Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

14/03/2020

LETTRE à LAURENT TELO et au DIRECTEUR DU JOURNAL LE MONDE.

14/03/2020. Annie Keszey, 44 ans d’Education nationale (professeur, psychologue scolaire, principal de collège public) ................., 92800, Puteaux à Monsieur Laurent Telo, journaliste, sous couvert de Monsieur le Directeur du journal « Le Monde », 80, boulevard Auguste-Blanqui, 75707, Paris cedex 13. Copie au Médiateur du journal.

Objet : L’article de Monsieur Laurent Telo, du 12/03/2020 : Clientélisme, opposition muselée...Puteaux, une ville sous emprise.

               Monsieur le journaliste,

Je lis le journal « Le Monde » depuis des décennies. Domiciliée à Puteaux avec mon mari, depuis 2002, j’ai suivi, en particulier, la vie politique communale. C’est la première fois que je lis un article, indigne, pour moi, de l’exigence de ce journal quant à la qualité de l’information. C’est un article occultant la « Charte d’éthique professionnelle des journalistes ». Selon cette charte, le journaliste doit considérer la calomnie, les accusations sans preuves, la déformation des faits et le mensonge comme « les plus graves fautes professionnelles ». La charte de Munich oblige à « rectifier toute information qui se révèle inexacte, à procéder à la vérification des sources et même à celle des faits ». Les journalistes sont appelés à respecter la présomption d'innocence...

Mon mari, Hongrois de Roumanie, qui a fui le communisme, avec ses frères, après la nationalisation de tous les biens privés de leur famille par l’État ayant entraîné le suicide de leur père, n’a pas dépassé le titre de votre article : écrire que Puteaux est « une ville sous emprise » est caricatural et révélateur d’une ignorance rare des oppositions historiques démocraties/ dictatures et de l’état du monde.

Votre texte est une reprise de la critique strictement négative de la personne, des vêtements, de la coiffure... de la famille, des actions et de l’éthique du maire de Puteaux. C’est un texte politisé à trois jours du premier tour des élections municipales. Vous n’appliquez aucunement le droit national, européen et international de « la défense ». Vous donnez la parole, en donnant leur nom et leur prénom à onze opposants absolutistes au Maire, plus une anonyme : Gorge profonde (ex- employée de la Mairie). Vous interrogez deux conseillers municipaux et deux Putéoliens inconnus qui ne vous disent rien, Abdel (sans nom), lui, est plutôt favorable au Maire : 12 contre 1 donc ! Cette inégalité entre témoins « Pour » et témoins « Contre » fait de votre article une charge partisane unilatérale en période électorale, sans aucune interrogation de votre part sur les faits énumérés. Vous transmettez à vos lecteurs une critique de Monsieur Charles Ceccaldi- Raynaud, ancien maire, décédé, et vous agréez parfaitement un impossible droit de réponse. Vous reprenez un dénigrement délinquant déshonorant le fils du Maire, Monsieur Franchi, avec une indifférence coupable : « le rejeton n’est pas une affaire. Il peut pousser des cris de cochon... ». Vous n’essayez pas de le joindre, semble-t-il, alors, si et seulement si c’est exact, honte à vous.

Vous rédigez deux lignes d’un avis positif émis sur le maire Madame Ceccaldi-Raynaud mais par Patrick Balkany condamné récemment à de la prison ferme : c’est pernicieux.

[Le signe*indique l’existence de preuves concrètes que je pourrais transmettre, à la demande.]

J’ai rencontré Sylvie Cancelloni et Christophe Grébert, pour la première fois, en 2008. Par une erreur personnelle que je ne pouvais pas prévoir, j’ai accepté d’être une colistière de leur liste dite transversale « Puteaux Ensemble » pour les élections municipales*. Le directeur de campagne fut très compétent. Il a découvert, en même temps que les colistiers, la manipulation des deux têtes de liste, dont nous avons été victimes*. Sa brève synthèse, surpasse les nombreuses autres synthèses des ¾ des colistiers déçus : « ce fut une magouille *». Sylvie Cancelloni, du MoDem, a inscrit sur son blog un faux résultat électoral qu’elle a refusé de rectifier*. Christophe Grébert est entré au MoDem en abandonnant ses colistiers* sauf ceux de son « groupe stable du moment ». Le Parisien 92 a publié un article*. Les deux compères ont voulu s’emparer de la direction de la section du MoDem de Puteaux lors des élections internes à partir d’une liste avec des illégalités : Vincent Brack, de Nanterre, était tête de liste avec une fausse adresse, la même que celle de Sylvie Cancelloni*...Christophe Grébert espèrera une promotion ultérieure interne au MoDem, mais il ne pourra l’obtenir pour avoir subtilisé des adresses-mails d’adhérents, sans autorisation, et leur avoir adressé des messages non souhaités par le parti...*

