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08/04/2017

L'obscurantisme dictatorial du logiciel "APB". (Admission post-bac.)

Benoît Hamon fut un ministre éphémère de l’Education nationale, il est actuellement un candidat socialiste à l’élection présidentielle. Najat Vallaud- Belkacem, actuelle ministre de l’Education nationale, soutient la campagne de Benoît Hamon. Tous deux socialistes, ils devraient accorder leurs actes à leurs discours, quand ils militent en particulier pour la transparence ! Or, le logiciel d’orientation après le bac, dont ils sont co-responsables, méprise les parents d’élèves et les élèves tant il est d’une « opacité extrême* ».

En juillet 2016 pourtant, Thomas Piketty*, directeur d’études à l’EHESS, un des conseillers actuels de Benoît  Hamon, dans une chronique pour le journal Le Monde, s’élevait contre le logiciel APB qui organise l’orientation et l’affectation dans l’enseignement supérieur de quelque 700 000 bacheliers chaque année en France. Il souhaitait  que le débat sur le logiciel et la sélection à l’université soit inscrit dans la campagne électorale ! Thomas Piketty a-t-il  été entendu ? Pas encore !

Extraits de la chronique.

« Disons-le clairement : l’attitude du Ministère de l’Education nationale sur ce dossier est proprement scandaleuse. Il maintient une opacité extrême sur les critères utilisés dans le logiciel et ne distille les informations qu’au compte-gouttes, tout en promettant régulièrement une plus grande transparence, jamais réellement appliquée. C’est d’autant plus regrettable que le système APB pourrait permettre de sortir par le haut de cette très ancienne querelle française sur la question de la sélection à l’université.

Rappelons les faits : sur l’accès à l’enseignement supérieur, la France se caractérise par la cohabitation d’un modèle hyper-sélectif (les classes préparatoires aux grandes écoles richement dotées) et d’un secteur universitaire supposé parfaitement égalitaire (chaque bachelier est censé y avoir accès, sans sélection, mais les moyens sont faibles). APB conduit à exposer au grand jour les contradictions du système : les lycéens classent leurs choix dans le logiciel (prépas, universités, IUT etc..), les filières sélectives classent les lycéens, mais les universités ne classent rien du tout. Sauf qu’en pratique il existe de multiples exceptions et rafistolages dans le système, jamais assumés publiquement par le ministère. Lorsqu’il existe un trop plein de candidatures, on pratique allègrement le tirage au sort, alors qu’on pourrait prendre en compte des critères objectifs, comme les notes, la distance à l’établissement, ou bien un objectif clair de mixité sociale, ou encore un mélange assumé de tout cela. On laisse les étudiants s’entasser dans des premières années surchargées, comme en médecine, avant de pratiquer une sélection drastique à la fin de la première année, où le premier critère de réussite est souvent la capacité des parents à payer des cours privés en lieu et place des amphis saturés. En 2013, les députés avaient voté un dispositif visant à réserver des places en filières sélectives aux meilleurs élèves des lycées défavorisés. Mais cette mesure n’a jamais été évaluée, et la façon dont elle a été paramétrée dans APB est totalement obscure.

Cette opacité ne peut plus durer... »

« Thomas Piketty propose alors des modifications d’APB pour promouvoir un modèle européen d’égalité et de justice dans l’éducation défini dans les pages 258 et 259 de son livre « Aux urnes citoyens ! », éditions «  Les liens qui libèrent », publié en octobre 2016. »

Le logiciel APB ne peut être modifié positivement que si l’Education nationale devient efficace en luttant contre l’échec scolaire pour atteindre, dans les résultats, l’égalité des chances.

L’orientation en classes supérieures d’élèves en difficultés scolaires est insensée.

