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14/11/2014

EN FINIR AVEC LES MAIRES ELUS POLITIQUES.

 

De trop nombreux maires élus, quel que soit leur parti politique, alimentent la presse de leurs méfaits, depuis des siècles, dans un état de Droit : obscurantisme, clientélisme, blanchiment d’argent, détournement de fonds publics, fraude fiscale, corruption, trafic d’influence, favoritisme, contournement de la loi, excès de pouvoir, prise illégale d’intérêts, sous-déclaration à l’ISF, népotisme, participation à une association de malfaiteurs…

Bref, la « broussaille féodale » des baronnies*.

Leur incompétence gestionnaire reste souvent impunie, les évaluations des mandats étant inexistantes : méconnaissance de l’intérêt général, du droit, de la comptabilité publique, de la gestion sur objectifs évaluables hiérarchisés, gaspillages financiers, constructions pharaoniques, discours mensongers, conception étriquée ou dévoyée des beaux  principes démocratiques : liberté, égalité, fraternité. ..

Les électeurs réélisent pourtant ces maires aux dérives provocantes : Patrick Balkany, maire UMP de Levallois-Perret, en est un exemple, dans les Hauts-de-Seine.  Ces électeurs montrent « une troublante indifférence à la moralité, plutôt, sans doute, une indulgence coupable ». Ces réélections signent l’échec des professeurs d’éducation civique de l’Education nationale.

Les partis politiques ne touchent guère à leurs mis en examen, puis condamnés,  qui continuent à exercer leurs mandats !

C’est l’appartenance à un parti politique qui égare ces maires : la concurrence extérieure haineuse entre partis et interne aux partis (Fillon/Copé- Fillon/ Sarkozy- Morin/Lagarde- Mélenchon/Laurent- Duflot/Hollande-monopénisme/janpénisme** … ces violences du sommet qui contaminent la  base),  le sectarisme des idéologies, la cupidité et l’ambition, la soumission tolérante des colistiers, l’absence de tout contrôle  coercitif de gestion et de moralité, l’absence de formation spécifique des élus, l’impuissance de l’opposition ou sa mauvaise centration sur le désir d’un même pouvoir…

La « Cité opaque », le « CHÂTEAU, comme l’appelle Marc Trévidic», le pouvoir central donc, se tait, tout occupé à défendre ses privilèges.

Une réforme doit en finir avec les maires élus politiques. Un nouveau diplôme universitaire spécifique, du niveau d’un DESS au moins, soit un « bac+ 5 », conduirait à la profession non partisane de maire, soumise aux obligations d’une charte professionnelle rigoureuse. L’ENA et Sciences Po ne conduiraient plus à cette fonction. Les présidents d’Université, les présidents des tribunaux, les directeurs des hôpitaux… sérieusement diplômés et qui  ne dépendent pas directement d’une « éthique aléatoire de conviction »*** d’un parti politique, sont majoritairement attachés, actuellement, à « une éthique de responsabilité »***, exceptionnelle qualité !

Bien sûr ce changement majeur serait précédé d’études approfondies. « Le savant et le politique » de Max Weber, « Note sur la suppression générale des partis politiques » de Simone Weil  restent d’actualité… Des concertations définiraient les nouveaux rapports entre ces nouveaux maires, la hiérarchie politique restreinte et le peuple souverain.

Cette transformation ne relèverait donc plus de la démocratie représentative, déclinante, dans laquelle  les citoyens désenchantés cessent de s’impliquer. Ce maire d’un nouveau type situerait son action au cœur de la démocratie participative dont l’organisation pourrait s’inspirer de sources nombreuses à partir du budget participatif de Porto Alegre au Brésil, des rapports espagnols, italiens et français dont celui de Lille…

 

Y a-t- il une autre solution, au-delà de vaines lamentations,  pour assainir la « gouvernance » des communes ?

Laquelle ?

*Le Général de Gaulle cité par François Darras-** Christian Saint-Etienne-***Max Weber.

 

Annie Keszey.