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25/10/2018

Monsieur Jean-Michel Blanquer, Monsieur Gabriel Attal.

25/10/2018.

Annie Keszey, LaREM- Génération-Puteaux,  44 ans d’Education nationale, à Monsieur Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse et à Monsieur Gabriel Attal, secrétaire d’Etat.

Objet : Rappel de quelques mesures contre la violence dans les établissements scolaires publics.

Monsieur le Ministre, Monsieur le Secrétaire d’Etat,

Existe-t-il un rapport de synthèse sur les nombreuses mesures concrètes existantes propres à éradiquer la violence dans les établissements scolaires publics ? Il m’est difficile de partager les témoignages de professeurs sur #pasdevague parce qu’ils ne correspondent que très peu à mon expérience professionnelle. 

Ma carrière de professeure puis de principale ne m’a qu’exceptionnellement exposée à des faits de violence interne. Une expérience difficile, inattendue,  a  cependant marqué mon entrée dans la carrière de principale et m’a convaincue de la nécessité d’une formation permanente. Nommée pour la première fois principale de collège à la cité scolaire Joliot -Curie de Nanterre, je remplaçais, en janvier, la précédente principale entrée en dépression nerveuse. Un imposant graffiti mural, dans les toilettes « indécentes » des élèves portait son nom suivi de « Pute » ! Ma première décision fut de demander la réfection des toilettes, avec de belles couleurs.

 Le premier jour de la rentrée de janvier, j’étais retenue prisonnière devant la machine à café, pendant la récréation, par l’ensemble des professeurs mécontents du passé récent, une chaise était lancée volontairement du 3ème étage, dans la cour, pendant la récréation, deux élèves « se  piquaient » dans les toilettes et, enfin, le gymnase était, volontairement aussi, inondé : un cours était suspendu. Un bon début, donc, de prise de fonction qui oblige à la réflexion et à un travail très intense, en heures de présence et en décisions appliquées. Un mois plus tard, le collège était devenu un paisible lieu de travail jusqu’à la fin de l’année scolaire, fin aussi de mon remplacement en ce lieu.

Quelles mesures ont permis cette transformation ? Elles ne relèvent en aucun cas d’un talent particulier !

Quelques exemples :

Avec le principal adjoint nous sommes allés aux domiciles de deux élèves, qui avaient été exclus par conseils de discipline en fin de premier trimestre, afin de les réintégrer. Ils ont terminé leur « punition » au Centre de Documentation du collège avec des devoirs, toujours corrigés, par la principale : moi-même. Deux de ces devoirs préparaient deux contrôles que ces élèves ont fait en classe ultérieurement après les avoir travaillés « en profondeur » : ils ont obtenu des « bonnes notes », à leur surprise, et ce fut « un changement » important. Ils pouvaient réussir ! Exclure est incompatible avec « l’égalité des chances » encore non atteinte!

Nous avons prévenu les professeurs qu’il n’y aurait plus d’ici la fin de l’année scolaire d’ exclusions du collège, antérieurement trop fréquentes, mais uniquement des inclusions, en heures supplémentaires, le mercredi après-midi  et le samedi, toujours consacrées à l’acquisition de connaissances nouvelles, sous la surveillance et l’engagement pédagogique de la principale. Tous les principaux peuvent le faire. Il a fallu discuter longuement avec les professeurs qui craignaient d’être démunis mais ce ne fut pas le cas. Ces retenues d’élèves, en dehors du temps scolaire, se sont montrées très dissuasives et quelques rares élèves sont venus deux fois! Ils ont cessé, à partir de cette contrainte possible, de perturber.

Le lendemain de la rentrée, nous avons organisé une réunion des délégués des élèves qui n’avaient encore jamais pu s’entretenir avec la hiérarchie du collège. Nous avons écouté et noté leurs doléances afin d’y remédier. Nous les avons informés qu’ils pouvaient nous rencontrer librement, dans nos bureaux respectifs, à chaque fois qu’ils le souhaitaient. Nous avons maintenu ces réunions, une fois par mois.