Les programmes pour l’Education des candidats à l’élection présidentielle ne sont pas  à la hauteur de la situation. Ils ne prennent pas suffisamment en compte la nécessaire formation  disciplinaire et interdisciplinaire des professeurs à un  métier complexe, mal théorisé, mal explicité, mal transmis par la plupart des formateurs. Les structures de l’école restent trop figées : nul candidat à la présidentielle n’envisage le travail en équipe des professeurs, à moyens financiers constants ce qui est possible,  pas davantage la possibilité de structurer des classes parallèles en groupes de besoins occasionnels, à partir d’emplois du temps novateurs. Les soutiens scolaires, indispensables à l’intérieur des horaires des disciplines,  tout au long de la scolarité, restent rares, et leurs modalités concrètes indéfinies. Le statut des enseignants, rigide, devrait être assoupli en ajoutant aux heures de cours  des heures de présence dans l’établissement, pour le travail en équipe hebdomadaire ou pour la formation continue rendue obligatoire...Il sera certes difficile de convaincre cet électorat attaché à son actuel statut. Mieux vaudrait s’attaquer aussi à des réformes qualitatives plutôt que quantitatives. Aucun rapport n’assure que la diminution des effectifs des classes, par exemple, soit liée à une amélioration des résultats s’il n’y a pas une transformation des pratiques professorales. Un assouplissement de la mentalité collective impliquerait que chaque professeur se sente co- responsable des notes  qu’il attribue aux élèves et s’engage à lutter contre les mauvaises notes en travaillant à une amélioration  de son efficacité professionnelle. La priorité est accordée pour le primaire et des moyens prévus pour y combattre l’échec scolaire inégal selon les appartenances sociales, mais il faut aussi accroître considérablement l’apprentissage du vocabulaire à l’école maternelle, afin de faciliter l’apprentissage de la lecture, par exemple...Ces mesures et d’autres, oubliées, sont connues des enseignants, des parents d’élèves et des élèves : peut-être n’est-il pas trop tard pour en informer les candidats ? 

Annie Keszey.

09/09/2014

LETTRE A LA MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE.

Madame Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale.  

Madame la ministre, ne parlez pas pour ne rien dire sur certains sujets permanents, au cœur du système éducatif, comme l’ont fait vos nombreux prédécesseurs pendant un demi-siècle, au moins.

Le journal Le Monde du 2/09/2014 publie un entretien avec vous dans lequel vous dîtes en particulier «… Je souhaite à chaque enseignant de se retrouver dans une équipe harmonieuse au sein de laquelle pourra être mené un vrai travail collectif que je crois essentiel à la qualité de l’enseignement. Les écoles supérieures du professorat et de l’éducation, les ESPE sont d’ailleurs un bon outil pour cela, outil que nous allons encore perfectionner… »

 

Or, il n’y aucun travail d’équipe au sein de la quasi-totalité des collèges publics.

 

Les professeurs se réunissent officiellement quatre fois par an : le jour de la pré-rentrée pour l’organisation générale et lors des conseils de classe de chacun des trois  trimestres pour évaluer les élèves.

Le travail en équipe, officiel, supposerait des locaux adaptés, une planification des séances de travail disciplinaires ou pluridisciplinaires dans les emplois du temps  de chaque année et un transfert interne de moyens financiers. Ces conditions sont inexistantes.

En 1966, l’Institut pédagogique national avait créé un statut commun spécial pour les enseignants du nouveau collège expérimental audiovisuel de Marly-Le-Roi, dans les Yvelines, indépendamment de la diversité de leurs titres. Ils enseignaient pendant quinze heures  et travaillaient trois heures obligatoires, en équipe, chaque semaine. La diminution des heures de cours (sauf pour les rares agrégés) évitait le refus du travail d’équipe par les professeurs, de plus volontaires pour l’expérience.

Chacun des six bâtiments en forme de trèfles, réunis par des galeries couvertes, contenait trois salles de classe donnant sur un forum de réunion. Deux téléviseurs équipaient chaque classe. Un bâtiment central, relié aux autres bâtiments, contenait un studio intégré, en circuit fermé, de réalisation d’émissions pédagogiques audiovisuelles, une cantine moderne en libre-service, divers bureaux, des salles de cours spécialisées et un nombre suffisant de salles, pour les réunions de professeurs, équipées chacune d’un téléviseur et d’une imprimante. Les classes hétérogènes de chaque niveau étaient alignées pour la plupart des disciplines et recevaient  la  même progression à partir des mêmes cours établis collectivement par les professeurs. Les contrôles, identiques, étaient faits en même temps et des groupes homogènes, selon les résultats, pouvaient fonctionner temporairement : groupes de soutien ou d’extensions. Après les cours, les professeurs critiquaient ensemble leurs supports, leur pédagogie et  préparaient les documents, améliorés, pour l’année suivante. 

Ce collège, aux locaux neufs, a été rapidement désaffecté, en 1980, puis a brûlé; Une opération immobilière lucrative l’a remplacé… Un autre collège public, sans travail d’équipe, a été construit sur un terrain parallèle. Les archives de ces nombreux travaux pédagogiques concertés restent introuvables !

