à Puteaux. Informer sur les aides apportées par la maison du droit, place de la mairie, l’ARC, le DAL. Vérifier un dossier de retraite et informer de la présence d’un écrivain public gratuit dans la commune. Ces résidents ne reçoivent pas  les « Puteaux Infos » mais certains ne pourraient les lire.

 Le portail de 17 000 € n’ayant jamais été mis en activité, retrouver vite le tuteur de « l’étranger à la résidence » qui dort sur un matelas dans la cour et qui va très mal. Echanger avec d’autres «  inconnus », régulièrement présents dans le « D », mais avec un positionnement adapté. (Ni complice, ni juge.)

Et puis, enfin, en 2015, rédiger un rapport précis sur la situation « scandaleuse, douloureuse » du « D » pour le préfet, la ministre du Logement et le Premier ministre et l’envoyer aux destinataires après l’accord reçu du maire. Joindre le journal « Le Parisien du 92 » et obtenir un reportage afin d’informer plus largement sur la situation. Rencontrer, en 2016, les enquêtrices sociales  mandatées par le maire, l’enquêteur de l’ARS mandaté par le préfet, le groupe des divers intervenants,  dont des architectes, accompagné par la directrice de l’urbanisme de la mairie de Puteaux. Ces enquêtes ont été conduites, en effet, avec une parfaite rigueur appuyée sur des compétences spécifiques. Le maire de Puteaux a alerté le préfet sur l’insalubrité du 17 rue Collin en 2015. Seize mois plus tard, le nouveau préfet a signé l’arrêté d’insalubrité irrémédiable le 14/11/2016, juste après l’effondrement du plancher de l’entrée sous les pas d’un jeune résident tombé dans la cave du dessous et remonté sans blessure grave. (Photographie du trou ci-dessous !)

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Les résidents doivent partir en 2017 et l’immeuble « D » sera démoli avant la fin de 2018. De nouveaux enquêteurs désignés par la mairie rencontrent chaque résident pour préciser la situation, les besoins de chacun et rassembler les documents administratifs nécessaires.

Le syndic M Godel, le 26/12/2016, a adressé une information aux résidents du « D » afin de les informer que, conformément à la loi Alur, ils devront verser, par anticipation, une cotisation trimestrielle pour...travaux, en 2017 ! Une  méchante provocation ou, de préférence,  une erreur stupide...

Des actions peut-être semblables, d’autres différentes, seront nécessaires en 2017. Ahmed, retraité à 600 € par mois, locataire depuis 22 ans dans le « D » et dont le loyer pour la pièce de 9 m2 est de 150 €/mois, ne sera pas relogé, comme il se devrait, par son propriétaire : il va toucher une petite somme. Où vivra-t-il ? Ces cas sont nombreux.

D’autres mal-logés putéoliens, en dehors du « D », sont à soutenir et à accompagner concrètement jusqu’au but : ceux, par exemple, déclarés prioritaires par la loi DALO, droit indiscutable, qu’un Etat dit démocratique, hors-sa-loi, oublie tranquillement.

Panneau ERDF, dans le « D », depuis 2013 !

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Michelle Zankarini-Fournel, professeure d’université, prévoit un renouveau de la gauche « par le bas » pour mettre en œuvre un universalisme concret : une belle reconversion possible, au service des mal-logés, des cinq jeunes engagés politiques du « Rassemblement » de Puteaux. AGIR !

Annie, amie du « D ».

                                         

15/12/2016

François Fillon recule, pour avancer.

Le candidat de la « vérité » et du «courage », François Fillon, vainqueur  de  la  primaire de la droite, recule.

Son programme de campagne cassait l’universalité  de l’Assurance-maladie : il a été sérieusement critiqué de toutes parts.

Le lundi 12/12/2016, Jérôme Chartier, le porte-parole du candidat, avait peiné à préciser, sur France Inter, si les « petits risques », tels les rhumes, seraient toujours pris en charge par la sécurité sociale...en lâchant, stupidement : « ça dépend de quel rhume ». Justifier la mesure s’avérait besogneux.

Dans son intervention, dans le  journal Le Figaro du 13/12/2016, François Fillon abandonne le distinguo entre « petits » et « gros » risques qui figurait noir sur blanc dans ses propositions.

Les électeurs de la droite et du centre, pour l’élection  présidentielle de 2017, ne sont pas tous pour cette purge sociale violente comme le furent les électeurs  de la primaire. Ils respectent les forces de la démocratie française et  admettent la recherche de moindres inégalités sociales.

