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17/10/2018

Le Verbe contre la barbarie.

17/10/2018.

« Le Verbe contre la barbarie. Apprendre à nos enfants à vivre ensemble ». Alain Bentolila. Edition Odile Jacob. 2008. 200 pages. 

Alain Bentolila est un éminent linguiste, spécialiste de l’apprentissage de la langue et engagé dans le combat contre l’illettrisme.

Jean- Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, concrétise enfin les analyses approfondies d’Alain Bentolila, par exemple. Le dédoublement de classes en zones d’éducation prioritaire, les nouvelles évaluations en cours d’année scolaire, la scolarité obligatoire à partir de 3 ans sont des mesures appropriées pour lutter, en particulier, contre « les ghettos  de l’insécurité linguistique ». L’insuffisante efficacité de l’Education nationale, incapable de valider son slogan « l’égalité des chances », ne saurait perdurer.

Extraits discontinus. Ces extraits ne peuvent remplacer la lecture de ce livre majeur.

« Tous les systèmes linguistiques du monde obéissent au principe selon lequel rien ne relie la forme phonique (orthographique) au sens des mots sinon une convention collective non négociable. L’arbitraire du signe linguistique constitue la condition nécessaire à l’indépendance de la forme d’un mot par rapport à son sens…

A la maîtrise du langage (celle qui est développée dans le livre), bien des enfants n’accèderont pas. Ce sont des enfants qui ont un développement cérébral normal, qui ne souffrent d’aucun trouble psychologique sévère et qui pour autant sont dans une situation d’insécurité linguistique dès que s’impose à eux la distance et une moindre prévisibilité. Ce sont des enfants qui, à 4 ou 5 ans, ne savent « parler qu’à vue ». L’absence de ce dont ils parlent, l’absence de celui à qui ils parlent, rendent leur parole hésitante et les obligent à garder un silence prudent. Effrayés par la distance, démunis par l’inconnu, ces enfants auront les plus grandes difficultés à aborder la lecture...Le fossé qui sépare leur langage oral de proximité de l’écrit à conquérir est immense et pour beaucoup infranchissable…

Le degré de maîtrise de la langue auquel parvient un individu est directement fonction de la qualité de la médiation dont il a bénéficié dans ses premières années. La lucidité d’un enfant apprenant à lire dépend de la clarté dans laquelle a baigné son apprentissage du langage oral…

Le délabrement de la médiation familiale que ne peuvent ou ne savent compenser les institutions éducatives a pour conséquence que bien des enfants dès leur plus jeune âge se trouvent en situation d’insécurité linguistique…

Combien sont-ils ceux qui ont la chance de trouver sur le chemin de la découverte des enjeux de la langue les médiateurs bienveillants et exigeants qui sauront reconnaître l’intelligence sous les tentatives maladroites, analyser les approximations pour les transformer en conquêtes nouvelles ? Combien sont-ils ceux qui, livrés trop tôt à eux- mêmes, puis à la machine scolaire, verront leurs essais  langagiers se perdre dans le silence et l’indifférence ?...

Être parent, c’est être conscient que la maîtrise de la langue conditionne le destin scolaire et le destin social de ses enfants…

Ce n’est pas le fait de déchiffrer qui est responsable d’une lecture dépourvue d’accès au sens, mais c’est le déficit du vocabulaire oral qui empêche l’enfant d’y accéder. La responsabilité de l’école maternelle est ainsi essentielle ; dès la petite section, elle doit, avec patience et obstination, s’attacher à nourrir le stock lexical des enfants, à travailler sur le sens des mots en contexte et hors contexte. C’est là que se gagne la bataille future de la lecture…

L’école doit mettre tout en œuvre pour distribuer de la façon la plus équitable le pouvoir linguistique : celui qui permet de se défendre contre la tromperie, les mensonges et la propagande…

Echec scolaire, échec professionnel, échec civique, voilà ce que promet l’absence de véritable pouvoir linguistique…

Depuis plus de trente ans, nous avons accepté - et parfois aveuglément encouragé- le regroupement dans des lieux enclavés de populations qui avaient en commun d’être pauvres et pour la plupart de venir d’un ailleurs estompé et confus...Ces cités socialement abandonnées sont devenues des ghettos dans lesquels  les liens sociaux sont en fait très relâchés et la solidarité quasi inexistante. Il faut bien reconnaître  que ce système d’intégration dont, nous Français, sommes si fiers, a engendré des lieux honteux de repliement et de relégation. Dans ces lieux confinés, bien de jeunes adultes de langue maternelle française vivent en situation d’impuissance linguistique. Pour la plupart d’entre eux, le langage qu’ils utilisent a été forgé dans un milieu restreint, souvent indifférent, parfois hostile. De ce fait, ils ne se sont pas dotés (comment et pourquoi l’auraient-ils fait ?) de moyens propres à véhiculer  le sens au-delà du trivial ou de l’invective…

