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15/07/2015

LE PARRICIDE.

 

« Par essence un parti politique fonctionne sur le mode de la horde primitive, la horde primitive freudienne de Totem et tabou : c’est un sas qui accueille et qui rejette, une bande qui se définit par sa différence, voire son opposition à ce qui lui est étranger...  

Le réveil de l’archaïque est toujours possible. Ce qui est très intéressant dans la représentation de la horde  primitive, c’est que le vœu de tuer, de manger et de dévorer  le père, ou un proche en politique, renvoie à une appropriation archaïque de sa puissance ... 

La transmission dramatique est inhérente à nombre d’héritages politiques... 

Le parricide en politique, l’assassinat d’un proche – et à plus forte raison lorsqu’il s’agit de son géniteur -, n’est pas un élément neutre comme les pincements et tirages de cheveux entre Placé et Duflot, le vote d’une motion de synthèse au PS ou un colloque UMP changeant d’intitulé à mesure que l’on approche de sa date. Non. Cela fait vibrer quelque chose de bien plus fort. Car le meurtre d’un père, d’une mère, d’un proche, symbolique ou réel, accompagne l’humanité à la façon d’un invariant anthropologique.  

Plus on avance dans la modernité politique, plus les parricides commis dans le cadre d’une rivalité pour une conquête du pouvoir vont migrer vers le symbolique, sans abandonner leur charge de scandale et de violence... »  

Les journalistes Joseph Macé-Scaron, Alexis Lacroix et le psychanalyste Philippe Grimbert, dans le numéro récent 948 de l’hebdomadaire Marianne, étudient les origines, les évolutions et des cas célèbres du parricide.  

Ces analyses de grande qualité du parricide en politique rencontreront certainement un vif intérêt auprès des électeurs et particulièrement des récents électeurs de Puteaux. 

Annie Keszey

 

 

 

30/04/2015

LA CLAN FAMILIAL ET LE POUVOIR.

Chantal Delsol, philosophe. Extraits.

Un parti dirigé par une famille se donne des atouts pour durer et en même temps avance les poches bourrées d’explosifs...

Le vieux chef est à la fois père et roi. Son autorité s’immisce partout. Quand la raison renâcle, il pose l’argument de l’affection sur la table.

Il s’agit d’une politique tout à fait antidémocratique dans ses formes...Le pouvoir démocratique est « rationnel-légal ». Il s’établit sur des convictions et met en jeu des individus dont chacun possède par ailleurs une vie privée, indépendante...Dans le pouvoir clanique tout est lié. Les réunions de famille sont des réunions politiques. Les affections conditionnent les convictions et inversement...

Trop mêlé à l’affection, ce pouvoir approche toujours la violence. A tous les échelons le pouvoir humain se grandit en se hissant au-dessus de celui du cyclope, ce patriarche des premiers temps dont parlaient les Anciens, chef arrogant à l’autorité discrétionnaire. On peut difficilement nier que la séparation de l’ordre familial et de l’ordre politique fut une conquête de civilisation...

Comme on le sait pour les pays non occidentaux, adopter la démocratie ne signifie pas seulement se mettre à croire en certains principes – car la démocratie est une culture plus qu’une institution - et la culture ne s’invente pas en un jour...

Le FN, s’il veut être pris au sérieux, devra perdre la culture clanique et se comporter en structure « rationnelle légale »...

 

23/10/2013

LA DELINQUANCE DES RICHES.

CHAPITRE 2 de LA VIOLENCE DES RICHES, CHRONIQUE D’UNE IMMENSE CASSE SOCIALE.
Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot. ZONES. Suite.