François Fillon devra encore relativiser sa « vérité simpliste », par exemple : il ne pourra supprimer 500 000 postes de fonctionnaires....

Rappel : en urgence, il doit lire, par exemple, Henri Guaino, François Lenglet, Jeremy Rifkin, Jean-Claude Barbier, Thomas Piketty, Pierre Rosanvallon, les économistes atterrés...afin de tenter de vivre dans le monde tel qu’il est, sans retard de cinquante ans.

Penser global, d’Edgar Morin pourrait aussi aider François Fillon à établir une liaison entre Vladimir Poutine, son ami, et le charnier d’Alep.

Annie Keszey.

 

04/12/2016

Révolution. C'est notre combat pour la France. Emmanuel Macron.

Editions XO 2016. 17.90 €.

En noir : les extraits discontinus originels

Ce livre de 268 pages est divisé en 16 chapitres : Ce que je suis. Ce que je crois. Ce que nous sommes. La grande transformation. La France que nous voulons. Investir dans notre avenir. Produire en France et sauver la planète. Eduquer tous nos enfants. Pour vivre de son travail. Faire plus pour ceux qui ont moins. Réconcilier les France. Vouloir la France. Protéger les Français. Maîtriser notre destin. Refonder l’Europe. Rendre le pouvoir à ceux qui font. Chacun d’entre nous est le fruit de son histoire...

Cette courte présentation d’un livre dense, en 3 pages, ne peut suffire et ne se substitue pas à la  lecture complète.

Emmanuel Macron est  candidat à l’élection présidentielle de 2017 : un candidat singulier, instruit, cultivé, expérimenté, de 38 ans. Il n’appartient actuellement  à aucun parti politique, de droite ou de gauche, et s’adresse à tous les Français, au-dessus, au-delà du tripartisme. Ses études supérieures, ses missions et  professions dans de hautes fonctions des secteurs privés et publics lui ont donné une connaissance de la France d’une profondeur exceptionnelle, rare en politique. Il connaît les évolutions des états soumis à la mondialisation et, à partir d’une conscience aigüe des changements en cours, il propose une VISION pour la France.

Il est  un progressiste (terme exceptionnellement utilisé par François Hollande lors de son renoncement), réformateur, libéral à partir de sa confiance en l’homme, un libéral éclairé : « Pour comprendre la dynamique propre du monde il faut faire preuve de discernement : lutter contre la finance sans finalité et encourager la finance qui permet d’investir. Or, depuis la crise de 2008, nous avons collectivement fait le contraire... » Il veut que les plus pauvres et les plus faibles soient protégés sans être discriminés.  Il consent volontiers à être qualifié d’homme de gauche (c’est-à-dire social). Il comprend la dynamique propre du monde qu’il souhaite changer. En effet, ses propositions d’actions inédites dans les secteurs explorés dans ce livre reposent sur une connaissance rare de la situation présente, ce qui lui permet de distancer, de démoder, tous les politiques connus du moment. Il veut avancer vers une grande transformation sans se contenter de rafistoler un modèle créé pour avant-hier, parce que ce n’est pas la France.

Après la lecture du livre, quelques mots et expressions prédominent, tous inscrits dans des développements pensés  et en dehors du cadre traditionnel, usé: liberté, progrès, égalité, humanité,  justice, honneur, réalisme, autonomie, évaluation , innovation, efficacité, prospérité, mobilité, capital humain, transition énergétique, fibre numérique, économie de l’excellence, nouvelle économie, clean- tech, finance verte, nouvelles protections, nouvelles sécurités,  goût de l’avenir, nouvelle démocratie, homme capable...

 [Les boucliers de son projet sont la laïcité, un bouclier de sécurité qui donnerait la visibilité sur cinq ans aux gendarmes et aux policiers et un bouclier social. Emmanuel Macron pense que le déremboursement des petits soins voulu par François Fillon est une erreur.]

Respectueux de sa famille, attaché à la langue française et à  la  littérature, qu’il connaît, il aime la France. « La France est aimée pour le rang qu’elle tient. La voix qu’elle porte. Pour sa culture, sa force, son peuple, sa langue, ses talents. Elle est elle-même, forte et fière, quand elle tient ce rang. Elle y est toujours prête. Il lui faut simplement reconstituer ses forces. Nous en sommes là...

Affronter la réalité du monde nous fera retrouver l’espérance...

Vouloir la France, c’est vouloir ses valeurs...

