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31/01/2014

L'EGAREMENT INCOMPREHENSIBLE DE VINCENT PEILLON.

Le premier devoir de l’école est d’instruire. L’Education nationale n’a pas l’efficacité attendue, à aucun niveau du système éducatif. En fin de cours préparatoire des élèves ne savent pas lire… 130 000 jeunes sortent chaque année du système sans diplôme…

Alors que le cours magistral, métier minimaliste du professeur, n’est plus adapté aux apprentissages d’un grand nombre d’élèves, les nouvelles formations d’enseignants n’ont toujours pas décrypté le contenu du nouveau métier attendu, depuis plus de 30 ans toutefois,  «  Apprendre à apprendre aux élèves. »

Dans cette situation d’urgence inacceptable, le ministre Vincent Peillon, pourtant agrégé de l’université, lance des expériences « gadgets », redoutables. Les " A B C D"  de  l’égalité, parcours proposés aux élèves et accompagnés de fiches pédagogiques pour les professeurs, sortent du cadre des compétences professorales. Le contenu est sans rigueur conceptuelle. Enseigner l’égalité hommes-femmes supposerait la connaissance de l’Histoire, d’ici et d’ailleurs du fait de la diversité française, de la génétique, de la biologie, des évolutions et des normes culturelles et cultuelles, de la psychologie, de la philosophie, de la sociologie et de l’état des opinions... Ce n’est évidemment pas le cas.

Le danger vient des incompétences, des incertitudes et des erreurs imparables de cette pratique en direction de jeunes influençables qui ne savent pas encore exercer leur esprit critique.

L’exemple de l’égalité concrète, donné par des adultes responsables, serait une action de moindre ambiguïté que les tentatives déstabilisantes, dangereuses, pour sortir des enfants de tous les codes.

L’Assemblée nationale ne comporte que 27% de femmes, le Sénat, 23.5%. Qu’attend l’Etat ?

Dans l’Education nationale, du ministre aux recteurs, des inspecteurs aux chefs de division, en passant par les proviseurs des grands lycées, le nombre de femmes exerçant une fonction de direction est bien inférieur à celui des hommes. Qu'attend le ministre?

Dans le secteur privé, un cadre sur quatre seulement est une femme !

Des « A B C D » devraient s’inscrire dans les lieux professionnels et dans les formations continues des adultes.

Cette opposition aux « A B C D »  à l’école, tels qu'ils sont aujourd'hui, n’est évidemment pas un soutien aux trublions menteurs de l’extrême droite.

Annie Keszey.

06/09/2013

LETTRE OUVERTE A MONSIEUR VINCENT PEILLON.

6/09/2013.
LETTRE OUVERTE A MONSIEUR LE MINISTRE DE L’ EDUCATION NATIONALE, MONSIEUR VINCENT PEILLON.