La partie du bâtiment unique occupée par le lycée était en très bon état, la partie occupée par le collège n’avait pas été entretenue. Les murs étaient désespérément grisâtres. Avec des élèves volontaires de 4ème et de 3ème, en accord avec les familles, nous avons organisé des ateliers de reprise des peintures des murs de couloirs, les mercredis après-midi. Je peignai les parties hautes et les élèves les parties basses pour des raisons de sécurité. Le couloir refait n’a jamais reçu aucun graffiti.  Ces graffitis ont d’ailleurs disparu de l’ensemble des murs sans doute parce que chaque matin, avant la rentrée, on vérifiait leur présence éventuelle pour les effacer et l’on veillait aussi à ce qu’il y ait toujours une belle plante d’accueil à l’entrée des élèves...

A tout moment de la scolarité, la principale devait être « autoritaire » et « juste ». Être juste avec un élève demande une diplomatie particulière, compliquée, quand il s’agit de ne pas donner raison à un professeur, malgré l’évidence.

Avec les professeurs volontaires, pendant quatre mois, nous avons rédigé un nouveau projet d’établissement, accepté par les autorités.

Dans les collèges suivants, d’autres mesures ont contourné la violence. Dans un collège des Yvelines, par exemple, les professeurs  de français et de mathématiques essentiellement, ont accepté de travailler en équipes hebdomadaires, limitatrices du « turnover professoral », ils ont été payés une demi-heure pour une heure de présence sur « l’excédent » de la dotation horaire globale. Cette pratique n’étant pas définie dans les textes officiels j’avais averti le ministre de l’Education nationale par un courrier auquel il n’a pas répondu. Dans l’emploi du temps, plusieurs classes d’un même niveau avaient leurs horaires disciplinaires alignés. Chaque contrôle, préparé en équipe, était le même sur l’ensemble d’un niveau, en français et en mathématiques. Corrigé en équipe, il était toujours suivi d’une heure d’explication des erreurs. Pendant cette heure, les effectifs des classes alignées pouvaient être modifiés afin de faire travailler en groupe réduit les élèves ayant le moins bien réussi. Cette structure et sa stratégie répondent partiellement aux observations que Stanislas Dehaene fait sur l’imperfection des notes dans son remarquable livre « Apprendre! Les talents du cerveau, le défi des machines ». Tous les professeurs du collège avaient suivi une formation collective sur l’évaluation objective de l’élève. Tous les contrôles, y compris de rédaction, annonçaient aux élèves le barème de correction du professeur. Tous les contrôles étaient annoncés à l’avance et il n’y avait pas de contrôles « surprises ».  En 2018, de nombreux professeurs utilisent encore des notations arbitraires, vécues comme injustes par leurs élèves, ce qui ne favorise pas un climat paisible. Antoine, en classe de 3ème dans un collège public, vient de recevoir une rédaction corrigée. La note est de 11/20, sans aucune autre remarque. Quatre incorrections orthographiques ont été soulignées, mais il y en a quinze ! Et puis, comment progresse un élève avec 6/20 ?

D’autres étrangetés professionnelles ne peuvent que renforcer la demande d’une formation exigeante, multidisciplinaire y compris, absolument, les neurosciences et la dynamique des groupes, au métier de professeur.

Un professeur doit avoir de l’autorité et ne saurait en appeler régulièrement à un tiers pour réguler ses classes. Les pratiques de régulation sont nombreuses, l’une est particulièrement efficace mais le professeur doit accepter une certaine mobilité de son emploi du temps et un engagement spécifique : tous ne l’acceptent pas. La rigidité du système est bloquante. Il s’agit, en début de cours, d’observer le début d’un décrochage de l’attention et de la discipline collective qui ne concerne souvent qu’un ou quelques élèves .Le professeur arrête son cours et prévient ces élèves que s’ils continuent à perturber, il sera malheureusement obligé de les séparer de la classe   mais, bien sûr, il leur fera cours à un autre moment puisqu’il souhaite leur réussite: tel jour à telle heure. Le plus souvent, la proposition du professeur dissuade les perturbateurs. S’ils continuent, ils sont exclus du cours avec la solidarité du chef d’établissement qui les accueille et encadre leur travail. Ils assistent ensuite au cours décidé à leur intention. Or, les élèves n’aiment pas se retrouver ainsi, exclus de leur groupe et en dehors de leur emploi du temps. Ils ne reviennent  deux fois que très rarement.