Si nous voulons avancer, faire réussir notre pays et construire une prospérité du XXIème siècle dans le droit fil de notre Histoire, il nous faut agir. Car la solution est en nous. Elle ne dépend pas d’une liste de propositions qui ne se feront pas. Elle ne saurait émerger de la construction de compromis bancals. Elle se fera grâce à des solutions différentes qui supposent une révolution démocratique profonde. Elle prendra du temps. Elle ne dépend que d’une chose : notre unité, notre courage, notre volonté commune »...

Emmanuel Macron, par sa formation, appartient à l’élite de la Nation, il le sait, sans appartenir au système ni à l’antisystème parce qu’il est libre et l’a prouvé. Son parcours relève de l’excellence : études de philosophie à Nanterre où il  rencontre le philosophe Paul Ricœur. « ... Aux côtés de Paul Ricœur, j’ai appris le siècle précédent et appris à penser l’Histoire. Il m’a enseigné la gravité avec laquelle on doit appréhender certains sujets et certains moments tragiques »...Il entre à l’ENA et y cumule des stages formateurs au service de l’Etat, à l’ambassade de France au Nigeria puis à la préfecture de l’Oise où il se lie à ceux qui resteront ses amis : Michel Jau, Henry Hermand*, Michel Rocard* (décédés). Bien noté à la fin de l’ENA, il peut choisir et opte pour l’inspection des finances. Il sillonne la France, pendant quatre ans et demi, pour apprendre à analyser, décortiquer les mécanismes multiples qui font la vie de l’Etat et de ses agents. Puis, pendant six mois, il devient rapporteur général adjoint de la Commission pour la libération de la croissance française présidée par Jacques Attali. Il a pu s’ouvrir à de multiples sujets qu’il n’a ensuite jamais quittés. Puis, il choisit  de quitter le secteur public pour le secteur privé : il entre à la banque d’affaires Rothschild.

En 2012, librement, il quitte cette banque pour retrouver le service de l’Etat. IL devient Secrétaire général adjoint auprès de François Hollande, jusqu’en 2014, quand il décide de partir. Plus tard, rappelé par François Hollande, il devient ministre   de l’Economie, de l’industrie et du numérique... « Après les attentats de l’automne 2015, la renonciation à une stratégie indispensable pour saisir les nouvelles opportunités économiques dans notre pays, l’absence de véritable volonté réformiste et d’une plus grande ambition européenne et le choix d’un débat stérile autour de la déchéance de nationalité- débat qui divisait le pays sans apporter de réponse à ce qui venait de se produire- me sont apparus comme des erreurs-voire parfois de véritables fautes politiques. Alors que la crise et la désespérance sociale nourrissaient l’extrémisme et la violence, au moment où nos voisins ont su trouver les solutions pour réduire durablement le chômage, le véritable état d’urgence à déclarer était à mes yeux économique et social. Je n’ai pas dissimulé ces désaccords... »

« ...C’est à mon pays seul que va mon allégeance, non à un parti, à une fonction ou à un homme. Je n’ai accepté les fonctions que j’ai eues que parce qu’elles me permettaient de servir mon pays. Je l’ai dit au premier jour et je n’ai pas varié ensuite. Lorsque les obstacles mis sur ma route, l’absence de renouvellement des idées et des hommes, le manque terrible d’imagination, l’engourdissement général, m’ont montré qu’aucune action  utile n’était plus possible, j’en ai tiré les conséquences en démissionnant. Ma conception de l’action publique, ce n’est ni celle de la gestion de carrière ni celle du ticket dans la file. C’est celle de l’engagement partagé fondé sur le service. Rien d’autre ne compte à mes yeux, et surtout pas les critiques, ou les calomnies de ceux dont la loyauté va, non à leur pays, mais à un système dont ils ont parfaitement compris tout ce que le fonctionnement pouvait leur assurer d’avantages et de prébendes... » 

Parce que la réforme majeure est celle du système éducatif, il paraît nécessaire d’observer les propositions d’Emmanuel Macron dans le chapitre VIII : Eduquer nos enfants.

