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23/01/2017

Le "serpent de mer" du revenu universel d'existence.

« L’origine de l’expression « serpent de mer » proviendrait d’une analogie avec le monstre marin mythique qui apparaissait aléatoirement dans toutes les mers du monde sans que l’on puisse prouver son existence. Fréquemment évoqué par les marins, cela donnait lieu à de virulents débats quant à la véracité des événements relatés... »

Benoît Hamon, au nom de la gauche du passé, réactive le paradoxe idéologique du revenu universel. Son coût éléphantesque, dans un État surendetté, serait couvert (serait non-couvert), en particulier, par une augmentation de la taxe foncière qui concerne 62 % des Français...

Pour s’exprimer avec rigueur et sagesse, si possible, lors du second tour de  la primaire de la gauche, la  lecture de l’important article, très sérieusement documenté, de Wikipédia, par exemple, sur le revenu universel, est une aide précieuse quand on veut savoir avant de voter. Les analyses complexes et fortement contradictoires demandent un temps assez long pour une clarification nette.

Et puis, est-il pertinent de « réanimer » une fois de plus  cette idée de théologiens chrétiens du premier millénaire ? Est-il pertinent de promouvoir l’utopie d’un jardin d’Éden controversé?

Annie Keszey.

 

27/06/2016

La thèse savante, divergente, dure et persuasive de Michel Onfray sur le terrorisme.

Penser l’islam. Michel Onfray. Grasset. 169 pages. 17 €. Mars 2016.

Les régimes islamiques de la planète ne menacent l’Occident que depuis que l’Occident les menace.

Michel Onfray nous aide à prendre nos distances avec les discours calculés, harmonisés des journalistes, des politiques et de certains intellectuels... Les médias ne vivent qu’avec l’argent : l’argent est nécessaire pour créer le support du média, pour l’entretenir et le faire durer. Ce qui fait la loi chez eux n’est pas la vérité, la justice ou la justesse, mais le lectorat, le spectorat et le téléspectorat, deux néologismes que chacun comprendra... Ils promeuvent un même monde : libéral-libertaire, européaniste, mondialiste et cosmopolite, consumériste et hédoniste vulgaire, nihiliste et marchand, débarrassé de toute morale et de toute spiritualité... Parce que ces 169 pages analysent un sujet grave avec rigueur, ces 3 pages d’extraits (en noir) et de liaisons entre extraits (en bleu) ne peuvent se substituer à la lecture complète de Penser l’islam.

Michel Onfray est philosophe, créateur et conférencier de l’université populaire de Caen. Essayiste, Il a refusé pendant  plusieurs  mois toute intervention publique parce que la presse politiquement correcte avait le désir de lui faire la peau...Il a été sali, insulté, traité de tous les noms, pour avoir dit qu’hormis la parenthèse Chirac-Villepin, la France a été de tous les bombardements des pays décrétés voyous. Il se fait qu’il s’agissait de pays musulmans et que la France a contribué à la mort de quatre millions de musulmans. Quatre millions de morts musulmans* voilà qui ne compterait pour rien ?* Il nomme sa source, Nafeez Ahmed, qui dirige l’Institute for Policy Research and development de Brighton et s’interroge : Peut-on imaginer que ce reniement  de la tradition pacifiste de la gauche ait été sans relation avec le fait que la France soit devenue le terrain d’une guerre menée par certains de ses ressortissants, musulmans intégristes qui se réclament de l’Etat islamique ?...

Michel Onfray, par ses déclarations aurait fait le jeu du FN. Depuis qu’en 1983, avec le tournant de la rigueur, François Mitterrand a commencé à étrangler le socialisme, mort et enterré depuis, quiconque reste fidèle à l’idée socialiste, comme moi, est vilipendé par ceux qui, ayant épousé les trahisons de la gauche, prétendent lui être restés fidèles. François Mitterrand a trahi deux fois la gauche, en politique intérieure de rigueur en 1983, trahison qui a généré la montée en puissance du Front national et  en politique étrangère en 1991  qui a engagé  la France à penser  et agir comme Bush I puis comme Bush II.

