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15/03/2017

Éric de Montgolfier contre la corruption.

Dans son livre « On ne peut éternellement se contenter de regarder les cadavres passer sous les ponts », déjà présenté sur les blogs cités à la fin de ce texte, ce magistrat, ancien procureur de la République, dresse un constat noir de la situation nationale  gravement atteinte par une  corruption séculaire. Il dénonce les torts du président de la République, de l’exécutif, des parlementaires, des politiques, des médias, de la justice et du peuple et propose des réformes.

Le pouvoir du président de la République, excessif, doit être réduit...

« Le pouvoir d’initiative rendu aux collectivités locales par l’Etat doit être  équilibré par la possibilité exercée par l’Etat de contrecarrer les abus ou de les déférer aux tribunaux. Il faut assurer une stricte séparation des responsabilités publiques, supprimer le cumul des mandats, défendu par ceux qu’il enrichit et qui favorise les conflits d’intérêt... »

« La réserve parlementaire met à la disposition de chaque élu une somme de 130 000 € allouée pour soutenir des projets de collectivités territoriales ou d’associations. Depuis peu, cette pratique budgétaire est mieux encadrée mais le destinataire de la manne reste encore librement choisi ce qui ne peut laver la politique du soupçon de clientélisme ! Or, c’est à la manière dont les responsables politiques usent de l’argent public que l’on doit mesurer leur intégrité...Plutôt que de rémunérer des membres de leur famille, les parlementaires devraient choisir des collaborateurs compétents, utiles à leur mandat... »

« Lors des élections présidentielles, le parrainage serait propre à éliminer les candidatures fantaisistes : il s’agit plutôt de barrer aux néophytes la route du sérail...Le parrainage bride l’électeur contraint de s’en tenir à ceux que d’autres ont agréés...L’essentiel est d’exclure les intrus ! Ce processus démocratique est à transformer. » [Actuellement, les difficultés de Philippe Poutou, candidat- ouvrier, pour obtenir 500 parrainages confirment cette analyse.]

Éric de Montgolfier s’oppose aussi au décret qui permet aux anciens ministres de devenir avocats, il s’oppose aux groupes de pression et aux lobbies qui  ont gagné l’hémicycle : « quand leurs intérêts sont menacés ils proposent des amendements opportuns que déposent des députés zélés... »

« La décence devrait dissuader nos princes d’accepter des cadeaux somptueux dont on veut au moins croire qu’ils n’ont jamais comporté de contrepartie. La France éternelle ne peut s’étaler dans la compromission... »  [N Sarkozy sur le yack de M Bolloré, J Chirac logé par une famille libanaise...]

« La Justice peut-être d’une étonnante mansuétude avec les puissants, ce dont elle n’est guère coutumière à l’égard des délinquants ordinaires...Le pays ne peut plus affecter d’ignorer le puissant parfum de corruption qui imprègne la politique...Comment accepter que l’Etat puisse être corrompu par celui qui l’incarne ?...Mais pour l’honneur de la République, il vaudrait mieux qu’aucun des candidats ne soit un délinquant... »

« N’y aurait-il plus que les juges pour restituer des repères éthiques à ceux qui les ont perdus ? Encore faudrait-il qu`eux-mêmes ne sacrifient pas l’impartialité à la connivence ou à la flagornerie... » (Cas de Roland Dumas, président du Conseil constitutionnel, qui avait validé les comptes, irréguliers, de campagne, de Jacques Chirac et d’Edouard Balladur.)

« Il n’est pas d’école pour enseigner le pouvoir, mais l’Ena était faite pour en donner le goût. Il a suffi qu’un des siens soit parvenu à se hisser au sommet pour que le couffin devienne une couveuse. Les plus beaux destins s’y forgent et ceux qui lanternent  peuvent compter sur l’esprit de promotion, porterait-elle le nom de Voltaire... »

Dans la presse « beaucoup s’abstenaient de publier des révélations propres à éclairer la nation, s’en tenant à celles qui n’étaient pas de nature à porter ombrage au prince ou servaient ses intérêts. Mais ce comportement suppose un monopole ; il fut émietté par l’apparition de nouveaux accès à l’information. Les medias traditionnels s’y plièrent sans mesure et bientôt, entre scoop et Audimat, leurs opinions précédèrent leurs constats...Le quatrième pouvoir a perdu celui de contribuer à l’équilibre démocratique... »