Depuis 2008 et jusqu’à février 2020, Christophe Grébert et Sylvie Cancelloni, unis puis séparés, obsédés par la conquête de la mairie de Puteaux, ont été des girouettes politiques*. En 2014, Sylvie Cancelloni s'était-elle présentée contre le maire sortant sous l'étiquette UDI comme vous l'écrivez?. Leur haine du maire, endémique, viscérale, est née, légitimement pour le premier, peut-être légitimement pour la seconde, de contentieux strictement personnels* qui n’auraient jamais dus être traduits en « défense de l’intérêt général », d’ailleurs ratée depuis douze ans. Sylvie Cancelloni fut une conseillère municipale de Monsieur Ceccaldi-Raynaud dont on trouve des critiques dans cet article. Christophe Grébert et elle-même avaient tenté une alliance avec la liste soutenue par Monsieur Ceccaldi-Raynaud, contre sa fille, pour le second tour des municipales de 2008, mais en vain. Ce fut un étrange masochisme puisqu’on lit, dans votre article, que Grébert, durant le mandat de Monsieur Charles-Ceccaldi-Raynaud, « quand il met un pied à la mairie, il peut même prendre des coups... » Plus loin dans l’article, c’est pire « Les méthodes du père finissaient par choquer les gens. J’ai même eu peur pour la vie de Christophe Grébert. Aujourd’hui, on peut être bousculé, insulté, mais on ne risque plus sa vie... »

J’ai fait, en particulier, une synthèse de tweets de Sylvie Cancelloni, contre le Maire et son fils, insultes publiques épouvantablement ordurières*, qui devraient conduire Sylvie Cancelloni à s’autocritiquer d’abord et à tenter de retrouver son éthique perdue avant de dénigrer autrui. Un citoyen désireux de représenter politiquement le Peuple ne doit pas « contaminer » la belle langue française, base de notre culture : «  le verbe ou la barbarie » ! (A. Bentolila).

Christophe Grébert, opposant endémique, amoureux des buzz, du bruit et de la fureur, se présente et est présenté en victime du Maire comme s’il n’avait aucune responsabilité dans d’éternels conflits. Lanceur d’alerte, il critique autrui mais ne supporte pas d’être critiqué : il encense donc la liberté d’expression mais n’applique que sa liberté d’expression*. Il refuse de publier des réponses à certains messages sur son blog*, bloque l’accès à son site Twitter*, mais continue de dénigrer certains des bloqués qui ne peuvent plus répondre*. Membre du bureau d’Anticor, qui défend l’éthique en politique (!!!), il insulte*, publie des infox*, ignore le droit à la présomption d’innocence*, connaît mal les lois* et fait donc des erreurs lourdes dans ses prises de position*. Il utilise certains malheurs de démunis pour progresser vers son but politique*. Vous, Monsieur Telo, vous répétez des erreurs sans réfléchir. Ainsi, vous évoquez une millième fois une histoire « de lingots d’or qui se baladent entre Puteaux, la Corse et le Luxembourg » thème répétitif préféré de Christophe Grébert, pour détruire la réputation du Maire, mais il n’y a eu aucun jugement et, pas davantage que lui, vous ne respectez le droit à la présomption d’innocence. Vous publiez une nouvelle erreur sur Marie Jesus de Ribeiro, dont l’histoire est utilisée, émotionnellement et non rationnellement, par Christophe Grébert et Bouchra Sirsalane depuis quinze mois, à des fins de basse politique. Ils veulent justifier encore  que si l’on est opposant au maire, on n’obtient rien. Vous relayez l’hypothèse que « Marie » n’aurait pas été concernée par l’attribution d’un logement social parce qu’elle aurait eu le malheur de s’inscrire sur la liste de Grébert aux municipales de 2008 (non- 2014)*! Or, c’est un mensonge. « Marie » a été prioritaire DALO et son relogement relevait alors du préfet et non plus du maire. Elle a reçu, de 2018 à 2019, trois propositions de logement social qu’elle a refusées*, sans motif légal impérieux, et une proposition d’un logement privé dont le loyer aurait pu être diminué de l’APL, elle l’a aussi refusé*.