Michel Onfray reste fidèle à la gauche. Une gauche sociale et socialiste ; une gauche pacifique et pacifiste. Je crois que cette gauche - là n’est plus possible dans le cadre institutionnel. C’est un autre sujet. Ma fidélité s’appelle trahison chez les traitres. Mais les traîtres à la gauche sont pour moi quantités négligeables. Je pense au peuple sacrifié, je reste à ses côtés...

En ce mois de juin 2016, les bougies, les fleurs, les marches blanches, les hommages et les discours émotionnels et compassionnels ne mettront pas fin à cette nouvelle guerre asymétrique civile et internationale. Les responsables politiques, surtout ceux qui ne connaissent pas le Coran tel Alain Juppé, et sauf ceux uniquement préoccupés égoïstement  par leur réélection tels que Sarkozy et Hollande parce que c’est inutile, doivent « apprendre » pour « penser » afin d’agir autrement.

Michel Onfray a étudié le Coran, les hadîts, la Sîra, et les biographies du Prophète, études rares. Ces textes fondateurs ne valident pas l’affirmation courante que l’islam est une religion de paix.  Michel Onfray publie de nombreux extraits prouvant le pire et le meilleur : le pire, ce que des minorités agissantes activent par la violence ; le meilleur, ce que des majorités silencieuses pratiquent de manière privée.  Comment la République doit- elle considérer ces deux façons d’être musulman ? Dans son livre, il développe sa réponse.

Quelques exemples du Coran : Sur les incrédules : « Exterminez les incrédules jusqu’au dernier » (VIII) ; « Frappez sur leurs cous ; frappez-les tous aux jointures » (VIII. 12) ; « Ce n’est pas vous qui les avez tués, mais Dieu les a tués » (VIII. 17). Sur  l’antisémitisme : « Tout juif qui vous tombe sous la main, tuez-le »  (Al-Sîra, II.58-60)...Sur la justification de la torture par le carcan : « Nous mettrons des carcans à leurs cous, jusqu’à leurs mentons ; leurs têtes seront maintenues droites et immobiles. Nous placerons une barrière devant eux et une barrière derrière eux. Nous les envelopperons de toutes parts pour qu’ils ne voient rien » (XXXVI) ; par la mutilation : « Nous lui ferons une marque sur le museau », autrement dit : nous lui couperons le nez (LXVIII. 15) ; par l’égorgement : invitation à trancher l’aorte » (LXIX) ; par la crucifixion : « Ils seront tués ou crucifiés » (V. 33)...Sur la misogynie : « Les femmes ont des droits équivalant à leurs obligations, et conformément à l’usage. Les hommes ont cependant une prééminence sur elles – Dieu est puissant et juste » (sic !)  (II. 228)... « Admonestez celles dont vous craignez l’infidélité ; reléguez-les dans des chambres à part et frappez-les » (IV. 34) ; « Dis aux croyantes de baisser leurs regards, d’être chastes, de ne montrer que l’extérieur de leurs atours, de rabattre leur voile sur leur poitrine, de ne montrer leurs atours  qu’à leur époux ou à leur père «  (XXXIV. 31)... Sur l’homophobie : l’homosexuel est la figure de « l’abomination » (VII. 81)...

L’islam ? Lequel ? Celui des origines ou celui de tel ou tel musulman anonyme aujourd’hui ? Celui  d’un salafiste ou celui d’un soufi ?...Celui du calife de l’Etat islamique ou celui de Maxime Rodinson ?...Celui des sunnites ou celui des chiites ? Celui du meilleur ou celui du pire ?...L’islam de paix, de tolérance et d’amour qui s’appuie sur la fameuse et unique sourate  « Pas de contrainte en matière de religion » (II.256) , ou l’islam de guerre, d’intolérance et de massacre qui se réclame des nombreuses sourates guerrières, belliqueuses, antisémites ou destinées à justifier le massacre des infidèles » (VIII. 7, VIII. 12, VIII.17, VIII. 39, etc.) ?