« L’Ecole est le combat premier...Car nous devons refuser tout ce qui conduit à l’assignation des Français à leurs différentes origines...Notre système éducatif maintient les inégalités, voire les accentue au lieu de les réduire... Les élèves manquent de confiance en eux et dans l’institution. Les parents sont anxieux. Surtout les enseignants se battent dans l’indifférence d’un système bureaucratique qui ne sait plus reconnaître ni leurs efforts ni leurs mérites...Commençons donc par l’objectif prioritaire d’une école maternelle et d’une école élémentaire plus performantes et plus justes... »

Emmanuel Macron propose un grand plan de réinvestissement concernant aussi les réseaux d’éducation prioritaire, le dédoublement des classes de CP, la formation et l’accompagnement des enseignants, l’investissement dans des personnels non-enseignants et l’amélioration de la médecine à l’école. Le financement se fera en revenant sur plusieurs des dernières réformes inutiles et coûteuses. Il développera la scolarisation précoce, utile pour tous et surtout pour les enfants des milieux défavorisés  afin d’enseigner davantage le vocabulaire et de parfaire l’acquisition du langage. Ce sont en effet les conditions de base reconnues pour apprendre à lire. Il veut désenclaver les quartiers afin de combattre le déterminisme social et scolaire, rétablir les classes bi-langues, réformer l’orientation avant et après le baccalauréat afin d’éradiquer l’actuel gâchis des 100 000 élèves qui quittent le système sans diplôme ni formation et des nombreux bacheliers égarés dans des formations universitaires inadaptées. L’enseignement professionnel, négligé, doit être développé et les entreprises appelées à participer aux formations. La gestion de ces filières serait transférée aux régions. Les défis de l’université ne sont pas minces. Le nombre d’étudiants s’accroit plus vite que les possibilités d’accueil, des millions d’emplois sont en train d’être transformés dans les usines, les banques et les assurances mais l’université ne saisit pas ces opportunités et le taux de chômage reste élevé.

D’autres correctifs au système sont explicités : le recours à l’e-learning  pour renforcer l’apprentissage de la lecture, par exemple.

« Dans ce contexte, si nous voulons réussir, nous devons leur donner davantage d’autonomie pédagogique et de moyens. Protéger les étudiants les plus modestes avec une véritable aide  sociale, permettre aux universités de faire contribuer les étudiants les plus aisés, avoir les moyens d’attirer les meilleurs enseignants, d’ouvrir les bibliothèques universitaires en soirée et en fin de semaine...Comment y parvenir ? Grâce aux enseignants ! »

Emmanuel Macron veut sortir de la rigidité administrative, celle des règles des mutations, des textes réglementaires dont les circulaires qui maintiennent un fonctionnement lourd  et inefficace du système. Il faut développer l’autonomie des écoles, des équipes, des établissements  pour contrer un mode de fonctionnement paralysant et donc faire évaluer ces nouveaux modes de fonctionnement  par une instance  d’évaluation indépendante et puissante. Des équipes pourraient se regrouper et même s’engager dans la création d’écoles, de collèges, de lycées radicalement nouveaux.

« Alors oui, la Révolution de l’Ecole est possible parce que nous la ferons  avec eux. »

Les faiblesses majeures du système éducatif sont parfaitement connues par Emmanuel Macron qui s’engage à y remédier, ce que n’ont pas fait ses prédécesseurs.

Dans un autre chapitre, Emmanuel Macron écrit : « J’ai conscience que cette refonte de l’organisation de l’Etat viendra heurter des habitudes »...Cela vaut aussi pour le système éducatif.

De nombreuses transformations et particulièrement la transformation des institutions européennes rencontreront certainement de très fortes oppositions. Il lui faudra être pédagogue. 

« Les révolutions numérique, écologique, technologique, industrielle qui se profilent, sont considérables. La France doit y prendre part. Elle ne doit pas laisser l’écart se creuser avec les Etats-Unis ou, plus encore, avec la Chine, ce pays-continent qui démontre, chaque jour un peu plus, sa puissance. Nous n’y parviendrons  qu’à deux conditions : relancer l’Europe, notre chance dans la mondialisation, et retrouver la confiance en nous-mêmes, l’énergie qui nous manque depuis tant d’années, mais que je sais présente dans le peuple français. Pour cela, chacun en France, doit, de nouveau, avoir sa place. Pour mener ce combat, la responsabilité du président de la République est immense. Un président n’est pas seulement investi d’une action. Il porte aussi, de manière moins visible, tout ce qui dans l’Etat transcende la politique : les valeurs de notre pays, la continuité de son histoire, et, de manière cachée, la vigueur et la dignité d’une vie publique.

J’y suis prêt... »

Emmanuel Macron ne nous propose pas des rêves mais de possibles réalités inattendues, surprenantes, motivantes : un renouveau du « politique », un lien fraternel sincère entre un sujet d’élite et le peuple : enfin !

Le programme d’Emmanuel Macron sera analysé avec une  concentration exceptionnelle. Le peuple ne veut plus être trahi par ses représentants.

Annie Keszey.