Vous rapportez les paroles de Sylvie Cancelloni : elle est retraitée de l’enseignement. En êtes-vous sûr ? Avez-vous le descriptif de sa carrière ? Je vous joins le mien, qui ne peut être diffusé publiquement*. Elle dit encore que « la (le) maire tient la population d’une main de fer. Par la peur » (hypothèse grotesque et imbécile, tant pis pour les pleutres !)... « Ici, il n’y a aucune conscience politique. Les Putéoliens sont serviles, ils marchent droit de peur de ne pas profiter de tous les privilèges qu’offre Puteaux. Et Puteaux, c’est comme un immense supermarché ». Vous n’intervenez pas, vous ne lui demandez pas les preuves, à sa table, vous la laissez outrager et dénigrer la population de la ville, de plus sans vous préoccuper d’un droit de réponse pour cette population. Je suis une Putéolienne ordinaire, sans peur, sans avoir bénéficié d’aucun « privilège » depuis mon arrivée et je pense que de nombreux Putéoliens sont dans cette situation : vous les ignorez, vous démultipliez des accusations délinquantes.

Vous pourrez imaginer qu’osant ainsi critiquer de façon artisanale les politiciens professionnels de la critique, et c’est mon droit, j’ai dû subir des insultes, des outrages, des diffamations, des dénigrements de quelques égarés qui avaient pourtant adhéré à des chartes éthiques : ils ont des pratiques hors-la-loi envers autrui qu’ils approuvent quand elles viennent d’eux et qu’ils critiquent quand elles les touchent. Ce sont des manipulateurs du Peuple.

L’essentiel, pour moi, est la nécessité de toujours s’engager à la recherche de la VERITE et, comme mon père, pupille de la Nation, me l’a appris, d’être toujours en accord avec sa conscience.

Oui, les citoyens doivent critiquer démocratiquement non pas la personne du maire mais ses décisions, son travail et l’éthique de la fonction. La critique appréciera le positif et remerciera. La critique proposera des modifications pour le négatif. Comme beaucoup d’autres citoyens, c’est ce que je tente de faire, sur mes blogs.

Le positif du maire, dans votre texte, est que « tout est bien huilé dans les marchés publics » et que, dans la gestion, « il n’y a rien d’illégal, jusqu’ à preuve du contraire » ...

Le négatif du maire, dans votre texte, est « quand le maire décide de blacklister quelqu’un, elle fait en sorte que cela se sache. Comme ça peu de gens osent s’engager, ça freine la liberté d’expression », « tout est fait pour entraver le travail de l’opposition... « On doit prendre connaissance en cinq jours de plusieurs centaines de pages très techniques (pour le conseil municipal) : délai légal pile- poil respecté... Et puis, « le clientélisme » ! « Ce mécanisme assez féodal »...En fait, il ne peut exister qu’avec des administrés consentants  et impliqués, à torts partagés!

Il faut, dès le 15/03/2020, demander à l’État d’allonger le délai de l’envoi des convocations pour un conseil municipal et de sanctionner le clientélisme par une loi. Une discrimination pour diverses raisons injustifiables de certains administrés doit, en effet, se régler devant la Justice  parce que ce n’est pas admissible: un cas précis est présenté dans votre article du Monde.

Oui, les citoyens doivent critiquer démocratiquement aussi, positivement et négativement, non pas les personnes mais les actes, les propositions de réformes et l’éthique des opposants au maire. Comme beaucoup d’autres citoyens c’est ce que je tente de faire.

Monsieur Laurent Telo, ne trompez pas les lecteurs du journal Le Monde. Entrez, par anticipation, dans l’ère journalistique d’une démocratie exemplaire. Merci.

PUBLIEZ UNE CORRECTION DE VOTRE ARTICLE POUR RESPECTER TOUS LES LECTEURS CIVIQUES.

Et puis, chaque Putéolien dubitatif et particulièrement les opposants devraient se doucher, par ces temps risqués, afin de réaliser la chance de vivre à Puteaux, loin d’Idleb ou des barbelés de la frontière grecque.