Il ne s’agit là que de quelques exemples des pratiques multiples, nées des expériences du corps enseignant, qui participent  à la guérison d’une école qui serait frappée, nous dit-on, d’une violence illégitime.

Annie Keszey

notreputeaux.com         rupture-et-metamorphose.org                atelier-idees.org

 

17/10/2018

Le Verbe contre la barbarie.

17/10/2018.

« Le Verbe contre la barbarie. Apprendre à nos enfants à vivre ensemble ». Alain Bentolila. Edition Odile Jacob. 2008. 200 pages. 

Alain Bentolila est un éminent linguiste, spécialiste de l’apprentissage de la langue et engagé dans le combat contre l’illettrisme.

Jean- Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, concrétise enfin les analyses approfondies d’Alain Bentolila, par exemple. Le dédoublement de classes en zones d’éducation prioritaire, les nouvelles évaluations en cours d’année scolaire, la scolarité obligatoire à partir de 3 ans sont des mesures appropriées pour lutter, en particulier, contre « les ghettos  de l’insécurité linguistique ». L’insuffisante efficacité de l’Education nationale, incapable de valider son slogan « l’égalité des chances », ne saurait perdurer.

Extraits discontinus. Ces extraits ne peuvent remplacer la lecture de ce livre majeur.

« Tous les systèmes linguistiques du monde obéissent au principe selon lequel rien ne relie la forme phonique (orthographique) au sens des mots sinon une convention collective non négociable. L’arbitraire du signe linguistique constitue la condition nécessaire à l’indépendance de la forme d’un mot par rapport à son sens…

A la maîtrise du langage (celle qui est développée dans le livre), bien des enfants n’accèderont pas. Ce sont des enfants qui ont un développement cérébral normal, qui ne souffrent d’aucun trouble psychologique sévère et qui pour autant sont dans une situation d’insécurité linguistique dès que s’impose à eux la distance et une moindre prévisibilité. Ce sont des enfants qui, à 4 ou 5 ans, ne savent « parler qu’à vue ». L’absence de ce dont ils parlent, l’absence de celui à qui ils parlent, rendent leur parole hésitante et les obligent à garder un silence prudent. Effrayés par la distance, démunis par l’inconnu, ces enfants auront les plus grandes difficultés à aborder la lecture...Le fossé qui sépare leur langage oral de proximité de l’écrit à conquérir est immense et pour beaucoup infranchissable…

Le degré de maîtrise de la langue auquel parvient un individu est directement fonction de la qualité de la médiation dont il a bénéficié dans ses premières années. La lucidité d’un enfant apprenant à lire dépend de la clarté dans laquelle a baigné son apprentissage du langage oral…

Le délabrement de la médiation familiale que ne peuvent ou ne savent compenser les institutions éducatives a pour conséquence que bien des enfants dès leur plus jeune âge se trouvent en situation d’insécurité linguistique…

Combien sont-ils ceux qui ont la chance de trouver sur le chemin de la découverte des enjeux de la langue les médiateurs bienveillants et exigeants qui sauront reconnaître l’intelligence sous les tentatives maladroites, analyser les approximations pour les transformer en conquêtes nouvelles ? Combien sont-ils ceux qui, livrés trop tôt à eux- mêmes, puis à la machine scolaire, verront leurs essais  langagiers se perdre dans le silence et l’indifférence ?...

Être parent, c’est être conscient que la maîtrise de la langue conditionne le destin scolaire et le destin social de ses enfants…

Ce n’est pas le fait de déchiffrer qui est responsable d’une lecture dépourvue d’accès au sens, mais c’est le déficit du vocabulaire oral qui empêche l’enfant d’y accéder. La responsabilité de l’école maternelle est ainsi essentielle ; dès la petite section, elle doit, avec patience et obstination, s’attacher à nourrir le stock lexical des enfants, à travailler sur le sens des mots en contexte et hors contexte. C’est là que se gagne la bataille future de la lecture…