« Entre les mains d’un pouvoir qui peine à renoncer au pouvoir de nomination, l’institution judiciaire est loin d’avoir la loi pour maître. Son action dépend largement des décisions politiques qui l’orientent, lui attribuant des moyens parcimonieux pour atteindre les objectifs qui lui sont assignés, souvent la sécurité plutôt que la justice...Ainsi tenu en laisse, le corps judiciaire l’est encore par des procédures qui l’écartent de contentieux essentiels dont dépendent l’équilibre et la richesse de la collectivité : la fraude fiscale par exemple, qu’un procureur ne peut faire sanctionner que sur une plainte du ministre du Budget... » Éric de Montgolfier rappelle l’affaire Cahuzac !

Le peuple porte également une responsabilité dans cette débâcle générale. « La citoyenneté ne peut s’accommoder du rêve; elle n’autorise qu’à vivre debout, non couché dans la molle insouciance qu’accorde l’égoïsme à ceux qui s’y soumettent...Mais le civisme, c’est aussi de renoncer à l’anonymat, ce paravent des lâches, pour s’exprimer sur les réseaux sociaux notamment... »

 Pour combattre la corruption Éric de Montgolfier nous interroge : « quelle sera notre part ? »

Annie Keszey.

http://www.notreputeaux.com

http://www.rupture-et-metamorphose.org

http://www.atelier-idees.org

 

 

05/03/2017

Eric de Montgolfier, ancien procureur de Nice, nous interpelle.

« L’incendie rongeait la savane ; un colibri vola jusqu’au lac le plus proche pour prélever un peu d’eau et revint la déverser sur le brasier. Goguenard, un éléphant s’approcha : crois-tu pouvoir éteindre ainsi le feu ? Non, répondit l’oiseau, mais j’aurais fait ma part.

Quelle sera la tienne ? »

Ces dernières lignes du livre du magistrat Éric de Montgolfier éclairent le titre : « On ne peut éternellement se contenter de regarder les cadavres passer sous les ponts ».

« Est-ce la politique qui nous infantilise ou nous qui tolérons de n’être que des marionnettes ? Notre passivité, une flexibilité exagérée devant les diktats, un appétit féroce pour la rumeur, voilà qui nous condamne au même titre que le corrompu lorsqu’il accepte l’offre du corrupteur. Certes nous n’avons pas voulu l’absence de probité que nous constatons ; pas moins que les magistrats et journalistes dont l’inertie ou la précipitation ont un rôle dans nos désillusions ! Nul n’est indemne de ses actes ou de ses abstentions, pas davantage de ses incohérences. Car la stupéfaction est vive quand tant d’électeurs, dès qu’il n’est plus inéligible, reconduisent un élu sanctionné pour avoir été malhonnête. Si la peine purge le passé, on peut néanmoins admettre, quand il s’agit d’un élu, qu’il a perdu toute légitimité à solliciter du peuple un nouveau mandat : on ne peut trahir la démocratie sans en payer le prix. N’y faut-il pas au moins une longue période de deuil ? Il est paradoxal de stigmatiser si souvent la corruption en même temps qu’on l’encourage par son vote. Les exemples ne manquent pas et chacun, quand il touche au cœur du pouvoir, est de nature à gangrener le tout... »

En cinquante-neuf pages, ce magistrat expérimenté, fortement impliqué dans les luttes de la Justice contre la corruption, nous livre sa vision justifiée des graves imperfections de notre démocratie, démocratie en danger, dans les domaines politiques, institutionnels, médiatiques, juridiques et de la citoyenneté. On retrouve tous les  thèmes des débats houleux de l’actualité mais analysés dans leurs racines historiques et dans leur complexité relationnelle. Tous ces thèmes sont soumis à ses fortes critiques, à partir d’une exigence incorruptible de moralité, d’intégrité, de vérité : l’excès de puissance du pouvoir exécutif, la décentralisation non contrôlée, le cumul des mandats au service des conflits d’intérêts, la propension croissante à dilapider les fonds publics, le népotisme dans les assemblées parlementaires ( l’amour de la famille assurément), l’exclusion de nouveaux candidats aux élections, l’impartialité politique sacrifiée à la connivence ou à la flagornerie, la justice des puissants et celle des misérables, le triomphe de l’apparence, les opinions des médias qui précèdent leurs constats, le corps judiciaire tenu en laisse par l’Exécutif...