Il y aura toujours un islam pour donner tort à l’autre. Qui dit vrai ? Tous à la fois et personne en particulier, car l’islam c’est tout ça : le meilleur et le pire, le pire de l’islam ne devant pas être décrété arbitrairement comme ne relevant aucunement de l’islam. Car, que disent les tueurs de Cabu, Wolinski et les autres quand ils disent en s’enfuyant après le massacre : « On a vengé le Prophète » ? La question mérite d’être posée. Faute de l’être, elle ne recevra pas sa réponse et nous continuerons à ne pas pouvoir penser, car nous resterons dans le fantasme, l’idéologie, la politique politicienne... Dans l’islam politique c’est le prélèvement qui fait la différence...Si un pays effectue les prélèvements dans l’islam de paix, il n’aura pas la même histoire que celui  qui voudra l’islam de guerre. La France doit instaurer un islam de paix, un islam républicain appuyé sur les sourates pacifiques...

En même temps que d’être une spiritualité intime et personnelle, une religion privée, l’islam est une politique et, comme religion étatique, il est intrinsèquement théocratique...

Dans le dernier chapitre, Pour ne pas conclure, Michel Onfray  republie la  version de ses réflexions, rédigée à la demande de l’hebdomadaire « Le Point » et en réponse aux questions du journal, après les attentats du vendredi 13 novembre 2015 au stade de France, au Bataclan, et aux terrasses de cafés. Il y développe son tweet : Droite et gauche qui ont internationalement semé la guerre contre l’islam politique récoltent nationalement la guerre de l’islam politique...

Il faut dès lors sortir du temps court du journaliste qui vit d’émotion pour entrer dans le temps long du philosophe qui vit de réflexion. Ce qui a eu lieu le vendredi 13 novembre est certes un acte de guerre, mais qui répond à d’autres actes de guerre dont le moment initial est la décision de détruire l’Irak de Saddam Hussein par le clan Bush  et ses alliés, il y a un quart de siècle. La France fait partie depuis le début, hormis l’heureux épisode chiraquien, de la coalition occidentale qui a déclaré la guerre à des pays musulmans, Irak, Afghanistan, Mali, Lybie, Syrie ...Ces pays ne nous menaçaient aucunement avant que nous ne  leur refusions leur souveraineté et la possibilité pour eux d’instaurer chez eux le régime de leur choix...

La France est-elle à ce point naïve qu’elle imagine pouvoir déclarer la guerre à des pays musulmans sans que ceux-ci ripostent ? ...Le premier agresseur est occidental, je vous renvoie à l’Histoire, pas à l’émotion. Il est même identifiable : il s’agit de Georges Bush qui invente d’hypothétiques armes de destruction massive pour attaquer l’Irak en 2003, en rétorsion prétendue au 11 septembre 2001 de Ben Laden. Je vous rappelle qu’avant cette date le même Ben Laden était de mèche avec les services secrets américains contre les soviétiques qui avaient envahi l’Afghanistan...Les différents chefs d’Etat des USA avaient besoin d’en faire des ennemis menaçants afin d’écouler leurs armes...

Les terroristes appartiennent à la frange radicale et politique de l’islam salafiste. Leur radicalisation obéit à un choix rationnel. C’est une guerre menée par l’islam politique avec autant d’intelligence que l’Occident mène la sienne, mais avec moins d’armes ou avec d’autres armes que les nôtres – des couteaux et non des porte-avions, des kalachnikovs à 500 € et non des avions furtifs coûtant des millions de dollars...Le califat a clairement livré ses intentions. Mais notre dénégation est coupable. Leur dénier le droit de dire qu’ils sont un état islamique doublé de l’invitation politiquement correcte à dire qu’il s’agit de Daesh (alors qu’il s’agit de l’acronyme d’Etat islamique en arabe) faire d’eux des barbares (alors qu’ils font à la disqueuse et au marteau-piqueur ce que l’Occident fait avec des avions furtifs- je vous rappelle qu’une partie des sites mésopotamiens a été détruite par les bombardements US sans émotion internationale), les qualifier de terroristes (alors que, certes, ils tuent des victimes innocentes avec des kalachnikovs et des couteaux mais que l’Occident fait de même à plus grande échelle avec des bombes lâchées à haute altitude qui tuent femmes et enfants, vieillards et hommes qui n’ont rien à se reprocher , sinon d’habiter le pays associé à l’ «axe du mal »), tout ça fait que  nous sous-estimons en tout point leur nature véritable...