Annie Keszey. 

 

23/02/2020

La passerelle François Coty, à Puteaux.

 

TEXTE 2 : François Coty fut-il antisémite? A. Synthèse. B. Analyse.

Ce texte a été adressé antérieurement à 12 interlocuteurs, le 21/01/2020 : il a été légèrement modifié depuis. Il a été publié sur ce blog le 24/01/2020 et sa publication annoncée sur Twitter.

A. Synthèse.

Dans cette période entre les deux guerres, la forte immigration fut certes très problématique du fait, d’abord, de l’impuissance de l’Etat et de sa gestion incompétente de l’insertion des étrangers dans la vie et dans l’économie françaises. Les nombreux lecteurs de L’Ami du Peuple, dans ce contexte, ont accepté l’idéologie du journal qui a publié aussi des articles de lecteurs convaincus. Pourtant ce journalisme partisan, admis par le propriétaire et donc RESPONSABLE François Coty, auteur d’articles, qui a dû répondre aussi des excès de ses rédacteurs, mal choisis, jusqu’en 1934, fut essentiellement xénophobe* (hostile aux étrangers*) et « son journal a donné une image considérablement déformée du problème national (Ralph Schor). » L’argument de François Coty d’être au service du « salut national » ne peut résister à une masse d’articles  faussaires, irrationnels et déraisonnables. François Coty manifesta publiquement, à plusieurs reprises, « un antisémitisme à usage extérieur dirigé contre les financiers qui sèment le monde, une réaction irrationnelle à la crise économique mondiale qui frappe la France (Laurent Joly) ». (Si ce type d’antisémitisme est parfaitement « historique », il est cependant difficile de partager la conclusion de Laurent Joly, abrupte, sur la vie de François Coty, après consultation attentive de plusieurs sources.)

« François Coty s’est excusé de ses écarts lors du Congrès juif de 1933... Il avait d’ailleurs, dans ses entreprises, de nombreux collaborateurs juifs depuis 1910 (Véronique Coty) ». François Coty a donc reconnu ses erreurs ce qui le réhabilite auprès de sa famille et de ses proches. L’impact de la propagande négative de L’Ami du Peuple sur des milliers de lecteurs n’a cependant pas été effacé.

Ainsi, pour l’Histoire, la personnalité de François Coty reste ambivalente : positive pour le grand industriel et le mécène, controversée pour le journaliste et le politique parce que François Coty, par xénophobie et antisémitisme particulier, n’a pas appliqué, sans faillir, la valeur républicaine, universelle, de « Fraternité ».

Or, les noms de rue et de lieux publics doivent être consensuels afin d’éviter tout contentieux. Les noms Charles de Gaulle, Louis Pasteur, Victor Hugo, Jean Jaurès, Jean Moulin...n’éveillent ni bruit, ni fureur.

B. Analyse.

Extraits 1 et 2 de « François Coty. Un industriel corse sous la IIIème République. » Ghislaine Sicard-Picchiottino. Extraits 3 de Laurent Joly, 4 de Ralph Schor. 5 : Véronique Coty.

Extrait 1. Le contexte. « … Après la Première Guerre mondiale, démographiquement, le poids des étrangers au sein de la société ne cesse de s’accroître au cours de la période de l’entre-deux-guerres : les besoins liés à la construction, la faible vitalité démographique des Français, les pertes dues à la guerre et à ses conséquences …autant de facteurs qui favorisent l’immigration en France. Si les étrangers ne représentent que 2,8 % de la population totale en 1911, ce pourcentage grimpe aux environs de 4 % dix ans plus tard et approche les 7 % en 1931. Cette évolution ne peut laisser indifférente la majorité des Français dont les sentiments xénophobes s’exacerbent aux premiers signes de difficultés économiques. Urbain Gohier, dès 1919, se fait ainsi le chantre des milieux nationalistes qui stigmatisent les étrangers « ces pouilleux… qui défrancisent, germanisent, internationalisent la France de demain ». L’image de ces étrangers varie cependant en fonction de leur pays d’origine...Il faut également évoquer le cas de ces « étrangers » qui se définissent non pas par leur pays d’origine mais par leur culture, leurs traditions, leur religion...ce qu’on appelait alors « la race ». Parmi eux, les Juifs : si la virulence de l’antisémitisme décroit nettement durant l’immédiat après-guerre, notamment en raison de la participation active de la communauté juive à la défense de la patrie, il n’en demeure pas moins bien présent. Léon Daudet dans L’Action française, Urbain Gohier dans La Vieille France continuent de proclamer leur haine du juif et la littérature véhicule toujours des stéréotypes connus depuis l’Affaire Dreyfus. Ainsi, contrairement aux apparences, le terrain est très certainement favorable à une résurgence d’un antisémitisme virulent qui s’épanouira largement à la faveur des scandales financiers et de la crise des années trente… »