Les propos d’Éric de Montgolfier sur la situation française sont sévères et ses exigences de transformations sont d’une lucidité indiscutable. Parfois, il utilise une page entière pour inscrire ses réflexions dominantes sur divers sujets et nous, lecteurs, nous reportons mentalement à des situations réelles connues passées ou présentes.

« Trop de maires se comportent en  tyranneaux, imposant à des majorités prosternées des choix qu’ils ont seuls inspirés. 

Le pouvoir rendrait-il fou ? Question pertinente tant on constate l’habitude si fortement installée, de détourner de leurs fins les ressources de la collectivité. 

Pour un président, serait-elle fallacieuse, la normalité devient un tombeau. 

L’impétuosité n’est pas une qualité pour gouverner ; mais pas davantage un doigt qui tremble, quand bien même il serait mouillé d’eau bénite. 

Pour faire miroiter des lendemains radieux, il suffit d’exploiter des revers et d’attiser des haines. 

Tous pourris ? Non, mais tous contaminés par un discrédit qui abaisse la République. 

L’histoire des peuples se perd aisément dans les eaux glacées de la mémoire. »

En page 30, l’auteur évoque la « parade politique » qui pourrait s’appliquer à certains « meetings » de l’actuelle campagne électorale. « Pour exister, l’essentiel est de paraître ; la vacuité n’est pas un obstacle. Les postures ne font cependant oublier ni les mensonges accumulés, ni les promesses parcimonieusement tenues. A moins d’être de ces sectateurs énamourés pour croire à la sincérité qui s’affiche. Encore faut-il aux militants une ambiance qui les porte à l’extase ; une entrée fracassante y contribue, au milieu de drapeaux fébrilement agités. Un petit Nuremberg à vous glacer le sang ! Il suffit de quelques truismes, de noms jetés en pâture pour provoquer la transe, laissant croire au candidat qu’il est devenu roi. Pour un peu il toucherait les écrouelles et guérirait les lépreux. Les auditeurs sont connivents : il n’y a pas lieu de les convaincre, juste de les réveiller de la torpeur engendrée. Mais quel candidat prendrait le risque de ramener ses partisans à la réalité ?... »

Son constat général est gris-noir, pessimiste : « Pour éclaircir l’horizon, il n’y a pas grand-chose. Peter Pan peut-être ? On l’imagine virevoltant dans les haubans, tentant d’échapper au sabre du capitaine Crochet, telle la démocratie à sa disparition. Apparaît alors l’inquiétante silhouette du crocodile (le crocodile....oui, bien sûr) ; il espère sa chute et l’attend, gueule ouverte, au son du réveil qui, dans son ventre rythme son impatience. Ainsi se postent les charognards en attendant que les peuples, las d’espoirs avortés, tombent sous leurs griffes ; ils moissonnent l’écœurement et, pour faire miroiter des lendemains radieux, il leur suffit d’exploiter des revers et d’attiser des haines. L’anathème devient un programme et se nourrit de toutes les peurs. Altérant la démocratie, une aigreur malsaine se répand, nous rendant odieux les principes qui l’ont bâtie, où prime l’humanité : elle était la règle ; un nationalisme étriqué prétend s’y substituer...Il y a quelque chose d’humiliant pour ceux que l’on tente ainsi de séduire en martelant qu’il suffirait à notre pays pour retrouver sa splendeur d’antan de se replier sur lui-même, de s’enfermer dans ses frontières, de se montrer indifférent au sort des plus démunis...

L’histoire des peuples se perd aisément dans les eaux glacées de la mémoire : ils en oublient les combats engagés pour obtenir les bienfaits dont ils jouissent. Ainsi ce qui leur a coûté le plus leur semble dépourvu de saveur, comme s’il leur était acquis de toute éternité ; pourquoi donc lutter pour assurer la pérennité ? Alors passent les cadavres sous les ponts sans même que nous les reconnaissions pour tels, sans mesurer ce qu’ils symbolisent du démembrement de la République. Persuadés par ceux qui en profitent que notre silence sert l’intérêt général, nous nous y refugions pour servir frileusement le nôtre...