Nature qu’il faudrait connaître pour envisager un jour la solution diplomatique que souhaite Michel Onfray...

La France devrait cesser cette politique néocoloniale et islamophobe alignée sur les Etats-Unis. Elle devrait retirer ses troupes d’occupation dans tous les endroits concernés. Elle devrait prendre l’initiative d’une conférence internationale qui viserait un front diplomatique à même de négocier une neutralité associée au respect de la souveraineté politique de chacun des états concernés...Affirmer que le terrorisme ne concerne la France que par ce qu’elle est et non par ce qu’elle fait est une erreur.

Avec sévérité, Michel Onfray, critique « le droit d’ingérence » (de Bernard Kouchner) exercé par la France, depuis un quart de siècle, pour faire respecter les Droits de l’homme. Mais pourquoi donc cette loi ne se trouve-t-elle jamais appliquée ailleurs que dans des pays dont la situation géostratégique (situation, pétrole, richesse des sous-sols) est utile à la France ?... Voilà pourquoi la France avec son allié américain, bombarde tel pays et pas d’autres ...La Corée du Nord, Cuba, ou même l’Algérie quand le GIA faisait des centaines de milliers de morts – 500 000 dit-on – n’ont jamais déclenché le réflexe du droit d’ingérence...Pourquoi ne pas bombarder la Chine ? L’Arabie Saoudite ? Le Pakistan ? Le Qatar ? (L ’Arabie et le Qatar financent le terrorisme mais le Pakistan a la bombe atomique !) Ou même les Etats-Unis qui exécutent à tour de bras ? Il suffit de lire le rapport d’Amnesty International pour choisir ses cibles, elles ne manquent pas...Tant que la loi du talion primera, il n’y aura ni droit, ni paix. Augmenter les frappes, c’est augmenter le risque terroriste en retour – car nulle personne censée ne niera la liaison...

Que tous ces politiciens qui se trompent et qui, hier, fêtaient Bachar et détestaient Poutine et qui, ce jour, détestent Bachar et quémandent en direction de Poutine, que tous ces professionnels de la politique qui conduisent dangereusement la politique étrangère de la France depuis vingt-cinq ans en exposant les Français sans pouvoir les protéger quand ripostent ceux qu’ils agressent, que tous ces assoiffés de pouvoir qui préfèrent  se servir de la France plutôt que de la servir, que ces pantins décérébrés qui traitent de fasciste l’intellectuel qui pense en regard de l’Histoire et non en regard de leur réélection, que ces gens-là, donc, manifestent un peu de modestie et beaucoup de sens de l’Histoire en convenant que la carte de la paix aurait valu la peine d’être jouée. Il y faut moins de testostérone et plus de matière grise. Je ne me fais pas d’illusions, je souhaite ce que je sais pourtant dès à présent perdu. L’exercice de la pensée, déjà, est mort sous les balles de cette guerre. Pas question pour autant de ne pas l’honorer. Je crains, hélas, trois fois hélas, que l’Histoire ne me donne raison...J’aurais tant préféré avoir tort. Je me serais tant réjoui, pour la France, de confesser mes erreurs.

Annie Keszey.

28/03/2016

Jeunesses à l'abandon.

La construction universelle d’une exclusion sociale. Editions Mimésis, 14 €, 140 pages, Michel Fize.

jeunesses à l'abandon.pngMichel Fize est sociologue, écrivain, spécialiste des questions de la jeunesse et de la famille.

La situation de la jeunesse aujourd’hui est dramatique : chômage, précarité et échecs scolaires... Toutes les jeunesses du monde sont pareillement touchées par ces fléaux...Les raisons de l’exclusion des jeunes sont plus profondes que les raisons avancées et ne doivent rien au hasard. L’exclusion est construite par des représentations négatives de l’âge de la jeunesse qui justifient leur écart des « bons »emplois, des « hautes » responsabilités...

Extraits discontinus.