Monsieur Le Ministre,

Vous avez mis fin au débat de plusieurs décennies sur les rythmes scolaires et engagé une réforme. C’est bien. Les résultats de ces modifications horaires, connus sans doute dans plusieurs années, jugeront de la pertinence de votre décision. Les partenaires divers, Education Nationale et responsables locaux, devraient définir des objectifs communs. Par exemple, savoir lire en fin de cours préparatoire devrait précéder, sans exclure, savoir jouer au football, par exemple !
Vous n’avez pas encore limité les pertes horaires d’enseignement la semaine de la rentrée scolaire, dans les collèges publics. Ces pertes sont lourdes même si elles ne sont pas publiées. Aucune raison organisationnelle ne justifie le décalage trop important des entrées des divers niveaux. Les responsables d’établissements veillent à leur confort et à celui de leurs enseignants, pourtant reposés, espérons- le,  après deux mois de vacances.
Vous n’avez pas encore limité les pertes horaires des collèges, en juin, lorsque les épreuves du brevet, en 3ème, avancent de deux semaines, la sortie scolaire des autres niveaux. Or, le Haut Conseil du Ministère de l’Education Nationale a jugé inutile et coûteux, depuis plusieurs années, cet examen du brevet, examen ne tenant aucun compte des évaluations scientifiques portant sur le niveau des épreuves et des résultats. Agrégé de l’Université, vous le savez.
L’un de vos prédécesseurs, Xavier Darcos, avait publié des instructions afin de maîtriser le poids des cartables des élèves. La responsabilité des maux de dos et des scolioses vous incombe. Les enseignants  négligent aussi ce problème de santé publique. Lucie, en 6ème, portait un cartable de 11 kilogrammes et Justine, en 4ème, portait, certains jours, 14 kilogrammes, en 2012 ! Vous êtes, objectivement, coupable de non-assistance à élèves en danger. Qu’avez-vous fait, que ferez-vous ? La généralisation de l’usage scolaire de l’Ipad  est-elle, enfin, envisagée ?
Le système éducatif doit assurer « l’égalité des chances », depuis près d’un demi-siècle. Il échoue, sans réaction à la hauteur de l’objectif. Vous reprenez la formation interrompue des enseignants. C’est une bonne nouvelle. Diminuez, en classe, le temps des cours magistraux parce qu’ils n’ont pas l’efficacité de transmission nécessaire et augmentez celui de l’accès au savoir, en autonomie, ce qui demande paradoxalement aux professeurs des temps de préparation beaucoup plus longs. Instaurez le travail en équipe des professeurs, à moyens constants. Attaquez, avec souplesse, le corporatisme enseignant devenu anachronique et appuyez-vous sur les professeurs talentueux. La liberté pédagogique traditionnelle des professeurs ne peut rester indépendante de leurs résultats.
Chargez les Principaux de Collèges, ce qui est parfaitement possible sans les épuiser, de ne perdre aucun élève en cours de scolarité, afin de lutter contre les sorties massives du système éducatif de jeunes sans diplôme.
L’école est obligatoire. Les exclusions d’élèves par les chefs d’établissements ou les conseils de disciplines sont négatives. Incluez, toujours davantage, les élèves « déviants », pour les instruire toujours plus : un pari. Les possibilités sont nombreuses : autres classes, CDI, services municipaux, autres collèges par convention, séances de travail très studieuses et efficaces, le mercredi après-midi, en présence du chef d’établissement, ce qui suppose aussi de faire évoluer la direction des établissements scolaires en impliquant des personnels plus engagés, moins bureaucrates, spécialistes des apprentissages!
Ce n’est pas tout. La suite viendra..
Monsieur Le Ministre, améliorez le système éducatif plus que n’ont su le faire vos prédécesseurs !
Très respectueusement.
Annie Keszey.
www.notreputeaux.com
www.atelier-idees.org

07/07/2012

LA SECURITE DANS LES COURS DE RECREATION.

Kylian, élève de 13 ans d’un collège de Rennes, a été tué, par un autre élève de 16 ans, le vendredi 22 juin 2012, à la récréation de 10 H. Vincent Peillon, Ministre de l’Education Nationale s’est rendu sur place pour exprimer la profonde tristesse de la Nation et préciser les mesures prises d’accompagnement et de soutien dont l’intervention de psychologues…Eric Debarbieux , universitaire, spécialiste de l’étude des violences à l’école, a rappelé que les collèges et les écoles avaient une responsabilité particulière pour lutter contre les violences et leur banalisation .. Un fait aussi dramatique qu’un meurtre, fortement médiatisé, n’est pas fréquent en milieu scolaire, mais les ministres successifs confrontés à de tels drames n’ont jamais construit une politique suivie et efficace pour protéger les élèves. Ils semblent considérer que ce travail de précaution, prioritaire, est une tâche mineure incluse dans le domaine qu’ils réfutent de « la pédagogie ». L’actuel ministre, parce qu’il est agrégé de l’Université, pourrait ne pas être plus volontariste que ses prédécesseurs : sauf que le changement…
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Le Ministère relève, chaque année, par enquête informatique, les actes de violence internes aux établissements scolaires, sans doute devrait-il aussi « faire remonter » les mesures adoptées par ces mêmes établissements pour y remédier et  diffuser ensuite une synthèse de mesures applicables par tous.