Extrait 2 … « Dans son premier livre Contre le communisme paru en 1928 chez Grasset, (largement diffusé), François Coty part en croisade contre ce qu’il considère comme le plus grand danger des temps modernes. Il enjoint d’ailleurs aux pays européens qui en sont victimes de s’unir dans ce qu’il appelle précisément « la Croisade des patries », un grand parti international, dont il précise lui-même les grandes lignes en septembre 1927 : « Je suis le point central d’un vaste mouvement que je prépare dans le silence. Je suis dénué d’ambitions politiques et n’ai que le souci de défendre la civilisation et particulièrement la société française contre la finance internationale, les juifs et la franc-maçonnerie… Dans mon action je prétends m’appuyer sur les éléments modérés du pays. Il fustige la carence des différents gouvernements français qui n’ont que trop laissé faire, responsables d’ « une paix scélérate ». Mais surtout il s’attache à montrer que derrière « cette ruée communiste » dont le but consiste à détruire la civilisation occidentale et, au final, à faire triompher l’Allemagne, se cache l’ombre de la finance internationale… »

Avant la consultation électorale du 8 mai 1932 (élections législatives), un journal de François Coty «L’Ami du Peuple »se livre à une violente campagne antisémite (alors que Robert Cohen, juif cotyste, est candidat aux législatives dans le 5ème arrondissement de Paris)… Mohamed Said (est candidat) à Pontoise, sous l’étiquette antiparlementariste, ce qui ne manque pas d’étonner lorsqu’on connaît la position de « L’Ami du Peuple » en matière de xénophobie… La population s’est indignée à plusieurs reprises : lors du scandale Marthe Hanau en 1928 qui compromet le gouvernement Poincaré ; deux ans plus tard éclate l’affaire de l’aéropostale qui touche alors les milieux politiques modérés ; en 1931 c’est la faillite de la banque Oustric qui éclabousse le Garde des Sceaux Raoul Perret...ces scandales à répétition renforcent un antiparlementarisme orchestré de main de maître par la presse, notamment par les journaux d’extrême droite tels que  L’Action Française , mais également par la presse satirique avec Le Canard enchaîné…

« … Le cotysme : de quoi s’agit-il ? L’industriel corse, reconverti pour l’occasion en homme politique, part de constatations : tout d’abord la France est menacée par divers ennemis, les communistes, les étrangers, la finance internationale, les juifs, les Francs-maçons… »  

Extrait 3. Laurent Joly, Archives Juives 2006/2 (Vol 39).

«... Dans les années 1930, la pensée de l’extrême- droite française fut dominée par quelques thèmes majeurs : nationalisme, antiparlementarisme, exaltation de l’ordre et de l’autorité, xénophobie. Ces idées se trouvèrent dans L’Ami du Peuple, quotidien qui parut de 1928 à 1937. Le premier numéro fut publié le 2 mai 1928. Le fondateur du nouveau journal était le riche parfumeur François Coty, qui nourrissait de vastes ambitions politiques et se voulait l’un des maîtres à penser de l’extrême droite. François Coty qui contrôlait divers journaux, dont Le Figaro, s’était décidé à créer un grand organe populaire où il put librement exposer ses idées...L’Ami du Peuple fut d’emblée considérable...1 million d’exemplaires vendus en 1930 …, davantage ensuite… »

 «... En réalité, dès le début de l’année 1932, la première campagne antisémite depuis bien longtemps voit le jour dans les colonnes de L’Ami du Peuple, journal tirant alors à un million d’exemplaires. Elle n’a pas encore la tonalité caractéristique des “guerres franco-françaises” des années 1930. Il s’agit là d’un antisémitisme à usage extérieur, dirigé contre les « financiers qui mènent le monde », une réaction irrationnelle à la crise économique mondiale qui frappe la France depuis quelques mois. L’antisémitisme diffusé ne s’appuie pas en effet sur une situation réelle – même fantasmée – ou un fait d’actualité ; c’est l’occasion d’observer le développement de mythes antisémites à l’état pur… . Le journal s’en prend surtout aux immigrés, aux « métèques », la « pire racaille des ghettos russes », les « Juifs de tous les ghettos d’Europe » qui envahissent le marché du temple… » 

Extrait 4. Ralph Schor. Xénophobie et extrême droite : l’exemple de L’Ami du Peuple (1928- 1937).