En France, nous sommes bien, en 2016, plus que jamais face à une « génération précaire », « misérable ». 22.5% des jeunes français sont aujourd’hui en situation de précarité. .. Près d’un quart des jeunes français vit sous le seuil de pauvreté, dont ceux qui ne vivent plus chez leurs parents... La moitié des étudiants français doit travailler pour payer ses études... La moitié des étudiants français vit aujourd’hui avec moins de 400 €/mois...Un jeune sur deux seulement travaille dans un domaine pour lequel il a été formé... Le secours catholique évoque les jeunes en extrême précarité (17%), souvent des hommes d’Europe de l’Est et d’Afrique subsaharienne sans titre de séjour et les jeunes Français en rupture familiale, à la rue...Les discriminations à l’embauche pèsent sur les jeunes en général et ceux d’origine maghrébine et de couleur noire en particulier...Les principaux critères de discrimination sont le genre, l’origine ethnique et l’apparence physique. Ainsi une apparence physique « non conventionnelle » est-elle considérée par les sondés comme le principal inconvénient à l’embauche d’un jeune (à 71 % dans le public et à 73 % dans le privé)...

[Christel Brigaudeau, journaliste, à partir d’un rapport du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, souligne, dans « Le Parisien » du 19 mars 2016, l’échec massif des étudiants en première année d’université : seuls 39 % des entrants passent en 2de année. Les échecs sont irréguliers selon le type de baccalauréat acquis et la discipline dominante choisie. Les étudiants titulaires du bac S, scientifique, échouent le moins. Les taux d’échecs augmentent selon l’ordre des baccalauréats : économique, littéraire, technologique et, enfin, professionnel. Les étudiants issus des baccalauréats professionnels n’ont pratiquement aucune chance d’obtenir une licence... Ni les présidents d’université, ni la ministre de l’Education nationale, ni les professeurs ne se remettent en cause alors que l’inefficacité des universités est maximaliste et dramatique.

Benoît Floc’h, dans « Le Monde » du 16 mars 2016, souligne les énormes dégâts en licence de l’université : seuls 28 % des étudiants obtiennent leur licence en 3 ans. Si l’on compte ceux qui ont besoin de 4 ou 5 ans, la part monte à 44.5 %. La FAGE organisation d’étudiants, à partir du constat des privilèges accordés aux grandes écoles critique l’Etat qui fait le choix d’entretenir une caste plutôt que de répondre à l’intérêt général...]

30 % des diplômés doivent attendre un an, en moyenne, avant de décrocher un emploi...

La planète en 2016, forme de plus en plus d’étudiants qui a l’issue de leurs études, viennent simplement grossir le nombre des chômeurs...En France, par exemple, en une quinzaine d’années, le nombre de diplômés chômeurs a été multiplié par 3 passant de 3 % à 9 %, en moyenne...En Espagne, 40 % des jeunes occupent aujourd’hui un poste inférieur à leur niveau d’études...

Presque partout dans le monde le taux de chômage des jeunes est deux fois plus élevé que celui des adultes...

Aujourd’hui, il n’y a plus d’idéologies porteuses pour la jeunesse, plus de sens !

En France, le nombre de tentatives de suicides des moins de 24 ans reste encore à un niveau élevé : 50 000 au moins par an...

Les jeunes, qu’ils soient diplômés ou non, dans de très nombreux pays rêvent d’exode...Le nombre de jeunes Français qui s’installent à l’étranger augmente de 4% par an depuis les années 2000 et les expatriés restent de plus en plus longtemps hors de France...

En mai 2015, le ministre de l’Intérieur a révélé que 457 jeunes Français combattaient sous la bannière djihadiste, soit une augmentation de 203 % en un an...L’augmentation évaluée en mai 2016 sera encore plus attristante.

Quels sont les responsables de la débâcle juvénile ?

Le discours adulte sur les jeunes, qui s’appuie sur des clichés et des étiquettes est éminemment globalement négatif. Cet âge est toujours défini par l’adulte-parleur comme un condensé de difficultés, une charge épouvantable. La jeunesse est toujours appréhendée comme un « problème »...L’on a définitivement compris que pour les adultes actuels, « les jeunes d’aujourd’hui » sont toujours moins bien que « les jeunes d’hier » c’est-à-dire eux-mêmes...