Tous les langages ne sont pas égaux : certains livrent les clés du monde et d’autres ferment les portes du ghetto…

C’est donc bien  la marginalisation culturelle et sociale qui engendre l’insécurité linguistique ; mais la réduction des outils lexicaux, grammaticaux et discursifs qui en résulte rend cet enfermement de plus en plus sévère, et de plus en plus faibles la volonté et les chances d’évasion…

L’impuissance linguistique conduit à la violence...Lorsqu’on ne peut pas s’inscrire pacifiquement  sur l’intelligence des autres (par le Verbe ; la langue juste et précise), la seule façon d’exister, c’est de laisser physiquement des traces sur le corps de l’autre…

Nous devons donner à nos enfants les moyens linguistiques de résister intellectuellement  à la tentation de la passivité, au piège de la manipulation politique et aux sirènes des discours sectaires…

Être capable de vigilance et de résistance contre toutes les utilisations perverses du langage, être prêt à imposer ses propres discours et ses propres textes en accord avec sa juste pensée voilà ce qu’on doit à  un enfant si l’on veut qu’il contribue à donner à ce monde un sens honorable…

C’est bien parce que la langue donne à ceux qui l’utilisent un pouvoir exorbitant qu’elle impose une exigence éthique sans faille à celui qui parle ou écrit comme à celui qui écoute ou lit…

Faiblesse d’âme et illettrisme sont les meilleurs alliés des intégristes religieux, des gourous sectaires et des leaders politiques extrémistes… »

notreputeaux.com, rupture-et-metamorphose.org, atelier-idees.org

Annie Keszey.

 

23/03/2018

PUTEAUX: Les résultats du lycée AGORA.

Chaque année le département de l'Evaluation, de la Prospective et de la Performance du Ministère de l’Éducation nationale publie une évaluation des lycées d’enseignement général et technologique et professionnels. Les médias publient ces résultats et y ajoutent des notes et des classements, différents, qu’ils expliquent.

La source la plus sûre de consultation de ces résultats aux baccalauréats est : www.education.gouv.fr

Certains medias, en effet, font des erreurs ou classent selon des méthodologies arbitraires.

L’Agora, en 2017, a présenté 152 élèves aux baccalauréats : 34 en série ES, 61 en S et 57 en STI2D.

Les indicateurs de valeurs ajoutées des lycées évaluent non seulement la réussite des élèves de terminale d’un établissement aux baccalauréats, mais aussi la capacité de cet établissement à accompagner le maximum d’élèves de seconde jusqu’à l’obtention de ce diplôme en prenant en compte les caractéristiques sociodémographiques et scolaires des élèves. Ils offrent en cela une analyse plus fine que le seul taux de réussite au baccalauréat qui ne permet pas d’apprécier le caractère plus ou moins sélectif des établissements et le parcours scolaire des élèves depuis leur entrée au lycée jusqu’au baccalauréat. Le taux de mentions aux baccalauréats a été introduit officiellement dans l’évaluation 2017.

Synthèse des résultats 2017 du lycée « Agora » de Puteaux. Depuis 2012, le lycée a  régulièrement progressé quant à son taux de réussite aux baccalauréats toutes séries confondues, de 63 % en 2012 à 89 % en 2017 : un bond en avant de 26% ! C’est en ES et en STI2D que ces importants progrès sont les plus marqués. En 2017, le taux d'accès de la seconde aux baccalauréats reste inférieur de 6 points au taux attendu en référence nationale (valeur ajoutée). Il est donc insuffisant. Il a cependant progressé, puisqu’en 2015 il était inférieur de 10 points au taux attendu, en 2012 il était de 39 %, en 2017 il est de 59 %. Le taux de mentions obtenues par les élèves (TB, B...), publié pour la première fois, est de 8 points supérieur au taux attendu. C’est une belle perspective pour l’avenir proche.