La priorité, pour le chef d’établissement d’un collège ou le directeur d’école est d’instaurer un climat éducatif harmonieux et d’une grande cohérence entre tous les adultes partenaires y compris les parents d’élèves, avec une Autorité centrale nettement située. Ceci suppose l’aptitude à des échanges fréquents et donc au travail en équipe régulier, formalisé, aidé, des professeurs et de tous les personnels. Ce travail, à moyens constants, peut-être d’1 H par semaine pour les professeurs (3 fois sur 4 par discipline- 1 fois sur 4 en interdisciplinarité) et d’1 H, par demi-trimestre, pour une réunion générale. 
Les exemples suivants de mesures prises dans un collège (déjà partiellement publiés en 2010)  se fondent sur une rationalisation des moyens existants:
-Un slogan simple, partagé.
Lors des réunions de prérentrée, rassemblant tous les acteurs de la communauté éducative, une discussion collective porte sur l’instauration de règles comportementales communes. Un slogan simple, partagé, par exemple, « On ne se bat pas à l’école, même pour jouer », remplacera efficacement toutes les convictions discutables : « Les batailles entre garçons sont normales », «  Untel t’a battu, mais c’est vilain de rapporter »…Le slogan est appliqué strictement. Les élèves qui ne le respectent pas jouent, assis, provisoirement, avec des jeux prêtés.
-Le décalage horaire des déjeuners de certains personnels.
Les directeurs d’Ecole (déchargés de classe),  les principaux de Collège, responsables de la sécurité interne des établissements partent déjeuner après l’interclasse de midi, moment où tous les élèves demi-pensionnaires sont présents dans les lieux, afin qu’ils puissent « faire des rondes de sécurité » dans l’établissement, aux moments hautement fréquentés. En général, le calme parfait régnant entre 13H30 et 14H30, tous les cours ayant repris, ils peuvent alors s’absenter. Ce décalage concerne aussi les principaux-adjoints, les gestionnaires, les documentalistes, certains membres du personnel de service (volontaires pour des tâches éducatives à l’intérieur de leurs horaires de travail et compétents en éducation). Pendant ces périodes les responsables dialoguent avec les élèves difficiles ou en difficultés afin d’établir des liens privilégiés pour des régulations comportementales paisibles.
- Une zone précise de surveillance pour chaque acteur.
Les surveillants, en collège par exemple, savent, à chaque moment de la journée, de quelle zone précise ils sont responsables.  Ce qui suppose un partage en zones du plan de la surface à surveiller. Ils sont, en effet, plusieurs à chaque moment et cela évite qu’ils ne se retrouvent tous groupés .La surveillance des WC, en collège, est constante.
-Des prêts de jeux.
Les élèves empruntent des jeux pendant les interclasses. En hiver surtout, ces jeux sont convoités : jeux de cartes, de dames, scrabble, autres jeux de société,  puzzles, livres, jeux électroniques sur les ordinateurs du CDI ou de la bibliothèque …Ce qui suppose que les lieux d’accueil soient adaptés, ce n’est pas encore le cas partout.
Une liste des jeux au sol, possibles et sûrs, est affichée dans l’espace collectif, enrichie par les propositions, contrôlées,  des élèves. De  grands élèves de 3ème acceptent toujours de former et d’informer les plus jeunes. Cette liste des emprunts possibles précède la liste des jeux interdits, dangereux.
-Un référent, situé, pour gérer les conflits.
Quand ils sont en difficulté, lors des récréations, les élèves s’adressent aux surveillants, il doit être toujours possible de les orienter vers un petit groupe de permanents à la composition variable (délégués des élèves, grands élèves, personnels ATOS, professeur volontaire, conseillère d’éducation), afin que l’apaisement naisse de la discussion.
-Une éducation formatrice, donnée gratuitement, par des parents d’élèves et des responsables d’associations : médecins, juristes, avocats… La présentation, par un avocat, en 6ème, des bornes à la liberté d’expression (injure, insulte, diffamation…) et des sanctions, intéressent particulièrement les élèves et changent les comportements. Ces rencontres ont lieu pendant les heures de permanence.
Est-ce tout ? Non.
Il faut parfois sanctionner, sans exclure cependant de la scolarité obligatoire. Une sanction « parfaite », parce que nouvelle, est la retenue du mercredi après-midi, au CDI, sous la responsabilité du Principal, pendant 2 heures (le personnel de service est présent dans l’établissement vide). Les élèves « punis » mais « soutenus » réalisent un très bon travail qui les réhabilite. Le résultat est paradoxal, à la fois positif et dissuasif : les élèves concernés ne reviennent pas 2 fois ! Un petit problème reste à régler, les parents, en général, souhaitent la reconduction de cette « étude ».
Des auxiliaires de vie ont déjà été nommés dans certains établissements et il pourrait y en avoir davantage : ils nécessitent cependant des moyens supplémentaires, ne sont pas assez formés et ne s’inscrivent pas dans un souhait de prise en charge collective et globale des élèves.
Ces mesures s’inscrivent dans une politique générale de l’établissement. Elles supposent une importante évolution des mentalités des  fonctionnaires  de l’Education Nationale, délicate mais possible. La synthèse des mesures de tous les établissements de l’Education Nationale serait un « trésor » pour protéger les élèves.

Image: XXI.ac-reims.fr
www.atelier-idees.org
Annie Keszey.