Les observateurs, depuis les années 1960, désignent généralement comme première responsable du mauvais sort de la jeunesse l’Education nationale française à qui sont imputées notamment des erreurs d’orientation. Ils dénoncent l’inadéquation de l’école aux besoins du marché du travail, ainsi que l’inadaptation de l’offre et de la demande. Ils dénoncent l’insuffisance ou l’absence de formation...L’échec scolaire des plus pauvres n’est pas un accident, il est inhérent à un système qui a globalement conservé la structure et l’organisation adaptées à la mission qui lui a été assignée à l’origine : trier et sélectionner...Les patrons parlent aussi du manque de sociabilité des jeunes, ou une allergie à certains types d’activités (restauration, bâtiment et travaux publics...), leur refus de s’adapter aux règles de l’entreprise...sans oublier le fameux « manque d’expérience » - un manque dont on ne voit toujours pas comment on pourrait l’éliminer pour les demandeurs de « premier emploi » ! L’inexpérience est définitivement un critère attribué à l’âge de la jeunesse, qui n’est bien sûr qu’un simple préjugé. Voilà comment l’on construit un mécanisme d’exclusion...

Les observateurs mentionnent aussi des explications économiques. Le pouvoir politique, accusé, se défend en indiquant selon la célèbre formule mitterrandienne, qu’il a « tout essayé ». Mais qu’a-t-il essayé au juste ? Les recettes classiques comme l’abaissement des charges des entreprises, en contrepartie d’embauche de moins de 25 ans ? Sans grands résultats, on le sait, si ce n’est pour les patrons un effet d’aubaine. On se rappelle que les entreprises de ce pays ont souvent empoché les aides sans créer d’emplois...

Enfin, pour se donner bonne conscience d’agir, les Etats, au moins d’Europe, ont pris l’habitude de se réunir pour quelques « grands-messes ». Hollande y a participé en juillet et novembre 2013 et en 2014 ! [La jeunesse, en France, est déclarée prioritaire depuis 2012. En quatre ans le nombre de chômeurs a augmenté d’un million, trois ans après leur sortie du système éducatif, un jeune sur cinq se retrouve au chômage et plus d’un tiers en emploi précaire. Les « emplois d’avenir », les «contrats starter », la « garantie jeunes », la « réforme des bourses étudiantes », le « coup de pouce au logement étudiant », le « contrat de génération », décisions de François Hollande, sont bien allés vers les publics les plus fragiles mais la pertinence des mesures qui s’instaurent dans une étonnante discrétion doit être évaluée... Françoise Fressoz.]

Pour sortir la jeunesse de cette infortune, il faut reconstruire autrement l’édifice social...Partout dans le monde la jeunesse a besoin, au-delà d’emplois et de réussite scolaire, de reconnaissance, d’implication dans la vie de la cité et de se sentir partout utile...

Demandez le « programme jeune ». Michel Fize appelle l’Etat inefficace,  en urgence, à définir une POLITIQUE GLOBALE, qui vise à la fois une meilleure insertion dans les domaines de l’éducation, de l’économie, de la santé, du logement, de l’engagement public, ce qui passe assurément par l’institution d’un grand « Ministère de la Jeunesse et de la Solidarité entre générations », une décision qui serait une marque de respect envers la jeunesse...Tout citoyen de 16 à 25 ans, afin d’être protégé de la précarité, devrait toucher une allocation d’autonomie, financée à terme par des cotisations patronales. Par ailleurs, le revenu de solidarité pourrait être étendu à tous les moins de 25 ans, sans autres conditions que celles des ressources familiales disponibles...L’auteur propose de nombreuses autres initiatives dont l’abandon des stages non rémunérés, un pourcentage d’emplois libres réservés pour la jeunesse, des contrats plus longs et plus stables, une école de l’excellence pour tous aux pratiques de collaboration entre élèves valorisées...

Dans le monde, le chômage est lié à l’immigration et au développement économique. Dans dix ans, par exemple, quelques onze millions de jeunes africains entreront sur le marché du travail. Ces emplois auront-ils été créés ?...

Image : babelio.com                                                    Annie Keszey.