La citoyenneté ne peut s’accommoder du rêve ; elle n’autorise qu’à vivre debout, non couché dans la molle insouciance qu’accorde l’égoïsme à ceux qui s’y soumettent... »

Éric de Montgolfier  décrit notre nébuleuse démocratie avec une rare clarté. Il nous encourage à agir pour un avenir meilleur. Il a raison.

Annie Keszey.

A suivre : la réforme de la justice proposée par Éric de Montgolfier.

10/11/2014

PODEMOS

Yes, we can ! PODEMOS - Nous pouvons !

L’Espagne vit le tremblement de terre PODEMOS. C’est le nom du récent parti politique représenté par Pablo Iglesias. Un dernier sondage sur les intentions de vote, virtuelles, des Espagnols, place PODEMOS au premier rang des partis espagnols, devant les deux grands et vieux partis traditionnels : le parti populaire (PP), de droite et le parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), de gauche.

La presse explique  cette ascension galopante  par la colère, de tous les Espagnols désenchantés, contre la corruption très étendue, persistante et mal sanctionnée de leurs responsables politiques sans honte ni dignité, de droite et de gauche ! La Justice a souvent les ailes coupées, les causes importantes s’éternisent dans des jugements, le manque de moyens et la législation imparfaite favorisent les retards. 

Les deux partis historiques, informés « des affaires», se pressent peu  pour freiner l’amoralité et la cupidité de leurs élus. 

http://ts1.mm.bing.net/th?&id=HN.608021881742165292&w=300&h=300&c=0&pid=1.9&rs=0&p=0Pablo Iglesias, superstar de 36 ans, attire : il est intelligent, préparé, fondamentalement sincère et charismatique. Sa queue de cheval est intouchable mais sa nouvelle stratégie politique est de chercher un plus ample spectre d’électeurs pour occuper un espace politique central. Le quotidien El Mundo du 8/11/2014 le compare à Robert Redford !  

Ce seul journal d’un jour nous informe que Cristina, sœur du roi, va bien être jugée pour deux délits fiscaux, dans le cas Nóos, dévoilé en 2006. Le principal accusé  reste son mari Iñaki Urdangarin soupçonné de prévarication, de fraude, de trafics d’influence, de malversations, de falsifications et de blanchiment de capitaux.  Seize autres personnalités importantes sont également concernées dont l’ex-président du gouvernement des Baléares, le vice- maire de Valence, le directeur de l’Institut « Balear » du tourisme, des ex-directeurs financiers, comptables, conseillers, responsables juridiques… 

Le roi d’Espagne, Felipe VI, a exprimé son respect de l’indépendance judiciaire et précisé que Cristina n’est pas membre de la famille royale…Le nouveau roi vient en effet de s’engager à faire de l’exemplarité et de l’intolérance à la corruption la marque de son règne !  

Antonio Monago, président du PP d’ Estrémadure est épinglé pour plus de trente voyages qu’il aurait fait à Tenerife de 2009 à 2010, sur fonds publics, alors qu’il était sénateur et marié, pour y rencontrer sa belle maîtresse colombienne  

Isabel Pantoja, chanteuse célèbre et actrice espagnole de cinquante-huit ans, entra comme un tourbillon dans la vie du maire de Marbella, marié, Julián Muñoz, en  2002. Depuis, la valeur estimée de son patrimoine est de 10 millions d’euros : des immeubles, des fermes dont une de 500 hectares, un chalet de 650 m2 construit sur 3 000 mètres de terrain, un appartement de 1 000 m2, des entreprises bénéficiaires et d’autres endettées. La provenance de tous ces fonds est illégale. Elle fut condamnée à deux ans de prison et à une amende de 1 million d’euros. Depuis 2010, ses avocats ont initié tous les recours possibles, mais la Justice vient d’imposer définitivement son entrée en prison. Son entourage ne cesse de répéter que la Justice n’est pas la même pour tous ! 

