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11/12/2016

Henri Guaino s'oppose à François Fillon.

En août 2016, Henri Guaino a publié, chez Odile Jacob, En finir avec l’économie du sacrifice. C’est un grand livre d’économie, très dense, de 670 pages, au prix de 22.90 €. Ancien Commissaire général au Plan, actuellement député des Yvelines, il  fut conseiller spécial du président de la République Nicolas Sarkozy pendant son quinquennat.

De droite,  il s’oppose pourtant à l’étrange relation que l’économie entretient avec l’impuissance politique.

Que dit-il ?

...Pour casser le cercle vicieux économique et social qui pousse une partie des Français à la révolte et l’autre au désespoir, il faut une stratégie : desserrer le carcan de l’austérité qui détruit la confiance dans l’avenir et étouffe l’audace et l’initiative, investir massivement, rendre du pouvoir d’achat au lieu d’en retirer, engager les mutations qui devront l’être à partir de quelques principes simples...Il y a urgence à vouloir plutôt qu’à subir, à encourager et à motiver plutôt qu’à sacrifier, à faire espérer plutôt qu’à faire expier des fautes qui sont celles des dirigeants et non celles des peuples...

Interrogé par Hervé Nathan, dans le numéro  1028, récent, de Marianne, Henri Guaino, à partir de ses connaissances et de ses convictions,  critique, avec sévérité, le programme présidentiel de François Fillon. Ce programme c’est  le pot-pourri de la technocratie...En l’état actuel, c’est le programme de casse sociale comme on en a jamais vu depuis la Seconde guerre mondiale. Ainsi, la privatisation d’un grand pan de l’assurance maladie, fondée sur la distinction  des « petits » et des « grands risques », puisque c’est de cela qu’il s’agit, cela fait trente ans que les apprentis sorciers du libéralisme et les assureurs tentent de nous la vendre, y compris pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy qui l’avait refusé.

(Il n’est peut-être pas inutile de préciser qu’un partenaire très proche de François Fillon est l’ancien président d’AXA !) Comme si un « petit risque » ne pouvait pas devenir « un grand risque ». Ce serait un pas de géant dans le processus dramatique de déremboursement au détriment des couches populaires et moyennes et une régression en matière de santé publique. Henri Guaino s’oppose aussi à la dégressivité des allocations chômage parce qu’on a essayé pendant huit ans entre 1992 et 2001, sans succès. Des gens (dont François Fillon, sans doute) qui n’imaginent pas vivre eux-mêmes avec moins de quatre ou cinq Smic préparent la fin de la durée légale du travail, donc la suppression des heures supplémentaires, c’est-à-dire la diminution du pouvoir d’achat de ceux qui travaillent le plus. On est loin de la réhabilitation du travail !...

Bref, une volonté affichée d’aller encore plus loin dans les dogmes qui nous gouvernent depuis quarante ans en « cassant la baraque »- selon l’expression de François Fillon-, comme si l’on n’avait pas déjà trop cassé...Ajoutons-y une cure d’austérité qui ferait des ravages dans les couches populaires et moyennes déjà exsangues, et on peut être assuré de détruire la cohésion nationale plutôt que de retrouver le chemin du progrès économique et social...

Les autres points du programme de François Fillon sont aussi critiqués à partir de leurs effets négatifs prévisibles.

Henri Guaino précise que François Fillon, lors de la primaire n’a pas rassemblé la droite. Les classes populaires étaient largement absentes du vote, et le rejet, pour les uns de Nicolas Sarkozy, pour les autres d’Alain Juppé, a sans doute joué un rôle plus décisif qu’un programme économique et social que les Français n’ont commencé à découvrir qu’entre les deux tours de la primaire...

La sécurité sociale et l’assurance chômage, c’est de Gaulle...

André Malraux disait : « Le gaullisme, c’est la force du non dans l’Histoire.»...La politique, c’est la conscience que l’Histoire est tragique, et que l’homme y exerce sa liberté. Nous devons retrouver la capacité à refuser les déterminismes. Ceux des  marchés financiers, de la mondialisation, de l’Europe, de la nature...Nous devons réapprendre à dire non...