 

Dans les années 1990/2000, le principal du collège ordinaire de Chambourcy, dans les Yvelines, a prévu, dans l’emploi du temps, des réunions hebdomadaires possibles d’une heure pour les professeurs de chaque discipline et de chaque niveau.  Cette heure-là ne devait en aucun cas  « détériorer » les emplois du temps individuels. Afin de convaincre les professeurs, traditionnels, de renoncer à leur liberté pédagogique, une compensation financière, même symbolique, leur a été attribuée : une demi-heure payée pour une heure de travail. Ce temps était « pris » sur la dotation horaire globale, ce qui n’était absolument pas prévu par l’institution. Le principal avait informé de son initiative le ministre de l’Education nationale de l’époque: il n’est pas intervenu. Le principal suivant a mis fin au travail en équipe, il est vrai que sa prévision, complexe, dans l’emploi du temps, allonge le temps passé pour celui qui le construit, diminuant d’autant les vacances de ce fonctionnaire-cadre, le principal d’ailleurs dans ce collège sans adjoint. 

 

Madame la ministre, concrétisez le travail en équipe des enseignants. 

 

Et puis réglez définitivement les anomalies persistantes ! 

  • Contrôlez .l’application des directives sur le poids des cartables afin d’éviter les maux de dos.

  • Rappelez aux responsables la nécessité de respecter les règles de l’hygiène dans les toilettes des établissements scolaires afin d’éviter aux élèves diverses maladies connues.

  • Garantissez le temps scolaire. Ni Vincent Peillon, ni Benoît Hamon n’ont empêché la perte de cours, illégitime, dès la rentrée scolaire. Les principaux étalent cette rentrée, sans raison. De nombreuses classes de 4èmeet de 3ème n’ont commencé la classe que le mercredi  3/09 ! Supprimez le brevet. Il ne sert à rien.  De nombreux rapports sérieux de l’Education nationale le démontrent. Ainsi tous les élèves pourront-ils travailler jusqu’à la dernière heure de l’année scolaire!

     

    L’essentiel reste pour vous la lutte contre l’échec scolaire, mais concrètement réussie. Opposez-vous, par des décisions pertinentes, aux sorties massives d’élèves, sans diplômes, du système éducatif! 

    Bien sûr, ce n’est pas « tout » ! 

    Hiérarchisez vos objectifs, au cœur du système à réformer et évaluez vos résultats : ce sera nouveau.

     

    Bon courage Madame la ministre.

    Annie Keszey.

 

31/01/2014

L'EGAREMENT INCOMPREHENSIBLE DE VINCENT PEILLON.

Le premier devoir de l’école est d’instruire. L’Education nationale n’a pas l’efficacité attendue, à aucun niveau du système éducatif. En fin de cours préparatoire des élèves ne savent pas lire… 130 000 jeunes sortent chaque année du système sans diplôme…

Alors que le cours magistral, métier minimaliste du professeur, n’est plus adapté aux apprentissages d’un grand nombre d’élèves, les nouvelles formations d’enseignants n’ont toujours pas décrypté le contenu du nouveau métier attendu, depuis plus de 30 ans toutefois,  «  Apprendre à apprendre aux élèves. »

Dans cette situation d’urgence inacceptable, le ministre Vincent Peillon, pourtant agrégé de l’université, lance des expériences « gadgets », redoutables. Les " A B C D"  de  l’égalité, parcours proposés aux élèves et accompagnés de fiches pédagogiques pour les professeurs, sortent du cadre des compétences professorales. Le contenu est sans rigueur conceptuelle. Enseigner l’égalité hommes-femmes supposerait la connaissance de l’Histoire, d’ici et d’ailleurs du fait de la diversité française, de la génétique, de la biologie, des évolutions et des normes culturelles et cultuelles, de la psychologie, de la philosophie, de la sociologie et de l’état des opinions... Ce n’est évidemment pas le cas.

Le danger vient des incompétences, des incertitudes et des erreurs imparables de cette pratique en direction de jeunes influençables qui ne savent pas encore exercer leur esprit critique.

L’exemple de l’égalité concrète, donné par des adultes responsables, serait une action de moindre ambiguïté que les tentatives déstabilisantes, dangereuses, pour sortir des enfants de tous les codes.

L’Assemblée nationale ne comporte que 27% de femmes, le Sénat, 23.5%. Qu’attend l’Etat ?

Dans l’Education nationale, du ministre aux recteurs, des inspecteurs aux chefs de division, en passant par les proviseurs des grands lycées, le nombre de femmes exerçant une fonction de direction est bien inférieur à celui des hommes. Qu'attend le ministre?

Dans le secteur privé, un cadre sur quatre seulement est une femme !

Des « A B C D » devraient s’inscrire dans les lieux professionnels et dans les formations continues des adultes.

Cette opposition aux « A B C D »  à l’école, tels qu'ils sont aujourd'hui, n’est évidemment pas un soutien aux trublions menteurs de l’extrême droite.

Annie Keszey.