L’éducation nationale ne classe pas les lycées : les medias s’en chargent. Le quotidien Le Parisien, par exemple, publie un classement par commune, département, région, et global. Il n’est pas possible de comparer le classement  des résultats de 2017 avec les classements antérieurs parce que le journal a changé sa méthodologie  de classement. C’est un choix arbitraire, difficile à interpréter concrètement,  expliqué dans l’analyse qui suit. Pour un même lycée le classement de cette même année 2017 varie selon les medias : ils sont différents pour l’Express, Le Figaro, Le Monde, l’Etudiant et Le Parisien...Ainsi, par exemple, y a-t-il cinq lycées différents titulaires de la première place en France !

Analyse des résultats 2017 du lycée «Agora » de Puteaux.

  1. Le taux de réussite du lycée Agora aux baccalauréats toutes séries confondues, c’est-à-dire la proportion de bacheliers parmi les élèves ayant passé le baccalauréat, en 2017, est de 89 % (88 % en 2015). Il est supérieur de + 3 % au taux moyen attendu (86 %) de la référence nationale, calculé pour les élèves d’âge, d’origine sociale et de sexe de la population accueillie. La valeur ajoutée est ainsi légèrement positive.

 [Le taux de réussite, du lycée Agora, aux baccalauréats toutes séries confondues, en 2008, était de 78 %. Il était supérieur de 4 % au taux moyen attendu (74 %) de la référence nationale. En 2012, ce taux de réussite était  de 63   %, inférieur de 14 %, au taux moyen attendu (77 %) de l’Académie de Versailles. Pour 2012, selon le journal Le Parisien, l’Agora était 51ème sur 51 dans les Hauts-de-Seine, 446ème sur 463 en région Île de France et 2270ème sur 2297 au classement national. Un échec total, incompréhensible mais inacceptable.] Cet échec massif a été vaincu.

Le taux de réussite en S, en 2017, est de 89 %, en ES de 88 % et en STI2D de 89 %. Ce taux constaté en S est égal au taux attendu, en ES, il est supérieur de +6 % au taux attendu et en STI2D, il est supérieur de +3 % au taux attendu.  

[Les résultats en S  ont progressé depuis 2008 : ils étaient de 73%. En ES, ils sont identiques à ceux de 2008.  Ils ont progressé en STI2D : ils étaient de 78 %.] Le lycée évolue dans le bon sens !

  1. La progression d’une mesure reste encore insuffisante : un élève qui est entré en seconde dans ce lycée a eu 59 % de chances d’obtenir le baccalauréat dans cet établissement. Le taux d’accès attendu est de 65 % par rapport aux établissements comparables au plan national. Le taux d’accès de la seconde au baccalauréat du lycée est inférieur de 6 points au taux attendu en référence nationale. Un progrès a été réalisé mais il faut progresser davantage. Cette valeur doit être positive et plus élevée. Il est possible toutefois que ce résultat ait une raison spécifique autre qu’une sélection.

[Cette (non) valeur ajoutée « accompagnement » était de – 10 points en 2015. Un élève entré en seconde dans ce lycée avait 47 % de chances d’obtenir le baccalauréat dans l’établissement alors que le taux d’accès attendu était de 57 % par rapport aux établissements comparables au plan national. ]

Le lycée public de La Plaine-de-Neauphle, à Trappes, fait le plus progresser ses élèves avec une valeur ajoutée de + 18 %.

  1. Le taux de mentions au baccalauréat rapporte le nombre d’élèves du lycée reçus au baccalauréat avec mention au nombre de ceux qui se sont présentés à l’examen. Dans ce lycée 41 % des 152 élèves présents au baccalauréat ont obtenu leur diplôme avec mention. Le taux de mentions attendu était de 33 %. Le taux de mentions du lycée est supérieur de 8 points au taux attendu en référence nationale (valeur ajoutée). C’est encourageant pour l’avenir.

Le journal Le Parisien, les années passées, effectuait ses classements à partir des taux des points 1 et 2. Cette année, il prend en compte le point 3 d’une manière abstraite très personnelle et discutable et, de plus, difficile à interpréter concrètement :

 

Lycée / statut ville code postal

Valeur ajoutée

Taux de réussite

Taux de mentions

Accès 2de/bac

20 

Lycée Agora

public - Puteaux 92800

5

89%

41%

59%

La valeur ajoutée 5 est obtenue par addition des écarts entre les taux attendus et les taux réels : 1. +3/ 2. -6/ 3. +8. Le résultat est donc plus +5. L’inconvénient majeur de ce nouveau classement est de relativiser la part des points 1, taux de réussite  et 2, accès 2de/bac, essentiels. L’Express classe le lycée Agora 34ème/52, dans les Hauts-de-Seine et 1494ème/2277, en France. Le Parisien classe ce même lycée 20ème/52 dans les Hauts-de-Seine et 513ème/2277, en France. Pour l’Internaute, le lycée Agora est 48ème /76  dans les Hauts-de-Seine, mais les lycées professionnels sont inclus. Etc...