L’école doit mettre tout en œuvre pour distribuer de la façon la plus équitable le pouvoir linguistique : celui qui permet de se défendre contre la tromperie, les mensonges et la propagande…

Echec scolaire, échec professionnel, échec civique, voilà ce que promet l’absence de véritable pouvoir linguistique…

Depuis plus de trente ans, nous avons accepté - et parfois aveuglément encouragé- le regroupement dans des lieux enclavés de populations qui avaient en commun d’être pauvres et pour la plupart de venir d’un ailleurs estompé et confus...Ces cités socialement abandonnées sont devenues des ghettos dans lesquels  les liens sociaux sont en fait très relâchés et la solidarité quasi inexistante. Il faut bien reconnaître  que ce système d’intégration dont, nous Français, sommes si fiers, a engendré des lieux honteux de repliement et de relégation. Dans ces lieux confinés, bien de jeunes adultes de langue maternelle française vivent en situation d’impuissance linguistique. Pour la plupart d’entre eux, le langage qu’ils utilisent a été forgé dans un milieu restreint, souvent indifférent, parfois hostile. De ce fait, ils ne se sont pas dotés (comment et pourquoi l’auraient-ils fait ?) de moyens propres à véhiculer  le sens au-delà du trivial ou de l’invective…

Tous les langages ne sont pas égaux : certains livrent les clés du monde et d’autres ferment les portes du ghetto…

C’est donc bien  la marginalisation culturelle et sociale qui engendre l’insécurité linguistique ; mais la réduction des outils lexicaux, grammaticaux et discursifs qui en résulte rend cet enfermement de plus en plus sévère, et de plus en plus faibles la volonté et les chances d’évasion…

L’impuissance linguistique conduit à la violence...Lorsqu’on ne peut pas s’inscrire pacifiquement  sur l’intelligence des autres (par le Verbe ; la langue juste et précise), la seule façon d’exister, c’est de laisser physiquement des traces sur le corps de l’autre…

Nous devons donner à nos enfants les moyens linguistiques de résister intellectuellement  à la tentation de la passivité, au piège de la manipulation politique et aux sirènes des discours sectaires…

Être capable de vigilance et de résistance contre toutes les utilisations perverses du langage, être prêt à imposer ses propres discours et ses propres textes en accord avec sa juste pensée voilà ce qu’on doit à  un enfant si l’on veut qu’il contribue à donner à ce monde un sens honorable…

C’est bien parce que la langue donne à ceux qui l’utilisent un pouvoir exorbitant qu’elle impose une exigence éthique sans faille à celui qui parle ou écrit comme à celui qui écoute ou lit…

Faiblesse d’âme et illettrisme sont les meilleurs alliés des intégristes religieux, des gourous sectaires et des leaders politiques extrémistes… »

notreputeaux.com, rupture-et-metamorphose.org, atelier-idees.org

Annie Keszey.

 

23/03/2018

PUTEAUX: Les résultats du lycée AGORA.

Chaque année le département de l'Evaluation, de la Prospective et de la Performance du Ministère de l’Éducation nationale publie une évaluation des lycées d’enseignement général et technologique et professionnels. Les médias publient ces résultats et y ajoutent des notes et des classements, différents, qu’ils expliquent.

La source la plus sûre de consultation de ces résultats aux baccalauréats est : www.education.gouv.fr

Certains medias, en effet, font des erreurs ou classent selon des méthodologies arbitraires.

L’Agora, en 2017, a présenté 152 élèves aux baccalauréats : 34 en série ES, 61 en S et 57 en STI2D.

Les indicateurs de valeurs ajoutées des lycées évaluent non seulement la réussite des élèves de terminale d’un établissement aux baccalauréats, mais aussi la capacité de cet établissement à accompagner le maximum d’élèves de seconde jusqu’à l’obtention de ce diplôme en prenant en compte les caractéristiques sociodémographiques et scolaires des élèves. Ils offrent en cela une analyse plus fine que le seul taux de réussite au baccalauréat qui ne permet pas d’apprécier le caractère plus ou moins sélectif des établissements et le parcours scolaire des élèves depuis leur entrée au lycée jusqu’au baccalauréat. Le taux de mentions aux baccalauréats a été introduit officiellement dans l’évaluation 2017.