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Extraits. 
La fraude à la Sécurité sociale, c’est la plus terrible et la plus insidieuse des trahisons de l’esprit de 1945. C’est la faute qui ruine les fondements mêmes de la République sociale. «  Cette belle déclaration fut prononcée par Nicolas Sarkozy à Bordeaux le 15 novembre 2011. Il pensait, bien sûr, au salarié prenant quelques jours d’arrêt maladie de complaisance. Pourtant, il n’avait pas beaucoup de grains à moudre : si les fraudes sociales sont estimées à 20 milliards d’euros, les allocataires fraudeurs en représentent seulement 1%, soit 200 millions, d’après la dernière mission d’évaluation des comptes de la Sécurité sociale. En effet, 80% de cette fraude sont liés aux cotisations patronales (16 milliards) que les employeurs ne paient pas parce qu’ils ont recours au travail dissimulé…
La guerre idéologique contre les travailleurs et les personnes les plus démunies ne cesse de les stigmatiser comme assoiffés d’assistanat. Elle porte ses fruits de manière inattendue puisque ce sont chaque année, en France, 4 milliards d’euros dus au titre des prestations qui ne sont pas réclamés par leurs bénéficiaires. En 2012, des chercheurs regroupés dans l’Observatoire des non-recours aux droits et services (Odemore) ont établi que les causes en sont multiples, ntamment le manque d’information, la complexité des démarches ou la timidité sociale des ayants-droits…
En septembre 2013, la demande de la nationalité belge par Bernard Arnault, première fortune professionnelle de France, avec 243 milliards d’euros, selon le palmarès 2013 de l’hebdomadaire Challenges, et onzième fortune du monde selon Forbes, qui le classe derrière Liliane Bettencourt, a déclenché un tohu-bohu médiatique. Cela a été vécu comme une déclaration de guerre aux 9 millions de Français qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté…
En ces temps difficiles, le sentiment de trahison est lié à ce qui est apparu comme la recherche d’une fiscalité moins menaçante. Les plus riches souhaitent non seulement s’affranchir de leurs impôts, mais avec le signal du plus doté d’entre eux, ils refusent désormais les contraintes liées à une identité nationale devenue un frein à l’identité mondiale du capitalisme dérégulé et financiarisé dans lequel Bernard Arnault occupe une place de choix…Environ 140 des 420 sociétés du groupe LVMH qu’il dirige sont localisées dans des paradis fiscaux, ce qui laisse penser que l’optimisation fiscale est bien une préoccupation du groupe…
Malgré sa puissance, Bernard Arnault a été obligé en avril 2013 de renoncer à la nationalité belge, l’Office des étrangers et le parquet de Bruxelles ayant donné des avis négatifs. Mais c’est le patriotisme qu’il met en avant !...

Les hommes politiques riches et sans complexes vis-à-vis de l’argent, avec une cynique indifférence envers l’éthique sont légion: En vrac : Silvio Berlusconi, Dominique Strauss-Kahn, Jérôme Cahuzac, Sebastian Piñera (Chili), Nicolas Sarkozy, Boris Johnson. ..Les oligarques qui mènent la France, l’Europe et peut-être la planète toute entière à sa perte n’ont jamais reconnu leur responsabilité dans la crise financière de 2008. Ils accusent les peuples de coûter trop cher, d’être trop gourmands, de dépenser trop pour leur santé et leur éducation. Ils cherchent ainsi à se défausser sans jamais, eux, remettre en cause leur cupidité financière…
Les sociologues exposent ensuite la justice à deux vitesses.
Les riches fraudeurs bénéficient d’accords à l’amiable avec l’Etat. En 2009, Eric Woerth met en place une « cellule de dégrisement » destinée à traiter le cas de 3000 fraudeurs détenant des comptes en Suisse non déclarés. La liste venait de fichiers copiés par Hervé Falciani, un informaticien de la banque HSBC. 4725 contribuables demandèrent « la paix des braves » en se livrant au fisc triomphant. Mais sur ces 4725, seuls 68 provenaient de la liste fournie ! Les avoirs français déposés en Suisse, non déclarés, sont évalués entre 50 et 90 milliards d’euros…
L’abandon, par l’Etat, de la politique pénale foncière est total…
Les différents délits sont traités avec une logique de classe. La délinquance contre laquelle on lutte dans les Hauts-de-Seine, c’est essentiellement les stupéfiants. Mais la grande délinquance n’est pas celle- là, elle est à la Défense ou dans l’aménagement des berges de la Seine…
Les comparutions immédiates et les peines planchers sont des procédures expéditives chargées de tenir en respect les jeunes en difficulté, alors que les puissants passent le plus souvent au-travers des mailles du filet juridique…
On peut distinguer dans la bouche de certains sénateurs l’ébauche de la construction d’un « ennemi de l’intérieur » dont les travailleurs qui refusent l’asservissement au profit des dominants seraient la cheville ouvrière…
Les journalistes libéraux ne mentionnent jamais la violence des riches. Ils inversent le sens de la responsabilité en attribuant l’origine de la violence aux plus démunis et se gardent bien de mettre en cause les dégâts provoqués par les spéculateurs et la fraude fiscale…
La démocratie française étant devenue, de fait, censitaire, les candidats appartenant déjà aux élites et les électeurs les plus modestes n’allant plus voter, cela explique que l’oligarchie puisse produire un libéralisme de gauche après un libéralisme de droite. »
www.notreputeaux.com

Annie Keszey