Les évaluations les plus sûres sont donc celles de l’Education nationale et exclusivement sur les taux.

Le projet d’établissement aura dû définir, pour l’année scolaire 2017-2018, de nouvelles mesures pour toujours mieux réussir. Des mesures efficaces ont déjà été prises dont la lutte contre les absences  des élèves et des professeurs et l’organisation de devoirs surveillés le mercredi après-midi. Les lycées à haute valeur ajoutée « accompagnement » pratiquent, par exemple, des soutiens systématiques, des aides aux devoirs à l’heure du déjeuner, des samedis au CDI,  des contrôles oraux et écrits réguliers, des stages de  bachotage  pendant les vacances de printemps, des entretiens entre les élèves et les professeurs afin d’acquérir des méthodes de travail, de la confiance en soi et de l’ambition pour l’avenir. Et puis, bien sûr, le lycée, pour progresser, doit rompre avec des traditions négatives : exclusions d’élèves supprimées et remplacées par des heures supplémentaires, au CDI par exemple, formations continues collectives des professeurs  sur l’efficacité pédagogique et les évaluations scientifiques. Dans les lycées qui réussissent les aides professorales régulières sont multipliées  mais avec des exigences fortes  quant à l’investissement personnel de chaque élève...Un climat paisible et sûr de l’établissement, sa cohésion interne, favorisent aussi l’engagement des élèves...Il faut surtout entrer en relation pédagogique avec les collèges en amont afin de réduire les échecs avant l’arrivée en classe de seconde.

Des rapports ministériels très nombreux tracent de nouvelles voies afin que le premier indicateur de réussite scolaire ne soit plus seulement la profession des parents ! Et si « l’égalité des chances » cessait d’être une utopie !

La réussite d’un lycée relève d’une construction complexe qui ne peut être pensée hors sol.  Cependant il n’est pas interdit de s’informer sur le fonctionnement  particulier d’établissements qui réussissent à promouvoir des élèves en difficulté jusqu’à l’obtention du baccalauréat.

Il est certes paradoxal dans un système éducatif national égalitaire, notre utopie fondatrice, de publier  année après année, des évaluations  qui mettent le doigt sur les différences entre lycées*...

Image : http://www.puteaux.fr              *Claude Lelièvre, historien.

Annie Keszey. (Domaines : notreputeaux.com/rupture-et-metamorphose.org/atelier-idees

16/02/2018

Monsieur le ministre de l'Education nationale.

16/02/2018. Annie Keszey, citoyenne ordinaire, membre du comité  historique de LaREM de Puteaux,  quarante-quatre ans au service de de l’Éducation nationale, à Monsieur Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale.

Monsieur le Ministre,

Votre présence au ministère de l’Éducation est appréciée par une majorité de Français, majorité à laquelle j’appartiens.

Recevez mes remerciements professionnels pour votre recours à des scientifiques pour repenser l’école : Stanislas Dehaene, Cédric Villani, Boris Cyrulnik...

Merci d’avoir supprimé l’usage du logiciel d’orientation APB, utilisateur discret du tirage au sort inique pour orienter les élèves.

Merci d’entreprendre la réforme du baccalauréat qui devrait avoir pour conséquence, en particulier, la résolution progressive de l’échec  d’un pourcentage anormalement élevé d’étudiants en première année de faculté.

Puis-je vous formuler certains souhaits issus de mon expérience professionnelle sur des points qui ne sont pas, semble-t-il, d’actualité?