En « frappant » sur Internet, Xénophobie et extrême- droite : l’exemple de « L’Ami du Peuple » (1928- 1937), de Ralph Schor, on accède aux pages de 116 à 144 dont la lecture interpelle par les excès très fréquents d’une xénophobie « obsessionnelle ». Les immigrés étrangers sont la source unique de tous les maux, chômage, manque de logements, insécurité, délinquance, meurtres, proxénétisme ... «  Ces troupes étrangères étaient dirigées par un état-major dans lequel L’Ami du Peuple entassait, côte à côte, le communisme international, la franc-maçonnerie, la finance judéo-germano-américaine... » François Coty signe des articles, pas toujours écrits par lui, mais il a choisi ses rédacteurs  extrémistes  qui dériveront davantage encore après sa mort, le 28/07/ 1934.

Il reste, jusqu’en 1934, le responsable majeur de ces articles humainement défaillants, répréhensibles.

Dans ces pages de Ralph Schor, on trouve des reproductions de textes de François Coty. Un exemple : « Tous les déchets de l’univers ont été conviés à la besogne. Après la victoire si chèrement acquise, qui aurait pu sonner la libération du sol, on a provoqué l’invasion, sournoisement ou sous de faux prétextes. On a laissé entrer, par centaines de mille, les métèques de toutes provenances ; et cette horde innombrable doit accéder automatiquement à toutes les prérogatives qui appartiennent aux Français… »

« … L’Ami du Peuple, bien qu’il se soit défendu fréquemment de tout antisémitisme, a toujours souligné les tares d’Israël. Les Juifs étaient dévorés d’ambitions et rêvaient de dominer les peuples...Les financiers juifs, selon un slogan qui revenait souvent dans les colonnes du journal, menaçaient le monde...Ils étaient responsables de la révolution russe de 1917... François Coty écrivit : chaque fois que la France sent la nécessité de se ressaisir et de se défendre, ces gens, quelles que soient les circonstances, adoptent aussitôt le rôle de victimes… »

5. Véronique Coty. « ... Il est pour le moins désolant de lire que mon aïeul (François Coty) ait pu être nazi ou fasciste...Il est vrai qu’il a eu des mots malheureux au travers de son journal L’Ami du peuple mais il s’en est excusé au Congrès juif mondial le 8 septembre 1933 à Genève...Enfin, dès 1910 et jusqu’à sa mort, mon aïeul s’était entouré de nombreux collaborateurs de confession juive tels que Benjamin Levy à qui il confie la direction de COTY Inc. à New York, fleuron de son empire industriel, ainsi que Raymond Greilsamer qu’il fera revenir d’Allemagne où la condition des Juifs est menacée pour finalement l’envoyer en tant que directeur des ventes à NY. A l’annonce de la mort de mon aïeul le 25 juillet 1934, Monsieur Greisalmer prend un avion pour Paris afin d’assister aux obsèques et il fait partie des 4 personnes qui portent son cercueil... » 

Annie Keszey.

 

 

.v

17/01/2020

La passerelle François Coty, à Puteaux

TEXTE 1. François Coty fut-il fasciste ?

 Une passerelle neuve permet l’accès à l’île de Puteaux. Elle a reçu le nom de François Coty dont la personnalité et les faits de vie divisent la municipalité entre la majorité conduite par le Maire, Madame Ceccaldi-Raynaud, qui défend son choix et les opposants qui le combattent pour des raisons opposées : un nouveau conflit verbal empoisonné auquel les Putéoliens, malheureusement, sont habitués, avec regret.