Synthèse des résultats 2017 du lycée « Agora » de Puteaux. Depuis 2012, le lycée a  régulièrement progressé quant à son taux de réussite aux baccalauréats toutes séries confondues, de 63 % en 2012 à 89 % en 2017 : un bond en avant de 26% ! C’est en ES et en STI2D que ces importants progrès sont les plus marqués. En 2017, le taux d'accès de la seconde aux baccalauréats reste inférieur de 6 points au taux attendu en référence nationale (valeur ajoutée). Il est donc insuffisant. Il a cependant progressé, puisqu’en 2015 il était inférieur de 10 points au taux attendu, en 2012 il était de 39 %, en 2017 il est de 59 %. Le taux de mentions obtenues par les élèves (TB, B...), publié pour la première fois, est de 8 points supérieur au taux attendu. C’est une belle perspective pour l’avenir proche.

L’éducation nationale ne classe pas les lycées : les medias s’en chargent. Le quotidien Le Parisien, par exemple, publie un classement par commune, département, région, et global. Il n’est pas possible de comparer le classement  des résultats de 2017 avec les classements antérieurs parce que le journal a changé sa méthodologie  de classement. C’est un choix arbitraire, difficile à interpréter concrètement,  expliqué dans l’analyse qui suit. Pour un même lycée le classement de cette même année 2017 varie selon les medias : ils sont différents pour l’Express, Le Figaro, Le Monde, l’Etudiant et Le Parisien...Ainsi, par exemple, y a-t-il cinq lycées différents titulaires de la première place en France !

Analyse des résultats 2017 du lycée «Agora » de Puteaux.

  1. Le taux de réussite du lycée Agora aux baccalauréats toutes séries confondues, c’est-à-dire la proportion de bacheliers parmi les élèves ayant passé le baccalauréat, en 2017, est de 89 % (88 % en 2015). Il est supérieur de + 3 % au taux moyen attendu (86 %) de la référence nationale, calculé pour les élèves d’âge, d’origine sociale et de sexe de la population accueillie. La valeur ajoutée est ainsi légèrement positive.

 [Le taux de réussite, du lycée Agora, aux baccalauréats toutes séries confondues, en 2008, était de 78 %. Il était supérieur de 4 % au taux moyen attendu (74 %) de la référence nationale. En 2012, ce taux de réussite était  de 63   %, inférieur de 14 %, au taux moyen attendu (77 %) de l’Académie de Versailles. Pour 2012, selon le journal Le Parisien, l’Agora était 51ème sur 51 dans les Hauts-de-Seine, 446ème sur 463 en région Île de France et 2270ème sur 2297 au classement national. Un échec total, incompréhensible mais inacceptable.] Cet échec massif a été vaincu.

Le taux de réussite en S, en 2017, est de 89 %, en ES de 88 % et en STI2D de 89 %. Ce taux constaté en S est égal au taux attendu, en ES, il est supérieur de +6 % au taux attendu et en STI2D, il est supérieur de +3 % au taux attendu.  

[Les résultats en S  ont progressé depuis 2008 : ils étaient de 73%. En ES, ils sont identiques à ceux de 2008.  Ils ont progressé en STI2D : ils étaient de 78 %.] Le lycée évolue dans le bon sens !

  1. La progression d’une mesure reste encore insuffisante : un élève qui est entré en seconde dans ce lycée a eu 59 % de chances d’obtenir le baccalauréat dans cet établissement. Le taux d’accès attendu est de 65 % par rapport aux établissements comparables au plan national. Le taux d’accès de la seconde au baccalauréat du lycée est inférieur de 6 points au taux attendu en référence nationale. Un progrès a été réalisé mais il faut progresser davantage. Cette valeur doit être positive et plus élevée. Il est possible toutefois que ce résultat ait une raison spécifique autre qu’une sélection.

[Cette (non) valeur ajoutée « accompagnement » était de – 10 points en 2015. Un élève entré en seconde dans ce lycée avait 47 % de chances d’obtenir le baccalauréat dans l’établissement alors que le taux d’accès attendu était de 57 % par rapport aux établissements comparables au plan national. ]

Le lycée public de La Plaine-de-Neauphle, à Trappes, fait le plus progresser ses élèves avec une valeur ajoutée de + 18 %.