Les conseils de discipline des collèges et lycées ne devraient plus exclure les élèves irrespectueux du règlement intérieur mais les inclure davantage. Les élèves exclus rencontrent majoritairement le vide de jours de classe à la maison ou, d’ailleurs, de jours dans la rue : c’est négatif.  Souvent les comportements déviants sont associés à des difficultés scolaires. Il faut donc convoquer ces élèves au CDI, par exemple, le mercredi  ou le samedi après-midi, quand l’établissement est vide mais avec la présence d’adultes actifs dont la documentaliste (après modification de son emploi du temps hebdomadaire), le chef d’établissement et son adjoint. Le travail scolaire demandé à ces élèves devra toujours être « soutenu » et contrôlé afin qu’il conduise l’élève vers l’acquisition d’une bonne note  au contrôle suivant fait en classe. Ainsi la situation négative  à l’origine devient-elle positive. Le travail demandé peut être aussi en liaison précise avec « l’égarement » afin de provoquer chez l’élève une réflexion salutaire.   Avec l’aide de parents d’élèves ou de la municipalité, il est possible également d’imposer à ces élèves un stage particulier, en dehors des horaires scolaires, portant sur des contenus divers, dont le résultat peut se concrétiser en « exposé » devant la classe ou en réalisation d’un dossier ou/et d’un film présenté(s) aussi à la collectivité et évalués. Ces horaires supplémentaires dissuasifs sont efficaces pour mieux assurer « l’égalité des chances » ! 

 

Vous n’évoquez pas du tout le travail en équipe des professeurs : un travail hebdomadaire effectif d’équipes disciplinaires ou interdisciplinaires, au temps imposé, et non plus seulement l’usage du mot équipe « vide de sens». Le collège défunt expérimental audiovisuel de Marly-le-Roi, dans les Yvelines, avait octroyé aux professeurs trois heures hebdomadaires de travail collectif,  payées, pour réaliser des cours télévisés dans le studio intégré de télévision du collège. De 1995 à 2002, par exemple, le collège de Chambourcy a introduit, dans l’emploi du temps, le travail en équipe des professeurs de français et de mathématiques à partir des moyens ordinaires : la dotation horaire globale dépasse de quelques heures la couverture des horaires obligatoires. Les professeurs avaient accepté de travailler en équipe une heure par semaine (temps qu’ils dépassaient souvent), sans élèves, payée une demi-heure. Ce travail en équipe transforme les pratiques professorales vers plus d’efficacité. Les professeurs confrontent leurs pratiques et choisissent les meilleures, ils analysent les résultats de leurs élèves et modifient les cours dans leurs parties inefficaces pour ne pas les renouveler à l’identique l’année suivante. Ils se considèrent co-responsables des notes obtenues par leurs élèves y compris des « mauvaises notes » et c’est une transformation importante  des mentalités du corps enseignant. Cette méthode expérimentale  des équipes est au service de la réussite croissante du plus grand nombre. Plusieurs classes ayant des cours parallèles dans une même discipline, les professeurs concernés peuvent appliquer, pendant une durée définie, une  souplesse dans les effectifs des classes, pour des activités différenciées d’approfondissement pour les uns ou de reprises des connaissances non acquises pour les autres, par exemple...

 

Les professeurs sont inspectés et évalués. Les inspecteurs devraient entendre les délégués des élèves exprimer leur point de vue sur leurs professeurs, en termes obligatoirement « apaisés ». Ainsi ces spécialistes pourraient-ils intervenir sur les excès de charges ou les graves insuffisances imposées aux élèves, comprendre l’imparable ennui scolaire quand les cours sont des discours  dictés, répétitifs des manuels scolaires, réguler le rythme des contrôles et vérifier l’objectivité des évaluations... Ils entendraient des propositions pertinentes de mineurs, à ne pas négliger...Ce n’est certes pas encore dans l’air du temps ! 

 

L’inclusion scolaire est un droit pour tous. Or, les enfants et adolescents autistes, concrètement, sont négligés par l’État, malgré l’existence de plans précis et ambitieux. depuis 2015. La Cour des comptes vient de critiquer sévèrement la réalité de la politique pour les autistes. Je vous joins une synthèse de la vie d’un adolescent, autiste de Puteaux, que je viens de rédiger par solidarité élémentaire avec sa famille. C’est malheureusement la concrétisation parfaite des multiples difficultés, ruptures, contradictions et incertitudes que dénonce la Cour des comptes. Monsieur le Ministre examinez à nouveau le rôle accordé aux Commissions des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) afin d’éviter leurs  « excès de pouvoir » par « excès de leurs (impossibles) certitudes ». Les parents d’autistes, très engagés, ne peuvent être « déshérités »  de leur volonté  permanente de refuser l’exclusion sociale de leurs enfants.   

Des consignes pour l’enseignement des mathématiques aux élèves autistes seront-elles publiées, comme elles viennent  de l’être pour l’enseignement « ordinaire » ?

Avec ma reconnaissance  très respectueuse.

Annie Keszey.