Julián Muñoz, son amant, dans  le cas Malaya, a été condamné à plusieurs peines de prison, il a déjà été détenu de 2006 à 2008, pour subornation, malversation de fonds publics, prévarication, concession de licences illégales…  

Le fils entrepreneur de Josep Lluís Núñez, sur les pas de son père, ex-président du Barça de Barcelone qui fut emprisonné, va entrer en prison pour deux ans et deux mois, condamné lui aussi dans le cas Hacienda, pour corruption financière de longue durée et non- paiement d’impôts. Le gouvernement lui a refusé l’indulgence demandée parce qu’il n’a manifesté aucune marque de regret ou de contrition.  

Le Ministère de l’Intérieur vient d’autoriser la sortie de jour de la prison pour l’ex-président des Baléares, Jaime Matas,  afin qu’il puisse travailler. Il est obligé de revenir chaque soir à la prison pour y dormir.  

La consultation illégale, interdite par l’Etat, du dimanche 9/11/2014, sur l’autonomie de la Catalogne, ravive, dans la presse, le passé récent de l’ex-président de la Généralité de Catalogne, Jordi Pujol. Ce dernier avait l’apparence d’incarner les aspirations différentielles de la Catalogne nationaliste, pendant vingt-trois ans, jusqu’à ce que l’on découvre et juge une organisation délinquante qui lui a procuré une immense fortune en volant l’Etat et les entreprises qui voulaient travailler avec le gouvernement catalan. Il est difficile de séparer le nationalisme de ces fraudes. L’idée du nationalisme de Pujol a reposé sur une montagne d’ordures. Il n’a pas seulement détenu de l’argent à l’étranger pendant des décades, ce qu’il a confessé en 2014, mais Il a créé un réseau de commerces illicites qui bénéficia à une caste politique corrompue. Le montant colossal de son blanchiment d’argent  public détourné, dans   des paradis fiscaux, n’est pas encore totalement connu. Deux de ses fils sont interrogés par la Justice pour des activités financées à partir de placements « off-shore ». Jordi Pujol a été plusieurs fois décoré, en particulier de la légion d’honneur française et par l’institut culturel de Bretagne. 

Cette collection de dérives, sur un jour, montre l’ampleur de la dégradation du système politique espagnol.  

Sur l’ensemble du mois d’octobre, les affaires consternent.  Quelques exemples. 

Le 28/10/2014, la garde civile met en marche l’opération Punica : cinquante et un détenus dont six maires des régions de Madrid, Murcie, Léon et Valence sont arrêtés, soupçonnés de négociations illicites sur l’attribution de marchés immobiliers, avec des entreprises leur ayant permis de s’approprier entre 5 et 7 millions d’euros en deux ans sur 250 millions de tractations. Francisco Granados, ancien vice-président conservateur de la région de Madrid fait partie des suspects. Il avait quitté ses fonctions après la découverte, par les autorités, de son compte en Suisse.

Rodrigo Rato, ex vice -président du gouvernement et ex-président de Bankia a mis en place des cartes bancaires opaques, clandestines, qui permettaient aux porteurs choisis de tirer secrètement de l’argent de la banque sans que la comptabilité ne le mentionne. Quatre-vingt-trois bénéficiaires de Caja Madrid et de Bankia auraient tiré 15.5 millions d’euros en dépenses personnelles entre 2003 et 2013. Les limites de ces cartes oscillèrent entre les 2 500 € mensuels pour les conseillers sans pouvoir et les 12 000 € que pouvaient utiliser Rato et ses directeurs.  

Le numéro deux du parti socialiste de Castille, Julio César Fernandez, a renoncé quarante-huit heures après sa  désignation à son rôle de vice-président du PS. Les perturbations de sa vie personnelle risquaient de nuire davantage encore au parti. Il fut, à la fois, fonctionnaire de prison et administrateur d’une bodega : deux emplois incompatibles. D’autre part, pendant plusieurs années, bien que payé, il ne se rendit pas à son travail de fonctionnaire !  

Une entreprise de formation de Palma de Mallorca exigea des professeurs  impliqués de déclarer que le coût de chaque heure était de 31 €, au lieu de 7 € en réalité : procédé finement élaboré pour détourner des subventions publiques pour chômeurs. Un professeur éclairé a averti la Justice. 

Les électeurs français sont solidaires des électeurs espagnols. Et, n’oublions pas : nous POUVONS ! 

Sources : El Mundo et El País. Image : You tube.com. Annie Keszey.