  1. Le taux de mentions au baccalauréat rapporte le nombre d’élèves du lycée reçus au baccalauréat avec mention au nombre de ceux qui se sont présentés à l’examen. Dans ce lycée 41 % des 152 élèves présents au baccalauréat ont obtenu leur diplôme avec mention. Le taux de mentions attendu était de 33 %. Le taux de mentions du lycée est supérieur de 8 points au taux attendu en référence nationale (valeur ajoutée). C’est encourageant pour l’avenir.

Le journal Le Parisien, les années passées, effectuait ses classements à partir des taux des points 1 et 2. Cette année, il prend en compte le point 3 d’une manière abstraite très personnelle et discutable et, de plus, difficile à interpréter concrètement :

 

Lycée / statut ville code postal

Valeur ajoutée

Taux de réussite

Taux de mentions

Accès 2de/bac

20 

Lycée Agora

public - Puteaux 92800

5

89%

41%

59%

La valeur ajoutée 5 est obtenue par addition des écarts entre les taux attendus et les taux réels : 1. +3/ 2. -6/ 3. +8. Le résultat est donc plus +5. L’inconvénient majeur de ce nouveau classement est de relativiser la part des points 1, taux de réussite  et 2, accès 2de/bac, essentiels. L’Express classe le lycée Agora 34ème/52, dans les Hauts-de-Seine et 1494ème/2277, en France. Le Parisien classe ce même lycée 20ème/52 dans les Hauts-de-Seine et 513ème/2277, en France. Pour l’Internaute, le lycée Agora est 48ème /76  dans les Hauts-de-Seine, mais les lycées professionnels sont inclus. Etc...

Les évaluations les plus sûres sont donc celles de l’Education nationale et exclusivement sur les taux.

Le projet d’établissement aura dû définir, pour l’année scolaire 2017-2018, de nouvelles mesures pour toujours mieux réussir. Des mesures efficaces ont déjà été prises dont la lutte contre les absences  des élèves et des professeurs et l’organisation de devoirs surveillés le mercredi après-midi. Les lycées à haute valeur ajoutée « accompagnement » pratiquent, par exemple, des soutiens systématiques, des aides aux devoirs à l’heure du déjeuner, des samedis au CDI,  des contrôles oraux et écrits réguliers, des stages de  bachotage  pendant les vacances de printemps, des entretiens entre les élèves et les professeurs afin d’acquérir des méthodes de travail, de la confiance en soi et de l’ambition pour l’avenir. Et puis, bien sûr, le lycée, pour progresser, doit rompre avec des traditions négatives : exclusions d’élèves supprimées et remplacées par des heures supplémentaires, au CDI par exemple, formations continues collectives des professeurs  sur l’efficacité pédagogique et les évaluations scientifiques. Dans les lycées qui réussissent les aides professorales régulières sont multipliées  mais avec des exigences fortes  quant à l’investissement personnel de chaque élève...Un climat paisible et sûr de l’établissement, sa cohésion interne, favorisent aussi l’engagement des élèves...Il faut surtout entrer en relation pédagogique avec les collèges en amont afin de réduire les échecs avant l’arrivée en classe de seconde.

Des rapports ministériels très nombreux tracent de nouvelles voies afin que le premier indicateur de réussite scolaire ne soit plus seulement la profession des parents ! Et si « l’égalité des chances » cessait d’être une utopie !

La réussite d’un lycée relève d’une construction complexe qui ne peut être pensée hors sol.  Cependant il n’est pas interdit de s’informer sur le fonctionnement  particulier d’établissements qui réussissent à promouvoir des élèves en difficulté jusqu’à l’obtention du baccalauréat.

Il est certes paradoxal dans un système éducatif national égalitaire, notre utopie fondatrice, de publier  année après année, des évaluations  qui mettent le doigt sur les différences entre lycées*...

Image : http://www.puteaux.fr              *Claude Lelièvre, historien.

Annie Keszey. (Domaines : notreputeaux.com/rupture-et-metamorphose.org/atelier-idees