Le livre de Ghislaine Sicard- Picchiottino, agrégée d’histoire-géographie, «François Coty. Un industriel corse sous la IIIème République », ALBIANA, est une étude « savante », profonde, dense, de la vie complète de François Coty, inscrite dans les contextes variables de l’époque. C’est un livre de 315 pages, au coût de 19 €. En fin de livre, 166 titres, sur sept pages, nous informent de la bibliographie concernant François Coty. Cette « masse » ne peut qu’alerter sur l’obligation de prudence avant de formuler des jugements péremptoires sur l’homme, qu’il s’agit, obligatoirement, de resituer dans son époque. Ces sources sont diverses, objectives ou partisanes. Les sources de l’auteur sont aussi extrêmement nombreuses, une centaine de sources, au moins : publications officielles, annuaires, atlas, dictionnaires, revues professionnelles, ouvrages à caractère de sources, témoignages...archives nationales, départementales et municipales, autres fonds publics et fonds privés…

Extrait 1 : le lien entre Puteaux et François Coty. Page 93. «... La société anonyme au capital de 500 000 F « Le jouet de France » est [ainsi] créée le 4 janvier 1917 ; elle a pour objet « la fabrication et la vente de jouets, jeux et articles de jeux, avec le concours des Mutilés de la guerre ». Outre la possibilité d’offrir à ces grands soldats un travail adapté à leurs moyens, l’entreprise tient à les intéresser financièrement au succès escompté : ainsi les bénéfices sont-ils répartis entre les actionnaires et le personnel. Cette nouvelle structure permet d’envisager une   installation beaucoup plus importante, une véritable usine équipée de machines-outils perfectionnées pouvant accueillir deux-cents mutilés. A cet effet, la société obtient un bail emphytéotique pour la location de l’île de Puteaux ; à charge pour les administrateurs d’effectuer des travaux d’exhaussement, travaux confiés aux éboueurs de Paris qui y déverseront quotidiennement les ordures de la capitale durant deux mois. Dans le courant de l’année, les bâtiments sont solennellement inaugurés en grande pompe par le président de la République, Raymond Poincaré, des ministres, le préfet, le gouverneur de Paris...Par ce geste, les civils de l’arrière manifestent leur solidarité, leur union, avec les soldats du front… 

Plus tard, les immenses bâtiments de l’île de Puteaux deviendront un lieu de fabrication des parfums. » 

Un parfait consensus reconnaît, en François Coty, un capitaine d’industrie remarquable, national, puis international, novateur dans la fabrication de parfums, à l’origine de la parfumerie moderne, avec une réussite hors du commun. Sa fortune, progressive, est devenue énorme ce qui l’engage à investir dans l’immobilier et les objets d’art : il utilise ses acquisitions immobilières, dont plusieurs sont grandioses, à des fins industrielles et privées. François Coty fut un mécène d’exception, reconnu, et un protecteur des humbles. Il développe une politique sociale qualifiée, à l’époque, de paternaliste (versements de pensions, assurances sociales, carnets de prévoyance, horaires aménagés pour les jeunes mères, confort quotidien pour les travailleurs dans les locaux de son entreprise, collaborateurs associés aux bénéfices dès 1910) …

Ce sont les réussites de sa vie.

Sa vie privée, commence par une enfance difficile, auprès de sa grand-mère, puisqu’il était sans mère ni père, avec leur départ contraint de la Corse. François Coty se mariera deux fois, avec des enfants de chaque mariage mais il ne reconnaîtra pas ceux de son second mariage qu’il entretiendra cependant, et divorcera deux fois. Le premier divorce a sérieusement amputé sa fortune et initié sa chute. Il finira sa vie dans la solitude.

Souvent, ses collaborateurs, au travail, ont regretté ses excès d’exigences et son autoritarisme. Mais «… François Coty a toujours eu la passion de créer du beau, du sublime, du rêve...avec l’exigence de perfection, voire de l’obsession qui l’habite »...

Le site https://fr.wikipedia.org/wiki/François_Coty présente la vie de François Coty de manière particulièrement travaillée, à partir de très nombreuses sources dont Véronique Coty et Ghislaine Sicard-Picchiottino. Des modifications du texte sont en cours. On peut s’informer cependant de façon fiable, sur ce site, en consultant les chapitres : l’industriel de la parfumerie, le milliardaire, le collectionneur de prestige.