Marchandisation, privatisation, austérité : c’est la quintessence de cette pensée unique technocratique et financière des années 90 et 2000 contre laquelle nous nous sommes tant battus avec Philippe Séguin. Dans les organisations internationales on appelait cela le consensus de Washington. Comment imaginer que la France, épicentre de l’orthodoxie, choisirait de l’appliquer avec un tel jusqu’au-boutisme au moment où le monde entier commence à s’en détourner ?...

François Fillon, cherche  le salut par la souffrance... des autres. Une forme d’expiation qui n’a rien à voir avec la raison économique... 

Merci Henri Guaino, François Fillon, conservateur étriqué, aux propositions dangereuses, doit vous lire. 

Annie Keszey.

 

 

 

 

                                                                                                                                         

14/10/2016

Evaluation d'un président de la République française.

Dans  la tribune page 71 de Puteaux Infos, magazine de la ville, d’octobre 2016, le groupe de la majorité « Union pour Puteaux », voix du maire Madame Ceccaldi-Raynaud, tient des propos partisans, inappropriés. Lors de son mandat, un maire, en effet, au-delà de ses convictions politiques personnelles fondées sur l’exercice de sa liberté de pensée, est au service de l’intérêt général au sein duquel tous les administrés sont à égalité de considération.

Or, que lit-on ? Le maire (groupe « Union pour Puteaux) a choisi de soutenir Nicolas Sarkozy. Il est celui qui saura, loin de toute démagogie, impulser des actes forts à la hauteur de la France, de ses enjeux et de ses espérances. Le seul candidat qui a l’expérience et l’autorité suffisante pour redresser le pays.

Cet avis idéologique n’a pas, me semble-t-il, à utiliser le  journal de tous les administrés pour support.

Enfin !... Occultons le thème du support !

Les citoyens, très majoritairement, ne sont pas affiliés à un parti politique. Ils ne sont pas aptes davantage à être des « fans »  (mot anglais, abréviation de fanatic), gais, heureux, bruyants... d’un candidat. Ils n’ont pas à protéger une quelconque position personnelle en cas de changement.  Préoccupés par l’état de la France en 2016, les français s’opposent aux spectacles électoraux coûteux, aux promesses vides, au verbiage, aux combats, aux mensonges sans scrupules de certains candidats à l’élection présidentielle. Ils scrutent les compétences et attendent, impatiemment, une VISION pour l’avenir.

Nous voulons savoir, pour contredire Aldous Huxley (Nous ne savons pas, parce que nous ne voulons pas savoir).

Choisir froidement, rationnellement, sérieusement, un (une) futur président  (future présidente) de la République suppose de connaître l’évaluation valide, le bilan complet du mandat achevé du candidat en situation de renouvellement, à partir de sources éprouvées. Quant aux nouveaux candidats,  leurs programmes formulés en termes d’objectifs concrets, à partir des constats actuels, doivent être  jugés réalisables, pertinents et évaluables. 

Une même grille d’évaluation est applicable à tous.  

Le groupe Union pour Puteaux qui rend publique sa préférence pour Nicolas Sarkozy comprend l’UDI qui va soutenir Alain Juppé à la primaire de la droite. N’est-ce  pas un message confus? 

La première évaluation concernera  le bilan des actions de Nicolas Sarkozy en parallélisme avec ses promesses. Pratiquement terminée, en brève attente de publication, c’est un échec politique, pour la droite, pour la gauche, pour la France. Nicolas Sarkozy avait promis une République irréprochable. 

Catégories de l’évaluation.

La synthèse- L’emploi- Les jeunes- Les pauvres, les riches- La dette- L’éducation- La sécurité- La laïcité- La réforme de l’Etat- Le logement- La justice- L’identité, l’immigration- La croissance- La fiscalité- La démocratie- La politique européenne- la politique internationale- L’éthique et la corruption- Les promesses électorales bafouées. Les « Affaires » du mandat présidentiel. Les sources de l’évaluation.   

A suivre. 

Sur la page 71 : rue Colin ou rue Collin? Merci.

Annie Keszey.