Pendant sa vie, François Coty fut, à la fois, vilipendé et adulé. Ses engagements dans la presse et en politique constituent sa « zone grise », ouverte aux confusions éthiques dans la société complexe entre les deux guerres. Il a créé un impressionnant empire de la presse, républicain, bonapartiste et plébiscitaire. Selon une majorité de sources, il n’a pas réussi son engagement dans la presse, ni en politique, malgré ses initiatives permanentes et son fort désir de réussite. En politique, il fut « mouvant » : de gauche, de droite, de l’extrême droite, mais toujours attaché à la République, et, aussi, parfois, au-dessus des partis (en Corse, par exemple). François Coty fut résolument anti- communiste, avec une raison personnelle puisque ses biens de Moscou furent nationalisés : une perte considérable et inacceptable pour lui, évaluée à 4 millions de francs.

Extrait 2. «... Il fut aussi patriote convaincu, nationaliste, adepte de l’antiparlementariste : « sa vision d’un Etat fort, véritable garant de l’intérêt national, sa conception d’une économie structurée autour du corporatisme… » «... Quant au domaine de la politique internationale, les deux hommes (François Coty et Georges Gressent) se retrouvent dans leur haine et leur crainte mutuelle des « barbares » allemands et des slaves, ainsi que dans leur admiration sans borne pour l’Italie fasciste… »

Extrait 3. «... Pour François Coty, l’éducation du peuple est en effet essentielle et préalable à toute autre action ; car, pour lui, et en cela sa pensée se démarque de celle du dictateur italien, c’est par le peuple que le salut doit venir et non l’inverse ; il revient à une élite éclairée, à laquelle il appartient, de lui donner les moyens d’agir, et d’abord et avant tout de l’éduquer… »

Extrait 4. «... Le modèle italien, le régime mis en place par Mussolini [socialiste de gauche forte] durant les années vingt, suscite dans toute l’Europe, et en France en particulier, un certain intérêt : le parti national fasciste, crée en 1921, a su, comme le préconisait son programme, restaurer l’autorité de l’Etat, et surtout lutter contre les menées communistes en défendant la propriété privée, en interdisant les grèves et en combattant la lutte des classes. Certes, les méthodes employées et l’installation progressive de la dictature, effective à partir de 1926, diminuent notablement son capital de sympathie à l’étranger. Il n’en est pas moins vrai que la solution fasciste constitue tout au long de la décennie, une alternative à prendre en compte en matière de gestion de l’après-guerre et de mise en place d’une société nouvelle… »

Extrait 5. «... A l’étranger, l’Italie retient l’attention de François Coty et c’est tout d’abord vers Gabriele d’Annunzio  que se porte toute sa sympathie. Il admire également Mussolini, cet autre méditerranéen qui a su restaurer l’ordre dans un pays très éprouvé par la Grande Guerre, tenir en échec les menées communistes et développer une politique qui vise à redonner à l’Italie sa gloire passée. Mais il ne fait pas que l’admirer ; il lui écrit, lui rend visite à plusieurs reprises et verse aux œuvres sociales du régime une subvention annuelle de 20 millions jusqu’en 1926. A ce moment- là, l’infléchissement du régime vers une dictature le pousse à desserrer les liens qui l’unissent au Duce… »

Donc : François Coty fut-il « fasciste » ?

1926, c’est, en effet, le début de la dictature de Mussolini par l’approbation des lois fascistissimes et en avril 1926, Mussolini oppose, pour la première fois, fascisme et démocratie… François Coty ne semble pas avoir approuvé cette seconde période du fascisme italien, d’ailleurs réprouvée par l’Histoire.

«... Dans sa thèse consacrée à «  la Solidarité Française », Gilles Lahousse s’est attaché à démontrer que lors de la « période Coty », si l’image du mouvement correspond bien à « un badigeon à la romaine *», [René Raymond*] son contenu idéologique, par contre, s’inscrit clairement dans la tradition bonapartiste, chère à son fondateur, tout en s’ancrant dans la modernité ce qui le différencie des Jeunesses Patriotes. Il se refuse à voir dans la ligue du parfumeur corse une réplique du parti de Mussolini… » Gilles Lahousse se différencie de Laurent Joly.

« L’Ami du peuple », journal de François Coty, publie le 24/03/1933, la Réforme de l’Etat, plan de sauvetage de la France, marqué par la tradition plébiscitaire et non fasciste.

TEXTE 2. François Coty fut-il antisémite ? A suivre.

Annie Keszey.